Introduction |
Aloe buettneri A.Berger
- Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 36 : 60 (1905).
- Famille: Asphodelaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 14
Synonymes
- Aloe barteri Baker (1860) p.p.
Origine et répartition géographique
Aloe buettneri est limité à l’Afrique de l’Ouest, où il est présent du Sénégal au Nigeria. Dans cette région, il est cultivé par endroits.
Usages
Aloe buettneri est couramment utilisé comme plante médicinale. Les feuilles s’appliquent en usage externe pour toutes sortes de problèmes de peau : brûlures, blessures, piqûres d’insectes, plaies causées par le ver de Guinée et vitiligo. En usage interne, on boit le jus des feuilles pour traiter les problèmes intestinaux et urogénitaux. Au Burkina Faso, on prend de la poudre de feuilles séchées pour traiter le paludisme, tandis qu’en Côte d’Ivoire et au Togo ce sont les racines qu’on emploie à cet effet. Dans toute l’Afrique de l’Ouest, des décoctions de bulbes et de racines se prennent pour soigner les troubles hépatiques, la jaunisse en particulier. Les feuilles, les racines et la plante entière se prennent en décoction comme laxatif pour traiter les maux d’estomac et pour se débarrasser des parasites internes. Les rhumatismes se traitent avec de la cendre de feuilles. On absorbe la décoction de feuilles comme boisson pour soigner la toux. La plante entière hachée se prend en décoction pour traiter les maladies vénériennes et la stérilité féminine. Les feuilles en décoction s’emploient pour traiter le cancer. Au Sénégal, on additionne l’eau qui sert à abreuver les volailles d’une décoction de feuilles pour prévenir le choléra aviaire. Au Nigeria, on donne du jus de feuilles au bétail comme vermifuge.
Propriétés
L’extrait au méthanol de l’exsudat de feuilles séchées d’Aloe buettneri ou de l’espèce apparentée Aloe schweinfurthii Baker a fait ressortir une activité significative in vivo contre l’helminthiase provoquée par Nippostrongylus sp. chez les rats.
Description
Plante herbacée succulente vivace atteignant 80 cm de haut, sans tige, habituellement solitaire, formant rarement des rejets, à bulbe. Feuilles 16 environ, en rosette, dressées à étalées ; stipules absentes ; pétiole absent ; limbe triangulaire, de 30–50 cm × 10 cm, apex acuminé, bord dur et résistant, garni de fermes dents pointues, blanches à rose pâle, de 3–4 mm de long, distantes de 1–1,5 cm, limbe parsemé de taches blanchâtres. Inflorescence constituée de grappes cylindriques-coniques à presque capitées, de 15 cm × 7 cm, pédoncule de 70–90 cm de long, à 3–5 ramifications ; bractées deltoïdes-aiguës ou lancéolées-acuminées, de 10–15 mm × 6–8 mm. Fleurs bisexuées, régulières, 3-mères ; pédicelle de 2–2,5 cm de long ; périanthe tubuleux, atteignant 4 cm × 1 cm, renflé autour de l’ovaire, lobes 6, d’environ 12 mm de long, d’un jaune verdâtre à rouge terne ; étamines 6, légèrement exsertes ; ovaire supère, 3-loculaire, style filiforme, stigmate capité, exsert. Fruit : capsule ovoïde atteignant 4 cm de long, loculicide, contenant de nombreuses graines.
Autres données botaniques
Le genre Aloe comprend environ 450 espèces en Afrique et en Arabie, dont environ 315 sur le continent africain, une centaine endémiques de Madagascar ou des îles de l’océan Indien (dont l’ancien genre Lomatophyllum) et une cinquantaine en Arabie.
En Afrique de l’Ouest, on distingue trois espèces indigènes d’Aloe : Aloe buettneri, Aloe schweinfurthii Baker et Aloe macrocarpa Tod. Le nom Aloe barteri Baker a été employé depuis longtemps pour tous les Aloe d’Afrique de l’Ouest, mais il était basé sur un mélange de parties végétales d’Aloe buettneri et d’Aloe schweinfurthii.
