Odyendyea gabonensis (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Glucides / amidon | |
Médicinal | |
Bois d'œuvre | |
Statut de conservation | |
Odyendyea gabonensis (Pierre) Engl.
- Protologue: Nat. Pflanzenfam. 3(4) : 215 (1896).
- Famille: Simaroubaceae
Synonymes
- Quassia gabonensis Pierre (1896).
Origine et répartition géographique
L’aire de répartition d’Odyendyea gabonensis s’étend sur le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Gabon et le Congo.
Usages
Le bois d’Odyendyea gabonensis (nom commercial : onzan, onzang, mbanko) est employé pour faire des instruments de musique, des maillets pour battre l’écorce utilisée dans la construction des cases, des cuillers, et des clochettes pour chiens de chasse. D’une manière générale, il est considéré comme convenant pour la construction navale, les meubles et l’ébénisterie, les moulures de cadres, la caisserie légère, les menuiseries intérieures, les allumettes, les jouets et articles de fantaisie, les placages et contreplaqués, les panneaux de fibres durs et panneaux de particules, la laine de bois, et les bois à pâte.
Les graines servent à préparer une farine qui est utilisée comme condiment dans les sauces. On en extrait aussi une matière grasse qui peut être consommée crue et qui sert aussi à préparer divers médicaments. Un mélange de feuilles pilées avec de l’huile de palme est employé en friction sur la tête pour tuer les poux ; on peut aussi pour cela laver la tête avec une macération d’écorce. On prend une décoction d’écorce contre les douleurs d’estomac, la bronchite et les affections pulmonaires. L’écorce pilée mélangée avec de l’huile de palme est appliquée comme onguent pour soigner le psoriasis. Les fleurs sont mellifères.
Propriétés
Le bois de cœur est jaune pâle et lustré ; il n’est pas distinct de l’aubier. Le fil est assez régulier, parfois irrégulier, le grain est moyen à grossier ; les surfaces sciées sur quartier ont occasionnellement une figure madrée. Le bois est léger, avec une densité d’environ 380 kg/m³ à 12% de degré d’humidité. Les taux de retrait sont de 3,4% dans le sens radial et 5,7% dans le sens tangentiel de l’état vert à anhydre. Le bois sèche rapidement, avec peu de fentes. Il est tendre et cassant. A 12% d’humidité, le module de rupture est d’environ 55 N/mm², le module d’élasticité de 5700 N/mm², la compression axiale de 28 N/mm², le cisaillement de 2,2 N/mm², le fendage de 9.7 N/mm et la dureté de flanc Chalais Meudon de 0.9.
Le bois séché se scie aisément et se rabote bien. Le bois se visse et se cloue aisément, avec peu de tendance à se fendre, mais la tenue des clous est médiocre. Il se déroule et se tranche aisément, mais du fait que les grumes sont profondément cannelées le déroulage n’est pas recommandé.
Le bois est peu durable, étant sujet aux attaques de champignons et sensible aux termites, aux bostryches (Lyctus) et aux térébrants des bois secs. Le bois de cœur et l’aubier sont assez perméables aux produits de préservation, et peuvent être traités par les procédés sous pression.
Les fibres ultimes ont une longueur de 1,1 mm et une épaisseur de 27 μm, avec un lumen de 19 μm de diamètre et une paroi de 7 μm d’épaisseur. Le bois peut être aisément réduit en pâte par le procédé kraft ou au sulfite.
On a isolé de l’écorce des quassinoïdes cytotoxiques.
Description
- Arbre de taille moyenne à assez grande, jusqu’à 40 m de haut ; fût dépourvu de branches jusqu’à 24 m de haut, atteignant 200 cm de diamètre, généralement rectiligne, profondément cannelé sur toute sa hauteur ; écorce externe grise à vert grisâtre, finement craquelée longitudinalement, écorce interne épaisse, fibreuse, jaune pâle ; cime sphérique ; branches épaisses, cylindriques, noirâtres.
