Brachystegia tamarindoides (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, port de l’arbre ; 2, rameau en fleurs ; 3, fleur ; 4, fruits. Redessiné et adapté par J.M. de Vries
arbre
branches en fleurs
tronc
jeunes feuilles
fleurs
fruits
subsp. microphylla

Brachystegia tamarindoides Benth.


Protologue: Trans. Linn. Soc. London 25: 312 (1866).
Famille: Caesalpiniaceae (Leguminosae - Caesalpinioideae)

Noms vernaculaires

  • Mountain acacia, redwood (En).

Origine et répartition géographique

Brachystegia tamarindoides se rencontre de l’est de la R.D. du Congo et de la Tanzanie jusqu’à l’Angola, au Zimbabwe et au Mozambique.

Usages

Le bois est utilisé localement dans la construction d’habitations, par ex. pour les solives et les linteaux, dans la construction de véhicules et pour les étais de mines. Il convient pour la menuiserie, les boiseries intérieures, la construction navale, la charronnerie, le mobilier, les traverses de chemin de fer (lorsqu’elles sont traitées), les jouets et les articles de fantaisie, le tournage, les placages et le contreplaqué. Il est considéré comme une excellente source de bois de feu, très demandé par les agriculteurs pour sécher le tabac. Le bois est également important pour la production de charbon de bois.

L’écorce interne est une source de fibres utilisées pour fabriquer des cordages, des sacs, des étoffes, des nattes, des sachets, des chapeaux, des boîtes et des objets artisanaux. On mâche l’écorce pour traiter la constipation et comme vermifuge. Le feuillage est brouté par le bétail, notamment les bovins et les chèvres.

Production et commerce international

Le bois de Brachystegia tamarindoides est utilisé localement et n’a pas d’importance dans le commerce international des bois d’œuvre.

Propriétés

Le bois de cœur, brun grisâtre à brun rougeâtre ou brun foncé, est nettement démarqué de l’aubier blanc jaunâtre et fait jusqu’à 10 cm de large. Il présente un contrefil, et le grain est modérément grossier à grossier. Les surfaces sciées sur quartier montrent une belle figure.

C’est un bois moyennement lourd à assez lourd, avec une densité de 770–880 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air lentement ; les planches de 2,5 cm d’épaisseur prennent environ 9 semaines pour sécher de l’état vert à l’état sec à l’air, avec des déformations modérément graves et parfois des gerces superficielles et des fentes en bout. Les taux de retrait au séchage sont moyens, de l’état vert à 12% d’humidité ils sont de 2,1% radialement et de 2,8% tangentiellement. A 12% d’humidité, le module de rupture est d’environ 88 N/mm², le module d’élasticité de 10 500 N/mm², la compression axiale de 67 N/mm², le cisaillement de 15 N/mm² et la dureté Janka de flanc de 6450 N.

Le sciage peut s’avérer difficile parce que le bois a tendance à se carboniser et à éclater. Les surfaces peuvent être rugueuses en raison du contrefil ; pour le rabotage, un angle de coupe réduit de 10° est recommandé. Le bois a tendance à se fendre au clouage, et des avant-trous sont donc indiqués. Le mortaisage et le perçage s’effectuent bien si le bois est soutenu. Le bois de cœur est modérément durable, étant sensible aux attaques d’insectes. L’aubier est sensible aux champignons du bleuissement et aux foreurs Lyctus. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, l’aubier quant à lui est modérément rebelle.

La quantité de tanin dans l’écorce est très variable, de 8% à 25%.

