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Cissampelos capensis (PROTA)

Révision de 31 octobre 2014 à 22:50 par Michel Chauvet (discussion | contributions)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


Cissampelos capensis L. f.


Protologue: Suppl. pl. : 432 (1782).
Famille: Menispermaceae

Origine et répartition géographique

La répartition de Cissampelos capensis est limitée à la Namibie et aux provinces du Cap en Afrique du Sud.

Usages

En Afrique du Sud, où la plante est appelée “dawidjie”, la teinture de rhizome dans de l’alcool ou de l’eau de vie, ou la décoction de rhizome se prennent comme dépuratif sanguin pour traiter les furoncles et les œdèmes glandulaires, la syphilis, le choléra, la colique, la diarrhée, le diabète et plusieurs cancers. On le donne contre les affections de la vessie, les problèmes biliaires et les calculs, et il s’emploie en usage tant externe qu’interne contre l’érysipèle. L’extrait sert également à prévenir les fausses couches et les accouchements difficiles, ainsi qu’à expulser le placenta non décollé. Une pâte à base de feuilles s’applique sur les plaies et les furoncles. Les tiges se brûlent comme encens contre les esprits maléfiques, et l’infusion de tige s’emploie en bain rituel aux mêmes fins.

Production et commerce international

Des bouquets de feuilles et de rhizomes frais ou séchés se vendent sur les marchés locaux en Afrique du Sud.

Propriétés

Toutes les parties de la plante sont riches en alcaloïdes. Les principaux composés contenus dans les feuilles sont un alcaloïde morphinane (la salutaridine) et des alcaloïdes aporphines (la dicentrine et la bulbocapnine) ; les composés secondaires sont un alcaloïde aporphine (la lauroscholtzine), des alcaloïdes proaporphines (la crotsparine et la glaziovine) et un alcaloïde bisbenzyltétrahydroïsoquinolinique (la cycléanine). Le rendement en alcaloïdes est de 4,7–19 mg/g de poids sec. Dans la tige, les principaux alcaloïdes sont des alcaloïdes aporphines (la bulbocapnine et la dicentrine) et des alcaloïdes bisbenzyltétrahydroïsoquinoliniques (la cissacapine, la cycléanine et l’insularine). Les alcaloïdes secondaires sont des alcaloïdes bisbenzyltétrahydroïsoquinoliniques (la 12-O-méthylcurine et l’insulanoline) et un alcaloïde benzyltétrahydroïsoquinolinique (la réticuline). Dans le rhizome, les principaux composés sont des alcaloïdes bisbenzyltétrahydroïsoquinoliniques (la 12-O-méthylcurine, la cycléanine et la cissacarpine), et les composés secondaires sont des alcaloïdes aporphines (la bulbocapnine et la dicentrine), des alcaloïdes proaporphines (la glaziovine et la pronuciférine), ainsi qu’un alcaloïde bisbenzyltétrahydroïsoquinolinique (l’insularine). Le rendement en alcaloïdes des échantillons de tige et de racine varie de 0,5–2,3 mg/g de poids sec. La composition en alcaloïdes est également variable d’une plante à l’autre, les différences les plus importantes se trouvant entre les plantes de l’intérieur des terres et celles provenant de milieux côtiers.

Lors d’essais pharmacologiques, la dicentrine, la cycléanine et la salutaridine ont manifesté une activité anticancéreuse significative contre plusieurs lignées de cellules cancéreuses, mais celle-ci s’accompagne d’une forte cytotoxicité. La cycléanine a fait preuve d’activité antiplasmodium et antiprotozoaire sélective, ainsi que d’une activité spasmolytique in vitro. La cycléanine s’est en outre montrée antimicrobienne, anti-inflammatoire et analgésique, et la dicentrine a eu des effets antibactériens et antifongiques in vitro. L’extrait au méthanol des feuilles, ainsi que la dicentrine isolée et un autre alcaloïde isolé, la néolitsine, ont fait ressortir une activité vermifuge significative contre les larves du parasite de l’estomac Haemonchus contortus. Dans un essai in vivo, une administration orale de dicentrine a fait chuter le nombre de vers de 67% chez des souris, à la dose de 25 mg/kg.

