Dactyladenia barteri (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Dactyladenia barteri (Hook.f. ex Oliv.) Prance & F.White


Protologue: Brittonia 31 : 484 (1979).
Famille: Chrysobalanaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 22

Synonymes

  • Griffonia barteri Hook.f. ex Oliv. (1871),
  • Acioa barteri (Hook.f. ex Oliv.) Engl. (1899).

Noms vernaculaires

  • Monkey fruit (En).

Origine et répartition géographique

Dactyladenia barteri est répandu naturellement en Afrique de l’Ouest et centrale, du Sierra Leone jusqu’au Cameroun et au Gabon. Sa présence au Kivu en République démocratique du Congo est incertaine.

Usages

Dans le sud-est du Nigeria, Dactyladenia barteri est largement utilisé comme culture de jachère, produisant de grandes quantités de litière et recyclant des quantités appréciables d’éléments fertilisants grâce à son système racinaire profond. Son feuillage dense favorise aussi la suppression des mauvaises herbes. Dans les champs des cultivateurs, il est soit planté soit protégé dans la repousse naturelle. Ses feuilles sont utilisées comme fourrage. Les tiges donnent des poteaux de bonne qualité pour tuteurer des cultures et pour des travaux de construction. Au Libéria, on utilise son bois comme combustible. Egalement au Libéria, un liquide à base d’écorce est utilisé comme purgatif.

Propriétés

Les feuilles de Dactyladenia barteri, cultivé sur un sol acide et sableux, contiennent par 100 g de matière séchée au four: 1,7 g de N, 0,08 g de P, 0,77 g de K, 0,57 g de Ca, 0,25 g de Mg, 1,2 mg de Cu, 0,8 mg de Zn. Les feuilles et probablement aussi l’écorce sont riches en tanins. Le bois rouge foncé est dur, durable et résistant aux attaques de termites. Les résidus de taille ont un rapport C/N élevé (28:1–36:1), des teneurs élevées en lignine (47,6%) et en polyphénol (4,1%) et ils se décomposent lentement dans le sol, fournissant un bon matériau de paillage. Le paillage a un effet substantiel sur la température du sol, mais peu d’effet direct sur la teneur en azote du sol. L’immobilisation de l’azote par la décomposition des feuilles de Dactyladenia barteri est contrecarrée par une minéralisation accrue de la matière organique du sol sous le paillage. La vitesse de décomposition du paillage est très faible (après 100 jours à peine 20% est décomposé, et après 6 mois environ 50%).

Description

Arbuste grimpant ou petit arbre, jusqu’à 12 m de haut; fût cannelé, souvent multiple, tordu, jusqu’à 25(–40) cm de diamètre; écorce cassante, tranche fine et blanc pâle, devenant rougeâtre; cime dense, étalée; jeunes pousses rouge foncé, couvertes d’un tomentum blanchâtre, arachnoïde, précocement caduque; branches plus ou moins grimpantes, effilées, hérissées, les jeunes rapidement glabrescentes, les âgées avec de nombreuses lenticelles. Feuilles alternes, simples; stipules souvent attachées près de la base du pétiole, linéaires, longues de 4–6 mm; pétiole de 3–4 mm de long; limbe elliptique-oblong à ovale, de 7–13(–15) cm × 3–5,5(–7) cm, base acuminée, parfois plus ou moins acuminée et quelque peu asymétrique, apex acuminé, vert foncé brillant, devenant brun rougeâtre lors de la sénescence, nervures latérales en 4–6 paires, quelques glandes circulaires souvent présentes sur la face inférieure du limbe près de la base et de l’apex. Inflorescence: racème axillaire ou terminal, solitaire ou parfois en paires, de 3–4(–12) cm de long, pubérulent, portant un grand nombre de fleurs; pédoncule jusqu’à 1(–4) cm de long; bractées elliptiques-lancéolées, longues de 2–4 mm, tri-cuspidées, portant souvent des glandes circulaires; fleurs bisexuées, zygomorphes; pédicelle articulé, la partie située sous l’articulation longue de 6–10 mm, persistant longtemps, portant 2 bractéoles alternes, lancéolées, de 1–1,5 mm de long, la partie supérieure longue de 5–15 mm; réceptacle tubulaire, long de 4–6 mm, pubérulent; sépales 5, longs de 4–5 mm, pubérulents à l’extérieur; pétales 5, oblongs-obovoïdes, longs de 4–5 mm, blancs, caduques; étamines 15–20, longues de (15–)25(–30) mm, connées de façon ligulée sur la plus grande partie de leur longueur, saillantes; pistil à ovaire 1-loculaire, style filiforme légèrement plus long que les étamines, et un stigmate 3-lobé. Fruit: drupe à une seule graine, ovoïde-comprimée, de 2,5 cm × 3,5 cm × 5,0 cm, verte, sa surface souvent ferrugineuse-tomenteuse, apex souvent légèrement tuberculé. Plantule à germination épigée.

