Baissea axillaris (PROTA)
Introduction |
Baissea axillaris (Benth.) Hua
- Protologue: Compt. Rend. Hebd. Séances Acad. Sci. 134 : 857 (1902).
- Famille: Apocynaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 22
Origine et répartition géographique
Baissea axillaris se rencontre depuis le Sénégal jusqu’à la Centrafrique, et vers le sud jusqu’au nord de l’Angola. Il existe une collecte provenant de l’est de la Tanzanie.
Usages
Au Congo, la décoction de rameaux feuillés est ingérée pour traiter les maladies des reins. En R.D. du Congo, une macération de racines sert de collyre pour traiter la psychose. Une décoction de racines et d’écorce de la tige est ingérée pour traiter la colique sans déclencher de diarrhée. Une décoction de rameaux feuillés est utilisée comme diurétique. Les Yorubas du Nigeria ajoutent du latex au vin de palme pour en augmenter l’effet enivrant. Une décoction d’écorce est appliquée sur la peau des chiens pour soigner la gale. L’écorce permet de confectionner un poison violent pour la chasse. En R.D. du Congo, le jus de la racine est instillé dans la truffe des chiens de chasse pour améliorer leur flair.
Propriétés
Aucune analyse chimique n’a été effectuée sur Baissea axillaris. Cette plante appartient à la sous-famille des Echitoideae dont les représentants contiennent souvent des hétérosides cardiaques, particulièrement dans les graines et les racines.
Description
Liane pouvant atteindre 15 m de long, à latex blanc ; tige atteignant 12 cm de diamètre ; écorce rugueuse ou lisse, grisâtre ; ramilles densément poilues. Feuilles opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole de 1–8 mm de long, densément poilu ; limbe ovale à oblong, souvent panduriforme, parfois deltoïde, de 1–8 cm × 0,5–3 cm, base arrondie à cordée, apex obtus à aigu, glabre à poilu sur les deux faces, pennatinervé à 3–10 paires de nervures latérales. Inflorescence : cyme axillaire, parfois terminale, lâche ou dense, portant 1–20 fleurs ; pédoncule de 1–15 mm de long. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 1,5–5 mm de long ; sépales connés à la base, largement ovales, de 1–2 mm de long, apex arrondi à obtus, portant des poils bruns à l’extérieur ; tube de la corolle en entonnoir, de (2–)3–5 mm de long, variablement poilu à l’extérieur, portant des touffes de poils et de petites écailles à l’intérieur, jaune, orange ou blanc, portant parfois des points ou des bandes rouges à l’intérieur, lobes elliptiques, de 1,5–6 mm × 1–2 mm, apex obtus, variablement poilus à l’extérieur, glabres à l’intérieur ; étamines insérées près de la base du tube de la corolle, anthères presque sessiles, formant un cône au-dessus de la tête du pistil ; ovaire semi-infère, globuleux à cylindrique, constitué de 2 carpelles connés juste à la base, style de 0,5–1 mm de long, tête du pistil d’environ 1 mm de long. Fruit constitué de 2 follicules presque libres, étroitement cylindriques de 11–39 cm × 0,5–3 cm, apex arrondi, pendants, densément poilus, contenant de nombreuses graines. Graines étroitement ellipsoïdes, comprimées latéralement, de 17–27 mm de long, apex tronqué, portant une touffe de poils de 15–45 mm de long.
Autres données botaniques
Le genre Baissea ne se rencontre qu’en Afrique continentale et comprend 18 espèces. Baissea axillaris fleurit et fructifie tout au long de l’année.
Baissea leonensis
L’aire de répartition de Baissea leonensis Benth. est presque la même que celle de Baissea axillaris, puisqu’on le rencontre du Sénégal à l’ouest de l’Ouganda et jusqu’à la R.D. du Congo. Au Sénégal, le latex est appliqué sur les oreillons ; mélangé à l’écorce réduite en poudre de Zanthoxylum leprieurii Guill. & Perr., il est appliqué sur les tumeurs. En Côte d’Ivoire, le latex est utilisé comme stupéfiant de pêche. Les tiges solides servent de cordes. Les feuilles contiennent un hétéroside coumarinique, le baisseoside.
Ecologie
Baissea axillaris se rencontre dans les ripisylves, les forêts côtières et les forêts secondaires, jusqu’à 1000 m d’altitude.
Ressources génétiques
Baissea axillaris est relativement commun dans toute son aire de répartition, et il pousse bien dans les forêts perturbées. Il n’est donc pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
L’intérêt de Baissea axillaris restera purement local, à moins que des études chimiques et pharmacologiques ne révèlent des possibilités intéressant la médecine moderne.
Références principales
- Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
- Neuwinger, H.D., 1996. African ethnobotany: poisons and drugs. Chapman & Hall, London, United Kingdom. 941 pp.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- van Dilst, F.J.H., 1995. Baissea A.DC. Series of Revisions of Apocynaceae 39. Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique 64: 89–178.
Autres références
- Bouquet, A., 1969. Féticheurs et médecines traditionnelles du Congo (Brazzaville). Mémoires ORSTOM No 36. Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer. Paris, France. 282 pp.
- Oliver-Bever, B., 1986. Medicinal plants in tropical West Africa. Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom. 375 pp.
- Terashima, H. & Ichikawa, M., 2003. A comparative ethnobotany of the Mbuti and Efe hunter-gatherers in the Ituri forest, Democratic Republic of Congo. African Study Monographs 24(1–2): 1–168.
- Tra Bi, F.H., Kouamé, F.N. & Traoré, D., 2005. Utilisation of climbers in two forest reserves in West Côte d’Ivoire. In: Bongers, F., Parren, M.P.E. & Traoré, D. (Editors). Forest climbing plants of West Africa. Diversity, ecology and management. CABI Publishing, Wallingford, United Kingdom. pp. 167–181.
Sources de l'illustration
- Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2006. Baissea axillaris (Benth.) Hua. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.
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