- Feuilles disposées en spirale, composées imparipennées avec 4–6 paires de folioles, glabres ; stipules absentes ; rachis de 30–50 cm de long, sillonné à la base ; pétiolules d’environ 3 mm de long, sillonnés ; folioles oblongues, jusqu’à 12 cm × 5 cm, base cunéiforme ou arrondie, apex tronqué ou légèrement émarginé, coriace, pennatinervées avec environ 10 paires de nervures latérales à peine visibles, presque perpendiculaires à la nervure centrale.
- Inflorescence : panicule terminale plus courte que les feuilles, ramifications glabres.
- Fleurs unisexuées ou bisexuées, régulières, 4(–5)-mères ; pédicelle d’environ 3 mm de long ; calice cupuliforme, avec des lobes courts et obtus ; pétales d’environ 5 mm de long, glabres à l’extérieur, pubescents à l’intérieur ; étamines 8(–10), d’environ 8 mm de long ; ovaire supère, formé de 4 carpelles fusionnés.
- Fruit : drupe obovoïde jusqu’à 7 cm de long, sillonnée sur un côté, devenant rouge à maturité ; noyau à paroi épaisse et dure portant une crête longitudinale, renfermant une seule graine.
- Amande épaisse, brune.
Autres données botaniques
Au Gabon, Odyendyea gabonensis fleurit en septembre. Les porcs-épics mangent les fruits, ce qui est réputé rendre la chair de ces animaux amère.
Le genre Odyendyea est monospécifique.
Ecologie
Odyendyea gabonensis se rencontre principalement dans la forêt pluviale, primaire aussi bien que secondaire, souvent sur des sols sableux. Bien que nulle part abondant, il est localement commun.
Gestion
Pour préparer la farine, on fait bouillir les graines pendant 2–3 heures, on les place ensuite pendant une semaine dans l’eau courante pour éliminer l’amertume, on les garde pendant un mois dans un fumoir pour les faire sécher, et on les pile enfin pour obtenir la farine.
Ressources génétiques
Bien qu’Odyendyea gabonensis ne soit pas mentionné dans La liste rouge des espèces menacées de l’UICN, il a une répartition restreinte et n’est jamais abondant. C’est pourquoi l’espèce pourrait se trouver en danger du fait de la progression des coupes forestières.
Perspectives
Le bois d’Odyendyea gabonensis est tendre et peu durable, et les grumes sont trop profondément cannelées pour pouvoir être déroulées. Par conséquent, il est improbable que son importance s’accroisse au-delà de son utilisation locale. Ses applications alimentaires et médicinales méritent davantage d’attention.
Références principales
- Aubréville, A., 1962. Simaroubacées. Flore du Gabon. Volume 3. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 33–52.
- Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
- Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
- Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
Autres références
- CTFT (Centre Technique Forestier Tropical), undated. Résultat des observations et des essays effectués au Centre Technique Forestier Tropical sur l’onzan Odyendyea gabonensis Pierre (Simaroubacée). Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 4 pp.
- de Saint-Aubin, G., 1963. La forêt du Gabon. Publication No 21 du Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 208 pp.
- Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
- Nooteboom, H.P., 1962. Generic delimitation in Simaroubaceae tribus Simaroubeae and a conspectus of the genus Quassia L. Blumea 11(2): 509–528.
- Nziengui, B., 2001. Des hommes et des habitudes: de la graine de Odyendyea gabonensis (Simaroubaceae) on obtient une farine pâteuse comestible. Le Cri du Pangolin 29: 16.
- Petroff, G., Doat, J. & Tissot, M., 1967. Caractéristiques papetières de quelques essences tropicales de reboisement. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 166 pp.
- Waterman, P.G. & Ampofo, S.A., 1984. Cytotoxic quassinoids from Odyendyea gabonensis stem bark: isolation and high-field NMR. Planta Medica 50: 261–266.
- Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.
Auteur(s)
- M. Brink, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Brink, M., 2007. Odyendyea gabonensis (Pierre) Engl. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 18 décembre 2024.
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