Anthocleista schweinfurthii (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Anthocleista schweinfurthii Gilg


Protologue: Engl., Bot. Jahrb. 17: 579 (1893).
Famille: Loganiaceae (APG: Gentianaceae)

Noms vernaculaires

  • Mkungu maji, mtambuu mwitu (Sw).

Origine et répartition géographique

Anthocleista schweinfurthii est présent du Nigeria jusqu’en Ethiopie, et vers le sud jusqu’en Tanzanie, en Zambie et en Angola.

Usages

Au Gabon, les Bapunus utilisent Anthocleista schweinfurthii pour ses vertus galactogènes. Au Congo, la décoction d’écorce de tige d’Anthocleista schweinfurthii se prend pour traiter la hernie et la stérilité féminine. La décoction de racine s’ingère pour traiter les maux d’estomac chez les femmes, les affections ovariennes, les maladies vénériennes, la hernie, la bronchite et la fièvre ; elle se prend aussi comme purgatif et pour déclencher l’accouchement. En Tanzanie, la décoction de racine se prend contre le paludisme, les abcès durs et comme vermifuge.

Le jus des jeunes feuilles, la poudre de racine ou la pulpe d’écorce sont utilisés pour traiter les plaies, les abcès, comme hémostatique et pour la cicatrisation. Le jus s’utilise en topique pour traiter l’otite et l’ophtalmie. En Afrique centrale, la décoction de feuilles et de racines s’emploie en lavement pour traiter les points de côté. Les femmes souffrant de prolapsus vaginal prennent la décoction de feuilles en bain. La décoction d’écorce de rameau et de feuilles ou le jus se prend pour traiter la fièvre, ou s’utilise en lavement.

En Centrafrique, Anthocleista schweinfurthii est utilisé pour préparer du poison de flèche.

Le bois, très tendre, s’utilise en Tanzanie comme bois de feu. Encore en Tanzanie, l’arbre est planté pour l’agrément et l’ombrage qu’il procure. Au Cameroun, des poteaux-boutures servent à mettre en place des haies ou des haies vives.

Propriétés

Anthocleista schweinfurthii contient un hétéroside à sécoïridoïde, la swertiamarine. L’écorce contient des traces d’alcaloïdes et les racines en renferment jusqu’à 3%. Les feuilles, l’écorce et les racines contiennent des stéroïdes et des terpènes.

Description

  • Arbre de taille moyenne atteignant 30 m de haut ; fût jusqu’à 70 cm de diamètre ; rameaux souvent pourvus de coussinets largement coniques.
  • Feuilles opposées, simples et entières ; pétiole jusqu’à 10 cm de long, auriculé ; limbe oblong-obovale à oblancéolé, de 7–45 cm × 3,5–18 cm, faisant jusqu’à 100 cm × 30 cm chez les jeunes plantes, base cunéiforme, apex arrondi, parfois aigu, bord révoluté, papyracé à coriace.
  • Inflorescence : cyme dichasiale dressée, terminale, de 12–30 cm de long, à nombreuses fleurs ; pédoncule et rameaux épaissis aux nœuds.
  • Fleurs bisexuées, régulières ; sépales 4, libres, orbiculaires, de 8–13 mm de long ; corolle à tube cylindrique de 25–37 mm de long, contracté à la base lorsque jeune, lobes 10–11, lancéolés, de 21–28 mm de long, réfléchis, obtus, blanc verdâtre à crème ; étamines aussi nombreuses que les lobes de la corolle et alternant avec eux, exsertes, filets fusionnés ; ovaire supère, ovoïde, de 5–7 mm × 3–4 mm, 4-loculaire, stigmate obovoïde-cylindrique, émarginé à l’apex.
  • Fruit : baie globuleuse à ellipsoïde de 2,5–4,5 cm × 2–3 cm, arrondie ou apiculée à l’apex, lisse, à paroi épaisse, verte ou jaune, contenant de nombreuses graines.
  • Graines obliquement ovoïdes-globuleuses, d’environ 2 mm × 1,5 mm, brunes.

Autres données botaniques

Le genre Anthocleista comprend 14 espèces et se rencontre en Afrique tropicale, y compris les Comores et Madagascar.

Ecologie

Anthocleista schweinfurthii est présent dans les forêts secondaires, les forêts-galeries, les fourrés et parfois en savane ou en forêt pluviale, généralement pas dans les endroits humides, à 400–1800 m d’altitude.

Ressources génétiques

Anthocleista schweinfurthii est répandu et n’est pas soumis à la pression de l’érosion génétique. Il est commun en Afrique centrale et australe, mais rare au Nigeria.

Perspectives

Etant donné les usages médicinaux répertoriés, le peu de données chimiques et pharmacologiques disponibles et les nombreux usages d’autres espèces d’Anthocleista, des recherches sur les propriétés d’Anthocleista schweinfurthii pourraient s’avérer utiles.

Références principales

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  • Leeuwenberg, A.J.M. (Editor), 1980. Angiospermae: Ordnung Gentiales. Fam. Loganiaceae. Die natürlichen Pflanzenfamilien. Second Edition. Band 28 b-1. Duncker & Humblot, Berlin, Germany. 255 pp.
  • Leeuwenberg, A.J.M., 1983. Loganiaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 7, part 1. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 327–374.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.

Autres références

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  • Bouquet, A., 1972. Plantes médicinales du Congo-Brazzaville: Uvariopsis, Pauridiantha, Diospyros. Travaux et Documents de l’ORSTOM, No 13. Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer. Paris, France. 113 pp.
  • Bourobou Bourobou, H., Mounzeo, H., Mbatchi, B. & Posso, P., 1996. Quelques plantes galactogènes utilisées par les Bapunu au Gabon. Revue de Médecines et Pharmacopées africaines 10(1): 71–78.
  • Gautier, D., 1995. The pole-cutting practice in the Bamileke country (western Cameroon). Agroforestry Systems 31: 21–37.
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Auteur(s)

  • A. de Ruijter, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

de Ruijter, A., 2007. Anthocleista schweinfurthii Gilg. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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