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Arbre à pain (Candolle, 1882)

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Nom accepté : Artocarpus altilis (Parkinson) Fosberg

Figuier
Alphonse de Candolle, Origine des plantes cultivées, 1882
Jacquier ou Jack

[238]

Arbre à pain. — Artocarpus incisa, Linné.

L'Arbre à pain était cultivé dans toutes les îles de l'archipel asiatique et du grand Océan voisines de l'équateur, depuis Sumatra jusqu'aux îles Marquises, lorsque les Européens ont commencé de les visiter. Son fruit est constitué, comme dans l'Ananas, par un assemblage de feuilles florales et de fruits soudés en une masse charnue plus ou moins sphérique, et, comme dans l'Ananas encore, les graines avortent dans les variétés cultivées les plus productives 2. On fait cuire des tranches de cette sorte de fruit pour les manger.

Sonnerat 3 avait transporté l'Arbre à pain à l'île Maurice, où l'intendant Poivre avait eu soin de le répandre. Le capitaine Bligh avait pour mission de le transporter dans les Antilles anglaises. On sait qu'une révolte de son équipage l'empêcha de réussir la première fois, mais dans un second voyage il fut plus heureux. En janvier 1793, il débarqua 150 pieds dans l'île de Saint-Vincent, d'où l'on a répandu l'espèce dans plusieurs localités de l'Amérique équinoxiale 4.

Rumphius 5 avait vu l'espèce à l'état sauvage dans plusieurs

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2. Voir les belles planches publiées dans Tussac, Flore des Antilles, vol. 2, pl. 2 et 3 ; et Hooker, Botanical magazine, t. 2869-2871.

3. Voyage à la Nouvelle-Guinée, p. 100.

4. Hooker, l. c.

5. Rumphius, Herb. Amboin., 1, p. 112, pl. 33.


[239]

des îles de la Sonde. Les auteurs modernes, moins attentifs ou n'ayant observé que des pieds cultivés, ne s'expliquent pas à cet égard. Pour les îles Fidji, Seemam 1 dit : « Cultivé et selon toutes les apparences sauvage dans quelques localités ». Sur le continent du midi de l'Asie il n'est pas même cultivé, le climat n'étant pas assez chaud.

Evidemment, l'Arbre à pain est originaire de Java, Amboine et îles voisines ; mais l'ancienneté de sa culture dans toute la région insulaire, prouvée par la multitude des variétés, et la facilité de sa propagation par des drageons et des boutures empêchent de connaître exactement son histoire. Dans les îles de l'extrémité orientale, comme O-Taïti, certaines fables et traditions font présumer une introduction qui ne serait pas très ancienne, et l'absence de graines le confirme 2.

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1. Seemann, Flora Vitiensis, p. 255.

2. Seemann, l. c. ; Nadeaud, Enum. des plantes indigènes de Taïti, p. 44; Id., Plantes usuelles des Tahitiens, p. 24.