Aloe schweinfurthii
En Afrique de l’Ouest, la répartition d’Aloe schweinfurthii recoupe largement celle d’Aloe buettneri, mais le premier est présent également en R.D. du Congo, au Soudan et en Ouganda. Aloe schweinfurthii diffère d’Aloe buettneri par l’absence de bulbe, des fruits plus petits et la présence de rejets. Aloe schweinfurthii est cultivé par endroits pour ses usages médicinaux, qui sont les mêmes que ceux d’Aloe buettneri.
Aloe macrocarpa
Quant à Aloe macrocarpa, très répandu en Afrique de l’Ouest, il va jusqu’en Erythrée et à Djibouti. En Erythrée, l’exsudat de feuilles a des usages médicinaux et l’espèce se plante sur les contours des pentes pour retenir la terre. En Afrique de l’Ouest, les fleurs se consomment comme légume.
Aloe congolensis
Dans l’ouest de la R.D. du Congo, le jus des feuilles d’Aloe congolensis De Wild. & T.Durand sert traditionnellement à soigner les plaies, les blessures, les brûlures, les douleurs articulaires, les inflammations mammaires et il a aussi des vertus laxatives. Quant aux feuilles séchées et réduites en poudre, on dit qu’elles préviennent le cancer du côlon et du rectum. Il semble qu’Aloe congolensis soit étroitement apparenté à Aloe buettneri et il est possible qu’il s’agisse d’un synonyme.
Ecologie
Aloe buettneri est présent dans les savanes herbeuses et les savanes boisées, à 250–900 m d’altitude.
Gestion
Bien qu’Aloe buettneri soit parfois cultivé, aucune information n’a été publiée sur son agronomie. C’est surtout sur des pieds sauvages que l’on récolte.
Ressources génétiques
Comme toutes les espèces d’Aloe, à l’exception d’Aloe vera (L.) Burm.f., Aloe buettneri figure sur la liste de la CITES et la commercialisation de la plante ou de ses parties fait l’objet de restrictions, malgré l’existence de nombreux spécimens dans les jardins botaniques et dans des collections privées de plantes succulentes, et rien n’indique que dans la nature l’espèce soit menacée.
Perspectives
L’importance d’Aloe buettneri comme plante médicinale à l’échelle locale va probablement se maintenir. Jusqu’à ce jour les recherches pharmacologiques sur les espèces ouest-africaines d’Aloe sont restées limitées, et il serait justifié de les poursuivre. Les espèces voisines d’Aloe d’Afrique centrale auraient besoin d’une étude taxinomique.
Références principales
- Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
- Baerts, M. & Lehmann, J., 2005. Aloe buettneri. [Internet]. Prelude Medicinal Plants Database. Metafro-Infosys, Royal Museum for Central Africa, Tervuren, Belgium http://www.metafro.be/prelude. September 2005.
- Newton, L.E., 2001. Aloe In: Eggli, U. (Editor). Illustrated handbook of succulent plants: Monocotyledons. Springer-Verlag, Berlin, Germany. pp. 103–186.
- von Koenen, E., 2001. Medicinal, poisonous and edible plants in Namibia. Klaus Hess Verlag, Göttingen, Germany. 336 pp.
Autres références
- Berhaut, J., 1967. Flore du Sénégal. 2nd edition. Editions Clairafrique, Dakar, Senegal. 485 pp.
- Carter, S., 2001. Aloaceae. In: Pope, G.V. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 12, part 3. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 48–98.
- Hammond, J.A., Fielding, D. & Bishop, S.C., 1997. Prospects for plant anthelmintics in tropical veterinary medicine. Veterinary Research Communications 21(3): 213–228.
- Kibungu Kembelo, A.O., 2004. Quelques plantes medicinales du Bas-Congo et leurs usages. DFID, London, United Kingdom. 197 pp.
- Latham, P., 2004. Useful plants of Bas-Congo province, Democratic Republic of the Congo. DFID, London, United Kingdom. 320 pp.
- Newton, L.E., 2004. Aloes in habitat. In: Reynolds, T. (Editor). Aloes: the genus Aloe. CRC Press, Boca Raton, Florida, United States. pp. 3–14.
Auteur(s)
- C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Bosch, C.H., 2006. Aloe buettneri A.Berger. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.
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