Bridelia atroviridis (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Bridelia atroviridis Müll.Arg.


Protologue: Journ. Bot. 2: 327 (1864).
Famille: Euphorbiaceae (APG: Phyllanthaceae)
Nombre de chromosomes: n = 13

Noms vernaculaires

  • West African hardwood, Yoruba ironwood, fever leaf (En).
  • Mkarati (Sw).

Origine et répartition géographique

Bridelia atroviridis est présent depuis la Sierra Leone jusqu’en Ethiopie et vers le sud jusqu’en Angola et au Mozambique.

Usages

Dans toute l’Afrique de l’Ouest, l’infusion ou la macération d’écorce se boit pour ses vertus purgatives et diurétiques, pour traiter l’incontinence urinaire, la fièvre, les douleurs abdominales, la dysenterie, la diarrhée et les douleurs rhumatismales. L’infusion d’écorce est également utilisée en bain de bouche pour traiter le muguet chez les enfants, et c’est aussi un aphrodisiaque. Egalement purgatives et sudorifiques, les feuilles se prennent en décoction pour traiter la diarrhée et la fièvre. L’infusion de feuilles s’utilise aussi dans des bains et en bains de vapeur. En R.D. du Congo, l’écorce macérée ou la décoction de copeaux d’écorce se prend pour traiter la toux, l’asthme et les maladies vénériennes. On se rince la bouche avec une macération de rameaux ou d’écorce de racine pour traiter les caries.

Au Nigeria, en R.D. du Congo et en Ouganda, les feuilles servent à nourrir les vers à soie africains (Anaphe spp.). Le bois s’utilise en construction domestique, pour fabriquer des manches d’outils et des cuillers en bois ; il sert aussi de bois de feu. Dans le sud du Nigeria, on signale la consommation des graines. Les racines servent de bâtons à mâcher. Au Togo, l’écorce est utilisée pour produire des teintures de différents coloris, en utilisant divers mordants pour parvenir à la couleur souhaitée.

Production et commerce international

Au Nigeria, l’écorce de Bridelia atroviridis est vendue sur les marchés sous la forme de morceaux pâles et mous garnis de piquants peu agressifs. En Afrique de l’Ouest, l’écorce de toutes les Bridelia spp. a les mêmes usages médicinaux. Au Nigeria, 1 kg d’écorce se vend US$ 1,30–1,50, et la valeur de l’écorce de Bridelia commercialisée entre 1999 et 2003 a été estimée à environ US$ 146 000. On ne sait pas quels sont les montants en valeur de l’écorce commercialisée au niveau régional, mais on en transporte des quantités considérables.

Propriétés

Bridelia atroviridis contient des triterpènes, des flavonoïdes et des tanins, mais sa composition chimique exacte n’a pas été déterminée. La teneur totale en tanins de l’écorce est d’environ 31%.

L’extrait au méthanol de la racine a manifesté une toxicité envers l’escargot d’eau douce Bulinus globosus et a également réduit le nombre d’œufs pondus. L’extrait s’est montré moyennement toxique pour les escargots d’eau douce Biomphalaria glabrata et Archachatina marginata. L’extrait à l’alcool de différentes parties de la plante a eu des effets déprimants sur la mitose des cellules chez l’oignon (Allium cepa L.). Une décoction de feuilles lyophilisée a provoqué une diminution de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque chez des rats. L’extrait n’a pas semblé entrer en interaction avec les récepteurs adrénergiques ou les récepteurs cholinergiques et il se peut qu’il agisse par l’intermédiaire des canaux calciques potentiel-dépendants.

L’extrait aqueux de feuilles a induit des contractions de l’utérus isolé du rat d’une manière dose-dépendante.

Le bois de cœur est brun foncé, très dur et durable.

Falsifications et succédanés

En Afrique de l’Ouest, l’écorce de toutes les Bridelia spp. est utilisée et commercialisée de la même manière que celle de Bridelia atroviridis.

