Cassia angolensis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Cassia angolensis Welw. ex Hiern


Protologue: Cat. afr. pl. 1: 291 (1896).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Noms vernaculaires

  • Mkundekunde (Sw).

Origine et répartition géographique

Cassia angolensis se rencontre à l’état naturel en R.D. du Congo, en Tanzanie, au Malawi, en Zambie, en Angola et au Mozambique. En Afrique du Sud, il est cultivé comme plante ornementale.

Usages

En Tanzanie, la décoction de racine de Cassia angolensis se boit comme remède aux maladies vénériennes et les feuilles fraîches se consomment contre la toux. Le bois sert de bois de feu, de source de charbon de bois et sert à confectionner des manches d’outils et des cuillers. L’arbre se plante comme espèce d’ombrage et comme ornemental.

Propriétés

L’écorce de la tige de Cassia angolensis contient des anthraquinones : chrysophanol, émodine et physcione.

Description

Arbre de taille moyenne atteignant 25 m de haut, caducifolié, à fût droit ; écorce brune, lisse, écailleuse ; jeunes rameaux presque glabres à brièvement poilus. Feuilles disposées en spirale, composées paripennées à 10–13 paires de folioles ; stipules linéaires, de 1,5 mm de long, caduques ; pétiole et rachis de 11–30 cm de long ; folioles oblongues-elliptiques, de 3,5–4 cm × 1,5–2 cm, apex émarginé, brièvement poilues. Inflorescence : grappe axillaire atteignant 12 cm de long, à environ 20 fleurs ; bractées tombant rapidement. Fleurs bisexuées, zygomorphes, 5-mères ; sépales arrondis à l’apex ; pétales inégaux, de 2–3 cm de long, jaune doré ; étamines (9–)10, les 3 du bas étant les plus grandes, arquées et stériles, les 4 du milieu fertiles, les 3 du haut rudimentaires ; ovaire supère, linéaire, arqué, glabre, atteignant 2 cm de long. Fruit : gousse cylindrique atteignant 70 cm de long, cloisonnée transversalement, indéhiscente, contenant jusqu’à 60 graines. Graines comprimées obovoïdes-cylindriques, de 8–10 mm × 5–9 mm, brunes. Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Jusqu’au début des années 1980, le genre Cassia était considéré comme un très vaste genre comptant environ 550 espèces, mais par la suite il a été subdivisé en 3 genres : Cassia s.s., comportant une trentaine d’espèces, Chamaecrista et Senna.

Cassia mannii

Cassia mannii Oliv. ressemble beaucoup à Cassia angolensis mais il a des pétales blancs ou roses, ses folioles ne sont pas nettement émarginées et le bord des folioles est pubescent. Cassia mannii est présent depuis la Côte d’Ivoire vers le sud jusqu’au Gabon et vers l’est jusqu’au Soudan et en Ouganda. Au Congo, l’infusion d’écorce se prend pour soigner les affections des bronches, et les graines écrasées sont appliquées sur les scarifications de la peau pour traiter les névralgies. L’écorce s’utilise pour le tannage, et le bois de cœur, de belle apparence, dur, lourd et résistant, se prête au tournage et au polissage.

Cassia fikifiki et aubrevillei

Deux autres espèces de Cassia, présentes dans la zone de forêts pluviales guinéo-congolaise, Cassia fikifiki Aubrév. & Pellegr. et Cassia aubrevillei Pellegr., auraient selon les sources toutes deux des usages médicinaux. Toutefois, tous les usages mentionnés concernent l’ouest de la Côte d’Ivoire et le Liberia, où Cassia aubrevillei n’existe pas ; par conséquent, il faut probablement attribuer ces usages à Cassia fikifiki. Des extraits à l’eau ou au vin de palme de l’écorce de tige et des racines de Cassia fikifiki se boivent pour traiter la cécité des rivières (onchocerciase). La décoction d’écorce s’emploie pour laver les lépreux et la poudre d’écorce séchée s’applique sur les plaies pour aider à leur guérison. L’écorce séchée dissoute dans du vin de palme s’ingère pour soigner les maux d’estomac. Pour traiter les étourdissements, on met de la cendre de gousses brûlées mélangée à de l’eau sur les paupières. L’écorce contient du chrysophanol, de l’aloémodine, de la physcione et de la rhéine. L’extrait alcoolique de l’écorce a montré une activité microfilaricide significative in vitro. Cassia aubrevillei et Cassia fikifiki figurent sur la liste rouge de l’UICN des espèces menacées : la première est classée vulnérable et l’autre en danger.

Ecologie

Cassia angolensis est présent dans les forêts pluviales des basses terres, à 800–1100 m d’altitude.

Gestion

Cassia angolensis n’est cultivé que pour sa valeur ornementale.

Ressources génétiques

Cassia angolensis est assez répandu et il n’y a aucune menace d’érosion génétique ou d’extinction.

Perspectives

Cassia angolensis conservera sans doute une importance uniquement locale comme plante médicinale.

Références principales

  • Adjanohoun, E.J. & Aké Assi, L., 1979. Contribution au recensement des plantes médicinales de Côte d’Ivoire. Centre National de Floristique, Abidjan, Côte d’Ivoire. 358 pp.
  • Brenan, J.P.M., 1967. Leguminosae, subfamily Caesalpinioideae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 230 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Lovett, J.C., Ruffo, C.K., Gereau, R.E. & Taplin, J.R.D., 2006. Field guide to the moist forest trees of Tanzania. [Internet] Centre for Ecology Law and Policy, Environment Department, University of York, York, United Kingdom. http://celp.org.uk/ projects/ tzforeco/. March 2006.
  • Southon, I.W., Bisby, F.A., Buckingham, J. & Harborne, J.B., 1994. Phytochemical dictionary of the Leguminosae. Volume 1: Plants and their constituents. Chapman and Hall, London, United Kingdom. 1051 pp.

Autres références

  • Aubréville, A., 1959. La flore forestière de la Côte d’Ivoire. Deuxième édition révisée. Tome premier. Publication No 15. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 369 pp.
  • Jahn, K., Kilian, H.D. & Kraus, L., 1990. Detection of anthranoids from “ganna ganna” (Cassia species). Planta Medica 56: 562.
  • Kilian, H.D., Jahn, K., Kraus, L. & Büttner, D.W., 1990. In vivo and in vitro effects of extracts from Cassia aubrevillei in onchocerciasis. Acta Leiden 59(1–2): 365–371.
  • Lock, J.M., 1990. Cassia sens.lat. (Leguminosae - Caesalpinioideae) in Africa. Kew Bulletin 43(2): 333–342.
  • Ross, J.H., 1977. Fabaceae, subfamily Caesalpinioideae. In: Ross, J.H. (Editor). Flora of southern Africa. Volume 16, part 2. Botanical Research Institute, Department of Agricultural Technical Services, Pretoria, South Africa. 142 pp.
  • Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.
  • Wilczek, R., Léonard, J., Hauman, L., Hoyle, A.C., Steyaert, R., Gilbert, G. & Boutique, R., 1952. Caesalpiniaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 3. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 234–554.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2007. Cassia angolensis Welw. ex Hiern. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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