Description

  • Arbre caducifolié, de taille petite à moyenne atteignant 30(–35) m de haut ; fût en général droit et cylindrique, jusqu’à 80(–120) cm de diamètre ; surface de l’écorce lisse, gris argenté à gris foncé, se desquamant en laissant des taches circulaires jaunâtres, écorce interne jaunâtre à rosée, virant au brun à l’exposition ; cime assez ouverte, aplatie, à branches étalées ; rameaux courtement poilus à glabres.
  • Feuilles alternes, composées paripennées à 6–72 paires de folioles ; stipules de 0,5–3 cm de long, habituellement caduques ; pétiole de 0,2–1,5 cm de long, épaissi à la base, rachis de 5–12 cm de long, sillonné et légèrement ailé ; folioles opposées, ovales à elliptiques, oblongues ou linéaires, de 0,5–6 cm × 0,2–2 cm, obliquement arrondies ou cordées à la base, aiguës à arrondies ou émarginées à l’apex, glabres ou courtement poilues, pennatinervées.
  • Inflorescence : panicule terminale ou axillaire jusqu’à 8 cm de long, à pubescence courte.
  • Fleurs bisexuées, presque régulières, petites, parfumées, présentant à la base 2 bractéoles ovales de 4–8 mm de long ; pédicelle de 1,5–3 mm de long ; sépales (4–)5, légèrement inégaux, de 2–2,5 mm de long, presque glabres ; pétales absents ou seulement 1 d’environ 1,5 mm de long ; étamines 10, presque libres, d’environ 1 cm de long ; ovaire supère, ellipsoïde, de 3–4 mm de long, avec un stipe jusqu’à 3 mm de long, pubescent, style mince, jusqu’à 1 cm de long, spiralé.
  • Fruit : gousse aplatie, oblongue à obovoïde, de 5–10 cm × 1,5–3 cm, à angle droit avec le stipe, lisse mais faiblement ridée, brun foncé à brun pourpre, déhiscente par 2 valves ligneuses, contenant jusqu’à 7 graines.
  • Graines oblongues à ovoïdes, de 1,5–2 cm de long, brun foncé.

Autres données botaniques

Le genre Brachystegia, qu’il est difficile de classer d’un point de vue taxinomique, comprend près de 30 espèces réparties en Afrique continentale tropicale et en Afrique du Sud, la majorité des espèces étant présentes en Afrique tropicale australe où elles sont caractéristiques de la forêt de miombo.

Trois sous-espèces ont été distinguées chez Brachystegia tamarindoides : subsp. tamarindoides qui est cantonnée à l’Angola, subsp. microphylla (Harms) Chikuni qui est répandue dans toute l’aire de répartition de l’espèce, et subsp. torrei (Hoyle) Chikuni qui se rencontre au Malawi, au Zimbabwe et au Mozambique. Les deux dernières sous-espèces sont parfois distinguées comme espèces distinctes : Brachystegia microphylla Harms et Brachystegia torrei Hoyle, respectivement, alors que Brachystegia glaucescens Hutch. & Burtt Davy est parfois également séparé de subsp. microphylla et reconnu au niveau d’espèce.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 1 : limites de cernes distinctes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 29 : ponctuations ornées ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 70 : fibres à parois très épaisses.
  • Parenchyme axial : 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 81 : parenchyme axial en losange ; 83 : parenchyme axial anastomosé ; 89 : parenchyme axial en bandes marginales ou semblant marginales ; 91 : deux cellules par file verticale ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale.
  • Rayons : 96 : rayons exclusivement unisériés ; 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; 116 : 12 rayons par mm.
  • Structure étagée : 122 : rayons et/ou éléments axiaux irrégulièrement étagés (échelonnés).
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial ; (143 : cristaux prismatiques dans les fibres).
(E.E. Mwakalukwa, H. Beeckman & P. Baas)

Croissance et développement

Deux ans après la germination, les semis avaient une hauteur moyenne de 25 cm seulement. Dans des plantations au Burundi, les arbres atteignaient une hauteur de 7–8 m au bout de 11 ans après la plantation. Les arbres sont dépourvus de feuilles pendant la saison sèche, normalement en août–septembre. Ils fleurissent en septembre–octobre et les fruits mûrissent en avril–septembre. Lorsqu’ils sont mûrs, les fruits s’ouvrent de façon explosive, et disséminent les graines sur de courtes distances. Les racines s’associent à des champignons ectomycorhiziens.

