Aloe divaricata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Aloe divaricata A.Berger


Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 36 : 64 (1905).
Famille: Asphodelaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 14

Origine et répartition géographique

Endémique de Madagascar, Aloe divaricata est répandu dans la partie occidentale et méridionale de l’île.

Usages

Les feuilles d’Aloe divaricata s’emploient en décoction comme purgatif. La décoction de feuilles ou le jus de feuilles, tant en usage interne qu’externe, servent à améliorer la guérison des fractures osseuses. L’exsudat déshydraté, connu sous le nom d’ “aloès de Madagascar”, était autrefois une denrée importante, autant pour le commerce local que mondial.

Production et commerce international

Les exportations d’ “aloès de Madagascar” par la Compagnie des Indes remontent à 1630 ; les prix étaient alors plus élevés que ceux de l’ “aloès socotrin”, extrait d’Aloe perryi Baker. La production actuelle reste obscure et il n’existe aucun chiffre sur les exportations.

Propriétés

Le produit vendu à l’export sous le nom d’ “aloès de Madagascar” contient 15–40% de 10-C-glucosides à anthrone (dérivés de l’anthraquinone) comme l’aloïne, les hydroxyaloïnes et parfois l’aloïnoside. L’aloïne et l’aloïnoside sont toutes deux des mélanges de stéréoïsomères. L’aloïne a des propriétés laxatives. L’exsudat d’Aloe divaricata, sur la base du poids sec, contient 18,5% d’aloïne, et la feuille 3%. Selon certaines sources, Aloe divaricata déclencherait le travail lors de l’accouchement en stimulant les contractions des muscles utérins.

Description

Arbuste succulent, tige de 2–3(–6) m de haut, à ramifications peu abondantes et partant habituellement de la base ou d’assez bas, à feuilles mortes persistantes sur 50–100 cm. Feuilles 30 environ, en rosette, dressées-étalées ; stipules absentes ; pétiole absent ; limbe lancéolé, atteignant 65 cm × 7 cm, apex obtus, bord cartilagineux, à dents deltoïdes de 5–6 mm de long, brun rougeâtre, distantes de 15–20 mm, limbe gris-vert mat teinté de rougeâtre, exsudat jaune lorsqu’il est sec. Inflorescence très ramifiée, constituée de 60–80 grappes terminales et érigées, de 15–20 cm de long, lâche, apex acuminé ; pédoncule atteignant 1 m de long ; bractées deltoïdes, de 4 mm de long. Fleurs bisexuées, régulières, 3-mères ; pédicelle de 6 mm de long ; périanthe tubuleux, de 2,5–3 cm de long, atteignant 7 mm de diamètre, lobes 6, libres à la base, écarlates ou rose pâle ; étamines 6, exsertes ; ovaire supère, 3-loculaire, style filiforme, stigmate capité, exsert. Fruit : capsule oblongue, de 25–30 mm × 12 mm de long, loculicide, contenant de nombreuses graines. Graines d’environ 1,5 cm de long, ailes de 4 mm de large.

Autres données botaniques

Le genre Aloe comprend environ 450 espèces en Afrique et en Arabie, dont environ 315 sur le continent africain, une centaine endémiques de Madagascar ou des îles de l’océan Indien (dont l’ancien genre Lomatophyllum) et une cinquantaine en Arabie. La taxinomie est compliquée par l’existence d’hybrides interspécifiques aussi bien à l’état sauvage que cultivé. Sur la base de la taille du génome, on considère que la plupart des espèces de Madagascar sont étroitement apparentées (à l’exception de celles classées auparavant dans Lomatophyllum), malgré des types de port nombreux et variés qui semblent indiquer le contraire. De toute évidence, les espèces malgaches ont été isolées depuis longtemps des espèces du continent africain.

Hormis Aloe divaricata, un certain nombre d’autres espèces malgaches d’Aloe ont des usages médicinaux connus. Bon nombre d’espèces non définies sont utilisées pour faire des crèmes solaires et des lotions antipelliculaires.

