Ocimum basilicum (TRAMIL)

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Ochroma pyramidale
TRAMIL, Pharmacopée végétale caribéenne, 2014
Ocimum gratissimum
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Ocimum basilicum L.
LAMIACEAE



Noms vernaculaires significatifs TRAMIL

  • La Dominique : basilik, fon bazin
  • Guatemala : albahaca
  • autres noms créoles : basilic, fonbazen

Distribution géographique

Originaire d’Asie, cultivée dans le monde entier.

Description botanique

Herbacée annuelle, dressée, pouvant atteindre 60 cm, dont les parties nouvelles sont pubescentes. Feuilles elliptiques, ovées ou oblongues de 2 à 4 cm, aiguës à la pointe, légèrement renflées à la base, dentées ou entières, glabres. Inflorescence verticillée pouvant atteindre 20 cm; pédicelles très courts, incurvés; calice long-cilié de 5 mm; corolle blanche, de 4 à 5 mm; filaments supérieurs avec un appendice denticulé à la base.

Vouchers :

  • Girón,168,CFEH
  • Martínez,4638,ROIG

Emplois traditionnels significatifs TRAMIL

  • douleurs d’oreille : pâte avec feuille écrasée, en application dans l’oreille1
  • maux d’estomac : feuille, infusion, voie orale1
  • vomissements : feuille, infusion, voie orale2

Recommandations

Selon l’information disponible :

L’emploi contre les douleurs d’oreille, les maux d’estomac et les vomissements est classé REC sur la base de l’emploi significatif traditionnel documenté par les enquêtes TRAMIL et l’information scientifique publiée.

Les douleurs d’oreille risquant d’être dues à une otite moyenne ou interne, il est recommandé de consulter un médecin au préalable. Son emploi est contre-indiqué en présence de sécrétions à l’intérieur de l’oreille et/ou d’une éventuelle perforation du tympan.

Toute application dans l’oreille doit se conformer aux plus strictes mesures d’hygiène, afin d’éviter la contamination ou une infection supplémentaire.

Si l’état du patient se détériore, si les douleurs d’oreille ou les vomissements durent plus de 2 jours, ou si les maux d’estomac durent plus de 3 jours, consulter un médecin.

Ne pas employer avec des enfants de moins de 5 ans, ni avec des femmes enceintes ou allaitantes.

Chimie

La feuille a été amplement étudiée et contient, entre autres composants, de l’huile essentielle : citronellol (24%), estragol (56%), limonène, linalol, α-humulène, β-caryophilène, camphre, trans-anétol3, cinéol, méthyl-cinnamate, eugénol, terpinén-4-ol4; des coumarines : esculétine, esculine; des phénylpropanoïdes : acides p-coumarique, caféique5; des flavonoïdes : camphérol, quercétine, iso-quercétine, rutine, éryodictol, vicénine5.

Analyse proximale pour 100 g de feuille fraîche6: calories : 43; eau : 86,5%; protéines : 3,3%; lipides : 1,2%; glucides : 7%; fibres : 2%; cendres : 2%; calcium : 320 mg; phosphore : 38 mg; fer : 4,8 mg; sodium : 12 mg; potassium : 429 mg; carotène : 4500 μg; thiamine : 0,08 mg; riboflavine : 0,35 mg; niacine : 0,80 mg; acide ascorbique : 27 mg.

Activités biologiques

La feuille et la fleur sur un modèle d’iléon isolé de cobaye, ont montré une activité antispasmodique, et sur un modèle de douleur induite par la carrhagénine elles ont présenté un effet analgésique7.

L’extrait aqueux de feuille (4 g/kg) et des parties aériennes (4 g/kg), administrés par voie orale au rat albinos, modèle d’ulcère gastrique induit par l’aspirine, a inhibé la sécrétion gastrique et a montré une activité antiulcéreuse8. L’effet antiulcéreux a été comparé à celui de la ranitidine et attribué aux hétérosides flavonoïdes présents dans l’extraction aqueuse des parties aériennes9-10.

Les extraits aqueux et méthanolique ont diminué l’indice d’ulcérations gastriques induites par l’aspirine sur le rat, par un mécanisme associé à l’inhibition de la sécrétion de l’acide gastrique et de la pepsine9,11.

L’extrait éthanolique de plante fraîche appliqué à la souris, modèle de contorsion par peroxyde de benzoyle, a montré une activité analgésique mais pas dans le modèle de coups sur la queue11.

Une étude réalisée avec 25 personnes souffrant d’acné (Acne vulgaris) a démontré un effet bénéfique de l’application topique du jus de feuille10.

La feuille pilée-froissée est recommandée dans le traitement de la miasis nasale11.

On attribue à l’huile essentielle une activité antibactérienne in vitro, face à des organismes gram + et gram - et divers types d’activité antimycotique12-16. On a constaté qu’elle inhibe la glutathion S-transférases au niveau de l’intestin grêle et du foie, mais pas de l’estomac de souris (30 mg/ animal)17.

On attribue à l’huile essentielle une activité relaxante sur le muscle lisse isolé de cobaye, à une dose effective moyenne de ED50 = 19 mg/L pour la trachée, et de ED50 = 32 mg/L pour l’iléon18.

Toxicité

Travail TRAMIL19

L’extrait aqueux (décoction 30%) des parties aériennes fraîches (0,6 mL équivalent à 0,18 g de matériel végétal frais) en patch de 6 cm2 a été appliqué sur la peau du lapin New Zealand mâle. Le patch a été retiré après 4 heures et les lectures à la recherche d’œdème et d’érythème après 24, 48 et 72 heures ont été négatives.

