Calpocalyx heitzii (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Bois d'œuvre | |
Ornemental | |
Fibre | |
Statut de conservation | |
Calpocalyx heitzii Pellegr.
- Protologue: Bull. Soc. Bot. France 84 : 643 (1937).
- Famille: Mimosaceae (Leguminosae - Mimosoideae)
Noms vernaculaires
- Miama (Fr).
Origine et répartition géographique
Calpocalyx heitzii a une aire de répartition limitée au sud du Cameroun, à la Guinée équatoriale et au Gabon, où on le rencontre en particulier dans la forêt côtière.
Usages
Le bois est employé pour la construction intérieure comme extérieure. Il convient également pour la parqueterie, les bois de mine, la construction navale, la carrosserie, les meubles, les instruments agricoles, les boiseries intérieures, la menuiserie, les traverses de chemin de fer, les pieux et poteaux, la sculpture, les jouets et articles de fantaisie, le tournage et le modelage.
Production et commerce international
Le bois de Calpocalyx heitzii a été exporté en petites quantités du Cameroun et du Gabon vers l’Europe sous le nom commercial de “miama”. Il est probablement toujours commercialisé en lots mélangés avec d’autres bois de densité moyenne et de couleur semblable.
Propriétés
Le bois de cœur est brun rougeâtre, souvent avec des raies brunes irrégulières, généralement bien distinct de l’aubier qui est large et de couleur gris rosé pâle. Il est parfois commercialisé comme substitut de l’acajou d’Afrique (Khaya spp.), qui a une figure analogue.
Le bois est lourd, avec une densité d’environ 800 kg/m³ à 15% de teneur en humidité, et dur. Le fil est souvent ondé et irrégulier, le grain moyennement grossier à fin. Les taux de retrait sont élevés : 4,7–6,5% dans le sens radial et 8,5–11,4% dans le sens tangentiel de l’état vert à anhydre. Le bois doit être séché avec beaucoup de précaution afin d’éviter le gauchissement, et les bois entreposés doivent être sciés sur quartier.
Les propriétés mécaniques enregistrées montrent une large gamme de variation : à 12% de teneur en humidité, le module de rupture est de 125–215 N/mm², le module d’élasticité de 9220–17 650 N/mm², la compression axiale de 54–88 N/mm², et le cisaillement de 8,8–17,0 N/mm².
Les caractéristiques d’usinage sont variables, en fonction de la proportion de fil irrégulier dans le matériau. Le bois se scie moyennement bien, et le rabotage peut donner une surface pelucheuse due au bois de tension. Des avant-trous sont nécessaires pour le clouage et le vissage. Le bois est moyennement durable, et sujet aux attaques de termites et de Lyctus. Le bois de cœur est extrêmement réfractaire au traitement par produits de préservation, l’aubier moyennement réfractaire.
Description
- Arbre de moyenne à assez grande taille atteignant 35 m de haut ; fût droit, cylindrique, jusqu’à 90 cm de diamètre, avec des contreforts abrupts ; écorce grise à brun grisâtre, avec des arêtes irrégulières formant un dessin réticulé, écorce interne fibreuse, brun rosé ; branches souvent creuses.
- Feuilles alternes, composées bipennées avec une seule paire de pennes ; stipules linéaires, caduques ; pétiole jusqu’à 13 cm de long, courtement poilu, avec une grosse glande au sommet sur le dessus ; axes des pennes de (17–)30–52 cm de long ; folioles en 8–15 paires par penne, opposées, oblongues-lancéolées à étroitement elliptiques, jusqu’à 15 cm × 3,5 cm, acuminées, papyracées, glabres.
- Inflorescence : épi axillaire pendant de 6–15 cm de long, avec de nombreuses fleurs.
- Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, petites, sessiles, légèrement poilues ; calice campanulé, d’environ 2 mm de long, courtement denté ; pétales soudés à la base, d’environ 4 mm de long, jaune blanchâtre à brun pâle ; étamines 10, libres, plus longues que les pétales, avec des glandes au sommet ; ovaire supère, légèrement stipité, poilu, 1-loculaire, style long et grêle.
- Fruit : gousse obliquement obovoïde jusqu’à 20 cm × 4,5 cm, fortement aplatie, longuement atténuée à la base, obtuse au sommet, ligneuse, brune, à 2 valves, renfermant 6–8 graines.
- Graines anguleuses, aplaties.
- Plantule à germination épigée.
Autres données botaniques
Le genre Calpocalyx comprend 11 espèces et est cantonné dans les types de forêts les plus humides d’Afrique occidentale et de l’ouest de l’Afrique centrale. Il est apparenté au genre Xylia, qui en diffère par ses inflorescences en capitules. On en trouve 9 espèces dans l’ouest de l’Afrique centrale, 2 en Afrique de l’Ouest. La plupart des espèces d’Afrique centrale ont une aire de répartition restreinte.
Calpocalyx dinklagei
Calpocalyx dinklagei Harms se rencontre du Nigeria à l’enclave de Cabinda (Angola), et est localement commun dans la forêt sempervirente, notamment au Cameroun. Son bois ressemble à celui de Calpocalyx heitzii et est utilisé en menuiserie, mais Calpocalyx dinklagei n’est en général qu’un petit arbre ne dépassant pas 15 m de haut, avec un diamètre de fût n’excédant pas 25 cm. Il diffère en outre par ses pétioles glabres et ses folioles plus larges. Au Cameroun, on applique l’écorce pulvérisée de Calpocalyx dinklagei sur les blessures, et on l’emploie aussi comme antalgique.
