Aeschynomene elaphroxylon (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Aeschynomene elaphroxylon (Guill. & Perr.) Taub.


Protologue: Engl. & Prantl, Nat. Pflanzenfam. III, 3 : 319 (1894).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 40

Synonymes

Herminiera elaphroxylon Guill. & Perr. (1832).

Noms vernaculaires

  • Ambatch, ambach, pith tree, balsa wood tree (En).

Origine et répartition géographique

Aeschynomene elaphroxylon est largement réparti en Afrique tropicale, depuis le Sénégal jusqu’en Ethiopie et au Kenya, et vers le sud jusqu’en Zambie, en Angola et au Mozambique ; on le trouve également à Madagascar, probablement introduit. Il a été introduit en Egypte, en Indonésie et au Sri Lanka.

Usages

Le bois léger est utilisé pour fabriquer des pirogues, des radeaux et des boucliers, ainsi que des poteaux de construction et des meubles. Les tiges permettent de confectionner des flotteurs pour les filets de pêche et des sandales. Le bois sert de manche aux harpons de pêche pour assurer qu’ils remontent à la surface de l’eau en cas de coup raté ; il peut aussi être attaché aux harpons comme bouée.

Propriétés

Le bois spongieux et de couleur pâle est très léger, avec une densité de 160–190 kg/m³ à 15% de degré d’humidité.

Description

  • Grand arbuste ou petit arbre pouvant atteindre 9(–12) m de haut ; tiges renflées, spongieuses, à poils glandulaires et à aiguillons ligneux jusqu’à 1,5 cm de long, avec souvent des réseaux denses de racines adventives ; écorce externe verte, lisse.
  • Feuilles alternes, composées paripennées, à 9–20 paires de folioles ; stipules largement ovales, de 10–13 mm de long, auriculés sur un côté ; pétiole et rachis mesurant ensemble 4–16 cm de long, à poils denses et raides et à courts aiguillons ; folioles oblongues, de 8–26 mm × 4–10 mm, obliquement arrondies à la base, tronquées ou légèrement émarginées à l’apex, glabres sur le dessus, courtement poilues sur le dessous.
  • Inflorescence : grappe axillaire pouvant atteindre 4,5 cm de long, portant 1–4 fleurs ; bractées ovales, atteignant 7 mm de long, bractéoles largement ovales, jusqu’à 16 mm de long.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées ; pédicelle de 12–16 mm de long ; calice à poils glandulaires, à 2 lèvres, lobe supérieur de 2–2,5 cm de long et entier à légèrement émarginé, lobe inférieur de 1,5–2 cm de long et portant 3 dents peu marquées ; corolle à étendard arrondi, émarginé, jaune orange, atteignant 4,5 cm de diamètre, ailes et carène jaunes ; étamines 10, soudées en une gaine fendue en 2 groupes de 5 ; ovaire supère, 1-loculaire, style mince, retroussé.
  • Fruit : gousse enroulée en spirale de 10–14 cm de long lorsque déroulée, à poils glandulaires, à 6–17 articulations.
  • Graines réniformes, jusqu’à 8 mm de diamètre, brun pourpre foncé.

Autres données botaniques

Le genre Aeschynomene comprend environ 150 espèces, l’Afrique et l’Amérique tropicales étant les plus riches en espèces ; quelques espèces se rencontrent en Asie tropicale. L’Afrique continentale abrite environ 50 espèces et Madagascar 13. Les utilisations des tiges et du bois d’Aeschynomene elaphroxylon et de certaines autres espèces d’Aeschynomene sont les mêmes.

Aeschynomene crassicaulis

Les tiges d’Aeschynomene crassicaulis Harms, arbuste à tiges couchées se rencontrant depuis le Sénégal jusqu’en R.D. du Congo, sont utilisées comme flotteurs pour les filets et les lignes de pêche, comme combustible et comme fourrage ; ses feuilles sont mélangées à d’autres plantes pour traiter les rhumatismes.

Aeschynomene cristata

Les tiges d’Aeschynomene cristata Vatke, arbuste répandu en Afrique tropicale y compris Madagascar, sont également utilisées comme flotteurs pour les filets de pêche, ainsi que pour construire des radeaux et des pirogues ; certaines parties de la plante sont appliquées en cas de problèmes dermatologiques.

