Irvingia gabonensis (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Fruit | |
Oléagineux | |
Colorant / tanin | |
Médicinal | |
Bois d'œuvre | |
Bois de feu | |
Fourrage | |
Auxiliaire | |
Sécurité alimentaire | |
Statut de conservation | |
Irvingia gabonensis (Aubry-Lecomte ex O'Rorke) Baill.
- Protologue: Traité Bot. Méd. Phan. 2 : 881 (1884).
- Famille: Irvingiaceae
- Nombre de chromosomes: 2n = 28
Noms vernaculaires
- Dika, odika, manguier sauvage, chocolatier, ogbono (Fr).
- Sweet bush mango, rainy season bush mango, dika nut tree, dika bread tree (En).
Origine et répartition géographique
Irvingia gabonensis est indigène de la zone forestière humide du golfe de Guinée, depuis l’ouest du Nigeria jusqu’en Centrafrique, et vers le sud jusqu’à Cabinda (Angola) et la partie la plus occidentale de la R.D. du Congo ; il est également présent à São Tomé-et-Príncipe. Dans certaines parties de cette région, il est cultivé ; c’est le cas au sud-ouest du Nigeria et au sud du Cameroun, mais également en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Togo et au Bénin.
Usages
Les amandes des fruits d’Irvingia gabonensis, appelées “ugiri” en langue igbo ou “apon” en yoruba, produisent un additif alimentaire important, apprécié en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Moulues et écrasées, elles servent à épaissir les soupes et les ragoûts. Pour pouvoir les conserver toute l’année et les utiliser facilement, on en fait également des galettes, nommées “pain de dika” ou “pain d’odika”. Une huile alimentaire est extraite des graines et utilisée en cuisine. Comme elle est solide à température ambiante, elle peut remplacer le beurre de cacao et sert à la fabrication de savon. Le tourteau convient pour épaissir les soupes et c’est un bon aliment pour le bétail. Contrairement à la plupart des autres Irvingia spp., dont les fruits ont une pulpe amère, ceux d’Irvingia gabonensis sont juteux et sucrés, et se consomment crus. On peut en faire des jus, des gelées, de la confiture et du vin. La pulpe servait aussi jadis à produire un colorant noir pour les tissus.
On laisse couramment pousser Irvingia gabonensis dans les champs pour procurer de l’ombrage aux cultures, surtout le cacaoyer et le caféier. Les usages médicinaux des Irvingia spp. sont très nombreux, mais il est difficile de les attribuer à l’une ou l’autre espèce en particulier. Des préparations à base d’écorce pour soulager des douleurs sont utilisées en friction sur le corps, et on les emploie aussi pour soigner les écorchures et les plaies, ainsi que contre les maux de dents. On les prend également pour traiter la diarrhée. Les Igbos utilisent un extrait de feuilles comme fébrifuge. Au Cameroun, ce sont surtout des préparations à base d’écorce qui servent à traiter les hernies et la fièvre jaune, et qui s’emploient comme antidote des poisons. Les amandes sont utilisées pour traiter le diabète. Le bois, qu’on appelle “ andok ” au Cameroun, sert localement en construction lourde, pour fabriquer des ponts de bateaux, des pavés et des planches. Les jeunes arbres servent à confectionner des perches et des tuteurs, et les branches à fabriquer des cannes de marche ou des étais pour les toits de chaume. Les branches mortes s’utilisent comme bois de feu.
Production et commerce international
Irvingia gabonensis est cultivé pour le commerce au sud du Nigeria et au sud du Cameroun. Si les fruits ne sont vendus que par endroits, les amandes en revanche font l’objet d’un vaste commerce au niveau national, depuis la zone de forêt vers la zone de savane, et entre les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. Elles sont exportées vers l’Europe. Le Cameroun est probablement l’exportateur principal. Les exportations cumulées d’amandes camerounaises d’Irvingia gabonensis et d’Irvingia wombolu Vermoesen ont été estimées à US$ 260 000 par an pour 107 t. On trouve toute l’année les amandes des fruits sur les marchés de Libreville (Gabon). Elles proviennent des forêts locales, mais sont aussi couramment importées du Cameroun et de Guinée équatoriale. Le bois d’Irvingia s’emploie surtout localement et ne s’exporte que rarement.