Description

  • Arbuste ou arbre monoïque, caducifolié, fortement ramifié, atteignant 12(–20) m de haut ; fût atteignant 45 cm de diamètre ; écorce gris pâle, lisse ou rugueuse ; branches épineuses, rameaux bruns à brun violacé foncé, jeunes pousses brièvement poilues à glabres.
  • Feuilles alternes, simples et entières ; stipules étroitement lancéolées, de 3–8 mm de long, acuminées, rapidement caduques ; pétiole de 2–8 mm de long, brièvement poilu ; limbe elliptique à oblancéolé, de (2–)6–12(–22) cm × (1–)3–10 cm, base cunéiforme à arrondie ou presque tronquée, apex acuminé, membraneux, peu et brièvement poilu le long de la nervure médiane, pennatinervé à 10–22 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : fascicule axillaire ; bractées ovales, aiguës, carénées, brièvement poilues.
  • Fleurs unisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 1–2 mm de long ; sépales ovales à triangulaires, d’environ 2 mm de long, acuminés, verdâtres ou roses à rougeâtres ; fleurs mâles à pétales obtriangulaires en cuiller, d’environ 0,5 mm de long, irrégulièrement dentés dans la moitié supérieure, disque annulaire entier et glabre, tube staminal d’environ 1 mm de long, anthères d’environ 1 mm de long, pistil rudimentaire ampulliforme, d’environ 1 mm de long, apex 2-fide ; fleur femelle à pétales elliptiques à rhombiques d’environ 1 mm de long, presque entiers, brièvement poilus, disque 3-lobé, lobes triangulaires, d’environ 1 mm de long, dentés à l’apex, ovaire supère, ovoïde, 2-loculaire, styles 2, d’environ 1 mm de long, stigmate 2-fide.
  • Fruit : petite drupe ovoïde de 6–8 mm × 5–6 mm, 1-loculaire par avortement, indéhiscente, verdâtre, noirâtre à maturité, lisse devenant rugueuse une fois sèche ; noyau d’environ 4 mm de long, lisse, brillant, brun châtain, à 1 graine.

Autres données botaniques

Le genre Bridelia est paléotropical et comprend une cinquantaine d’espèces, dont une quinzaine en Afrique tropicale et 3 à Madagascar. La plupart des Bridelia spp. en Afrique ont des usages médicinaux, mais elles ont plus d’importance pour leurs fruits, leur bois d’œuvre ou comme combustible.

Bridelia brideliifolia

Bridelia brideliifolia (Pax) Fedde est présent en altitude en R.D. du Congo, au Rwanda, au Burundi, en Ouganda, en Tanzanie et au Malawi et n’est utilisé qu’à des fins médicinales. En R.D. du Congo, l’écorce broyée de la tige ou de la racine dans de l’eau est donnée comme purgatif pour traiter les vers intestinaux, en lavement ou par voie orale. Pour stimuler la digestion, on inhale de la poudre de racine et de rameaux. Le jus des rameaux feuillés s’ingère pour traiter l’éléphantiasis. La décoction de feuilles s’utilise en lavement pour hâter l’accouchement. L’infusion d’écorce de rameaux ou la macération de racine et de feuille se prend contre les bouffées délirantes. En R.D. du Congo et en Tanzanie, pour traiter la stérilité féminine, on mange de la poudre de feuille ou des racines cuites avec du poulet, ou bien on utilise le jus de feuilles en lavement. Au Rwanda, on boit l’extrait de feuilles pour traiter les problèmes gastro-intestinaux, les ulcères gastriques et la migraine.

Bridelia ripicola

La décoction de feuilles ou d’écorce de Bridelia ripicola J.Léonard, endémique de la R.D. du Congo, se prend comme purgatif pour traiter les maux d’estomac, la diarrhée, les affections hépatiques et aussi pour traiter la stérilité féminine. L’écorce broyée sert à colorer les poteries en rouge.

Bridelia pervilleana

La décoction de tiges feuillées de Bridelia pervilleana Baill., endémique de Madagascar, se prend pour traiter la syphilis.

Croissance et développement

Au Bénin, Bridelia atroviridis fructifie d’août à novembre.

Ecologie

Bridelia atroviridis est présent dans les forêts secondaires, en lisière de forêts, dans la brousse et les fourrés associés, et aussi près des lacs et des fleuves, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1700 m d’altitude.

