Combretum mossambicense (PROTA)

De PlantUse Français
Révision de 24 octobre 2014 à 22:36 par Michel Chauvet (discussion | contributions)

(diff) ← Version précédente | Voir la version courante (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Combretum mossambicense (Klotzsch) Engl.


répartition en Afrique (sauvage)
Protologue : Pflanzenw. Ost-Afrikas. C : 292 (1895).
Famille : Combretaceae
Nombre de chromosomes : 2n = 26

Noms vernaculaires

  • Shaving-brush combretum, knobbly climbing bush willow, knobbly combretum, knobby creeping bushwillow (En).

Origine et répartition géographique

Combretum mossambicense est présent dans les régions sèches de l’Afrique orientale et australe, ainsi que dans la savane au sud-est de la R.D. du Congo. Il est également présent au nord-est de l’Afrique du Sud.

Usages

En Tanzanie, on prend la décoction de racine comme purgatif et l’infusion faite avec l’écorce interne est utilisée en lavement pour traiter la schistosomose et la diarrhée. En Namibie, on prend un bain de vapeur des racines et des feuilles, avec des feuilles de Gardenia brachythamnus (K.Schum.) Launert, pour traiter les maux de dents et les douleurs osseuses. La décoction de racines et de feuilles, avec les parties aériennes d’Acalypha villicaulis Hochst., est utilisée comme bain de vapeur, bain de bouche ou lavement des yeux pour traiter les œdèmes du visage dus à des abcès dentaires, à une infection nasale ou à une inflammation de l’œil. Le liquide peut se frictionner dans de petites égratignures sur les œdèmes. Le résidu est utilisé comme compresse pour réduire les œdèmes.

Comme il produit des masses de fleurs rose-blanche pelucheuses sur les branches nues, Combretum mossambicense est parfois planté comme plante ornementale dans les jardins. Le bois est dur, résistant et durable et utilisé pour des piquets de clôtures. C’est un excellent bois de feu et charbon de bois.

Les babouins mangent les jeunes tiges vertes, les fruits et la gomme de l’écorce abîmée. C’est une des plantes à brouter préférée des animaux sauvages.

Propriétés

Aucune analyse phytochimique n’a été effectuée sur Combretum mossambicense. Plusieurs essais pharmacologiques préliminaires, cependant, montrent des résultats intéressants.

Des extraits au méthanol, à l’acétone et à l’acétate d’éthyle de feuilles ont montré des activités prometteuses anti-inflammatoires, vermifuges (contre le nématode libre du sol Caenorhabditis elegans) et antischistosomes (contre Schistosoma haematobium), ainsi que des effets endommageant l’ADN in vitro. Plusieurs extraits de feuilles ont montré une activité antibactérienne significative contre des bactéries pathogènes gram-positives in vitro.

Description

Petit arbre, arbuste ou plante ligneuse grimpante, caducifolié, atteignant 13 m de haut, fleurissant généralement avant l’apparition des feuilles ; jeunes branches brun rosé pâle. Feuilles opposées ou presque opposées, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole atteignant 5(–7) mm de long, la base formant une épine arquée ; limbe elliptique à elliptique-oblong, de 10 (–20) cm × 5(–11) cm, apex acuminé, base arrondie à cordée, à poils courts devenant presque glabre, pennatinervé à 5–9 paires de nervures latérales, relativement prononcées au-dessous. Inflorescence : épi axillaire, parfois presque en capitule, atteignant 8 cm de long, souvent à l’aisselle des feuilles tombées, rachis densément couvert de poils courts. Fleurs bisexuées, régulières, (4–)5-mères, blanches ou rosées, parfumées, sessiles, apparaissant généralement avant les feuilles ; réceptacle constitué de 2 parties, la partie inférieure d’environ 5 mm de long, à poils courts, étranglée au-dessus et au-dessous de l’ovaire, la partie supérieure atteignant 9 (–11) mm × 4 mm à la base entourant le disque, globuleuse, largement en entonnoir à l’apex, poilue ; sépales triangulaires, d’environ 2 mm de long ; pétales libres, elliptiques, de 7–9 mm × 2–3,5 mm, rétrécis à la base, poilus à l’extérieur ; étamines 10, de 16–17 mm de long, anthères orange-rouge ; ovaire infère, 1-loculaire, style d’environ 18 mm de long, à 1 graine. Fruit : nucule à 5 ailes, à contour elliptique à presque circulaire, de 2–3 cm × 2–2,5 cm, à poils courts, ailes atteignant 10 mm de large, rose virant au brun et papyracées, stipe de 4–6(–10) mm de long.

Autres données botaniques

Combretum est un genre très vaste, comprenant environ 250 espèces réparties dans les régions tropicales et subtropicales du monde entier. Environ 140 espèces existent en Afrique tropicale ; environ 20 espèces sont endémiques de Madagascar.

