Barteria fistulosa (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Barteria fistulosa Mast.


Protologue: Oliv., Fl. trop. Afr. 2 : 511 (1871).
Famille: Passifloraceae

Synonymes

  • Barteria nigritana Hook.f. subsp. fistulosa (Mast.) Sleumer (1974).

Noms vernaculaires

  • Arbre à fourmis (Fr).

Origine et répartition géographique

Barteria fistulosa se rencontre depuis l’ouest du Nigeria jusqu’en Centrafrique, et vers le sud jusqu’en R.D. du Congo.

Usages

L’écorce des tiges, les racines et les feuilles de Barteria fistulosa sont largement utilisées sous forme de bains ou d’embrocation pour traiter les douleurs, par ex. les douleurs fébriles, les maux de tête, les douleurs intestinales et lombaires, ainsi que les rhumatismes. Au Gabon, une décoction d’écorce est prise en gargarisme pour traiter les douleurs dentaires. En Centrafrique, une décoction est utilisée comme gouttes nasales pour soigner les maux de tête. Les jeunes pousses sont consommées comme aphrodisiaque et les racines réduites en poudre sont largement utilisées comme fortifiant masculin. Une décoction d’écorce est ingérée pour traiter les maladies vénériennes et la démence. Au Congo, Barteria fistulosa entre dans de nombreuses formulations permettant de traiter l’épilepsie et les morsures de serpent. Une décoction d’écorce sert de bain pour traiter la variole et les plaies ulcérées. Un mélange comprenant de l’écorce de ramilles séchée et broyée, de sel gemme et de farine de maïs est consommé comme purgatif. L’écorce réduite en poudre permet d’arrêter les crachements de sang et les hémorragies de l’utérus ; les feuilles réduites en poudre sont frottées sur les scarifications. En R.D. du Congo, le jus de l’écorce permet de traiter les blessures.

Propriétés

L’écorce des tiges de Barteria fistulosa contient de grandes quantités de flavones, qui sont présentes à l’état de traces dans les feuilles et les racines. De plus, l’écorce contient des traces de saponines ; l’écorce et les racines contiennent des tanins ; les feuilles, l’écorce et les racines contiennent des traces d’acide cyanhydrique. Le bartérioside, un hétéroside cyanogénétique, a été isolé de l’écorce de la racine.

Description

Petit arbre pouvant atteindre 13 m de haut, avec une racine pivotante profonde ; branches horizontales, creuses sur toute leur longueur, lisses ou à lenticelles, grisâtres. Feuilles alternes distiques, simples, presque entières ; stipules absentes ; pétiole court, épaissi ; limbe oblong à obovale-oblong, de 20–42 cm × 6–19 cm, base décurrente sur le pétiole, formant une ligne en relief des deux côtés de la tige, apex apiculé, coriace, glabre. Inflorescence : fascicule axillaire, souvent en fer à cheval, portant (2–)6–9 fleurs ; bractées nombreuses, oblongues, apex arrondi à obtus, se chevauchant, brillantes, de couleur marron, augmentant en taille du bas vers le haut. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, sessiles ; sépales soudés à la base, oblongs à lancéolés, d’environ 3 cm × 1 cm, se chevauchant, ondulés sur les bords, soyeux et tomenteux à l’extérieur, blancs ; pétales semblables aux sépales, mais légèrement plus grands et glabres ; couronne double, la couronne externe membraneuse, d’environ la moitié de la longueur des pétales, dentée en scie au bord, la couronne interne plus petite, constituée d’un anneau de tubercules épais et charnus ; étamines nombreuses, d’environ 3 cm de long, filets soudés à la base, anthères linéaires-oblongues ; ovaire supère, globuleux, 1-loculaire, style épais, gros stigmate en forme de champignon. Fruit : baie coriace, ellipsoïde, indéhiscente, de 3–3,5 cm × 2–2,5 cm, contenant de nombreuses graines. Graines ovoïdes, comprimées, grossièrement alvéolées, avec un arille pulpeux.

Autres données botaniques

Le genre Barteria comprend 4 espèces, qui sont toutes présentes en Afrique tropicale. Barteria fistulosa abrite de grandes fourmis agressives (Tetraponera spp.). Barteria nigritana Hook.f. et Barteria dewevrei De Wild. & T.Durand abritent de petites fourmis dans leurs branches creuses, alors que Barteria solida Breteler n’abrite aucune fourmi. Au Nigeria, Barteria fistulosa fructifie en mars sur les arbres qui ont atteint plus de 8 m de haut (âgés de plus de 10 ans). Les graines sont dispersées par les oiseaux et les petits mammifères. Les plantules lèvent sous un ombrage dense et produisent leurs premières branches horizontales creuses quand elles atteignent 1–1,5 m de haut ; les branches sont alors colonisées par les fourmis. Le taux de croissance est de 50–100 cm par an et l’arbre meurt après 15–30 saisons de reproduction ; à cette époque la cime est suffisamment haute pour être exposée à la lumière indirecte du soleil.

Au Cameroun, les Bakas utilisent Barteria nigritana pour traiter l’anémie et les douleurs dentaires ; au Congo, les Kouilous et les Mayombés utilisent son écorce pour soigner les blessures, la gale et les démangeaisons ; la zone touchée est d’abord lavée à l’aide d’une décoction d’écorce, puis saupoudrée d’écorce réduite en poudre.

Ecologie

Barteria fistulosa se rencontre dans les forêts pluviales des basses terres et les forêts-galeries, ainsi que dans les forêts secondaires, souvent dans les clairières ou le long des rivières.

Ressources génétiques

Barteria fistulosa est répandu et il n’est donc pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Au vu de ses nombreux usages médicinaux et du peu de données chimiques et pharmacologiques disponibles, de plus amples recherches sur les propriétés de Barteria fistulosa pourraient s’avérer intéressantes.

Références principales

  • Breteler, F.J., 1999. Barteria Hook. f. (Passifloraceae) revised. Adansonia séries 3, 21(2): 307–318.
  • Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
  • Janzen, D.H., 1972. Protection of Barteria (Passifloraceae) by Pachysima ants (Pseudomyrmecinae) in a Nigerian rain forest. Ecology 53(5): 885–892.
  • Keay, R.W.J., 1954. Passifloraceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 1. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 199–203.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Waterman, P.G., Ross, J.A.M. & McKey, D.B., 1984. Factors affecting levels of some phenolic compounds, digestibility and nitrogen content of the mature leaves of Barteria fistulosa (Passifloraceae). Journal of Chemistry and Ecology 10: 384–401.

Autres références

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  • Akendengué, B. & Louis, A.M., 1994. Medicinal plants used by the Masango people in Gabon. Journal of Ethnopharmacology 41: 193–200.
  • Betti, J.L., 2004. An ethnobotanical study of medicinal plants among the Baka pygmies in the Dja biosphere reserve, Cameroon. African Study Monographs 25(1): 1–27.
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Auteur(s)

  • A. de Ruijter, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

de Ruijter, A., 2007. Barteria fistulosa Mast. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 février 2019.


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