LETTRE XVIII (Tournefort, 1717) : Différence entre versions
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Nom accepté : Gundelia tournefortii
Nous fûmes donc obligez de quitter Baibout le 11. Juin. On nous assûra que le Pacha avoit fait grâce à tous les prifsonniers. Plusieurs de nos Caravaniers louoient sa clémence ; quelques-autres le blâmaient de n'avoir pas fait d'exemple. On fit passer en revûë ces scelerats, dont la plûpart avoient au moins mérité la roue, à en juger par leur mauvaise mine. Nous imposâmes ce jour-là le nom à une des plus belles plantes que le Levant produise ; & parce que Mr. Gundelscheimer la découvrit le premier, on convint que par reconnoissance elle devoit porter son nom. Malheureusement nous n'avions que de l'eau pour célébrer la fête, mais cela convenoit mieux à la cérémonie, puisque la plante ne vient que dans des lieux secs & pierreux. La musique du Pacha ne s'éveilla que dans ce temps-là, ce que nous prîmes pour un bon augure ; cependant nous eûmes beaucoup de peine à trouver un nom latin qui répondît à celui de ce galant homme. II fut enfin conclu que la Plante s'appelleroit Gundelia.
La tige de cette plante est haute d'un pied. épaisse de cinq ou six lignes, lisse, vert-gai, rougeâtre en quelques endroits, dure, ferme, branchuë, accompagnée de feuilles assez semblables à celles de l’Achante épineuse, découpées jusques vers la côte, & recoupées en plusieurs pointes, garnies de piquants très-fermes. Les plus grands de ces piquants ont demi pied ou huit pouces de largeur, sur environ un pied de long. La côte est purpurine, la nerveure veluë, blanchâtre, relevée, cotoneuse, le fond des feuilles vert-gai, leur consistance dure & ferme ; elles diminuent jusques au bout des branches lesquelles quelquefois sont couvertes d'un petit duvet. Toutes ces parties soûtiennent des chapiteaux semblables à ceux du Chardon à Bonnetier, longs de deux pouces & demi, sur un pouce & demi de diamètre, environnez à leur base d'un rang de feuilles de même figure & tissure que le bas, mais de la longueur seulement de deux pouces. Chaque chapiteau est à plusieurs écailles longues de sept ou huit lignes, creuses & piquantes, parmi lesquelles font enchassez les embrions des fruits; ils sont d'environ cinq lignes de long, vert-pâle, pointus en bas, épais d'environ 4. lignes, relevez de quatre coins , creusez à leur sommité de cinq fosses ou chatons à bords dentez, de chacun desquels sort une fleur d'une seule pièce longue de demi pouce. C'est un tuyau blanchâtre ou
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purpurin-clair , évasé jusques à une ligne & demi de diamètre, fendu en cinq pointes purpurin-sale, lesquelles bien loin de s'écarter en pavillon d'entonnoir, se rapprochent plutôt ; le dedans de la fleur est d'un purpurin plus agréable. De ses parois se détachent cinq filets ou piliers qui soutiennent une gaine jaunâtre, rayée de purpurin, surmontée par un filet jaune & poudreux. Ce qui fait voir que ces fleurs sont de vrais fleurons qui portent chacun sur une jeune graine enfermée dans les embrions des fruits : & ces embrions sont divisez en autant de capsules ou loges qu'il y a de fleurons. La plupart de ces embrions avortent, excepté celui du milieu, qui pressant les autres les fait périr. Toute la plante rend du lait fort doux, lequel se grumele en grains de mastic comme celui de la Carline de Columna. La Gundelia varie, il y en a des pieds à têtes veluës & à fleur rouge-brun.