Beilschmiedia oblongifolia (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Beilschmiedia oblongifolia Robyns & R.Wilczek


Protologue: Bull. Jard. Bot. Etat 19: 466 (1949).
Famille: Lauraceae

Origine et répartition géographique

Beilschmiedia oblongifolia est réparti depuis le Gabon et le Congo jusqu’à l’est de la R.D. du Congo.

Usages

Le bois (noms commerciaux : kanda, kanda brun) est employé localement en construction et en menuiserie. Il est également considéré comme convenant pour les meubles et pour les menuiseries intérieures et extérieures.

Propriétés

Le bois de cœur est brun jaunâtre, devenant grisâtre lorsqu’il est exposé à l’air et à la lumière, et virant au brun jaunâtre à nouveau lors du séchage ; il est nettement distinct de l’aubier qui est jaune rosé vif et large d’environ 4 cm. Les surfaces sciées sur quartier ont un bel aspect flammé. A 12% d’humidité, la densité du bois est de 690–815 kg/m³. Le bois sèche bien à l’air, mais il est moyennement instable, et il est recommandé de le scier sur quartier et de le sécher avec soin pour éviter le gauchissement. A 12% d’humidité, le module de rupture est de 114–145 N/mm², le module d’élasticité de 21 300 N/mm², la compression axiale de 43–64 N/mm², le fendage de 15–20 N/mm, et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,8–6,3. Le bois se scie bien. Les caractéristiques de travail aux outils manuels et d’usinage sont généralement bonnes, mais variables en raison de la présence occasionnelle de contrefil. Les caractéristiques de clouage, de vissage et de mortaisage sont bonnes. Le bois est durable.

Description

  • Arbre sempervirent de moyenne grandeur, atteignant 25 m de hauteur ; fût dépourvu de branches sur une hauteur atteignant 16 m, cylindrique, jusqu’à 70(–100) cm de diamètre ; écorce externe brun vif, écailleuse, écorce interne brun rougeâtre à jaune rosé, avec une douce odeur épicée ; jeunes rameaux aplatis, plus ou moins poilus.
  • Feuilles alternes à opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 0,5–1 cm de long, plus ou moins cannelé, poilu ; limbe oblong-lancéolé à étroitement oblong-elliptique, de 4–15 cm × 1,5–5 cm, base cunéiforme à aiguë, apex arrondi à indistinctement émarginé, bord recourbé vers le haut, coriace, glabre, vert olive foncé sur le dessus, plus clair sur la face inférieure, pennatinervé à 8–11 paires de nervures latérales ; limbe des jeunes feuilles rouge vineux, avec des points translucides.
  • Inflorescence : panicule axillaire lâche, de 1–4 cm de long, glabrescente ; pédoncule de 0,5–1,5 cm de long ; bractées ovoïdes, d’environ 4,5 mm × 2 mm, persistantes.
  • Fleurs bisexuées, régulières, charnues, petites, vert pâle, glabres ; pédicelle jusqu’à 1 mm de long ; périanthe en cloche, d’environ 2 mm de long, lobes ovales-triangulaires, d’environ 1 mm de long ; étamines fertiles 9, en 3 verticilles, celles des 2 verticilles externes sessiles, celles du verticille interne pourvues d’un filet et portant chacune 2 glandes, staminodes 3, formant un quatrième verticille ; ovaire supère, d’environ 0,5 mm de diamètre.
  • Fruit : baie piriforme jusqu’à 2 cm × 1 cm, glabre, renfermant 1 seule graine.

Autres données botaniques

Les semis sont tolérants à l’ombre et poussent bien en sous-bois, mais ils sont vulnérables au plein soleil. Leur croissance initiale est rapide. Au Kivu (R.D. du Congo), Beilschmiedia oblongifolia produit des fruits en abondance à la fin de l’année.

Le genre Beilschmiedia comprend environ 250 espèces, réparties dans tous les tropiques, dont quelque 80 espèces en Afrique tropicale et à Madagascar. Beilschmiedia oblongifolia appartient au sous-genre Synthoradenia. Beilschmiedia congolana Robyns & R.Wilczek et Beilschmiedia letouzeyi Robyns & R.Wilczek sont également inclus dans ce sous-genre et sont parfois également connus sous les noms commerciaux de “kanda” et “kanda brun”.

