Lannea schimperi (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


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Lannea schimperi (Hochst. ex A.Rich.) Engl.


Protologue: Engl. & Prantl, Nat. Pflanzenfam. II–IV Nachtr. 1 : 213 (1897).
Famille: Anacardiaceae

Synonymes

  • Odina schimperi Hochst. ex A.Rich. (1847).

Noms vernaculaires

  • Rusty-leaved lannea (En).

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition de Lannea schimperi s’étend du Togo, du nord du Nigeria et du Cameroun jusqu’en Ethiopie, et de l’Ethiopie vers le sud jusqu’au Zimbabwe et au Mozambique en passant par le Kenya, l’Ouganda, l’est de la R.D. du Congo, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et le Malawi.

Usages

Dans différentes régions, l’écorce est utilisée pour fabriquer de la ficelle et de la corde. Le bois est parfois employé en menuiserie, comme combustible, et il est apprécié dans la production de charbon de bois. Le fruit est consommé frais, par ex. par les enfants nigérians pendant la saison des pluies et dans toute l’Afrique de l’Est. La graine est également consommée. Les fleurs sont probablement une source de nectar pour les abeilles. Les rameaux et les feuilles sont consommés par les animaux domestiques.

La décoction d’écorce de tige, en breuvage, et l’écorce de tige séchée, à fumer, sont des remèdes contre le mal de dos et les états de faiblesse généralisée. L’écorce se donne aussi en lavement contre la dysenterie et s’applique sur les morsures de serpent. Dans l’ouest de la Tanzanie, l’écorce sert à traiter les infections opportunistes chez les patients atteints du sida, comme l’herpès, la tuberculose et la diarrhée. Au Mozambique, la décoction d’écorce se boit contre le mal de ventre. On donne du jus d’écorce de tige en lavement aux bébés pendant l’allaitement pour éviter les vomissements et les diarrhées. Dans le district du Nandi au Kenya, les gens prennent de la décoction d’écorce contre la diarrhée, les maux de ventre et les douleurs pulmonaires. La décoction de racines en bain de bouche s’emploie contre les maux de dents et s’applique contre les affections pulmonaires, les rhumes et la syphilis. Les feuilles, ou le jus de feuilles, sont appliqués contre la diarrhée sanglante ; la pâte de feuille en applications topiques est utilisée contre le prolapsus vaginal. Des parties non précisées sont utilisées en Tanzanie pour traiter les symptômes du diabète sucré. Au Mozambique, la décoction de plante est absorbée comme boisson pour traiter la toux. Le fruit se prend contre l’ankylostome.

Propriétés

Le bois, blanc, léger (d’une densité après séchage à l’air d’environ 400 kg/m³), est tendre et a peu de valeur comme bois d’œuvre. L’écorce de tige a montré une activité antibactérienne contre Staphylococcus aureus et Neisseria gonorrhoeae ; il est riche en anthocyanines et contient des coumarines. L’exsudat est riche en hydroxyproline, un acide aminé. Des parties non précisées ont montré une activité antifongique et des effets réducteurs sur la tension artérielle.

Description

Petit arbre atteignant 10(–15) m de haut ; fût court, parfois rabougri et ramifié à faible hauteur ; écorce externe grise à presque noire, lisse à rugueuse, écorce interne rouge parcourue verticalement de veines orange ; cime étalée ; rameaux trapus et poilus, branches florifères ridées. Feuilles alternes, groupées à l’extrémité des branches, composées imparipennées à 5–11(–13) folioles ; pétiole et rachis de 8–33 cm de long, légèrement sillonnés au-dessus, au départ à denses poils rosé-rouille, glabrescents ; folioles opposées, elliptiques, oblongues-ovales à ovales, de 5–15,5 cm × 3–7,5 cm, folioles basales un peu plus courtes et plus larges, aiguës ou obtuses à l’apex, foliole terminale symétrique, aiguë et sur un pétiolule atteignant 3,5 cm de long, folioles latérales sessiles ou sur un très court pétiolule, asymétriques, arrondies, tronquées ou subcordées à la base, toutes garnies au départ d’une tomentosité dense rose-rouille sur les deux faces ; nervure médiane relativement prononcée au-dessous. Inflorescence : panicule spiciforme, plusieurs groupées au sommet de courts rameaux, panicules mâles atteignant 22 cm de long, panicules femelles atteignant 8 cm de long, à axe poilu. Fleurs en bouquets denses ; pédicelle de 1–3 mm de long, tomenteux ; segments du calice 4, d’environ 1,5 mm de long, ovales à subcirculaires, ciliolés, à poils étoilés ou presque glabres ; pétales 4, de 3,5–5 mm × 1,5–2,5 mm, oblongs-ovales, verdâtres à jaune vif, parfumés ; fleurs mâles à 8 étamines, insérées sur le disque en coupe, et à ovaire rudimentaire ; fleurs femelles à courts staminodes et ovaire ovoïde à globuleux , 4-loculaire, dont 2–3 abortifs. Fruit : drupe obliquement ovoïde de 7–10 mm × 4–6 mm, rouge. Plantule à germination épigée ; premières feuilles opposées et simples.

Les feuilles apparaissent après les fleurs et les fruits.

Le genre Lannea comprend environ 40 espèces en Afrique tropicale et en Asie. L’espèce voisine Lannea zenkeri Engl. & K.Krause est un grand arbre au fût droit et cylindrique, présent au Gabon et au Cameroun. Son écorce est également utilisée pour faire des cordes. Les branches, qui prennent facilement racine, sont utilisées comme piquets et comme jalons. La décoction ou la macération de copeaux d’écorce mise quelque temps au soleil se boit contre les douleurs à la poitrine.

Ecologie

Lannea schimperi est présent du niveau de la mer jusqu’à 2200 m d’altitude, en forêt claire, en savane boisée et savane herbeuse.

Gestion

Lannea schimperi est présent seulement à l’état sauvage.

Ressources génétiques

Lannea schimperi est répandu et localement commun, et rien n’indique qu’il soit menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Lannea schimperi va probablement rester une plante à fibres d’importance restreinte, limitée à des usages occasionnels. Sa valeur comme plante médicinale et arbre fruitier va sans doute rester elle aussi de moindre importance, bien que des parties de la plante aient montré des propriétés antibactériennes et antifongiques et un effet réducteur sur la tension artérielle.

Références principales

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  • Kokwaro, J.O., 1986. Anacardiaceae. In: Polhill, R.M. (Editor), 1986. Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 59 pp.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.

Autres références

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Auteur(s)

  • L.P.A. Oyen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 31 mars 2025.


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