Boerhavia repens (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Boerhavia repens L.


Protologue: Sp. pl. 1 : 3 (1753).
Famille: Nyctaginaceae
Nombre de chromosomes: n = 52

Noms vernaculaires

  • Creeping spiderling (En).
  • Trevinha (Po).
  • Mkwayakwaya (Sw).

Origine et répartition géographique

Boerhavia repens a une répartition pantropicale, mais pourrait être originaire de l’Ancien Monde. Il est présent dans toute l’Afrique, y compris dans les pays méditerranéens et en Afrique du Sud, et est particulièrement commune dans les régions où la saison sèche est bien marquée.

Usages

Boerhavia repens passe pour avoir des propriétés semblables à celles de Boerhavia diffusa L., et la racine est utilisée en Inde surtout comme diurétique, mais aussi comme stomachique, cardiotonique, hépatoprotecteur, laxatif, anthelminthique, fébrifuge, expectorant et, à fortes doses, comme émétique et purgatif. En Afrique de l’Ouest, on consomme des décoctions de racines et de feuilles de Boerhavia repens à doses modérées pour soigner l’asthme, et à fortes doses comme émétique, diurétique et laxatif ainsi que pour traiter la lèpre et la syphilis. Les racines sont mises à bouillir puis appliquées en cataplasme sur les ulcères, notamment ceux causés par les infections dues au ver de Guinée, tandis que la poudre de racines est appliquée sur le pian. Les racines pilées mélangées à des graines broyées de Blighia sapida K.D.Koenig sont appliquées sur le corps en cas de varicelle. Une infusion de la plante entière est consommée pour soigner les convulsions et l’aménorrhée. Les Yoroubas du Nigeria en donnent des infusions en guise de laxatif doux et de fébrifuge aux enfants. La plante écrasée est appliquée en externe contre l’hydropisie. Une infusion de feuilles sert d’abortif, d’ecbolique et de remède contre la jaunisse, et la plante entière est pulpée pour servir de cataplasme sur les entorses. En Afrique centrale, on consomme une décoction de racines comme aphrodisiaque ou pour soigner les douleurs d’estomac, tandis que l’on instille du jus de racines dans les yeux pour guérir la filariose. Au Nigeria, on préfère Boerhavia repens à Boerhavia diffusa et à Boerhavia erecta L. car c’est lui qui est considéré comme le plus efficace.

En Afrique de l’Ouest, les feuilles sont parfois préparées en sauce comme légume, et les graines sont ajoutées aux céréales ou à d’autres aliments au Sénégal et au Mali. Au Nigeria, les racines sont ajoutées aux gâteaux et les Haoussas consomment la plante en guise de médicament contre l’abattement dû à la faim. Les tiges feuillées sont généralement consommées par les ovins et les bovins, et peuvent aussi être coupées comme fourrage.

Production et commerce international

Boerhavia repens est utilisé au niveau local, excepté en Inde où la plante entre dans la composition de formules médicinales courantes, comme Boerhavia diffusa et Boerhavia erecta.

Propriétés

Toutes les parties de la plante de Boerhavia repens contiennent des hétérosides flavonoïdes et un alcaloïde, la punarnavine. Un extrait au méthanol de la plante entière a inhibé la résorption osseuse provoquée par l’hormone parathyroïdienne dans des cultures de tissus osseux chez la souris ; quelques hétérosides flavonoïdes ont été isolés comme composés actifs.

Description

Plante herbacée annuelle à vivace, prostrée ou zigzaguante, à tiges atteignant 60 cm de long, à racine pivotante élancée ; tige peu à fortement ramifiée, charnue, verte, souvent lavée de rouge, couverte de poils fins ou glabrescente, nœuds renflés. Feuilles opposées, simples, inégales ; stipules absentes ; pétiole de 0,5–1,5 cm de long ; limbe largement ovale à elliptique, de 1–2,5 cm × 0,5–1,5 cm, base cunéiforme, arrondie ou tronquée, apex arrondi à aigu, bords sinués, vert pâle à blanchâtre dessous, finement poilu, à poils glandulaires ou glabrescent. Inflorescence : ombelle ou cyme axillaire serrée, irrégulière, à (3–)5–7(–13) fleurs ; pédoncule de (2–)4–7 cm de long ; bractées et bractéoles de petite taille, fimbriées, caduques. Fleurs bisexuées, régulières ; pédicelle de (0–)1–1,5 mm de long ; périanthe tubuleux-campanulé, se rétrécissant nettement au milieu, partie inférieure ellipsoïde, entourant l’ovaire, à 5 côtes, vert, partie supérieure 5-lobée, atteignant 3,5 mm × 3 mm, lobes émarginés, blancs, roses ou mauves, tombant rapidement ; étamines (1–)2(–3), légèrement exsertes ; ovaire supère, apparemment infère, 1-loculaire, style légèrement exsert, stigmate capité. Fruit : akène enserré par la partie inférieure épaissie du périanthe (l’ensemble étant appelé anthocarpe) ; anthocarpe obovoïde à ellipsoïde, de 3–3,5 mm × 1,5–2 mm, apex arrondi, à 5 côtes arrondies, à poils glandulaires sur toute la surface, à 1 graine. Graines ovoïdes, marron clair. Plantule à germination épigée.

