Merremia tridentata (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Merremia tridentata (L.) Hallier f.


répartition en Afrique (sauvage)
1, rameau en fleurs et en fruits ; 2, calice et pistil ; 3, corolle ouverte avec étamines ; 4, fruit. Source : PROSEA
Protologue: Bot. Jahrb. Syst. 16: 552 (1893).

Famille : Convolvulaceae

Nombre de chromosomes : 2n = 30

Synonymes

  • Merremia hastata Hallier f. (1893),
  • Merremia angustifolia Jacq. (1896),
  • Xenostegia tridentata (L.) D.F. Austin & Staples (1981).

Noms vernaculaires

  • Arrow-leaf morning glory, African morningvine (En).

Origine et répartition géographique

Merremia tridentata est largement réparti en Afrique, Asie et Australie tropicales. En Afrique, il est présent depuis le Sénégal jusqu’en Ethiopie, et vers le sud jusqu’en Afrique du Sud. Il se rencontre aussi sur les îles de l’océan Indien.

Usages

Merremia tridentata est largement utilisé en médecine traditionnelle en Afrique et en Asie. Dans plusieurs parties de l’Afrique, la macération des feuilles se boit comme antidote contre les morsures de serpent. Au Togo et au Bénin, Merremia tridentata fait partie d’une décoction d’un mélange de plantes, absorbée en boisson contre les candidoses de la bouche, de l’appareil digestif ou de l’anus. L’infusion des parties aériennes en combinaison avec Hyptis suaveolens (L.) Poit. sert de bain de bouche pour soigner la stomatite et les aphtes. La décoction de tiges feuillées mélangées aux feuilles d’Ocimum spp. est donnée à boire ou administrée en lavement aux bébés contre les maux d’estomac. Les rameaux feuillés en bain de vapeur soignent la jaunisse. Au Niger, les feuilles pilées en combinaison avec celles de Ficus thonningii Blume font partie d’un médicament absorbé par voie orale contre les maladies du foie. Dans le nord du Nigeria, la décoction de la plante entière se prend pour traiter la gonorrhée. En Tanzanie, les petits enfants sont baignés dans une macération de la plante contre le paludisme. Au Zimbabwe, la pommade préparée avec les feuilles s’applique aux inflammations du cordon ombilical. Au Sénégal et en Côte d’Ivoire, la décoction de la plante entière ou du jus de racine s’utilise en collyre pour traiter les problèmes oculaires tels que la conjonctivite. Au Congo, la décoction des racines râpées sert au même but. En Namibie, la tisane de racine se boit contre les douleurs cardiaques consécutives à un accès de colère, et les vapeurs de la décoction de la plante sont inhalées contre le mal de tête.

En Inde, la plante est une des sources du médicament ayurvédique “Prasarini”, qui aurait des propriétés astringentes, aphrodisiaques, laxatives et amères. Les parties aériennes s’utilisent pour soigner les hémorroïdes, les enflures, les rhumatismes et les infections des voies urinaires. Dans le sud de l’Inde, l’extrait de feuilles avec du miel se boit pour soulager la toux. En Inde et aux Philippines, la décoction de racine sert de bain de bouche en cas de mal de dents. Les graines grillées sont diurétiques et antibilieuses, et se prennent comme vermifuge. En Malaisie péninsulaire, les feuilles s’appliquent en cataplasme sur la tête en cas de fièvre. La plante est consommée par les bovins, les moutons et autre bétail. Elle a une valeur ornementale.

Production et commerce international

Merremia tridentata n’est vendu que localement.

Propriétés

On a isolé des tanins et des flavonoïdes (la diosmétine, la lutéoline, le diosmétine-7-O-β-D-glucoside et le lutéoline-7-O-β-D-glucoside) des parties aériennes.

L’extrait à l’éthanol des racines a montré des activités anti-inflammatoires et anti-arthritiques significatives lors d’essais sur des rats albinos mâles. L’extrait aqueux des racines s’est avéré avoir une activité antidiabétique significative chez des rats normaux hyperglycémiques portant une charge de glucose et diabétiques par induction à la streptozotocine. On a trouvé que l’extrait au méthanol des parties aériennes avait une activité antibactérienne prononcée contre 5 bactéries pathogènes, alors que les extraits à l’hexane et au chloroforme se sont avérés moins effectifs pour inhiber la prolifération bactérienne. L’extrait à l’éthanol des parties aériennes a montré une activité larvicide significative contre les larves de la tique Boophilus microplus. On a observé une activité antioxydante modérée in vitro chez plusieurs extraits des parties aériennes.