Ecologie

Brachystegia tamarindoides est très commun dans la forêt claire décidue sur des collines et escarpements rocheux, à 800–2000 m d’altitude. Il se rencontre sur des sols granitiques et des sols rougeâtres lessivés, souvent dans des sites avec des sols peu profonds mais riches en humus. Il est assez tolérant à la sécheresse.

Multiplication et plantation

Au Zimbabwe, le taux de germination des graines n’était que de 30%, et le taux de survie des semis après un an également de 30%. Le pré-traitement des graines par l’immersion dans de l’eau bouillante améliore la vitesse et le pourcentage de germination.

Gestion

Brachystegia tamarindoides est dominant par endroits ou co-dominant avec d’autres Brachystegia spp.

Maladies et ravageurs

Le feuillage est souvent attaqué par les chenilles du papillon de nuit Imbrasia epimethea (Saturnidés) ; ces chenilles sont comestibles.

Récolte

Typiquement, les gens ramassent les branches et les tiges avec un diamètre de 3–8 cm comme combustible pour les feux ménagers. Les tiges et les branches plus grosses sont utilisées en construction et pour la production de charbon de bois. Les grandes pousses tendres sur de jeunes arbres sont souvent coupées pour en extraire les fibres. La récolte pour toutes ces fins se fait pendant toute l’année.

Traitement après récolte

Après l’abattage, les grumes ne doivent pas rester longtemps sur place parce que le bois est sensible aux attaques d’insectes ; elles doivent être transformées rapidement ou traitées avec des produits de conservation. Les fibres extraites sont souvent cuites avec de la cendre pour les colorer, puis séchées. Ensuite, les fibres sont pressées pour les ramollir, puis filées en brins ou en ficelles.

Ressources génétiques

Brachystegia tamarindoides n’est pas considéré comme une espèce en danger parce qu’il est répandu, localement abondant ou même dominant. Cependant, l’exploitation de son bois pour la construction et le charbon de bois, les défrichements pour les terres agricoles et les feux de brousse incontrôlés, ont mené par endroits à une dégradation sérieuse de la forêt de miombo dans laquelle Brachystegia tamarindoides joue un rôle important. Dans certaines régions, les dégâts causés par les éléphants ont contribué à la disparition des forêts claires caractérisées par une grande proportion de Brachystegia tamarindoides.

Perspectives

Brachystegia tamarindoides, ainsi que quelques autres Brachystegia spp. qui se rencontrent dans la forêt claire de miombo, est important pour les populations locales comme source de bois d’œuvre, de bois de feu, de charbon de bois et de fibres. Des programmes de plantation ont été lancés par endroits pour contrebalancer les niveaux élevés d’exploitation et de dégradation forestière. Davantage de recherches sont nécessaires sur les taux de croissance, la multiplication, la sylviculture et les techniques de récolte afin d’arriver à des recommandations adaptées à une gestion durable de la forêt.

Références principales

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  • Wilczek, R., Léonard, J., Hauman, L., Hoyle, A.C., Steyaert, R., Gilbert, G. & Boutique, R., 1952. Caesalpiniaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 3. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 234–554.

Autres références

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  • Williamson, J., 1955. Useful plants of Nyasaland. The Government Printer, Zomba, Nyasaland. 168 pp.

Sources de l'illustration

  • Brenan, J.P.M., 1967. Leguminosae, subfamily Caesalpinioideae. In: Milne-Redhead, E. & Polhill, R.M. (Editors). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 230 pp.
  • Coates Palgrave, K., 2002. Trees of southern Africa. 3rd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 1212 pp.

Auteur(s)

  • L. Jimu, Forestry Unit, Department of Environmental Science, Bindura University of Science Education (BUSE), P.B. 1020, Bindura, Zimbabwe

Citation correcte de cet article

Jimu, L., 2012. Brachystegia tamarindoides Benth. [Internet] Fiche de PROTA4U. Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. <http://www.prota4u.org/search.asp>.

Consulté le 4 avril 2025.


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