On trouve Boerhavia repens en fleurs et en fruits d’un bout à l’autre de l’année, lorsqu’il y a suffisamment d’eau.

Autres données botaniques

Le genre Boerhavia comprend 5–20 espèces, suivant le concept d’espèce retenu, et inclut plusieurs adventices pantropicales variables dont l’histoire de la nomenclature est complexe.

Boerhavia coccinea

En Afrique de l’Ouest, la pulpe de la feuille de Boerhavia coccinea Mill., qui est apparenté à Boerhavia repens, est mélangée à de l’huile d’arachide, puis brûlée et la fumée est inhalée pour calmer les maux de dents. On consomme une infusion de racines en cas de problèmes de foie. Au Nigeria, les racines sont broyées avec d’autres herbes et avalées avec de l’eau comme vermifuge. Les feuilles sont quelquefois cuisinées et consommées comme légume cuit. Les nomades du Sahara font cuire les graines riches en protéines dans une soupe.

Ecologie

On rencontre Boerhavia repens dans des endroits perturbés sablonneux et rocailleux, souvent dans des zones inondables, telles que les fossés au bord des routes, les lits secs des rivières, les plaines inondables et les champs irrigués, jusqu’à 1600(–1900) m d’altitude. Boerhavia repens préfère les terrains ensoleillés de même qu’un climat saisonnier avec une saison sèche marquée.

Gestion

Les parties récoltées de Boerhavia repens sont souvent utilisées fraîches, excepté les racines qui peuvent être mises à sécher au soleil en vue d’une utilisation ultérieure.

Ressources génétiques

L’aire de répartition de Boerhavia repens est étendue et on le trouve en milieu perturbé, raison pour laquelle il n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Boerhavia repens a des usages médicinaux semblables à ceux de son parent plus connu Boerhavia diffusa, mais il faut poursuivre les recherches pour élucider sa chimie et ses activités pharmacologiques.

Références principales

  • Abbiw, D.K., 1990. Useful plants of Ghana: West African uses of wild and cultivated plants. Intermediate Technology Publications, London and Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 337 pp.
  • Ayensu, E.S., 1978. Medicinal plants of West Africa. Reference Publication, Michigan. 330 pp.
  • Gilbert, M.G., 2000. Nyctaginaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 264–273.
  • Li, J., Li, H., Kadota, S., Namba, T., Miyahara, T. & Khan, U.G., 1996. Effects on cultured neonatal mouse calvaria of the flavonoids isolated from Boerhavia repens. Journal of Natural Products 59(11): 1015–1018.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.

Autres références

  • Berhaut, J., 1979. Flore illustrée du Sénégal. Dicotylédones. Volume 6. Linacées à Nymphéacées. Gouvernement du Sénégal, Ministère du Développement Rural et de l’Hydraulique, Direction des Eaux et Forêts, Dakar, Senegal. 636 pp.
  • Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
  • Codd, L.E., 1966. Notes on Boerhavia in Southern Africa. Bothalia 9(1): 113–121.
  • Le Bourgeois, T. & Merlier, H., 1995. Adventrop. Les adventices d’Afrique soudano-sahélienne. CIRAD-CA, Montpellier, France. 637 pp.
  • Noba, K. & Ba, A.T., 1992. Réexamen de la systématique de 3 espèces du genre Boerhavia L. (Nyctaginaceae). Webbia 46(2): 327–339.
  • Philcox, D. & Coode, M.J.E., 1994. Nyctaginacées. In: Bosser, J., Cadet, T., Guého, J. & Marais, W. (Editors). Flore des Mascareignes. Familles 136–148. The Sugar Industry Research Institute, Mauritius, l’Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM), Paris, France & Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 5 pp.
  • Thulin, M., 1993. Nyctaginaceae. In: Thulin, M. (Editor). Flora of Somalia. Volume 1. Pteridophyta; Gymnospermae; Angiospermae (Annonaceae-Fabaceae). Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 168–175.
  • Whitehouse, C., 1996. Nyctaginaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 20 pp.

Auteur(s)

  • M. Muzila, Herbarium (UCBG), Department of Biological Sciences, University of Botswana, Private Bag UB00704, Gaborone, Botswana

Citation correcte de cet article

Muzila, M., 2006. Boerhavia repens L. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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