Propriétés
La valeur nutritive des amandes par 100 g de partie comestible est : eau 4 g, énergie 2918 kJ (697 kcal), protéines 8,5 g, lipides 67 g, glucides 15 g, Ca 120 mg, Fe 3,4 mg, thiamine 0,22 mg, riboflavine 0,08 mg, niacine 0,5 mg (Platt, 1962). La filabilité et la viscosité que les amandes confèrent aux soupes varient selon les arbres dont les amandes sont issues. Elles sont généralement moindres que celles des amandes d’Irvingia wombolu. La teneur en lipides des amandes, qui varie aussi selon les arbres, est de 37,5–75 g/100 g ; la composition approximative en acides gras est la suivante : acide laurique 20–59%, acide myristique 33–70%, acide palmitique 2%, acide stéarique 1% et acide oléique 1–11%. Le résidu obtenu après séparation de la matière grasse peut être utilisé dans l’industrie alimentaire.
La valeur nutritive de la pulpe de fruit par 100 g de partie comestible est : eau 81 g, énergie 255 kJ (61 kcal), protéines 0,9 g, lipides 0,2 g, glucides 15,7 g, Ca 20 mg, P 40 mg, Fe 1,8 mg, acide ascorbique 7,4 mg (Leung, Busson & Jardin, 1968). Les principaux composants à l’origine de la saveur de cette pulpe sont le zingibérène et le α-curcumène, les éthyl- et méthyl-esters de l’acide cinnamique, le dodécanal et le décanol conférant les notes des saveurs terreuses-épicées, fruitées et de levures de vin. La pulpe produit environ 75% de jus. Le vin que l’on en tire a été jugé de belle robe, de bonne bouche et de bonne saveur, acceptable dans l’ensemble.
Chez Irvingia gabonensis et Irvingia wombolu, le bois de cœur est d’un brun verdâtre pâle ou jaune-orangé se fondant en un brun grisâtre ; l’aubier est de couleur plus claire, mais pas toujours nettement différencié. Le bois est contrefil ou à fil droit, le grain est fin à moyen.
Les bois est relativement lourd. La densité est de 930–1002 kg/m3 à 12% de teneur en humidité. Les taux de retrait du bois vert au bois anhydre sont élevés, de 6, 5–7,1% radialement et de 10,2–12,6% tangentiellement. Pour éviter les gerçures de surface aux extrémités, il ne faut pas tarder à scier les grumes après abattage, de préférence sur quartier.
A 12% de teneur en humidité, le module de rupture est de 163–217 N/mm2, le module d’élasticité de 18 700–21 700 N/mm2, la compression axiale de 69–79 N/mm2, la dureté de flanc Chalais-Meudon de 5, 7–12,7, le cisaillement de 15 N/mm2, le fendage de 19–34 N/mm. Le bois d’œuvre est moyennement difficile à scier ou à raboter, et le fil des outils doit être constamment aiguisé. Il donne un beau fini lisse et se colle bien. Le clouage est difficile. Le bois d’œuvre est durable et relativement résistant aux termites, mais il est sensible aux bostryches et aux térébrants marins. Le bois de cœur ne peut se traiter, et l’aubier est résistant aux produits d’imprégnation.
Dans des essais sur des souris, on a découvert que l’écorce du tronc avait des effets analgésiques. Des extraits aqueux des feuilles ont entraîné une réduction de la mobilité intestinale chez des animaux de laboratoire. L’introduction dans le régime de patients atteints de diabète de type 2 d’un supplément de pain de dika à raison de 4 g/jour a fait baisser leurs niveaux de glucose et de lipides dans le plasma.
Falsifications et succédanés
Les amandes de toutes les espèces d’Irvingia servent indifféremment d’épaississant pour les soupes et les ragoûts. L’arachide et le gombo sont utilisés de la même manière en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.
Description
- Arbre de taille petite à grande, atteignant 40 m de haut ; fût généralement rectiligne, atteignant 100 cm de diamètre, à contreforts atteignant 3 m de haut ; écorce extérieure lisse à écailleuse, grise à gris-jaune, écorce interne jaune, fibreuse ; cime sphérique ou plus haute que large, dense.
- Feuilles alternes, simples et entières ; stipules atteignant 4 cm de long, inégales, formant un cône qui protège le bourgeon, caduques, laissant une cicatrice annulaire sur les branches ; pétiole atteignant 5 mm de long ; limbe elliptique, de 4,5–8 cm × 2–4 cm, base cunéiforme, apex aigu ou non distinctement acuminé, finement coriace, pennatinervé.
- Inflorescence : panicule axillaire atteignant 9 cm de long.
- Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, petites ; pédicelle atteignant 5 mm de long ; sépales libres, de 1–1,5 mm de long ; pétales libres, de 3–4 mm de long, blanc jaunâtre ; étamines 10, insérées sous le disque, libres, égales, filets de 4–5 mm de long ; disque de 1,5 mm de diamètre, jaune vif, nectarifère ; ovaire supère, 2-loculaire, style de 1–2 mm de long.