Autres données botaniques

Le genre Dactyladenia comprend environ 27 espèces. Il a été suggéré que Dactyladenia lehmbachii (Engl.) Prance & F.White et Dactyladenia pallescens (Baill.) Prance & F.White, qui fleurissent durant la même période, pourraient se croiser avec Dactyladenia barteri.

Croissance et développement

Le système racinaire est profond, mais son développement latéral dans la partie superficielle du sol est limité. Par exemple, sur un ultisol dans le sud-est du Nigeria, environ 50% des racines de moins de 2 mm de diamètre étaient présentes dans les premiers 20 cm du sol à proximité de la tige, alors qu’à une distance de 120 cm de la base de l’arbre, ce pourcentage diminuait rapidement. Au Nigeria et au Ghana, Dactyladenia barteri fleurit habituellement durant la saison sèche, entre octobre et février. Les fruits mûrissent au début de la saison des pluies, entre mars et mai. Dactyladenia barteri est caractérisé par une pollinisation libre, les principaux pollinisateurs étant les fourmis rouges, mais des abeilles et des guêpes ont été signalées occasionnellement.

Ecologie

Dactyladenia barteri est présent dans les forêts de plaine jusqu’à 300 m d’altitude, avec une précipitation annuelle d’au moins 1200 mm, où la température minimale moyenne du mois le plus froid est d’environ 20ºC et la température maximale moyenne du mois le plus chaud est d’environ 34ºC. Dans la zone de transition forêt–savane, il est présent au bord des rivières. Il est parfois présent du côté terrestre des forêts de mangrove. Il est bien adapté aux sols lessivés, acides et infertiles, et peut survivre à des inondations occasionnelles. Les arbres bien établis résistent au feu.

Multiplication et plantation

La multiplication se fait principalement par graines. Les graines germent facilement. On peut les conserver jusqu’à 6 mois à 15ºC lorsqu’elles sont traitées avec du sulfate de cuivre. Le semis direct est possible, mais les jeunes plantes survivent mieux lorsqu’elles ont poussé dans des sacs de pépinière avant la plantation au champ. Occasionnellement, des branches sont utilisées comme boutures dans des haies vives. Des boutures de tiges juvéniles s’enracineront rapidement en pleine saison des pluies.

Gestion

Dans les systèmes de culture traditionnels, Dactyladenia barteri est protégé, planté de manière disséminée ou en haies. Les arbres bien établis recèpent bien, même après avoir été coupés ou brûlés. Dans le sud-est du Nigeria, on le plante en haies dans un système de culture en allées traditionnel avec un interligne de 2–3 m, avec 1–2 ans de culture suivis de 3–4 ans de jachère. Après la période de jachère, les broussailles sont coupées et brûlées et les tiges sont coupées à une hauteur de 10–20 cm. Certaines tiges sont laissées entières pour servir de tuteurs vivants pour l’igname de Guinée (Dioscorea cayenensis Lam.). Des cultures sont ensuite implantées dans les allées.

Rendement

Planté à un espacement de 4 m x 4 m, Dactyladenia barteri peut produire par ha 6 t de résidus de taille secs (feuilles et petites branches), 4 t de rameaux, et 9 t de bois en 8 mois, avec une teneur en éléments fertilisants des résidus de taille de 85 kg de N, 5 kg de P, 43 kg de K, 18 kg de Ca et 46 kg de Mg. Dans une expérimentation de culture en allées, dans laquelle Dactyladenia barteri était planté avec un interligne de 4 m et un espacement de 50 cm dans la ligne, le rendement d’élagage après 22 mois s’élevait à 3,5 t/ha de litière sèche et 1,4 t/ha de bois sec. La teneur en éléments fertilisants des résidus de taille était: 65 kg de N, 6 kg de P, 41 kg de K, 33 kg de Ca et 13 kg de Mg.

