Aubrevillea platycarpa (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


Aubrevillea platycarpa Pellegr.


Protologue: Bull. Soc. Bot. France 80 : 467 (1933).
Famille: Mimosaceae (Leguminosae - Mimosoideae)

Noms vernaculaires

  • Dabema noir (Fr).

Origine et répartition géographique

Aubrevillea platycarpa se rencontre depuis la Guinée et la Sierra Leone jusqu’au Gabon et en R.D. du Congo.

Usages

Le bois d’Aubrevillea platycarpa est connu sous le nom de “kléklé” en Côte d’Ivoire et de “dabema noir” en Guinée. Il convient pour la construction. Au Gabon, il est utilisé en menuiserie. Il est sans doute également utilisé ailleurs comme substitut du bois de Piptadeniastrum africanum (Hook.f.) Brenan, qui est vendu sur le marché international sous le nom de “dabema” ou “dahoma”.

Propriétés

Le bois de cœur est brun clair ou brun grisâtre avec une nuance violette et des raies plus sombres, et il est nettement distinct de l’aubier qui est plus pâle. Il est souvent contrefil, le grain moyennement grossier. Le bois de cœur est relativement dur. Le bois sèche lentement, et il ne peut être traité avec des produits de préservation.

Description

  • Grand arbre jusqu’à 50 m de haut ; fût rectiligne, cylindrique, dépourvu de branches sur une hauteur pouvant atteindre 25 m, jusqu’à 100(–150) cm de diamètre, avec des contreforts épais pouvant atteindre 3 m de haut et se prolongeant souvent sur la base du tronc par des côtes ; écorce lisse mais devenant écailleuse sur les grands arbres, grise avec des taches brun-rouge ; cime en forme de dôme, dense, vert foncé.
  • Feuilles alternes, composées bipennées avec (3–)4–8 paires de pennes opposées ; stipules très petites, tombant rapidement ; pétiole de 4–12 cm de long, rachis de 6–26 cm de long, avec un sillon sur le dessus ; folioles en (6–)8–15 (–21) paires par penne, opposées, sessiles, oblongues à obovales asymétriques, de 1,5–5 cm × 0, 5–2 cm, obtuses à émarginées à l’apex.
  • Inflorescence : grappe spiciforme jusqu’à 22 cm de long, plusieurs étant groupées en panicule terminale, comprenant de nombreuses fleurs ; pédoncule couvert d’une pubescence rousse dense.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle jusqu’à 2,5 mm de long ; calice en coupe, de 1–1,5 mm de long, courtement denté ; pétales soudés à la base sur environ 1 mm, lobes de 2–2,5 mm de long, poilus ; étamines 10, unies à la base, filets d’environ 3 mm de long ; ovaire supère, oblong, courtement stipité, aplati, à pubescence clairsemée, style d’environ 2 mm de long.
  • Fruit : gousse indéhiscente, papyracée, oblongue, de 13–22 cm × 3,5–5,5 cm, avec un stipe mince jusqu’à 2 cm de long, tordue à la base, réticulée, jaune pâle à maturité, contenant 1–3 graines.
  • Graines circulaires à réniformes, aplaties, jusqu’à 1 cm × 1,5 cm.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle jusqu’à 1 cm de long, glabre, épicotyle de 5–8 cm de long ; cotylédons réniformes, charnus, non étalés ; 2 premières feuilles opposées.

Autres données botaniques

Le genre Aubrevillea comprend 2 espèces. Il semble avoir une position isolée dans la tribu des Mimoseae. Aubrevillea ressemble à Piptadeniastrum, qui a une forme de fût et de cime analogue mais en diffère en particulier par ses feuilles qui ont des pennes et des folioles plus nombreuses, des étamines à anthères glanduleuses et des gousses déhiscentes renfermant jusqu’à 12 graines.

Aubrevillea kerstingii

Le bois d’Aubrevillea kerstingii (Harms) Pellegr. est probablement aussi utilisé pour la menuiserie et comme substitut du bois de Piptadeniastrum africanum. Aubrevillea kerstingii se rencontre de la Sierra Leone à la R.D. du Congo et diffère d’Aubrevillea platycarpa par ses folioles qui sont plus nombreuses et oblongues plus étroites. Au Congo, on emploie une décoction d’écorce en médecine traditionnelle comme antalgique et pour prévenir l’avortement. En Côte d’Ivoire, on administre une décoction de feuilles en lavement comme laxatif, et les feuilles pilées sont employées en application externe comme antalgique. Les racines macérées dans du vin de palme donnent une boisson employée pour traiter la blennorragie.

