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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Moringa peregrina (Forssk.) Fiori




Protologue: Agric. Colon. 5: 59 (1911).
Famille: Moringaceae

Synonymes

Moringa aptera Gaertn. (1791).

Noms vernaculaires

Ben blanc, moringa aptère, arbre à noix de ben (Fr). Ben tree, wispy-needled yasar tree, wild drum-stick tree (En).

Origine et répartition géographique

Moringa peregrina est présent à l’état sauvage dans les pays arides ou semi-arides bordant la mer Rouge, depuis la Somalie et le Yémen jusqu’en Israël, et au-delà jusqu’en Syrie. En Afrique tropicale, on signale sa présence au Soudan, en Ethiopie, en Erythrée, à Djibouti et en Somalie. Il a été signalé en Iran et au Pakistan, mais sa présence dans ces pays demande confirmation.

Usages

Le principal produit dérivé de Moringa peregrina est l’huile des graines, que l’on appelle “huile de ben”. Son utilisation remonte à l’Antiquité et il en est déjà question dans les textes égyptiens anciens et dans la Bible. Cette huile est utilisée en cuisine, dans les produits cosmétiques et en médecine. Au Yémen, elle sert de lubrifiant pour les petites machines. Les graines sont également utilisées comme coagulant pour purifier l’eau, au Soudan par exemple. Dans le sud du Soudan et au Yémen, Moringa peregrina est une plante mellifère et ses feuilles servent de fourrage. Ses graines sont employées en médecine au Proche-Orient et au Soudan. On utilise l’huile pour traiter les douleurs abdominales. Le tubercule de la plante jeune se consomme au Yémen et à Oman. La plante est cultivée comme ornementale en Arabie saoudite et au Proche-Orient. Le bois se ramasse comme combustible dans le sud du Sinaï, mais de nos jours il s’est raréfié.

Production et commerce international

On ignore les quantités d’huile de ben produite à partir de Moringa peregrina, mais il semble qu’elles connaissent une baisse. L’huile produite est destinée principalement à l’autoconsommation ou aux marchés locaux.

Propriétés

La graine de Moringa peregrina contient environ 50% d’huile. Cette huile ressemble à celle extraite des graines de Moringa oleifera Lam. Sa composition approximative en acides gras est : acide palmitique 9%, acide stéarique 4%, acide arachidique 2%, acide béhénique 2%, acide oléique 71%, acide linoléique 1%, et acide gadoléique 2%. L’huile contient des stérols (campestérol, stigmastérol et β-sitostérol) et des tocophérols (α-, γ-, et δ-tocophérol). Les propriétés purificatrices d’eau de la graine sont le fait d’une protéine qui coagule les particules dispersées.

Falsifications et succédanés

Les huiles de Moringa peregrina, de Moringa stenopetala (Baker f.) Cufod., et de Moringa oleifera portent toutes le nom d’ “huile de ben” et peuvent se substituer. Mais c’est l’huile de Moringa oleifera qui est la plus couramment employée.

Description

Arbuste ou petit arbre atteignant 10 m de haut, à rhizome tubérisé ; fût atteignant 40 cm de diamètre ; écorce grise, gris-violet ou brun vif ; cime ovoïde ; rameaux cylindriques, élancés, jeunes tiges gris-blanc ou bleu-vert cireux ; ramilles cassantes. Feuilles alternes, en bouquets à l’extrémité des rameaux, de 15–40 cm de long, 2-pennées, à 2–5 paires de pennes ; folioles opposées ou alternes, obovales, oblancéolées ou spatulées, de 3–20(–35) mm × 2–10(–13) mm, base cunéiforme à arrondie, apex arrondi ou émarginé, grises ou vert cireux. Inflorescence : panicule axillaire lâche, fortement ramifiée, de 18–30 cm de long. Fleurs bisexuées, légèrement zygomorphes, 5-mères, blanches à cœur violet ou colorées de rose, parfois parfumées ; pédicelle de 2–9 mm de long, articulé ; sépales libres, oblongs à lancéolés, de 7–9 mm × 1,5–3 mm, acuminés, poilus sur les deux faces ; pétales libres, étroitement oblongs, obovales ou spatulés, de 8–15 mm × 2–5 mm, poilus à l’intérieur ; étamines 5, libres, de 4,5–7 mm de long, alternant avec 5 staminodes de 4–5 mm de long ; ovaire supère, courtement stipité, cylindrique, poilu, 1-loculaire, style mince. Fruit : capsule allongée de (10–)32–39 cm × (1–)1, 5–1,7 cm, un peu trigone, légèrement rétrécie entre les graines, pourvue d’un bec, glabre, déhiscente à 3 valves. Graines globuleuses à ovoïdes ou trigones, de 10–12 mm × 10–12 mm, brunes.