Aeschynomene pfundii

Aeschynomene pfundii Taub. ressemble fortement à Aeschynomene elaphroxylon, mais c’est un arbuste plus petit, sans aiguillons. Il se rencontre le long des cours d’eau, depuis le Mali jusqu’au Kenya et vers le sud jusqu’en Zambie. Ses tiges sont utilisées comme flotteurs pour les filets de pêche.

Aeschynomene elaphroxylon est adapté aux variations du niveau des eaux. La base du fût présente des racines non ramifiées atteignant 10 cm de long, ainsi que des racines plus grandes dont la croissance en longueur est illimitée. Les plantes s’enracinent superficiellement dans le sol et des fourrés entiers sont fréquemment déplacés dans l’eau par le vent ou les courants. L’écorce de la tige porte de nombreuses protubérances hémisphériques qui abritent des bactéries fixatrices d’azote du genre Bradyrhizobium. Aeschynomene elaphroxylon fleurit généralement au début de la saison des pluies.

Ecologie

Aeschynomene elaphroxylon se rencontre sur les berges des lacs, dans les mares et les marais, jusqu’à 1350 m d’altitude. La partie inférieure de la tige est souvent submergée et Aeschynomene elaphroxylon est bien adapté aux milieux périodiquement inondés où le sol reste humide. Les tiges et les branches peuvent former des masses flottantes denses qui obstruent les cours d’eau.

Ressources génétiques

Aeschynomene elaphroxylon est répandu et commun localement. Il n’est donc pas menacé d’érosion génétique, bien qu’il ait disparu de certaines localités en raison du changement climatique, comme par exemple dans la plupart des zones du lac Tchad.

Perspectives

L’importance du bois d’Aeschynomene elaphroxylon et des autres espèces d’Aeschynomene restera locale, en raison de sa grande flottabilité. Il pourrait être utilisé en remplacement du bois de balsa (Ochroma pyramidale (Cav. ex Lam.) Urb.) pour des applications particulières, comme la construction de maquettes. Aeschynomene elaphroxylon mériterait une plus grande attention en raison de sa capacité fixatrice d’azote qui en fait un arbre potentiellement utile pour améliorer la fertilité des sols dans les terres agricoles temporairement inondées, par ex. comme engrais vert en riziculture.

Références principales

  • Arbonnier, M., 2004. Trees, shrubs and lianas of West African dry zones. CIRAD, Margraf Publishers Gmbh, MNHN, Paris, France. 573 pp.
  • Burkill, H.M., 1995. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 3, Families J–L. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 857 pp.
  • du Puy, D.J., Labat, J.N., Rabevohitra, R., Villiers, J.-F., Bosser, J. & Moat, J., 2002. The Leguminosae of Madagascar. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 750 pp.
  • Jenik, J. & Kubikova, J., 1969. Root system of tropical trees 3. The heterorhizis of Aeschynomene elaphroxylon (Guill. et Perr.) Taub. Preslia 41: 220–226.

Autres références

  • Alazard, D., 1991. La nodulation caulinaire dans le genre Aeschynomene. Thèse de doctorat, Université Claude Bernard, Lyon, France. 146 pp.
  • Alazard, D. & Duhoux, E., 1988. Diversity of stem nodulation sites in Aeschynomene spp. Journal of Plant Physiology 132: 123–125.
  • Beentje, H.J., 1994. Kenya trees, shrubs and lianas. National Museums of Kenya, Nairobi, Kenya. 722 pp.
  • Eggeling, W.J. & Dale, I.R., 1951. The indigenous trees of the Uganda Protectorate. Government Printer, Entebbe, Uganda. 491 pp.
  • Ita, E.O., 1994. Aquatic plants and wetland wildlife resources of Nigeria. CIFA (Committee for Inland Fisheries of Africa) Occasional Paper No 21. FAO, Rome, Italy. 52 pp.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.

Auteur(s)

  • R.H.M.J. Lemmens, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Lemmens, R.H.M.J., 2007. Aeschynomene elaphroxylon (Guill. & Perr.) Taub. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 22 avril 2019.


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