L’extrait aqueux des parties aériennes (2, 4 et 6 g/kg), par voie orale au rat, observé durant 7 jours, n’a pas montré de signe visible de toxicité ni de mortalité8.

L’extrait méthanolique (80%) de parties aériennes fraîches n’a pas été mutagène sur Salmonella typhimurium TM67720.

L’extrait hydroalcoolique de parties aériennes (70%) s’est révélé mutagène, in vitro, sur le modèle d’Ames en présence de Salmonella typhymurium TA98 avec activation métabolique (1500 et 5000 mg de solides totaux/plaque) et TA1535 sans activation métabolique (50, 150, 500 et 1500 mg/plaque); il a été modérément cytotoxique lors de l’essai de ségrégation mitotique, sans montrer de lésion génétique sur Aspergillus nidulans (0,005 à 1,00 mg/mL). Lors de l’essai, in vivo, de micronoyaux sur moelle osseuse de souris (500, 1000 et 2000 mg/kg) on n’a pas observé de réponse génotoxique aux doses étudiées21.

La DL50 de la poudre de plante sur le rat a été supérieure à 6 g/kg8.

La DL50 de l’extrait méthanolique (80%) de parties aériennes fraîches administré oralement à la souris a été supérieure à 2 g/kg20.

L’extrait éthanolique (62,70%) de feuille sèche administré par voie orale à la souris Swiss albinos (18-22 g) a montré une DL50 = 956,50 mg/kg, selon la méthode OECD-198722.

On attribue à l’huile essentielle une action spermicide in vitro3.

On a constaté la présence dans l’huile essentielle de principes carcinogènes : saphrol et estragol23.

L’estragol administré oralement au rat, se métabolise partiellement dans l’hydroxy-estragol, considéré comme carcinogène. Chez l’être humain, seule une petite partie s’hydrolyse, cela explique qu’aucune limite n’ait été fixée à son ingestion24.

Compte tenu du risque possible que représente son contenu en estragol, son emploi thérapeutique est déconseillé sur les enfants, ainsi qu’avec des femmes enceintes ou allaitantes, et dans tous les cas, on recommande de ne le prescrire que pendant de courtes périodes24.

Préparation et dosage

Les feuilles d’Ocimun basilicum constituent un condiment de consommation humaine relativement répandu.

Contre les maux d’estomac et les vomissements :

Préparer une infusion en versant 2 tasses (½ litre) d’eau bouillante sur 15 grammes de feuilles fraîches. Couvrir le récipient, laisser reposer et filtrer. Boire 1 tasse 3 fois par jour ou au moment requis par l’indication symptomatique25.

Contre les douleurs d’oreille :

Laver soigneusement la feuille, la froisser et constituer une boulette à introduire dans le conduit auditif externe, 2 à 3 fois par jour.

Toute préparation médicinale doit être conservée au froid et utilisée dans les 24 heures.

Références

  1. GIRON L, 1988 Encuesta TRAMIL (Costa atlántica). Centro Mesoamericano de Tecnología CEMAT, Guatemala, Guatemala.
  2. CHARLES C, 1988 TRAMIL survey. Movement for Cultural Awareness MCA, Roseau, Dominica.
  3. BUCH JG, DIKSHIT RK, MANSURI SM, 1988 Effect of certain volatile oils on ejaculated human spermatozoa. Indian J Med Res 87(4):361-363.
  4. RODRIGUES R, ODETE L, 1991 Composition of the Ocimum basilicum oil. Bol Fac Farm Coimbra 15(1):47-51.
  5. SKALTSA H, PHILIANOS S, 1990 Contribution to the chemical study of Ocimum basilicum L.: 2nd communication. Plant Med Phytother 24(3):193-196.
  6. DUKE JA, ATCHLEY AA, 1986 Handbook of proximate analysis tables of higher plants. Boca Raton, USA: CRC Press. p114.
  7. QUEIROZ I, REIS S, 1989 Antispasmodic and analgesic effects of some medicinal plants (conference). Brasil: Simpósio Brasil-China de Química e Farmacologia de Produtos Naturais, Abstr. Nº 180.
  8. AKHTAR MS, MUNIR M, 1989 Evaluation of the gastric antiulcerogenic effects of Solanum nigrum, Brassica oleracea and Ocimum basilicum in rats. J Ethnopharmacol 27(1/2):163-176.
  9. AKHTAR MS, AKHTAR AH, KHAN MA, 1992 Antiulcerogenic effects of Ocimum basilicum extracts, volatile oils and flavonoid glycosides in albino rats. Int J Pharmacog 30(2):97-104.
  10. ALONSO JR, 1998 Tratado de Fitomedicina bases clínicas y farmacológicas. Ed. ISIS ediciones SRL. Buenos Aires, Argentina, pp:217-222.
  11. CACERES A, 1995 Plantas de uso medicinal en Guatemala. Ed. Universitaria. Universidad de San Carlos de Guatemala. Guatemala, pp:67-70.
  12. DUBE S, UPADHYAY PD, TRIPATHI SC, 1989 Antifungal, physicochemical, and insect-repelling activity of the essential oil of Ocimum basilicum. Can J Bot 67(7):2085-2087.
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  15. EL KELTAWI NEM, MEGALLA SE, ROSS S, 1980 Antimicrobial activity of some Egyptian aromatic plants. Herbal Pol 26(4):245-250.
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