Cleistanthus caudatus (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Cleistanthus caudatus Pax


répartition en Afrique (sauvage)
Protologue: De Wild. & T.Durand, Ann. Mus. Congo, Bot., sér. 2, 1: 49 (1899).
Famille: Euphorbiaceae (APG: Phyllanthaceae)

Synonymes

  • Cleistanthus mildbraedii Jabl. (1915),
  • Cleistanthus michelsonii J.Léonard (1955).

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition de Cleistanthus caudatus s’étend du Cameroun à la Centrafrique, et vers le sud jusqu’au Gabon et en R.D. du Congo.

Usages

Le bois est employé en charpenterie et en menuiserie. Il se prête à la construction lourde, à la parqueterie lourde, aux boiseries intérieures, aux étais de mines, à la construction navale, aux travaux hydrauliques, à la charronnerie, aux traverses de chemin de fer, aux jouets, aux articles de fantaisie et aux instruments agricoles.

Propriétés

Le bois de cœur, rouge-brun foncé, souvent teinté de pourpre, se distingue nettement de l’aubier brun rosé pâle et de 5 cm d’épaisseur. Le fil est droit, le grain fin et régulier. Les surfaces sciées sur quartier ont une figure légèrement veinée de bandes plus foncées et un fil argenté plus pâle. Le bois renferme souvent une substance résineuse rougeâtre.

C’est un bois lourd, avec une densité de 920–1080 kg/m³ à 12% d’humidité, dur et très solide. Les taux de retrait au séchage sont élevés, de l’état vert à anhydre ils sont d’environ 4,3% dans le sens radial et de 9,8% dans le sens tangentiel. Il est recommandé de scier les grumes sur quartier avant de les sécher afin d’éviter un excès de fentes. Après le séchage, le bois est moyennement stable à instable en service. A 15% d’humidité, le module de rupture est de 178–230 N/mm², la compression axiale de 69–86 N/mm², le fendage de 26 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 11,1.

Le bois se scie lentement et se rabote assez difficilement en raison de sa dureté et de son abrasivité, mais on peut obtenir une belle finition. Il tient bien les clous comme les vis, mais des avant-trous sont nécessaires. Le bois est durable, car il résiste aux attaques fongiques, mais il est connu pour être un peu sensible à celles des insectes. Il est très rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation.

Description

  • Arbuste ou arbre de taille petite à plutôt grande atteignant 35(–40) m de haut ; fût dépourvu de branches sur 20 m, généralement droit et cylindrique, jusqu’à 90(–150) cm de diamètre, normalement sans contreforts ; surface de l’écorce écailleuse à écailles allongées, brun grisâtre, écorce interne fibreuse, rose à rouge, sécrétant un exsudat rougeâtre ou blanchâtre ; cime arrondie, de grande taille ; rameaux poilus, mais devenant rapidement glabres.
  • Feuilles alternes, simples et entières ; stipules d’environ 1 cm de long, précocement caduques ; pétiole atteignant 1 cm de long ; limbe ovale à elliptique ou oblong, de 3,5–22 cm × 1,5–10 cm, cunéiforme à légèrement cordé à la base, longuement acuminé à l’apex, glabre à faiblement poilu au-dessous, pennatinervé avec jusqu’à 8 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : grappe axillaire atteignant 20 cm de long, glabre ou légèrement poilue, pourvue de petites bractées ou de petites feuilles caduques.
  • Fleurs unisexuées, régulières, (4–)5(–6)-mères, verdâtres ou rougeâtres ; pédicelle atteignant 1(–1,5) cm de long ; sépales oblongs-lancéolés à ovales-lancéolés, de 4–9 mm de long, glabres ; pétales linéaires, de 1–4 mm de long ; disque annulaire ; fleurs mâles sensiblement plus petites que les femelles, à 5(–6) étamines soudées à la base dans une colonne de 2–4 mm de long, ovaire rudimentaire ; fleurs femelles à ovaire supère, arrondi, glabre ou légèrement pubescent, (2–)3(–4)-loculaire, styles (2–)3(–4), de 2–4 mm de long, bifides.
  • Fruit : capsule presque globuleuse, (2–)3(–4)-loculaire, de 1,5–3 cm de diamètre, à veines réticulées, se fendant en segments à 2 valves, contenant (1–)2 graines, avec la colonne centrale persistante.
  • Graines d’environ 1 cm de long, brunâtres, brillantes.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 6,5–10 cm de long ; cotylédons foliacés, largement ovales, d’environ 3 cm de long ; premières feuilles alternes.