D’après des essais alimentaires sur le mouton nain en Afrique de l’Ouest, l’ajout de Merremia tridentata aux rations d’herbes grossières a augmenté le gain de poids.

Description

Plante herbacée vivace, très variable, à tiges prostrées ou volubiles atteignant 2 m de long, minces, subcylindriques à anguleuses ou côtelées, glabres ou poilues. Feuilles alternes, simples ; pétiole de 0–3 mm de long ; limbe linéaire ou lancéolé à oblong, de 2,5–10 cm × 0,2–2 cm, apex acuminé, obtus à émarginé et mucronulé, base tronquée, hastée ou auriculée, les lobes ayant souvent 1 à plusieurs dents, glabre ou poilu. Inflorescence : bouquet axillaire, à 1–3(–7) fleurs ; pédoncule mince, de 2,5–4 cm de long, bractées minuscules, lancéolées ou cuspidées, persistantes. Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères ; pédicelle de 4–17 mm de long, épaissi vers la fleur, parfois ailé et cassant ; sépales oblongs, ovales-oblongs ou lancéolés, de 4–10 mm de long, les 2 sépales externes habituellement plus courts, obtus à atténués-acuminés ou cuspidés ; corolle en entonnoir, de 10–18 mm de long, jaune pâle, crème, verdâtre ou blanche, souvent avec un centre rougeâtre ou brunâtre plus foncé, légèrement 5-lobée à lobes triangulaires plus ou moins larges ; étamines 5, insérées sur la corolle ; ovaire supère, ovoïde, d’environ 2,5 mm de long, glabre, 2-loculaire ; style d’environ 4 mm de long ; stigmate bilobé. Fruit : capsule globuleuse, de 4–9 mm de diamètre, à valves papyracées, de couleur paille, contenant 4 graines. Graines de 2–3 mm de long, brun jaunâtre à noires, glabres.

Autres données botaniques

Le genre Merremia comprend environ 80 espèces, largement réparties dans toutes les régions tropicales. Il est étroitement apparenté au genre Ipomoea, différant essentiellement par son pollen lisse.

Merremia tridentata est une espèce très variable au sein de laquelle plusieurs sous-espèces et variétés sont distinguées. Pour l’Afrique tropicale, cette subdivision pose beaucoup de problèmes et n’est plus généralement reconnue.

Croissance et développement

Merremia tridentata fleurit pendant presque toute la saison des pluies.

Ecologie

Merremia tridentata se rencontre couramment dans la végétation humide, subhumide, sèche et subaride, jusqu’à 2000 m d’altitude. Il est souvent adventif ou adventice dans les pâturages ou les champs.

Multiplication et plantation

Merremia tridentata se multiplie par graines. Un protocole pour la multiplication in vitro d’explants de fleurs ou de sommets de pousse dans un milieu MS a été mis au point en Inde.

Gestion

Au Bénin, on a observé que Merremia tridentata est une adventice indicatrice de terrains intensivement cultivés.

Maladies et ravageurs

Merremia tridentata est l’hôte du parasite Striga gesnerioides (Willd.) Vatke (le striga du niébé) en Afrique.

Ressources génétiques

Merremia tridentata est très répandu, adaptable et commun, et n’est pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Merremia tridentata a de nombreux usages traditionnels, dont plusieurs ont été corroborés par des recherches pharmacologiques préliminaires. Cependant, davantage de recherche est nécessaire pour évaluer son utilisation comme médicament pour les humains. Des études toxicologiques s’imposent également.

Références principales

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Autres références

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Afriref references

Sources de l’illustration

  • Muhammad Mansur, 2001. Merremia Dennst. ex Endl. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2): Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 366–373.

Auteur(s)

  • L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Oyen, L.P.A., 2013. Merremia tridentata (L.) Hallier f. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). Prota 11(2): Medicinal plants/Plantes médicinales 2. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 31 mars 2025.


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