Adenia digitata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Légume Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Adenia digitata (Harv.) Engl.


Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 14: 375 (1891).
Famille: Passifloraceae

Noms vernaculaires

  • Wild granadilla (En).

Origine et répartition géographique

Adenia digitata est présent de la Tanzanie jusqu’en Afrique du Sud et vers l’ouest jusqu’en Angola.

Usages

Adenia digitata est mortellement toxique. Les Tswanas du Botswana utilisaient jadis le fruit pour tuer. Le fruit est consommé ou un extrait de racines est ingéré comme poison pour se suicider. L’intoxication accidentelle se produit surtout lorsque la racine d’Adenia digitata est confondue avec des tubercules comestibles, en particulier ceux d’espèces de Coccinia. Chez les enfants, elle est le résultat de l’ingestion du fruit, qui est très attrayant. Au Botswana, on frictionne les œdèmes avec la racine ou on l’applique chaude pour traiter les enflures du genou. Pour traiter les problèmes de peau, la lèpre ou les ulcères, les Nyanjas de Malawi et de Zambie frottent la peau avec des racines bouillies ou une décoction de racines. Les Vendas d’Afrique du Sud emploient une décoction de racines en usage externe et en breuvage pour traiter les jambes gonflées.

Pour son impressionnant tubercule, qui peut être en partie au-dessus du sol, Adenia digitata est cultivé comme plante ornementale dans le monde entier.

Production et commerce international

Adenia digitata est collecté, vendu et cultivé comme plante ornementale par les amateurs.

Propriétés

Les tubercules d’Adenia digitata contiennent des hétérosides cyanogénétiques, principalement la tétraphylline B (bartérioside), et une toxine très puissante, la modeccine, une toxalbumine qui inhibe la synthèse des protéines in vitro.

Description

Plante herbacée vivace grimpante, habituellement dioïque, pourvue d’un tubercule atteignant 60 cm de diamètre ; tiges annuelles, atteignant 3 m de long. Feuilles alternes, profondément (3–)5-séquées ou (3–)5-foliolées, à contour orbiculaire ; stipules étroitement triangulaires, de 1–3 mm de long, se flétrissant ; pétiole de 1–9 cm de long ; lobes ou folioles ovales à obovales ou linéaires, parfois profondément lobés, de 1,5–15 cm × 1–4(–7) cm, arrondis à aigus à l’apex, pourvus de glandes à la base. Inflorescence : cyme axillaire, avec une vrille de 2–10 cm de long entre les ramifications, à 1–20(–60) fleurs ; pédoncule atteignant 7 cm de long. Fleurs habituellement unisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle atteignant 3 cm de long, articulé à peu près au milieu ; tube du calice à peu près aussi long que les lobes ; pétales libres, inclus dans le calice, habituellement dentés ; fleurs mâles jusqu’à 2,5 cm de long, filets des étamines fusionnés dans la moitié inférieure et anthères recourbées vers l’intérieur et adhérant les unes aux autres, ovaire rudimentaire ; fleurs femelles atteignant 2 cm de long, ovaire supère, ovoïde à oblong, styles 3, fusionnés à la base, stigmates réniformes, étamines rudimentaires. Fruit : capsule pédonculée, ovoïde à ellipsoïde, de 3–5,5(–7,5) cm × 2–4 cm, lisse, orange à jaune à maturité, contenant de nombreuses graines. Graines ovoïdes à ellipsoïdes, aplaties, de 6–8 mm × 4,5–6,5 mm × 3 mm, brunes, ponctuées.

Autres données botaniques

Le genre Adenia comprend environ 95 espèces, dont une soixantaine sur le continent africain, 20 à Madagascar et 15 en Asie. Il est subdivisé en 6 sections. Adenia digitata est classé dans la section Blepharanthes.

Adenia repanda

Adenia repanda (Burch.) Engl., qui appartient à la section Paschanthus, est présent aussi en Afrique australe, depuis l’Angola jusqu’au Zimbabwe et vers le sud jusqu’en Afrique du Sud. On signale qu’il est mortellement toxique pour l’homme, mais cela n’empêcherait pas le bétail de le brouter avec gourmandise.

Ecologie

Adenia digitata est présent dans les savanes herbeuses et arbustives, les endroits secs rocailleux ou herbeux, sur les termitières et à la lisière des forêts, sur sols pierreux, sableux ou argileux, depuis le niveau de la mer jusqu’à 1850 m d’altitude.

Ressources génétiques

Adenia digitata est largement réparti et n’est donc pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Il semble probable que les usages médicinaux d’Adenia digitata resteront limités à l’Afrique, en raison de sa forte toxicité. Les propriétés chimiothérapeutiques de lectines telles que la modeccine dans le traitement du cancer et en chimioprévention justifient un approfondissement des recherches sur les débouchés médicinaux. Les perspectives d’Adenia digitata comme plante ornementale semblent prometteuses en raison de l’intérêt croissant que les amateurs spécialistes portent aux plantes curieuses.

Références principales

  • Arnold, H.J. & Gulumian, M., 1984. Pharmacopoeia of traditional medicine in Venda. Journal of Ethnopharmacology 12: 35–74.
  • de Wilde, W.J.J.O., 1971. A monograph of the genus Adenia Forsk. (Passifloraceae). Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 71–18. Wageningen, Netherlands. 281 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • van Wyk, B.E., van Heerden, F. & van Oudtshoorn, B., 2002. Poisonous plants of South Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 288 pp.
  • Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.

Autres références

  • Bokan, S., 2004. An evaluation of toxins and bioregulators as terrorism and warfare agents. NATO Science Series, Series I: Life and Behavioural Sciences 356 (Toxicogenomics and Proteomics): 147–157.
  • de Wilde, W.J.J.O., 1975. Passifloraceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. 71 pp.
  • Gasperi-Campani, A., Barbieri, L., Lorenzoni, E., Montanaro, L., Sperti, S., Bonetti, E. & Stirpe, F., 1978. Modeccin, the toxin of Adenia digitata. Purification, toxicity and inhibition of protein synthesis in vitro. Biochemical Journal 174: 491–496.
  • González de Mejía, E. & Prisecaru, V.I., 2005. Lectins as bioactive plant proteins: a potential in cancer treatment. Critical Reviews in Food Science and Nutrition 45: 425–445.
  • Muhammad Mansur, 2003. Adenia Forssk. In: Lemmens, R.H.M.J. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(3). Medicinal and poisonous plants 3. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 35–38.
  • Pelosi, E., Lubelli, C., Polito, L., Barbieri, L., Bolognesi, A. & Stirpe, F., 2005. Ribosome-inactivating proteins and other lectins from Adenia (Passifloraceae). Toxicon 46(6): 658–663.

Auteur(s)

  • A. de Ruijter, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

de Ruijter, A., 2007. Adenia digitata (Harv.) Engl. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 février 2019.


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