Autres données botaniques

Moringa est le seul genre des Moringaceae, famille apparentée aux Brassicaceae. Il comporte 13 espèces, dont 8 sont endémiques de la Corne de l’Afrique et 2 de Madagascar.

Croissance et développement

Les jeunes semis ont de larges folioles et forment un gros tubercule. Au cours de nombreuses saisons sèches, la pousse dépérit jusqu’au tubercule en dessous du niveau du sol. Au fur et à mesure que la plante vieillit, la tige devient définitive et les feuilles s’allongent peu à peu, tandis que les folioles rapetissent et s’espacent. Les arbres adultes produisent des feuilles entièrement garnies de petites folioles, qu’elles perdent malgré tout lorsque la feuille arrive à maturité. Cependant, les axes foliaires dénudés demeurent, ce qui confère à l’arbre un aspect hirsute comme celui des Tamarix spp.

Ecologie

Moringa peregrina pousse sur les pentes rocailleuses des oueds et des torrents à sec, jusqu’à 850 m d’altitude dans les savanes boisées à Acacia - Commiphora, parfois sur la roche presque nue, avec un système racinaire fortement réduit.

Multiplication et plantation

Il y a eu des essais de plantation de Moringa peregrina au Soudan. Aussi bien les graines que les boutures peuvent servir à le multiplier en pépinière. Une exposition à l’ensoleillement direct et des températures élevées ont limité la croissance des semis. Un repiquage de semis âgées de 5 mois a donné de bons taux de survie. Des rameaux de 1–1,5 m de long utilisés comme boutures ont donné de bons résultats. Qu’il soit issu de graines ou de boutures, Moringa peregrina pousse rapidement ; une croissance annuelle de 3–4 m de haut n’est pas inhabituelle lorsqu’il dispose d’assez d’humidité. Les premiers fruits sont produits environ 3 ans après la plantation.

Gestion

Un écimage ou une taille après la récolte sont recommandés pour favoriser la ramification. Cela augmente la production de fruits et facilite la récolte car l’arbre reste à une hauteur gérable.

Récolte

Les graines se récoltent dans la nature.

Rendement

Un seul arbre peut produire jusqu’à 1000 fruits par an.

Traitement après récolte

Les méthodes traditionnelles d’extraction de l’huile auxquelles les Bédouins ont recours sont très simples, mais les rendements en huile sont faibles. Après avoir écrasé les graines, ils y ajoutent de l’eau et les ébouillantent. Ils laissent reposer le mélange toute une nuit pour permettre à l’huile de surnager, et ils la recueillent à la surface. Il existe une méthode plus évoluée qui consiste à broyer les graines, à y ajouter un peu d’eau et à faire chauffer le mélange doucement pendant 10–15 minutes. Puis l’huile est extraite à l’aide d’une presse à vis ou d’une presse hydraulique.

Pour la purification de l’eau, on réduit les graines en une pâte. Cette pâte est mise dans une bouteille avec de l’eau. On secoue le mélange pendant 5 minutes pour activer la protéine. On tamise alors le mélange, et la solution est ajoutée à l’eau trouble. On remue lentement pendant 20 minutes, et de fines particules, y compris des bactéries, coagulent, coulent et se déposent au fond. Au bout d’une heure, on peut soutirer l’eau purifiée.

Ressources génétiques

Malgré les préoccupations suscitées par le déclin de ses peuplements, en particulier dans les endroits où on le ramasse pour le bois de feu, Moringa peregrina ne figure pas sur la liste rouge 2006 de l’UICN. Il est en danger dans le Sinaï, en Egypte. Les efforts visant à restaurer la végétation locale en réintroduisant les espèces dominantes, notamment Acacia tortilis (Forssk.) Hayne, ont également entraîné l’augmentation du nombre d’arbres de Moringa peregrina. Moringa peregrina fait partie des espèces conservées dans une banque de gènes au champ de plantes fourragères à Oman.