Description

Arbuste dioïque atteignant 1 m de haut, rhizomateux ; tiges glabres ou à poils courts, à sillons longitudinaux. Feuilles disposées en spirale, simples ; stipules absentes ; pétiole jusqu’à 2,5 cm de long, glabre ; limbe ovale à deltoïde, atteignant 4 cm × 3,5 cm, base cunéiforme à tronquée, apex obtus à rétus, souvent mucroné, bord entier à légèrement ondulé, coriace, glabre à poilu, grisâtre à vert vif, 3–5-palmatinervé. Inflorescence : cyme umbelliforme, axillaire, solitaire ou en groupes ; inflorescence mâle solitaire ou appariée, inflorescence femelle disposée en une courte fausse grappe ; bractées linéaires, très petites. Fleurs unisexuées ; fleurs mâles à pédicelle atteignant 2,5 mm de long, sépales 4, elliptiques à obovales, de 0,5–1,5 mm × 0,5–1 mm, charnus, les deux extérieurs plus épais que les deux intérieurs, à poils court à l’extérieur, corolle en coupe, 4-lobée, de 0,5–1 mm de diamètre, verdâtre, étamines 4, filets soudés ; fleur femelle à pédicelle atteignant 3 mm de long, sépales 2, orbiculaires à rhomboïdes, d’environ 1 mm × 1,5 mm, à poils courts à l’extérieur, pétales 2, elliptiques à ovales, de 0,5–1 mm × 0,5–1 mm, glabres, ovaire supère, rayé, glabre, 1-loculaire, style court, stigmate en U, 3-lobé. Fruit : drupe obovoïde comprimée atteignant 7 mm de long, orange à maturité, noyau osseux, en fer à cheval, contenant 1 graine. Graines à albumen peu abondant et embryon arqué.

On peut trouver Cissampelos capensis en fleurs toute l’année.

Autres données botaniques

Le genre Cissampelos comprend environ 20 espèces, 7 en Amérique tropicale et 13 en Afrique tropicale. Cissampelos pareira L. est la seule espèce qui ait une répartition pantropicale. Cissampelos capensis ne doit pas être confondu avec Zehneria scabra (L.f.) Sond. (Cucurbitaceae), connu sous le nom “dawidjies” en Afrique du Sud et utilisé également en médecine.

Ecologie

Cissampelos capensis est présent dans les endroits dégagés sur sols sableux ou dérivés de granit bien drainés, jusqu’à 1900 m d’altitude.

Gestion

Les feuilles et les rhizomes ne se récoltent que dans la nature.

Ressources génétiques

Cissampelos capensis est présent sur une aire relativement importante ; rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Cissampelos capensis contient certains alcaloïdes dotés d’intéressantes propriétés sur le plan pharmacologique, dont certains agissent contre plusieurs lignées de cellules cancéreuses. Cela justifie par conséquent un approfondissement des recherches.

Références principales

  • Ayers, S., Zink, D.L., Mohn, K., Staats-Powell, J., Brown, C.M., Murphy, T., Brand, R., Pretorius, S., Stevenson, D., Thompson, D. & Singh, S.B., 2007. Anthelmintic activity of aporphine alkaloids from Cissampelos capensis. Planta Medica 73(3): 296–297.
  • Cocks, M.L. & Dold, A.P., 2006. Cultural significance of biodiversity: the role of medicinal plants in urban African cultural practices in the eastern Cape, South Africa. Journal of Ethnobiology 26(1): 60–81.
  • de Wet, H., 2005. An ethnobotanical and chemotaxonomic study of South African Menispermaceae. PhD thesis, Faculty of Science, University of Johannesburg, Johannesburg, South Africa. 450 pp.
  • de Wet, H. & van Wyk, B.E., 2008. An ethnobotanical survey of southern African Menispermaceae. South African Journal of Botany 74(1): 2–9.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.

Autres références

  • Cocks, M., 1995. The commercialisation of medicinal plants in the eastern Cape. A leaf from the Herbarium. Notes from the Selmar Schonland Herbarium, Albany Museum 2: 2–4.
  • Dold, A.P. & Cocks, M.L., 2002. The trade in medicinal plants in the Eastern Cape Province, South Africa. South African Journal of Science 98: 589–597.
  • Friedrich-Holzhammer, M., 1968. Menispermaceae. Prodromus einer Flora von Südwestafrika. No 38. J. Cramer, Germany. 4 pp.
  • SA Health Info, 2007. Cissampelos capensis Herba. [Internet] South African Medical Research Council, South Africa. http://www.sahealthinfo.org/ traditionalmeds/monographs/ cissampelos.htm. November 2007.
  • Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.

Auteur(s)

  • L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Oyen, L.P.A., 2008. Cissampelos capensis L.f. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 3 avril 2025.


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