Calpocalyx klainei
Calpocalyx dinklagei est parfois confondu avec Calpocalyx klainei Pierre ex Harms, qui est également un petit arbre, mais ce dernier se rencontre surtout dans la forêt côtière du sud du Cameroun, en Guinée équatoriale et au Gabon, et diffère par ses pétioles courtement poilus et ses fruits plus longs. Il est probable que Calpocalyx klainei soit aussi occasionnellement exploité pour son bois. Il est classé comme vulnérable dans la Liste Rouge des espèces menacées de l’UICN. Plusieurs autres espèces du genre Calpocalyx sont sans doute également abattues occasionnellement pour leur bois au Cameroun, en Guinée équatoriale et au Gabon.
Anatomie
Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :
- Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
- Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale) ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; (26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm)) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; (43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux ≥ 200 μm) ; 46 : ≤ 5 vaisseaux par millimètre carré ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
- Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; (65 : présence de fibres cloisonnées) ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
- Parenchyme axial : 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 81 : parenchyme axial en losange ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; (84 : parenchyme axial paratrachéal unilatéral) ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
- Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 115 : 4–12 rayons par mm.
- Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
Croissance et développement
La croissance de Calpocalyx heitzii est très rapide. Dans l’arboretum de Sibange près de Libreville au Gabon, une parcelle plantée âgée de 67 ans a montré un accroissement annuel moyen d’environ 10 m³/ha. Le peuplement était très dense (567 tiges/ha), et l’accroissement annuel moyen en diamètre n’était que de 5,4 mm par arbre (9 mm pour les sujets les plus grands). Le volume moyen par arbre est de 1,4 m³ (5,9 m³ pour les arbres dominants). Les fruits de Calpocalyx heitzii ont une déhiscence explosive durant la saison sèche, qui disperse les graines.
Ecologie
Calpocalyx heitzii se rencontre dans la forêt primaire et dans les vieilles forêts ombrophiles secondaires, en plus grande abondance dans la forêt littorale. Dans le sud du Cameroun, Calpocalyx heitzii est localement commun en même temps que Sacoglottis gabonensis (Baill.) Urb. dans la forêt sempervirente des basses terres et la forêt côtière jusqu’à 200 m d’altitude et avec une pluviométrie annuelle de 2200–2800 mm.
Gestion
Calpocalyx heitzii est caractérisé comme une essence de lumière, non pionnière. Les arbres de grande taille se rencontrent généralement à l’état disséminé et à faible densité. Au Gabon, le volume moyen exploitable de bois de sujets de Calpocalyx heitzii avec un diamètre de plus de 35 cm a été évalué à moins de 4 m³/ha.
Traitement après récolte
Les grumes fraîchement abattues coulent dans l’eau et ne peuvent être transportées par flottage sur les cours d’eau.
Ressources génétiques
Calpocalyx heitzii a une aire de répartition limitée et pourrait facilement être menacé par la dégradation de son milieu et par les abattages. Il est classé par l’UICN comme vulnérable. Le meilleur moyen de le protéger est de créer des réserves forestières de large étendue dans l’aire de répartition de l’espèce. Certaines autres espèces du genre Calpocalyx pourraient profiter de même de ces mesures.
Perspectives
Calpocalyx heitzii est une essence à bois d’œuvre intéressante, sur laquelle on sait peu de chose. Il est nécessaire d’étudier ses exigences écologiques, sa régénération et ses taux d’accroissement avant de pouvoir évaluer son rôle dans les forêts naturelles soumises à une exploitation aménagée. Le genre Calpocalyx s’avère nécessiter une révision taxinomique, mais ce travail est entravé par la rareté du matériel de nombreuses espèces présent dans les herbiers.
Références principales
- Anonymous, 1978. Miama. Holz Zentralblatt 104(55): 830.
- Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
- Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
- Villiers, J.-F., 1989. Leguminosae - Mimosoideae. Flore du Gabon. Volume 31. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 185 pp.
Autres références
- de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
- InsideWood, undated. [Internet] http://insidewood.lib.ncsu.edu/search/. May 2007.
- Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
- Tchouto, M.G.P., 2004. Plant diversity in a Central African rain forest. Implications for biodiversity conservation in Cameroon. PhD thesis, Department of Plant Sciences, Biosystematics Group, Wageningen University, Netherlands. 208 pp.
- Villiers, J.-F., 1984. Le genre Calpocalyx (Leguminosae, Mimosoideae) en Afrique. Bulletin du Muséum National d’Histoire Naturelle, 4e série, section B, Adansonia 6(3): 297–311.
- Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.
Sources de l'illustration
- Villiers, J.-F., 1989. Leguminosae - Mimosoideae. Flore du Gabon. Volume 31. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 185 pp.
- Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.
Auteur(s)
- R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Lemmens, R.H.M.J., 2006. Calpocalyx heitzii Pellegr. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.
- Voir cette page sur la base de données Prota4U.