- Fruit : drupe ellipsoïde à cylindrique, parfois presque sphérique, légèrement comprimée latéralement, de 4–6,5 cm × 4–6,5 cm × 3,5–6 cm, lisse, verte à maturité ; pulpe orange vif, tendre, juteuse, sucrée à légèrement amère, à fibres peu nombreuses et peu résistantes, noyau ligneux, à 1 graine.
- Graines de 2,5–4 cm × 1,5–2,5 cm × environ 1 cm.
- Plantule à germination épigée.
Autres données botaniques
Le genre Irvingia totalise 7 espèces, dont 6 en Afrique tropicale et 1 en Asie du Sud-Est. Irvingia gabonensis est étroitement apparenté à Irvingia wombolu, dont il se distingue difficilement. Irvingia gabonensis possède un fruit dont la pulpe est comestible, tandis que celui d’Irvingia wombolu est amer et immangeable. Le nom anglais de “bush mango” est donné aux deux espèces : Irvingia gabonensis portant le nom de “bush mango” de saison des pluies et Irvingia wombolu celui de “bush mango” de saison sèche, conformément à leur période de fructification respective. Certaines autorités considèrent qu’Irvingia wombolu n’est autre qu’une variété d’Irvingia gabonensis. En raison d’un long passé de culture et de protection, d’autres les considèrent comme des cultivars d’une seule et même espèce. Mais la composition de leur ADN indique que les deux taxons sont très distincts sur le plan génétique et ne se croisent pas (ou difficilement), même lorsqu’ils sont sympatriques.
Irvingia excelsa
Irvingia excelsa Mildbr. est un grand arbre des forêts pluviales, présent depuis le Cameroun jusqu’au Gabon et la R.D. du Congo. La pulpe de son fruit, dure et à fibres raides, est immangeable. Mais ses graines se consomment comme celles d’autres Irvingia spp.
Irvingia robur
Irvingia robur Mildbr., grand arbre qui a une aire de répartition disjointe, est présent depuis la Sierra Leone jusqu’en Côte d’Ivoire et depuis le Nigeria jusqu’en R.D. du Congo. Il fructifie et fleurit toute l’année, mais avec un pic de floraison pendant la saison sèche et un pic de fructification pendant la saison des pluies. Il est présent dans les forêts sur terrain sec.
Irvingia smithii
Irvingia smithii Hook.f. est présent en forêt et en savane, du Nigeria au Soudan et dans toute la R.D. du Congo, jusqu’en Angola. On mange ses fruits frais en suçant la pulpe sucrée. Les graines, riches en huile, se consomment crues en Centrafrique et en R.D. du Congo. Le bois s’utilise localement comme bois d’œuvre. L’écorce se prend en décoction contre la dysenterie. Irvingia smithii pousse toujours près de l’eau. Les fruits frais contiennent des bulles d’air caractéristiques, et flottent.
Anatomie
Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :
- Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
- Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; 23 : ponctuations alternes (en quinconce) de forme polygonale ; 26 : ponctuations intervasculaires moyennes (7–10 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 31 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations rondes ou anguleuses ; 32 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles très réduites à apparemment simples : ponctuations horizontales (scalariformes) à verticales (en balafres) ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; (46 : ≤ 5 vaisseaux par millimètre carré) ; 47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré ; 56 : thylles fréquents.
- Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 70 : fibres à parois très épaisses.
- Parenchyme axial : 85 : parenchyme axial en bandes larges de plus de trois cellules ; 86 : parenchyme axial en lignes minces, au maximum larges de trois cellules ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
- Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; (102 : hauteur des rayons > 1 mm) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; (106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées) ; 115 : 4–12 rayons par mm.
- Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(N.P. Mollel, P. Détienne & E.A. Wheeler)
Croissance et développement
La croissance des jeunes plantes est très lente au début ; par la suite elle s’accélère un peu. A Onne (Nigeria), sur un ultisol acide où la pluviométrie annuelle est de 2400 mm, des arbres âgés de 12 ans avaient atteint une hauteur de 12 m et un diamètre du tronc (à 1,3 m du sol) de 17 cm. A Ibadan (Nigeria), sur un alfisol où la pluviométrie annuelle est de 1280 mm, ils atteignaient 8 m de haut et le diamètre du tronc était de 12 cm. La saison de floraison n’est pas clairement définie, mais la floraison a lieu surtout vers la fin de la saison sèche ou au début de la saison des pluies, en avril dans le sud-ouest du Cameroun et en septembre–octobre au Gabon. Les fruits sont mûrs 4 mois plus tard environ. En culture, en Côte d’Ivoire, certains arbres fleurissent toute l’année. Les fleurs sont pollinisées par toutes sortes d’insectes et l’autogamie est rare. Chez les arbres sauvages, la fructification démarre lorsqu’ils ont 10–15 ans, mais les arbres plantés peuvent fructifier pour la première fois au bout de 4 ans. Après la chute des fruits, la pulpe ne tarde pas à pourrir. Il est fréquent de voir des germinations réussies dans de la bouse d’éléphant. L’épaisseur de la paroi de l’amande varie de forte et épaisse à mince et fragile. On a repéré des arbres chez lesquels les amandes se fendaient spontanément. La graine est récalcitrante.