Perspectives

Il est nécessaire de protéger Moringa peregrina et son milieu vulnérable. L’exploitation ininterrompue de ses graines pour la production d’huile et la purification de l’eau nécessitent sa domestication et sa culture. Les premiers résultats des expérimentations réalisées dans ce but sont prometteurs.

Références principales

  • Jahn, S.A.A., 1986. Cultivation of Moringa trees. Schriftenreihe der Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit 191: 233–298.
  • Jahn, S.A.A., 1986. Water treatment with traditional plant coagulants and clarifying clays. Schriftenreihe der Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit 191: 67–157.
  • Jahn, S.A.A., Musnad, H.A. & Burgstaller, H., 1986. The tree that purifies water: cultivating multipurpose Moringaceae in the Sudan. Unasylva 152: 23–28.
  • Keraudren, M., 1965. Le genre Moringa en Afrique et à Madagascar (affinités systématiques, intérêt biogéographique). Webbia 19: 815–824.
  • Moustafa, A.E.A., El-Wahab, R.H.A., Helmy, M.A. & Batanouny, K.H., 1998. Phenology, germination and propagation of some wild trees and shrubs in south Sinai, Egypt. Egyptian Journal of Botany 36: 91–107.
  • Olson, M.E., 2002. Combining data from DNA sequences and morphology for a phylogeny of Moringaceae (Brassicales). Systematic Botany 27(1): 55–73.
  • Somali, M.A., Bajneid, M.A. & Al-Fhaimani, S.S., 1984. Chemical composition and characteristics of Moringa peregrina seeds and seeds oil. Journal of the American Oil Chemists’ Society 61: 85–86.
  • Thulin, M., 1993. Moringaceae. In: Thulin, M. (Editor). Flora of Somalia. Volume 1. Pteridophyta; Gymnospermae; Angiospermae (Annonaceae-Fabaceae). Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. pp. 60–62.
  • Tsakis, J., 1998. Characterization of Moringa peregrina Saudi Arabia seed oil. Grasas y Aceites (Seville) 49(2): 170–176.
  • Verdcourt, B., 2000. Moringaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 155–162.

Autres références

  • Batanouny, K.H., 1999. Wild medicinal plants in Egypt: an inventory to support conservation and sustainable use. [Internet] Palm Press, Cairo, Egypt. 207 pp. http://www.iucn.org/ places/medoffice/nabp/web/documents/book/ chapter3.pdf. October 2006.
  • Fahn, A., Werker, E. & Baas, P., 1986. Wood anatomy and identification of trees and shrubs from Israel and adjacent regions. The Israel Academy of Sciences and Humanities, Jerusalem, Israel.
  • Ibrahim, S.S., Ismail, M., Samuel, G., Kamel, E. & El Azhari, T., 1974. Benseeds: a potential oil source. Egyptian Journal of Agricultural Research 52(9): 47–50.
  • Olson, M.E., 1999. The home page of the plant family Moringaceae. [Internet] http://www.mobot.org/ gradstudents/olson/ moringahome.html. September 2006.
  • Olson, M.E., 2003. Ontogenetic origins of floral bilateral symmetry in Moringaceae (Brassicales). American Journal of Botany 890(1): 49–71.
  • Olson, M.E. & Carlquist, S., 2001. Stem and root anatomical correlations with life form diversity, ecology and systematics in Moringa (Moringaceae). Botanical Journal of the Linnean Society 135: 315–348.
  • Verdcourt, B., 1965. A synopsis of the Moringaceae. Kew Bulletin 40: 1–23.

Sources de l'illustration

  • Zohary, M., 1966. Flora Palaestina. Part 1: Equisetaceae to Moringaceae. Plates. The Israel Academy of Sciences and Humanities, Jerusalem, Israel. 495 plates.

Auteur(s)

  • E. Munyanziza

Institut des Sciences Agronomiques du Rwanda, P.O. Box 138, Butare, Rwanda

  • K.A. Yongabi

FMEnv/ZERI Research Centre, Abubakar Tafawa Balewa University, P.M.B. 248, Bauchi, Bauchi State, Nigeria

Consulté le 3 avril 2025.


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