Asteropeia rhopaloides (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Statut de conservation Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
inflorescence

Asteropeia rhopaloides (Baker) Baill.


Protologue: Bull. Mens. Soc. Linn. Paris 1: 561 (1886).
Famille: Asteropeiaceae

Synonymes

  • Rhodoclada rhopaloides Baker (1884).

Noms vernaculaires

  • Manoka jaune (Fr).

Origine et répartition géographique

Asteropeia rhopaloides est présent dans le nord et à l’est de Madagascar et s’étend vers le sud jusqu’aux environs d’Andasibe.

Usages

Le bois, connu sous le nom de “manoka”, s’utilise dans la construction des maisons et des ponts, surtout sous forme de poteaux, ainsi qu’en menuiserie, pour les traverses de chemin de fer et la sculpture. Il convient aux revêtements de sol épais, aux boiseries intérieures, aux étais de mine, à la construction navale, aux châssis de véhicules, aux articles de sport, aux ustensiles agricoles et au tournage.

Propriétés

Le bois de cœur, brun jaunâtre pâle, se démarque généralement nettement de l’aubier, plus pâle. Il est contrefil ou à fil droit, le grain est fin et régulier. C’est un bois lourd, d’une densité de 900–1020 kg/m³ à 12% d’humidité. Le séchage à l’air est lent mais donne généralement peu de dégradation, bien que les taux de retrait soient relativement élevés, du bois vert à anhydre d’environ 6% radialement et 11,5% tangentiellement.

A 12% d’humidité, le module de rupture est de 169–226 N/mm², le module d’élasticité de 15 800–18 000 N/mm², la compression axiale de 85–89 N/mm², le cisaillement d’environ 8,5 N/mm², le fendage de 7,5–18 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 7,8–12,4.

Le bois est relativement facile à scier à l’aide de scies à dents stellitées. Il prend un excellent poli, mais il a une tendance au peluchage pendant le rabotage en cas de contrefil. Un préperçage est nécessaire pour le clouage ; le bois est sujet au fendage. Il se colle avec une relative difficulté mais se vernit et se cire bien. Il est très durable, résistant aux attaques fongiques et aux infestations de termites. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, mais l’aubier n’est que moyennement rebelle.

Description

  • Arbre sempervirent de taille petite à moyenne atteignant 25(–30) m de haut ; fût atteignant 75 cm de diamètre ; surface de l’écorce gris foncé à noirâtre, écorce interne granuleuse ; jeunes rameaux à poils courts brun rouille.
  • Feuilles disposées en spirale, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 5–7 mm de long, épais ; limbe obovale à oblong, de 4,5–9 cm × 2,5–5 cm, cunéiforme à la base, arrondi ou émarginé, parfois légèrement acuminé à l’apex, coriace, glabre, pennatinervé.
  • Inflorescence : panicule terminale deltoïde atteignant 9 cm de long, à poils courts brun rouille.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 1–3 mm de long, articulé ; sépales libres, ovales-oblongs, de 2–2,5 mm de long mais s’élargissant jusqu’à 6 mm chez le fruit ; pétales libres, oblongs, d’environ 4 mm de long, caducs ; étamines 10, libres, atteignant 4 mm de long ; ovaire supère, imparfaitement 3-loculaire, style cylindrique, à 3 stigmates.
  • Fruit : capsule globuleuse d’environ 4 mm de long, finement verruqueuse, glabre, irrégulièrement déhiscente, à 1 graine.

Autres données botaniques

Asteropeia rhopaloides fleurit d’octobre à décembre. Les fleurs sont probablement pollinisées par les insectes.

Le genre Asteropeia comprend 8 espèces et est endémique de Madagascar. Le bois de quelques autres espèces qui atteignent les dimensions d’un arbre de taille moyenne, tels que Asteropeia mcphersonii G.E.Schatz, Lowry & A.-E.Wolf et Asteropeia multiflora Thouars, est connu sous le nom d’ “andrampotsy” ou “manoka fotsy” et a des emplois similaires à celui d’Asteropeia rhopaloides, et il semble plus facile à travailler. En outre, l’écorce d’Asteropeia mcphersonii est utilisée en médecine traditionnelle comme tonique.

Ecologie

Asteropeia rhopaloides se trouve en forêt humide sempervirente à 800–1400 m d’altitude.

Gestion

Les fûts sont souvent immergés dans l’eau pendant très longtemps avant d’être utilisés en construction ; il semblerait que cela rende le bois plus durable.

Ressources génétiques

Asteropeia rhopaloides est classé sur la liste rouge de l’UICN dans la catégorie “en danger” en raison de la réduction de son milieu par la culture itinérante et de son abattage sélectif pour le bois d’œuvre. Le nombre d’individus dans les peuplements diminue et les peuplements deviennent de plus en plus dispersés et isolés. Asteropeia mcphersonii et Asteropeia multiflora figurent également sur la liste rouge de l’UICN, mais la menace qui pèse sur eux est jugée moins imminente, car ils sont classés dans la catégorie “vulnérable” pour le premier et dans la catégorie “préoccupation mineure” pour le second.

Perspectives

Asteropeia rhopaloides et certains autres Asteropeia spp. produisent un bois d’œuvre précieux en forte demande pour des débouchés locaux et aussi de toute évidence pour le marché international. Cependant, comme il s’agit d’espèces limitées à des types de forêt vulnérables à Madagascar et ayant fait l’objet d’une longue exploitation dans le passé, il ne semble pas raisonnable d’encourager la poursuite de leur utilisation. Leur protection doit être la première des préoccupations, et la recherche doit se pencher sur les méthodes de multiplication et de plantation ainsi que sur la croissance et le développement avant que l’on puisse juger des possibilités d’emploi envisageables à l’avenir dans les plantations de bois d’œuvre.

Références principales

  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
  • Perrier de la Bâthie, H., 1950. Théacées (Theaceae). Flore de Madagascar et des Comores (plantes vasculaires), familles 132–134. Firmin-Didot et cie., Paris, France. 13 pp.
  • Schatz, G.E., Lowry, P.P. & Wolf, A.-E., 1999. Endemic families of Madagascar. IV. A synoptic revision of Asteropeia (Asteropeiaceae). Adansonia 21(2): 255–268.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.

Autres références

  • Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
  • Carlquist, S., 2006. Asteropeia and Physena (Caryophyllales): A case study in comparative wood anatomy. Brittonia 58(4): 301–313.
  • Fenoradosoa, T.A., 2003. Etude chimique et biologique des principes toxiques de Asteropeia mcphersonii (Asteropeiaceae). Mémoire de DEA en Biochimie appliquée aux Sciences médicales, Faculté des Sciences, Université d’Antananarivo, Madagascar. 67 pp.
  • Rakotovao, G., Rabevohitra, R., Gerard, J., Détienne, P. & Collas de Chatelperron, P., en préparation. Atlas des bois de Madagascar. FOFIFA-DRFP, Antananarivo, Madagascar.
  • Randriantafika, F.M., 2000. Asteropeia rhopaloides. In: IUCN. 2008 IUCN Red list of threatened species. [Internet] http://www.iucnredlist.org. February 2009.
  • Sallenave, P., 1964. Propriétés physiques et mécaniques des bois tropicaux. Premier supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 79 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2009. Asteropeia rhopaloides (Baker) Baill. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 20 avril 2019.


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