Maerua triphylla (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Fruit | |
Glucides / amidon | |
Colorant / tanin | |
Médicinal | |
Fourrage | |
Sécurité alimentaire | |
Maerua triphylla A.Rich.
Protologue : Tent. Fl. Abyss.1: 32, t. 7 (1847).
Famille : Capparaceae
Noms vernaculaires
- Small bead bean (En).
- Msingizi, mukasi, mukayi, mkuturu, mlala-mbuzi (Sw.)
Origine et répartition géographique
Maerua triphylla se rencontre depuis l’Ethiopie et la Somalie jusqu’au Zimbabwe et au Mozambique. Il est aussi présent à Mayotte, à Madagascar et aux Seychelles. En dehors de l’Afrique tropicale, on le trouve également dans la péninsule Arabique.
Usages
En Afrique de l’Est, l’infusion de racine se boit pour traiter les vertiges et les maux de tête, elle sert aussi d’aphrodisiaque ou pour soigner les maladies vénériennes. L’infusion de racine est bue, les racines fraîches sont mastiquées et servent ainsi à laver la plaie dans le traitement des morsures de serpent. Les Luos du Kenya absorbent des décoctions et des infusions de feuilles, de l’écorce et des racines pour soigner les maux d’estomac et la diarrhée. La mastication d’un morceau de tige aide à surmonter une toux sèche. Les cendres de feuilles brûlées se prennent en antidote au poison. Les Dorobos au nord du Kenya mastiquent les feuilles, les mélangent aux cendres et appliquent ce mélange en pansement sur les furoncles. L’eau où des feuilles ont trempé s’administre en instillation oculaire.
En Ethiopie, les feuilles sont cuites et consommées en période de disette. Au Kenya, pendant les périodes de famine, les racines étaient soigneusement bouillies pour faire disparaître les substances toxiques et préparées en bouillie. Les feuilles et les fruits donnent un colorant jaune. Les Massaïs considèrent le feuillage comme un bon fourrage, notamment pour les ânes et les chèvres. Le bois s’utilise pour les poteaux, les outils, la construction et les ruches. Les branches servent de bois de feu, le tronc pour faire du charbon de bois. Maerua triphylla est planté surtout sur des sites rocheux pour la récupération des sols et il est souvent épargné pendant le défrichement des terrains. Les branches et les racines de plusieurs espèces de Maerua sont utilisées pour purifier l’eau, mais cette pratique devrait être déconseillée car les plantes pourraient être toxiques. Les fleurs sont visitées par de nombreux abeilles et papillons. Les fruits sont consommés.
Propriétés
Les feuilles contiennent 21,4% de protéines brutes.
Description
Arbuste ou petit arbre atteignant 9 m de haut, fût jusqu’à 25 cm de diamètre ; branches denses, longues, pendantes, jeunes branches brunes, glabres, à nombreuses lenticelles. Feuilles alternes, simples ou 3-foliolées, foliole médiane plus grande que les latérales ; stipules minuscules, linéaires, précocement caduques ; pétiole de 1–3 cm de long ; folioles ovales, lancéolées, elliptiques ou obovales, de 1,5–9 cm × 0,5–3,2 cm, apex arrondi, généralement mucroné, glabres ou pubescentes, pennatinervées à 4–6(–8) nervures secondaires. Inflorescence : panicule feuillée, terminale ou située sur de courtes branches. Fleurs bisexuées, régulières ; pédicelle de 1–2 cm de long ; sépales 4, oblongs-obovales à elliptiques, de 5–9(–11) mm de long, glabres ; pétales 4, obovales à elliptiques, crème à blancs, rapidement caducs ; étamines 12–32 ; ovaire sur un gynophore atteignant 1,2 cm de long, ovoïde à elliptique, 1-loculaire. Fruit : capsule cylindrique, elliptique à presque globuleuse, atteignant 5(–10) cm de long, légèrement resserrée entre les graines, brun crème pâle, surface verruqueuse, pubescente à glabre, contenant des graines nombreuses ou peu nombreuses, enveloppées dans une pulpe visqueuse, devenant fine et papyracée. Graines irrégulièrement réniformes, de 3–7 mm de diamètre, brunes, légèrement verruqueuses.
Autres données botaniques Le genre Maerua comprend environ 50 espèces, la majorité dans les régions sèches de l’Afrique tropicale, mais certaines s’étendant aussi au Proche-Orient et en Asie tropicale. Maerua triphylla est très variable et 4 variétés ont été distinguées. Cependant, au Kenya où toutes les variétés se rencontrent, on a conclu qu’il était impossible de distinguer entre ces variétés, car la variation s’est avérée être continue.
Plusieurs autres espèces moins connues de Maerua ont des usages médicinaux.
Maerua cafra
Maerua cafra (DC.) Pax (synonyme : Maerua triphylla T.Durand & Schinz) est un arbuste ou petit arbre. Il se rencontre au Zimbabwe et au Mozambique où il est rare, et il s’étend en Afrique du Sud jusqu’au Cap. En Afrique du Sud, la décoction des racines se prend comme remède contre la ménorragie et la stérilité féminine. Les usages répertoriés en dehors de son aire de répartition doivent être attribués à Maerua triphylla.