Combretum mossambicense s’apparente étroitement à Combretum holstii Engl. et Combretum goetzei Engl. & Diels ; c’est principalement la pilosité des fleurs qui les différencie.

Combretum holstii

Combretum holstii est présent en Tanzanie, au Mozambique et au nord-ouest de l’Angola. En Tanzanie, le jus des feuilles est absorbée comme boisson pour traiter le hoquet. La décoction de racines se boit dans le même but et pour soigner le paludisme chez les enfants et les abcès durcis.

Croissance et développement

Combretum mossambicense fleurit principalement pendant la seconde partie de l’année, mais des fleurs peuvent être présentes presque tous les mois. Il croît moyennement rapidement.

Ecologie

Combretum mossambicense est présent dans la ripisylve, dans les forêts claires à Brachystegia, la savane arbustive et la savane arborée décidue et secondaire, ainsi que sur des termitières et des affleurements rocheux, à 100–1700 m d’altitude. Il forme souvent des fourrés denses. Il est résistant à la sécheresse et à la chaleur et préfère un sol fertile bien drainé. Combretum mossambicense est tolérant à un gel léger à maturité.

Multiplication et plantation

Combretum mossambicense peut se multiplier par graines, par sauvageons, par boutures de tige et boutures de racine. Les graines doivent être éliminées du fruit et trempées brièvement avant le semis. Elles prennent environ 2–3 semaines pour germer lorsqu’elles sont fraîches. Les semis atteignent 30 cm la première saison, mais il faut faire attention que le sol ne sèche pas complètement.

Gestion

Combretum mossambicense est approprié pour les jardins, en particulier en zones plutôt sèches. Il peut soit être fortement taillé pour décourager ses tendances à grimper ou il peut être guidé sur un treillage ou sur une pergola, ou laissé tel quel pour former un arbuste rampant. Le paillage et l’application régulière de compost améliorent la croissance et la floraison.

Maladies et ravageurs

Les chenilles du papillon appelé “striped policeman” (Coeliades forestan) s’alimentent des feuilles.

Traitement après récolte

Les racines et l’écorce peuvent être récoltées au fil des besoins. Les feuilles ne peuvent être récoltées que pendant une partie de l’année, lorsqu’elles sont présentes sur l’arbre.

Ressources génétiques

Combretum mossambicense est relativement fréquent dans son aire de répartition et n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Combretum mossambicense présente plusieurs résultats pharmacologiques intéressants, mais davantage de recherches sur ses composés phytochimiques et sa pharmacologie sont nécessaires afin d’évaluer son potentiel. Il a également un potentiel horticole car il pousse facilement, est résistant à la sécheresse, supporte un gel léger, et produit des masses de fleurs parfumées.

Références principales

  • Exell, A.W., 1978. Combretaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 4. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 100–183.
  • ITDG & IIRR, 1996. Ethnoveterinary medicine in Kenya. A field manual of traditional animal health care practice. Intermediate Technology Development Group and International Institute of Rural Reconstruction, Nairobi, Kenya. 226 pp.
  • Joffe, P., 2003. Combretum mossambicense (Klotzsch) Engl. [Internet] South African National Biodiversity Institute, Pretoria, South Africa. http://www.plantzafrica.com/ plantklm/ kiggelarafric.htm. Accessed August 2011
  • McGaw, L.J., Rabe, T., Sparg, S.G., Jäger, A.K., Eloff, J.N. & van Staden, J., 2001. An investigation on the biological activity of Combretum species. Journal of Ethnopharmacology 75: 45–50.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.

Autres références

  • Eloff, J.N., 1999. The antibacterial activity of 27 southern African members of the Combretaceae. South African Journal of Science 95: 148–152.
  • Eloff, J.N., Jäger, A.K. & van Staden, J., 2001. The stability and the relationship between anti-inflammatory activity and antibacterial properties of southern African Combretum species. South African Journal of Science 97(7–8): 291–293.
  • Hutchings, A., Haxton Scott, A., Lewis, G. & Cunningham, A., 1996. Zulu medicinal plants: an inventory. University of Natal Press, Pietermaritzburg, South Africa. 450 pp.
  • SEPASAL, 2011. Combretum mossambicense. [Internet] Survey of Economic Plants for Arid and Semi-Arid Lands (SEPASAL) database. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. http://www.kew.org/ ceb/sepasal/. Accessed August 2011.
  • von Koenen, E., 2001. Medicinal, poisonous and edible plants in Namibia. Klaus Hess Verlag, Göttingen, Germany. 336 pp.
  • van Wyk, B. & van Wyk, P., 2007. How to identify trees in southern Africa. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 184 pp.

Auteur(s)

  • M.J. Nicholson, Plants for Life, P.O. Box 617, Limuru, Kenya

Citation correcte de cet article

Nicholson, M.J., 2012. Combretum mossambicense (Klotzsch) Engl. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). Prota 11(2): Medicinal plants/Plantes médicinales 2. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 3 avril 2025.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U