Beilschmiedia congolana

Beilschmiedia congolana est un grand arbre atteignant 50 m de haut, avec un diamètre de fût atteignant 90 cm, et a des feuilles arrondies aux deux extrémités. C’est un arbre de forêt dont l’aire s’étend sur le Cameroun, la Centrafrique, le Gabon, le Congo et la R.D. du Congo. Son bois est blanc, plutôt tendre et très poreux. A 12% d’humidité, la densité du bois est d’environ 580 kg/m³, le module de rupture de 99 N/mm², le module d’élasticité de 11 500 N/mm², la compression axiale de 39 N/mm², le fendage de 10 N/mm, et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,7.

Beilschmiedia letouzeyi

Beilschmiedia letouzeyi est un arbre de taille moyenne atteignant 30 m de haut, avec un diamètre de fût atteignant 50 cm. On le rencontre au Cameroun, en Centrafrique et au Congo. A 12% d’humidité, la densité du bois est d’environ 650 kg/m³, le module de rupture de 164 N/mm², la compression axiale de 73 N/mm², le fendage de 6 N/mm, et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 3,2.

Ecologie

Beilschmiedia oblongifolia se rencontre généralement en petits groupes dans la forêt pluviale jusqu’à 2200 m d’altitude.

Gestion

Beilschmiedia oblongifolia était localement abondant en R.D. du Congo dans les années 1950, avec jusqu’à 20 arbres/ha d’un diamètre de fût de plus de 15 cm, et 12 m³ de bois d’œuvre par ha, mais on ne dispose pas d’information plus récente. L’analyse des cernes d’accroissement indique que les arbres sont commercialement exploitables lorsqu’ils ont 50 ans d’âge.

Ressources génétiques

Beilschmiedia oblongifolia n’est pas très répandu, et on manque d’information sur son abondance, de sorte qu’on ne sait pas très bien si l’espèce est menacée d’érosion génétique. Il n’est pas inclus dans la Liste rouge 2006 des espèces menacées de l’UICN.

Perspectives

Le bois de Beilschmiedia oblongifolia a des caractéristiques mécaniques favorables, ainsi qu’une bonne durabilité et de bonnes caractéristiques d’usinage. On connaît trop peu de chose sur sa répartition et son abondance actuelles pour apprécier si son importance s’accroîtra au-delà de ses usages locaux. Comme il semble avoir une croissance rapide, il mérite davantage d’étude sur ses possibilités d’emploi en plantations.

Références principales

  • Fouarge, J., Quoilin, J. & Roosen, P., 1970. Essais physiques, mécaniques et de durabilité de bois de la République Democratique du Congo. Série technique No 76. Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo (INEAC), Brussels, Belgium. 40 pp.
  • Michelson, A., 1952. Beilschmiedia oblongifolia W. Robyns & R. Wilczek. Etudes Forestières, nouvelle série 2: 5–26.
  • Robyns, W. & Wilczek, R., 1951. Lauraceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 2. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 403–446.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.

Autres références

  • ATIBT (Association Technique Internationale des Bois Tropicaux), 1986. Tropical timber atlas: Part 1 – Africa. ATIBT, Paris, France. 208 pp.
  • Fouilloy, R., 1965. Lauracées. Flore du Gabon. Volume 10. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 7–81.
  • Fouilloy, R., 1974. Lauraceae. Flore du Cameroun. Volume 18. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 3–87.
  • Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
  • Robyns, W. & Wilczek, R., 1949. Contribution à l’étude des Lauracées du Congo Belge et de l’Afrique tropicale. Bulletin du Jardin Botanique de l’Etat (Bruxelles) 19(4): 457–507.
  • Robyns, W. & Wilczek, R., 1950. Contribution a l’etude du genre Beilschmiedia de l’Afrique tropicale. Bulletin du Jardin Botanique de l’Etat (Bruxelles) 20(2): 197–226.

Auteur(s)

  • M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Brink, M., 2008. Beilschmiedia oblongifolia Robyns & R.Wilczek. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 avril 2019.


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