Multiplication et plantation

Bridelia atroviridis est multiplié par graines. On fait sécher les graines mûres et on les conserve dans des récipients hermétiques à température ambiante. Deux à trois semaines après le semis, le taux de germination est de 50–60%. Une multiplication par boutures de tige est possible.

Gestion

Les peuplements de Bridelia atroviridis ne se trouvent que dans la nature ; l’arbre n’a pas été domestiqué ou planté à grande échelle. Quelques peuplements naturels sont protégés des ravages causés chaque année par les incendies de brousse grâce au désherbage, mais on manque de données plus précises sur la conduite de la culture.

Récolte

L’écorce et les feuilles fraîches sont régulièrement récoltées pour les préparations médicinales, et les racines pour être utilisées comme bâtons à mâcher. L’écorce s’arrache par morceaux du fût, ou est détachée par bandes des branches, toute l’année durant. On récolte les racines surtout pendant la saison des pluies, lorsque le sol est meuble. Ces diverses récoltes se font localement dans un souci de durabilité, et l’on veille à ce que les arbres n’en meurent pas. Les fruits et les graines sont rarement récoltés.

Traitement après récolte

L’écorce et les racines récoltées sont mises à sécher au soleil pendant 3–4 jours. Après séchage, on emballe les matériaux dans des sacs de jute et on les conserve jusqu’à ce qu’on puisse les emporter au marché.

Ressources génétiques

En Afrique de l’Ouest, Bridelia atroviridis est partout récolté pour son écorce et pour la production de bois de feu. Malgré la protection des incendies de brousse dont bénéficient plus ou moins certains peuplements naturels, leur nombre est en diminution et la diversité génétique pourrait à l’avenir être menacée.

Perspectives

L’écorce de Bridelia atroviridis est couramment utilisée pour ses vertus médicinales et se vend sur les marchés locaux. Malgré les quelques essais pharmacologiques effectués, on ne sait pratiquement rien sur sa composition chimique. Il est nécessaire d’approfondir les recherches phytochimiques et pharmacologiques pour évaluer le potentiel de l’espèce. Des études sylvicoles s’imposent pour promouvoir sa domestication et mettre au point des techniques de gestion.

Références principales

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  • Adebisi, A.A., Ladipo D.O. & Oyeleke, G.O., 2003. Market survey and price evaluation of some phytomedicinal trees and plants in Southwest Nigeria. CENRAD Development Series. CENRAD, Ibadan, Nigeria.
  • Adewunmi, C.O., Segun, O. & Ashaolu, S.O., 1983. The effect of prolonged administration of low concentrations of Bridelia atroviridis methanolic extractive on the development of Bulinus globulus. International Journal of Crude Drug Research 20(3): 101–111.
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  • Corallo, A., Savineau, J.P., Tricoche, R. & Foungbe, S., 1991. The uterotonic action of the aqueous extract of Bridelia atroviridis in the rat. Fundamental and Clinical Pharmacology 5(4): 319–329.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Radcliffe-Smith, A., 1996. Euphorbiaceae, subfamilies Phyllantoideae, Oldfieldioideae, Acalyphoideae, Crotonoideae and Euphorbioideae, tribe Hippomaneae. In: Pope, G.V. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 9, part 4. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 1–337.

Autres références

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  • Chifundera, K., 2001. Contribution to the inventory of medicinal plants from the Bushi area, South Kivu Province, Democratic Republic of Congo. Fitoterapia 72: 351–368.
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  • Léonard, J., 1962. Euphorbiaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 8, 1. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. 214 pp.

Sources de l'illustration

  • Carter, S. & Radcliffe-Smith, A., 1988. Euphorbiaceae (part 2). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. pp. 409–597.

Auteur(s)

  • A.A. Adebisi, Centre for Environment, Renewable Natural Resources Management, Research and Development (CENRAD), P.M.B. 5052, Jericho Hills, Ibadan, Nigeria
  • D.O. Ladipo, Centre for Environment, Renewable Natural Resources Management, Research and Development (CENRAD), 5 Akinola Maja Avenue, P.M.B. 5052, Jericho Hills, Ibadan, Nigeria

Citation correcte de cet article

Adebisi, A.A. & Ladipo, D.O., 2007. Bridelia atroviridis Müll.Arg. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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