Uapaca mole (PROTA)
Introduction |
Uapaca mole Aubrév. & Leandri
- Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 19: 79 (1894).
- Famille: Euphorbiaceae (APG: Phyllanthaceae)
- Nombre de chromosomes: 2n = 26
Synonymes
- Uapaca paludosa Aubrév. & Leandri (1935)
Noms vernaculaires
- Rikio des marais, rikio à grandes feuilles (Fr).
Origine et répartition géographique
Uapaca mole est présent du Liberia jusqu’en Ouganda et en Tanzanie, et vers le sud jusqu’à Cabinda (Angola).
Usages
Le bois est utilisé pour la menuiserie, les cageots et les ustensiles de cuisine. Il convient à la construction, la parqueterie, les étais de mine, la construction navale, la charronnerie, les meubles, les traverses de chemin de fer et les cuves. Au Ghana, il est considéré comme un bon bois de feu, et il s’utilise aussi pour la production de charbon de bois.
Au Congo, l’infusion de racine se prend pour traiter les maux de tête d’origine fébrile. Les racines écrasées s’appliquent en embrocation pour soulager la douleur. On prête à l’infusion de racine des vertus expectorantes et elle se prend pour traiter l’obstruction nasale et les affections pulmonaires. La décoction d’écorce se boit pour traiter la stérilité féminine, la dysenterie et les intoxications alimentaires. Elle sert en bain de bouche pour traiter les maux de dents, et en bain de vapeur pour traiter les rhumatismes et les œdèmes, en lavement pour traiter les hémorroïdes et en bain pour fortifier les enfants rachitiques et prématurés. Les feuilles réduites en pâte ou l’écorce de tige additionnée d’huile de palme s’appliquent sur les furoncles pour les faire mûrir et également pour traiter la migraine et les rhumatismes.
Les fruits sont comestibles et ils ont un goût d’avocat.
Propriétés
Le bois de cœur est rosé pâle à rouge pâle, et n’est pas nettement démarqué de l’aubier. Le fil est souvent ondé à contrefil, le grain est moyennement grossier. Les surfaces sciées sur quartier montrent une figure rayée attractive.
Le bois est moyennement lourd, avec une densité d’environ 760 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche assez bien à l’air avec peu de fentes ou de gauchissements, bien que les taux de retrait soient assez élevés ; de l’état vert à anhydre, ils sont de 5,9–6,3% dans le sens radial et de 11,3–12,8% dans le sens tangentiel.
A 12% d’humidité, le module de rupture est de 133–175 N/mm², le module d’élasticité de 17 840 N/mm², la compression axiale de 54–57 N/mm², le cisaillement de 10,5 N/mm², le fendage de 25 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 2,6.
Le bois est assez difficile à scier et à travailler, le bois séché en particulier ; il contient de la silice. Il est recommandé d’utiliser des dents de scie stellitées et des lames de coupe à carbure de tungstène. Le bois se rabote en donnant une surface lisse. Il tient bien les clous et les vis, mais il est nécessaire de faire des avant-trous. Le bois est moyennement durable, étant assez résistant aux champignons et aux foreurs du bois sec, et moyennement résistant aux termites et aux térébrants marins. Il est moyennement rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation.
Des extraits à l’éthanol et au dichlorométhane d’écorce de tige ont fait ressortir une activité antipaludéenne modérée in vitro.
Description
Arbre caducifolié, dioïque, de taille petite à moyenne, atteignant 20(–40) m de haut ; fût souvent cannelé, atteignant 75 cm de diamètre, généralement sur des racines échasses atteignant 4 m de haut ; surface de l’écorce grise ; cime fortement ramifiée ; rameaux brun rougeâtre, à poils courts, devenant glabres, à cicatrices foliaires apparentes. Feuilles disposées en spirale, groupées vers l’extrémité des branches, simples et entières ; stipules ovales-lancéolées à ovales-spatulées, souvent légèrement asymétriques, foliacées, de (0,5–)1–3 cm de long, persistantes ; pétiole de (1,5–)3–6(–9) cm de long, trapu ; limbe obovale-elliptique, de 9–30(–50) cm × 4–17(–30) cm, base cunéiforme à arrondie ou légèrement cordée, apex normalement arrondi, épais-papyracé à finement coriace, à poils courts sur les nervures au-dessous, pennatinervé à (8–)9–12(–20) paires de nervures latérales. Inflorescence mâle : capitule axillaire globuleux à ovoïde de 8–10 mm de diamètre, à pédoncule de 1–2,5 cm de long et muni de jusqu’à 12 bractées jaunâtres atteignant 1 cm de long ; fleurs femelles solitaires. Fleurs unisexuées, 4–5-mères, pétales normalement absents ; fleurs mâles sessiles, à lobes du calice atteignant 1,5 mm de long, étamines libres, d’environ 2 mm de long, ovaire rudimentaire d’environ 1 mm de long, à poils courts ; fleurs femelles à pédicelle de 1–2 cm de long, calice en coupe peu profonde, à lobes triangulaires à arrondis, d’environ 1 mm de long, à poils courts, ovaire supère, globuleux, de 3–4 mm de diamètre, 3(–4)-loculaire, légèrement poilu, styles 3, de 3–4,5 mm de long, réfléchis, 5–6-fides vers l’apex. Fruit : drupe ovoïde-globuleuse de 2–3 cm de diamètre, légèrement rugueuse, à poils courts clairsemés, verdâtre virant au brun, à 3(–4) noyaux, chaque noyau à 1 graine. Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 8–9 cm de long, rainuré, épicotyle d’environ 2 cm de long, à poils fins ; cotylédons arrondis, atteignant 3,5 cm de large ; premières feuilles alternes.