Ressources génétiques

Des évaluations de provenances et des études de la variabilité sont nécessaires pour révéler l’importance de la variation génétique exploitable pouvant exister dans Dactyladenia barteri.

Sélection

Il existe un potentiel d’amélioration génétique dans Dactyladenia barteri pour accroître le recépage, la croissance et le rendement en biomasse.

Perspectives

Dactyladenia barteri a montré son potentiel pour le paillage et la culture en allée dans les expérimentations de l’IITA (Institut international d’agriculture tropicale) au Nigeria. Il est nécessaire d’évaluer son potentiel pour des systèmes agroforestiers dans d’autres régions tropicales avec de fortes précipitations et des sols acides afin de promouvoir une production durable sur des sols fortement altérés. D’ores et déjà à l’essai à l’IITA comme arbre test dans des systèmes de culture en allée sur des sols acides pauvres, il pourrait contribuer au développement de tels systèmes dans d’autres régions d’Afrique. En outre, Dactyladenia barteri présente de bonnes perspectives pour les plantations de bois de feu vu sa bonne aptitude à recéper.

Références principales

  • Hauser, S., 1993. Root distribution of Dactyladenia (Acioa) barteri and Senna (Cassia) siamea in alley cropping on ultisol. 1. Implication for field experimentation. Agroforestry Systems 24: 111–121.
  • Kachaka, B., Vanlauwe, B. & Merckx, R., 1993. Decomposition and nitrogen mineralization of prunings of different quality. In: Mulongoy, K. & Merckx, R. (Editors). 1993. Soil organic matter dynamics and sustainability of tropical agriculture. John Wiley and Sons, Chichester, United Kingdom. pp. 199–208.
  • Kang, B.T., Akinnifesi, F.K. & Pleysier, J.L., 1994. Effect of agroforestry woody species on earthworm activity and physicochemical properties of worm casts. Biology and Fertility of Soils 18: 193–199.
  • Kang, B.T., Versteeg, M.N., Osiname, O. & Gichuru, M.P., 1991. Agroforestry in Africa’s humid tropics: three success stories. Agroforestry Today 3: 4–6.
  • Letouzey, R. & White, F., 1978. Chrysobalanaceae. Flore du Cameroun. Volume 20. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 3–138.
  • Ruhigwa, B.A., Gichuru, M.P., Mambani, B. & Tariah, N.M., 1992. Root distribution of Acioa barteri, Alchornia cordifolia, Cassia siamea and Gmelina arborea in an acid ultisol. Agroforestry Systems 19: 67–78.
  • Tian, G., Kang, B.T. & Brussaard, L., 1992. Biological effects of plant residues with contrasting chemical compositions under humid tropical conditions decomposition and nutrient release. Soil Biology and Biochemistry 24: 1051–1060.

Autres références

  • Burkill, H.M., 1985. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 1, Families A–D. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 960 pp.
  • Faridah Hanum, I. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 1997. Plant Resources of South-East Asia No 11. Auxiliary plants. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 389 pp.
  • Irvine, F.R., 1961. Woody plants of Ghana, with special reference to their uses. Oxford University Press, London, United Kingdom. 868 pp.
  • Tian, G., 1992. Biological effects of plant residues with contrasting chemical compositions on plant and soil under humid tropical conditions. PhD thesis, Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 114 pp.

Sources de l'illustration

  • Faridah Hanum, I. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 1997. Plant Resources of South-East Asia No 11. Auxiliary plants. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 389 pp.

Auteur(s)

  • D.O. Ladipo, Centre for Environment, Renewable Natural Resources Management, Research and Development (CENRAD), 5 Akinola Maja Avenue, P.M.B. 5052, Jericho Hills, Ibadan, Nigeria
  • B.T. Kang, Department of Crops and Soil Sciences, University of Georgia, Athens, GA 30602, United States

Consulté le 6 avril 2025.


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