Aloe volkensii (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Stimulant | |
Médicinal | |
Statut de conservation | |
Aloe volkensii Engl.
- Protologue: Pflanzenw. Ost-Afrikas : 141 (1895).
- Famille: Asphodelaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 14
Origine et répartition géographique
Aloe volkensii est présent au Rwanda, au sud du Kenya et sur sa côte, au sud de l’Ouganda, ainsi qu’au nord de la Tanzanie et sur sa côte, y compris à Zanzibar.
Usages
En Afrique de l’Est, le jus des feuilles d’Aloe volkensii s’applique sur les brûlures, sur les plaies et les écorchures ainsi qu’en lotion sur les yeux. L’exsudat amer s’emploie sur les mamelons pour sevrer les enfants et on en passe sur le front pour traiter les maux de tête. Au Rwanda, on en prend pour ses vertus purgatives. Le jus de feuilles s’ingère pour expulser le placenta retenu. Les feuilles servent à vermifuger le bétail. Pour augmenter la durée de conservation du beurre, on y ajoute de petites quantités de jus de feuilles. Aloe volkensii se plante en haie vive. Ses racines servent à accélérer la fermentation de l’hydromel et à lui donner un goût légèrement amer.
Propriétés
L’exsudat d’Aloe volkensii contient un mélange de deux stéréoïsomères, l’aloïne A (barbaloïne) et l’aloïne B (isobarbaloïne), qui sont à l’origine de ses propriétés laxatives.
Description
Arbuste ou petit arbre succulent atteignant 3(–9) m de haut ; tige solitaire ou en groupe, atteignant 30 cm de diamètre, simple ou ramifiée au-dessus de la base, à feuilles mortes persistantes. Feuilles en rosette, dressées, ensuite étalées et recourbées ; stipules absentes ; pétiole absent ; limbe étroitement lancéolé, atteignant 1 m × 10 cm, bord garni de dents pointant vers l’avant et à extrémité brune de 2–4 mm de long, distantes de 1–2,5 cm, limbe d’un vert olive terne ; exsudat jaune, rouge lorsqu’il est sec. Inflorescence constituée de grappes en forme de capitules d’environ 8 cm de long, devenant cylindriques-coniques ; pédoncule de 50–60(–85) cm de long, à 8 (ou plus) ramifications étalées, celles du bas présentant des ramifications secondaires ; bractées largement ovales, de 2–5 mm de long. Fleurs bisexuées, régulières, 3-mères ; pédicelle de 1–1,5 cm de long ; périanthe tubuleux, de 2,5–3,5 cm de long et 6–8 mm de diamètre, lobes 6, de 12–17 mm de long, rouges à extrémités jaunes ; étamines 6, exsertes ; ovaire supère, 3-loculaire, style filiforme, stigmate capité, exsert. Fruit : capsule ovoïde d’environ 3 cm × 1,5 cm, loculicide, contenant de nombreuses graines. Graines d’environ 9 mm de long, à ailes larges.
Le genre Aloe comprend environ 450 espèces en Afrique et en Arabie, dont environ 315 en Afrique continentale, une centaine endémiques de Madagascar ou des îles de l’océan Indien (dont l’ancien genre Lomatophyllum) et une cinquantaine en Arabie. Aloe volkensii appartient à un groupe d’espèces qui sont souvent de petits arbres au tronc généralement non ramifié (parfois ramifié à la base) ou des arbustes qui rejettent. Plusieurs autres espèces de ce groupe ont des usages médicinaux.
Aloe ballyi
Aloe ballyi Reynolds est une espèce rare du Kenya et de Tanzanie. Le jus des feuilles se prend comme purgatif mais cela est dangereux, car il contient des alcaloïdes toxiques. Il sert d’arbre ornemental dans les rues de Nairobi, au Kenya.
Aloe christianii
On trouve Aloe christianii Reynolds en R.D. du Congo, en Tanzanie et dans une grande partie de l’Afrique australe. Les feuilles se prennent en infusion pour provoquer l’avortement, mais au Zimbabwe elles ont la réputation d’être trop toxiques.
Aloe excelsa
Aloe excelsa A.Berger est présent dans une grande partie de l’Afrique australe. L’infusion préparée avec les feuilles se prend comme prophylactique du paludisme et pour soigner les maux d’estomac, l’asthme et la jaunisse ; on en met dans l’eau qu’on donne à boire aux poulets pour prévenir leurs maladies. Ses feuilles contiennent de l’aloésine, des anthraquinones et un C-glucoside.
Aloe littoralis
En Namibie, le jus des feuilles d’Aloe littoralis Baker s’emploie pour soigner les problèmes oculaires et pour stopper le développement des maladies vénériennes. Les feuilles réduites en poudre sont un anti-inflammatoire efficace. La prise quotidienne d’extrait de feuilles serait efficace comme traitement prophylactique du paludisme. Les feuilles hachées, cuites à l’eau, ont des vertus purgatives chez l’homme comme chez le bétail. Ajoutées à l’eau des abreuvoirs, elles protègent le bétail des tiques et des parasites de l’oreille, et les poulets contre les poux.
Aloe marlothii
Aloe marlothii A.Berger est présent au Botswana, au Mozambique, au Swaziland et au nord de l’Afrique du Sud. Les feuilles se prennent en décoction avec de la bouillie pour traiter les maux d’estomac et les vers intestinaux. On passe de la pulpe de feuilles sur les mamelons pour sevrer les enfants. On mélange des feuilles séchées qu’on a fait brûler au tabac à priser. Aloe marlothii se plante en haie vive. Ses feuilles montrent une puissante activité vermifuge in vitro. La cendre des feuilles, mêlée au maïs, le protège efficacement contre les ravageurs des greniers. Son exsudat séché était autrefois vendu sous le nom d’ “aloès du Natal”. Aloe marlothii est une importante plante mellifère. Les racines fournissent une teinture jaune.
Ecologie
On trouve Aloe volkensii dans les ripisylves sèches et dans la brousse, dans les endroits rocailleux, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2100 m d’altitude.
Gestion
Pour établir des haies vives d’Aloe volkensii, on se sert de boutures. Pour les usages médicinaux, les feuilles se récoltent surtout sur les pieds sauvages, d’une façon non destructrice.
Ressources génétiques
Rien n’indique qu’Aloe volkensii est surexploité sur son aire naturelle.
Perspectives
A ce jour, Aloe volkensii n’a pas suscité beaucoup d’intérêt. Son importance va sans doute rester limitée à un usage local. Son port n’en fait pas un bon candidat à la domestication.
Références principales
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Autres références
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Auteur(s)
- C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Bosch, C.H., 2006. Aloe volkensii Engl. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.
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