Autres données botaniques

Le genre Cleistanthus se rencontre dans toutes les régions tropicales d’Asie, d’Australie et d’Afrique, et il comprend près de 150 espèces. On en trouve une vingtaine en Afrique continentale tropicale, principalement en Afrique centrale, et environ 6 à Madagascar. Des études de l’anatomie des feuilles et du pollen, ainsi qu’une étude phylogénétique réalisée à l’aide de séquences ADN, ont permis de démontrer que Cleistanthus était hétérogène ; une révision du genre s’impose.

Cleistanthus schlechteri

Cleistanthus schlechteri (Pax) Hutch. est un arbuste ou arbre de taille petite à moyenne atteignant 20 m de haut, au fût jusqu’à 40 cm de diamètre. On le rencontre dans les forêts mixtes décidues, dans les zones boisées et les fourrés du Kenya jusqu’au nord de l’Afrique du Sud. Son bois, dur et brun foncé, est utilisé en construction sous la forme de poteaux, de solives et de lattes de toiture, pour les traverses de chemin de fer et pour les cannes de marche. En Afrique du Sud, on applique la poudre d’écorce sur les brûlures.

Ecologie

Cleistanthus caudatus se rencontre dans la forêt pluviale primaire sempervirente ou semi-décidue de basse altitude et dans la ripisylve, de même que dans la forêt marécageuse ou périodiquement inondée, jusqu’à 700 m d’altitude.

Gestion

Cleistanthus caudatus est localement commun en forêt. Les grumes doivent être rapidement converties après la coupe pour éviter les gerces ; il est préconisé de les débiter sur quartier. Une grume de 13 m de long et de 76 cm de diamètre a donné 5,3 m³ de bois.

Ressources génétiques

Cleistanthus caudatus est relativement répandu et localement commun. Bien que l’on ne connaisse pas l’étendue de son exploitation, rien ne laisse supposer qu’il soit menacé d’érosion génétique actuellement.

Perspectives

Le bois de Cleistanthus caudatus et autres Cleistanthus spp. risque de ne conserver qu’une importance limitée et d’être affecté essentiellement à la construction locale en raison de sa durabilité. Les taux de croissance sont probablement faibles, comme cela a été signalé pour Cleistanthus schlechteri dont la croissance annuelle moyenne du diamètre de fût atteint à peine plus de 1 mm.

Références principales

  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Breteler, F.J., in press. Novitates Gabonensis 78. Deux espèces nouvelles du Gabon dans les Bridelieae (Phyllanthaceae, autrefois Euphorbiaceae). Adansonia, sér. 3.
  • Fouarge, J., Gérard, G. & Sacré, E., 1953. Bois du Congo. Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo belge (INEAC), Brussels, Belgium. 424 pp.
  • Léonard, J., 1962. Euphorbiaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 8, 1. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. 214 pp.
  • Tailfer, Y., 1989. La forêt dense d’Afrique centrale. Identification pratique des principaux arbres. Tome 2. CTA, Wageningen, Pays Bas. pp. 465–1271.

Autres références

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  • Gaugris, J.Y., van Rooyen, M.W. & Bothma, J. du P., 2008. Growth rate of selected woody species in northern Maputaland, KwaZulu-Natal, South Africa. South African Journal of Botany 74(1): 85–92.
  • Gaugris, J.Y., van Rooyen, M.W., Bothma, J. du P. & van der Linde, M.J., 2007. Hard wood utilization in buildings of rural households of the Manquakulane community, Maputaland, South Africa. Ethnobotany Research & Applications 5: 97–114.
  • Grace, O.M., Prendergast, H.D.V., Jäger, A.K. & van Staden, J., 2002. Bark medicines in traditional healthcare in KwaZulu-Natal, South Africa: an inventory. South African Journal of Botany 69(3): 301–363.
  • Kathriarachchi, H., Hoffmann, P., Samuel, R., Wurdack, K.J. & Chase, M.W., 2005. Molecular phylogenetics of Phyllanthaceae inferred from five genes (plastid atpB, matK, 3’ndhF, rbcL, and nuclear PHYC). Molecular Phylogenetics and Evolution 36: 112–134.
  • Léonard, J., 1955. Notulae systematicae 18. Euphorbiaceae Africanae novae. Bulletin du Jardin Botanique de l’Etat (Bruxelles) 25(4): 281–301.
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  • Radcliffe-Smith, A., 1987. Euphorbiaceae (part 1). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 407 pp.
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Auteur(s)

  • L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Oyen, L.P.A., 2011. Cleistanthus caudatus Pax. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas.

Consulté le 3 avril 2025.


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