La germination des graines d’Aubrevillea platycarpa se produit en général dans les 8–15 jours après le semis. Les arbres sont caducifoliés durant une courte période au moment de la fructification, et lorsque les jeunes feuilles se développent les cimes ont une couleur rouge vif. Cependant, ils peuvent aussi être sempervirents. En Sierra Leone et en Côte d’Ivoire, la floraison a lieu en décembre–janvier, et la fructification de février à mai. Les fruits sont en général mûrs à la fin de la saison sèche. Les fruits entiers sont dispersés par le vent. Les racines d’Aubrevillea platycarpa portent des nodules.

Ecologie

Aubrevillea platycarpa pousse dans la forêt dense sempervirente et semi-décidue des basses terres.

Gestion

Le poids de 1000 graines d’Aubrevillea platycarpa est d’environ 67 g. En règle générale, les sujets d’Aubrevillea platycarpa sont disséminés dans la forêt, cependant les semis peuvent être abondants autour des arbres mères.

Ressources génétiques

Aubrevillea platycarpa de même qu’Aubrevillea kerstingii sont répandus dans la zone forestière d’Afrique occidentale et centrale, mais ils y sont disséminés. Il y a peu de raison de les considérer comme étant menacés, bien que certaines préoccupations aient été exprimées, par ex. en Guinée.

Perspectives

On a peu d’information sur les propriétés du bois et les exigences écologiques des Aubrevillea, mais ils sont apparemment trop disséminés pour pouvoir acquérir une importance économique dans l’avenir. Ils semblent être très peu exploités, mais les quantités peuvent être sous-estimées parce qu’ils peuvent être mélangés avec les bois d’autres espèces voisines de Mimosaceae.

Références principales

  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • Lewis, G., Schrire, B., MacKinder, B. & Lock, M., 2005. Legumes of the world. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 577 pp.
  • Normand, D. & Paquis, J., 1976. Manuel d’identification des bois commerciaux. Tome 2. Afrique guinéo-congolaise. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 335 pp.
  • Villiers, J.-F., 1989. Leguminosae - Mimosoideae. Flore du Gabon. Volume 31. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. 185 pp.
  • Voorhoeve, A.G., 1979. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Agricultural Research Reports 652, 2nd Impression. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 416 pp.

Autres références

  • Aubréville, A., 1959. La flore forestière de la Côte d’Ivoire. Deuxième édition révisée. Tome premier. Publication No 15. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 369 pp.
  • de la Mensbruge, G., 1966. La germination et les plantules des essences arborées de la forêt dense humide de la Côte d’Ivoire. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 389 pp.
  • Diabate, M., Munive, A., Miana de Faria, S., Ba, A., Dreyfus, B. & Galiana, A., 2005. Occurrence of nodulation in unexplored leguminous trees native to the West African tropical rainforest and inoculation response of native species useful in reforestation. New Phytologist 166(1): 231–239.
  • Dudek, S., Förster, B. & Klissenbauer, K., 1981. Lesser known Liberian timber species. Description of physical and mechanical properties, natural durability, treatability, workability and suggested uses. GTZ, Eschborn, Germany. 168 pp.
  • Gilbert, G. & Boutique, R., 1952. Mimosaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 3. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 137–233.
  • Hawthorne, W.D., 1995. Ecological profiles of Ghanaian forest trees. Tropical Forestry Papers 29. Oxford Forestry Institute, Department of Plant Sciences, University of Oxford, United Kingdom. 345 pp.
  • Keay, R.W.J., 1958. Mimosaceae. In: Keay, R.W.J. (Editor). Flora of West Tropical Africa. Volume 1, part 2. 2nd Edition. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 484–504.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Savill, P.S. & Fox, J.E.D., 1967. Trees of Sierra Leone. Forest Department, Freetown, Sierra Leone. 316 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2006. Aubrevillea platycarpa Pellegr. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.