Autres données botaniques
Le genre Uapaca comprend environ 50 espèces originaires d’Afrique tropicale et de Madagascar, et a besoin d’une révision complète.
Les fruits sont consommés par des oiseaux comme les touracos, et par les chauves-souris frugivores, les singes, les chimpanzés, les gorilles et les éléphants, qui peuvent tous disséminer les graines.
Uapaca staudtii
Uapaca staudtii Pax ressemble à Uapaca mole en ayant des stipules distinctes, mais elles sont en forme d’oreille ou de coiffe ; en outre, il a des feuilles relativement plus étroites et des fruits légèrement poilus. C’est un arbre de taille petite à moyenne atteignant 25 m de haut, qui se rencontre en ripisylve et en forêt marécageuse du Nigeria au Gabon. Le bois brun rougeâtre est utilisé pour la menuiserie, les boiseries intérieures, les meubles et les traverses de chemin de fer. Il sert aussi à la production de charbon de bois. Les fruits sont comestibles.
Uapaca vanhouttei
Uapaca vanhouttei De Wild. (synonymes : Uapaca brieyi De Wild., Uapaca letestuana A.Chev.) ressemble également à Uapaca mole. Il en diffère par ses stipules plus courtes et plus étroites ; c’est un arbre de taille petite à moyenne atteignant 30 m de haut, avec un fût muni de racines échasses jusqu’à 65 cm de diamètre, qui se rencontre du sud du Nigeria à la R.D. du Congo. Son bois brun violet est moyennement lourd, avec une densité de 655–795 kg/m³ à 12% d’humidité, assez dur et moyennement durable ; il sert aux mêmes fins que le bois de Uapaca mole, et également au bois de feu et à la production de charbon de bois. L’écorce est probablement utilisée aux mêmes fins en médecine traditionnelle, et les fruits sont comestibles.
Ecologie
Uapaca mole est présent dans les forêts de marécages et de bords des lacs, et dans les ripisylves, mais aussi dans les forêts pluviales sur les pentes et les crêtes ainsi qu’au fond des vallées bien drainées, jusqu’à 1400 m d’altitude.
Gestion
Uapaca mole peut être multiplié par graines et par sauvageons. Il peut être conduit en taillis ou en têtard.
Ressources génétiques
Rien n’indique que Uapaca mole soit menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Le bois est principalement utilisé localement, et il y a peu de chance que cela changera du fait que les racines échasses, la forme souvent médiocre du fût et les problèmes de transformation du bois d’œuvre limitent les possibilités pour l’exportation. En Afrique centrale, Uapaca mole a de nombreux usages médicinaux. L’activité antiplasmodium de l’écorce de racine est prometteuse et un approfondissement des recherches est justifié pour mettre en lumière les composés chimiques et en évaluer le potentiel en vue de la future mise au point de médicaments.
Références principales
- Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
- Breteler, F.J., 2012. Novitates Gabonensis 71. A new species of Uapaca (Phyllanthaceae, formerly Euphorbiaceae) from Gabon. Plant Ecology and Evolution 145(1): 129–131.
- Burkill, H.M., 1994. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 2, Families E–I. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 636 pp.
- Carter, S. & Radcliffe-Smith, A., 1988. Euphorbiaceae (part 2). In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. pp. 409–597.
- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
Autres références
- Aubréville, A., 1959. La flore forestière de la Côte d’Ivoire. Deuxième édition révisée. Tome deuxième. Publication No 15. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 341 pp.
- de Koning, J., 1983. La forêt de Banco. Part 2: La Flore. Mededelingen Landbouwhogeschool Wageningen 83–1. Wageningen, Netherlands. 921 pp.
- de la Mensbruge, G., 1966. La germination et les plantules des essences arborées de la forêt dense humide de la Côte d’Ivoire. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 389 pp.
- Fouarge, J. & Gérard, G., 1964. Bois du Mayumbe. Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo (INEAC), Brussels, Belgium. 579 pp.
- Hawthorne, W.D., 1995. Ecological profiles of Ghanaian forest trees. Tropical Forestry Papers 29. Oxford Forestry Institute, Department of Plant Sciences, University of Oxford, United Kingdom. 345 pp.
- Hawthorne, W. & Jongkind, C., 2006. Woody plants of western African forests: a guide to the forest trees, shrubs and lianes from Senegal to Ghana. Kew Publishing, Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 1023 pp.
- Mbatchi, S.F., Mbatchi, B., Banzouzi, J.T., Bansimba, T., Nsonde Ntandou, G.F., Ouamba, J.M., Berry, A. & Benoit-Vical, F., 2006. In vitro antiplasmodial activity of 18 plants used in Congo Brazzaville traditional medicine. Journal of Ethnopharmacology 104(1–2): 168–174.
- Vivien, J. & Faure, J.J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 565 pp.
- Vivien, J. & Faure, J.J., 1996. Fruitiers sauvages d’Afrique: espèces du Cameroun. Ministère Français de la Coopération, Paris, France & CTA, Wageningen, Netherlands. 416 pp.
- White, L. & Abernethy, K., 1997. A guide to the vegetation of the Lopé Reserve, Gabon. 2nd edition. Wildlife Conservation Society, New York, United States. 224 pp.
Auteur(s)
- G.H. Schmelzer, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Schmelzer, G.H., 2012. Uapaca mole Pax. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editeurs). Prota 7(2): Timbers/Bois d’œuvre 2. [CD-Rom]. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 1 avril 2025.
- Voir cette page sur la base de données Prota4U.