Tinopsis apiculata (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Fruit | |
Bois d'œuvre | |
Bois de feu | |
Sécurité alimentaire | |
Tinopsis apiculata Radlk.
- Protologue: T.Durand, Index gen. phan. : 78 (1887).
- Famille: Sapindaceae
Origine et répartition géographique
Tinopsis apiculata est endémique de Madagascar où il est répandu dans les parties orientales.
Usages
Le bois de Tinopsis apiculata, vendu sous le nom de “ramaindafy” de même que celui de Neotina isoneura (Radlk.) Capuron, sert en particulier à la construction navale. Les poteaux de petite taille servent en construction et comme piquets de clôture. Le bois se prête à la charpenterie lourde, aux étais de mines et aux traverses de chemin de fer. On s’en sert également de bois de feu et pour la production de charbon de bois. Les fruits sont comestibles.
Propriétés
Le bois de cœur, brun rosé pâle, se distingue nettement de l’aubier crème grisâtre. Il est assez lourd, avec une densité d’environ 830 kg/m³ à 12% d’humidité, et dur. Les taux de retrait au séchage sont plutôt élevés, de l’état vert à anhydre ils sont d’environ 5,7% dans le sens radial et de 12,4% dans le sens tangentiel. Une fois sec, le bois n’est pas stable en service.
A 12% d’humidité, le module de rupture est de 174 N/mm², le module d’élasticité de 14 300 N/mm², la compression axiale de 67 N/mm², le fendage de 23 N/mm et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 6,6. C’est un bois relativement durable car il résiste moyennement aux champignons et aux termites. Le bois de cœur est rebelle à l’imprégnation avec des produits de conservation, contrairement à l’aubier qui est perméable.
Description
Arbre de taille petite à moyenne atteignant 25 m de haut, sempervirent, dioïque ; fût jusqu’à 50 cm de diamètre ; rameaux recouverts de poils courts et denses brun jaunâtre à brun rougeâtre. Feuilles alternes, composées paripennées à 1–4 paires de folioles ; stipules absentes ; pétiole atteignant 6 cm de long, rachis jusqu’à 20 cm de long ; pétiolules de 2–5 mm de long ; folioles opposées, elliptiques, de 6–20 cm × 2–6,5 cm, cunéiformes à la base, aiguës à acuminées à l’apex, à bords entiers, coriaces, glabres sauf sous les nervures, pennatinervées à 10–15 paires de nervures latérales. Inflorescence : fausse panicule axillaire, racémiforme, élancée, de 3–10(–15) cm long, à poils denses. Fleurs unisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle atteignant 2 mm de long ; sépales libres, triangulaires à ovoïdes, jusqu’à 2,5 mm de long, pubescents à l’extérieur ; pétales libres, obovoïdes, jusqu’à 2 mm de long et de large, poilus, à 2 écailles latérales ; étamines libres, d’environ 4 mm de long, poilues ; ovaire supère, ovoïde, 2-loculaire, style jusqu’à 2 mm de long ; fleurs mâles à ovaire rudimentaire, fleurs femelles à étamines réduites. Fruit : baie obovoïde à globuleuse de 2–2,5 cm de long, jaune à maturité, indéhiscente, renfermant 1(–2) graines. Graines atteignant 1,5 cm de long, entièrement recouvertes par un arille translucide à chair pulpeuse.
Autres données botaniques
Le genre Tinopsis est endémique de Madagascar et compte 11 espèces. La plupart d’entre elles donne un bois qui est utilisé en construction navale, et bien que nombre d’entre elles conviennent à d’autres usages tels que la construction d’habitations et la confection de mobilier, ces usages sont souvent considérés comme un gaspillage de bois d’œuvre précieux. Les espèces signalées comme donnant du bois d’œuvre sont les suivantes : Tinopsis chrysophylla Capuron, Tinopsis conjugata (Thouars ex Radlk.) Capuron, Tinopsis dissitiflora (Baker) Capuron, Tinopsis macrocarpa Capuron, Tinopsis phellocarpa Capuron, Tinopsis tamatavensis Capuron et Tinopsis urschii Capuron. L’arille de Tinopsis dissitiflora est comestible et plusieurs parties de la plante sont employées en médecine traditionnelle comme vermifuge et tonique. Pour la lessive, on utilise l’écorce de Tinopsis macrocarpa, riche en saponines, ainsi que celle de Tinopsis tampolensis Capuron.
Ecologie
Tinopsis apiculata est répartie dans les forêts sempervirentes humides à subhumides du niveau de la mer jusqu’à 1000 m d’altitude. On le rencontre le plus souvent sur les talus et dans les cuvettes.
Ressources génétiques
Tinopsis apiculata et les autres Tinopsis spp. ont beau être recherchées pour leur bois d’œuvre, rien n’indique que l’une ou l’autre de ces espèces soit menacée. Il y a lieu d’évaluer la taille de leurs peuplements et leur exploitation, ce qui permettrait de mettre en lumière la nécessité de mesures de protection.
Perspectives
Nous savons trop peu de choses concernant Tinopsis apiculata et les autres Tinopsis spp. pour pouvoir faire des prévisions.
Références principales
- Boiteau, P., Boiteau, M. & Allorge-Boiteau, L., 1999. Dictionnaire des noms malgaches de végétaux. 4 Volumes + Index des noms scientifiques avec leurs équivalents malgaches. Editions Alzieu, Grenoble, France.
- Guéneau, P., 1971. Bois de Madagascar. Possibilités d’emploi. Centre Technique Forestier Tropical, Antananarivo, Madagascar. 75 pp.
- Guéneau, P., Bedel, J. & Thiel, J., 1970–1975. Bois et essences malgaches. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 150 pp.
- Sallenave, P., 1971. Propriétés physiques et mecaniques des bois tropicaux. Deuxième supplément. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 128 pp.
- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan. 248 pp.
Autres références
- Buerki, S., Forest, F., Acevedo-Rodriguez, P., Callmander, M.W., Nylander, J.A.A., Harrington, M., Sanmartin, I., Kupfer, P. & Alvarez, N., 2009. Plastid and nuclear DNA markers reveal intricate relationships at subfamilial and tribal levels in the soapberry family (Sapindaceae). Molecular Phylogenetics and Evolution 51(2): 238–258.
- Capuron, R., 1969. Révision des Sapindacées de Madagascar et des Comores. Mémoires du Muséum National d’Histoire Naturelle, Nouvelle série, Série B, Botanique 19: 1–189.
- Styger, E., Rakotoarimanana, J.E.M., Rabevohitra, R. & Fernandes, E.C.M., 1999. Indigenous fruit trees of Madagascar: potential components of agroforestry systems to improve human nutrition and restore biological diversity. Agroforestry Systems 46(3): 289–310.
- Vary, L.B., Lance, S.L., Hagen, C., Tsyusko, O., Glenn, T.C., Sakai, A.K. & Weller, S.G., 2009. Characterization of microsatellite loci from the Malagasy endemic, Tina striata Radlk. (Sapindaceae). Conservation Genetics 10: 1113–1115.
Auteur(s)
- C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Bosch, C.H., 2011. Tinopsis apiculata Radlk. In: Lemmens, R.H.M.J., Louppe, D. & Oteng-Amoako, A.A. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 18 décembre 2024.
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