Aloe vaombe

Aloe vaombe Decorse & Poiss. (qui s’écrit aussi “vahombe”) est un petit arbre au tronc non ramifié qui atteint 5 m de haut. On traite les lésions épidermiques avec du jus de feuilles, et les feuilles bouillies dans l’eau se boivent pour soigner la fièvre jaune. Des extraits de feuilles d’Aloe vaombe ont montré une activité anti-infectieuse chez des souris qui en avaient reçu une injection, mais on n’a décelé aucune activité bactéricide. Dans une autre expérimentation sur des souris atteintes de tumeurs, l’administration d’un extrait de gel appelé “Alva” a ralenti la croissance du fibrosarcome et du mélanome.

Aloe macroclada

Aloe macroclada Baker, appelé sur place “vahona”, est une plante solitaire dépourvue de tige. Ses feuilles servent à soigner l’ascite, et on frictionne la tête avec leur pulpe pour traiter les pellicules. Il a la réputation d’être un anti-cancérogène traditionnel. Sur Internet, on trouve des gels de “vahona” à vendre qui ont les mêmes propriétés que celui d’Aloe vera (L.) Burm.f.

Aloe capitata

Le jus de feuilles d’Aloe capitata Baker s’emploie comme cathartique et comme purgatif ; on se sert de la plante entière pour soigner l’hydropisie.

Ecologie

Aloe divaricata se trouve surtout dans la végétation aride de brousse, sur les sols sableux et dans les fourrés du bord de mer, jusqu’à 800 m d’altitude. Dans les zones de brousse dense, il peut pousser avec une tige unique atteignant 6 m de long.

Gestion

Toutes les espèces malgaches d’Aloe exploitées pour leurs vertus médicinales se récoltent dans la nature.

On considère qu’Aloe divaricata est l’espèce malgache qui produit le plus d’exsudat.

Ressources génétiques

Toutes les espèces d’Aloe, à l’exception d’Aloe vera, figurent sur la liste de la CITES, dont l’annexe 1 comporte un certain nombre d’espèces malgaches. La récolte d’Aloe divaricata dans la nature à des fins médicinales et ornementales et la destruction de son milieu constituent des menaces très importantes.

Perspectives

Les espèces d’Aloe de Madagascar n’ont pas fait l’objet de recherches systématiques en ethnobotanique. Pour cette raison, il est difficile d’en déterminer le potentiel. Des espèces comme Aloe divaricata, Aloe macroclada et Aloe vaombe pourraient probablement jouer un rôle dans le commerce mondial de produits médicinaux et cosmétiques et concurrencer Aloe vera, si on arrive à les cultiver et à les produire à grande échelle.

Références principales

  • CITES, 2003. Review of significant trade: East African Aloes. [Internet] http://www.cites.org/ eng/com/ PC/14/E-PC14-09-02-02-A4.pdf. May 2004.
  • Debray, M., Jacquemin, H. & Razafindrambao, R., 1971. Contribution à l’inventaire des plantes médicinales de Madagascar. Travaux et Documents No 8. ORSTOM, Paris, France. 150 pp.
  • Groom, Q.J. & Reynolds, T., 1987. Barbaloin in Aloe species. Planta Medica 53: 345–348.
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  • Rasolondraibe, A.B., 2003. The aloes of Madagascar. Ravintsara 1(4): 16–17.

Autres références

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  • Ralamboranto, L., Rakotovao, L.H., Le Deaut, J.Y., Chaussoux, D., Salomon, J.C., Fournet, B., Montreuil, J., Rakotonirina-Randriambeloma, P.J., Dulat, C. & Coulanges, P., 1982. Immunomodulating properties of an extract isolated and partially purified from Aloe Vahombe: study of antitumoral properties and contribution to the chemical nature and active principle. Archives de l’Institut Pasteur de Madagascar 50(1): 227–256.
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  • Stiles, D., 1998. The Mikea hunter-gatherers of southwest Madagascar: ecology and socioeconomics. African Study Monographs 19(3): 127–148.
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Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bosch, C.H., 2006. Aloe divaricata A.Berger. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 avril 2019.


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