Maerua denhardtiorum
Maerua denhardtiorum Gilg est un arbuste sempervirent qui est présent en Somalie et dans les régions voisines du Kenya. En Somalie, la décoction de feuilles fraîches s’utilise pour laver la tête en cas de migraines. Dans les cas de maux de tête, de dermatite, de douleurs oculaires ou de mal d’oreilles, la plante entière fraîche ou séchée est mélangée avec de l’huile et utilisée comme onguent. Les feuilles servent de répulsif contre les insectes. Les fruits mûrs se consomment.
Maerua endlichii
Maerua endlichii Gilg & Gilg-Ben. est un arbuste zigzaguant atteignant 4 m de haut, présent au Kenya, en Tanzanie et en Zambie. Les Dorobos d’Afrique de l’Est font tremper la racine dans de l’eau chaude et la prennent comme purgatif. Ils font également bouillir les racines dans une soupe d’os de chèvre, l’absorbant comme boisson en cas de maladie grave. Les Chamus au Kenya utilisent pareillement la décoction de l’écorce de racine comme purgatif, et les femmes enceintes la boivent pour faire tourner le fœtus dans la position correcte quand il est mal placé. En Tanzanie, la décoction de racine s’applique sur des plaies cancéreuses. Au Kenya les bovins, les chèvres et les moutons broutent le feuillage. L’extrait au méthanol des racines a montré des effets antiprolifératifs modérés sur plusieurs lignées de cellules humaines in vitro.
Maerua kirkii
Maerua kirkii (Oliv.) F.White est un arbuste ou petit arbre atteignant 7 m de haut, se rencontrant dans l’est de la R.D. du Congo, en Ouganda et au Kenya, et vers le sud jusqu’en Zambie, au Zimbabwe et au Mozambique. Au Kenya, les feuilles s’utilisent comme pansement pour les blessures et la décoction de feuilles se boit pour soigner le mal de gorge. En Tanzanie, la décoction de racine se boit comme remède contre les dérangements de l’estomac et l’asthme. Les racines écorcées et broyées s’appliquent sur les membres douloureux pour procurer un soulagement. L’activité antibactérienne des racines contre Staphylococcus aureus a été confirmée. Les fruits se consomment.
Maerua parvifolia
Maerua parvifolia Pax est présent depuis le Soudan jusqu’au Mozambique, au Zimbabwe, au Botswana, en Namibie et en Afrique du Sud. Au Kenya, la macération de feuille s’utilise en gargarisme pour traiter la gorge enflammée. Au Mozambique, les racines se prennent en décoction à des fins de purification, et les fruits se consomment pour soigner la diarrhée et les maux d’estomac.
Croissance et développement
En Tanzanie, le taux de croissance annuel s’est avéré être de 1,8–2,3 mm en diamètre et de 10,6–14,8 cm en hauteur. Au début de la saison des pluies, Maerua triphylla fleurit spectaculairement dans la savane arbustive sèche. En Afrique australe, la floraison a lieu en octobre–janvier et les fruits mûrissent de février au juin.
Ecologie
Maerua triphylla se rencontre dans les forêts claires sempervirentes ou décidues, dans les savanes boisées, les fourrés, les ripisylves et en lisière des forêts sèches, depuis le niveau de la mer jusqu’à 2100 m d’altitude. Il pousse parfois sur des termitières.
Multiplication et plantation
Maerua triphylla se multiplie par semis ou par drageons. On compte environ 14 000 graines par kg. Les graines sont périssables et doivent être semées fraîches. La germination est rapide et 90% des graines ont germé au bout d’environ 2 semaines.
Gestion
Maerua triphylla se recèpe bien après la coupe.
Maladies et ravageurs
Aux Seychelles, l’écorce de grands arbres est parfois mangée par des chèvres sauvages.
Ressources génétiques
Maerua triphylla est répandu et n’est donc pas menacé d’érosion génétique. Il existe toutefois un risque qu’une partie de la variation au sein de l’espèce soit perdue par la surexploitation locale.
Perspectives
Il est surprenant qu’on n’ait pas effectué des recherches sur la phytochimie et les propriétés pharmacologiques de Maerua triphylla ; elles sont nécessaires pour confirmer ses propriétés médicinales et pour la sécurité de son emploi. Afin de comprendre la taxinomie de Maerua triphylla, de ses variétés et des espèces apparentées, il faut effectuer des études écologiques au champ ainsi que des recherches sur la sélection et la cytogénétique.
Références principales
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Sources de l’illustration
- Kers, L.E., 2000. Capparidaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 74–120.
Auteur(s)
- N.P. Mollel, Tropical Pesticides Research Institute, National Herbarium of Tanzania, P.O. Box 3024, Arusha, Tanzania
Citation correcte de cet article
Mollel, N.P., 2013. Maerua triphylla A.Rich. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). Prota 11(2): Medicinal plants/Plantes médicinales 2. PROTA, Wageningen, Pays Bas. Consulté le 23 décembre 2024.
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