Ecologie
Le milieu de prédilection d’Irvingia gabonensis est la forêt tropicale humide des basses terres, en dessous de 1000 m d’altitude et où la pluviométrie annuelle est de 1500–3000 mm et la température annuelle moyenne de 25–32°C. Irvingia gabonensis est mieux adapté aux ultisols acides dans les zones de fortes précipitations qu’aux alfisols moins acides ; il préfère les sites bien drainés. Il est fréquent de voir 2–3 arbres pousser ensemble, et on le dit grégaire dans certains endroits. La présence d’Irvingia gabonensis va souvent de pair avec l’existence d’anciennes habitations humaines. Les arbres constituent une proie pour les incendies.
Multiplication et plantation
Irvingia gabonensis est principalement multiplié par graines. Lorsque les paysans le plantent, ils choisissent des graines provenant d’arbres sélectionnés de leur propre ferme, de leurs voisins ou du marché. Les critères de sélection sont des fruits de grosse taille, un bon goût, un rendement élevé, une production régulière (chaque année), la précocité, une bonne viscosité et filabilité des amandes et leur extraction facile. Le repiquage de plants sauvages, ou leur préservation et leur protection lors du défrichage des terres pour l’agriculture est une pratique courante. La germination des graines d’Irvingia gabonensis prend plus de 14 jours ; il faut les extraire du fruit au préalable et les faire sécher pendant 2 jours au moins. De cette façon, on arrive à un taux de germination de 80%. On a mis au point des méthodes de multiplication végétative au moyen de boutures de tiges feuillées que l’on fait prendre racine sous brumisation, et des essais de micropropagation, de greffage et de marcottage sont en cours. Les premiers résultats montrent que les plantes issues de marcottage peuvent fructifier au bout de 2–2,5 années après leur repiquage.
Gestion
Si dans la plupart des régions, Irvingia gabonensis est présent en peuplements sauvages ou préservé dans les plantations de cacaoyers, de caféiers, ou des cultures vivrières annuelles ou dans les jardins familiaux, il est aussi couramment planté dans certains endroits. Les soins consistent essentiellement en la taille, la récolte (cueillette sur pied ou ramassage à terre) et la fertilisation.
Maladies et ravageurs
Aucune maladie ou ravageur n’est connu pour Irvingia gabonensis en tant qu’arbre. Mais les graines sont attaquées par les larves du sylvain des oléagineux (Oryzaephilus mercator). Celui-ci pond ses œufs entre le tégument et les cotylédons, ou dans des fissures des cotylédons. Le fait de prévenir ces fissures aide à empêcher l’infestation.
Récolte
Les fruits d’Irvingia gabonensis se récoltent surtout sur le sol autour de chaque arbre, ou bien on grimpe à l’arbre, s’il n’est pas trop élevé, pour les cueillir. L’étape suivant consiste à extraire l’amande de la graine, que l’on fend avec un coutelas avant d’ôter l’amande à l’aide d’un canif. On les fait ensuite sécher au soleil ou sur des claies de bambou placées dans la cuisine au-dessus de l’âtre.
Rendement
A Onne (Nigeria), des arbres âgés de 12 ans ont produit 1060 fruits (180 kg) par arbre, mais dans les régions plus sèches les rendements sont très inférieurs. Un bon rendement d’amandes représente environ 100 kg par arbre.
Traitement après récolte
La préparation du pain de dika consiste à faire sécher les amandes, à les griller et à les moudre. La pâte ainsi obtenue est déposée dans un récipient ou une boîte en fer blanc et on la laisse refroidir pendant quelques heures. Une fois solide, on sort cette galette du récipient, et elle est prête à l’emploi. Bien séchée, elle se conserve plus d’un an. Les femmes mettent parfois une boîte de conserve sous la grille sur laquelle est conservée la galette de dika, pour recueillir l’huile qui s’en égoutte. Au Gabon, ce pain de dika est commercialisé sous la forme de galettes de 100–5000 g. L’huile s’extrait en faisant bouillir les amandes broyées et en recueillant l’huile à la louche.
Ressources génétiques
Trois centres de diversité génétique pour Irvingia gabonensis ont été identifiés : le sud du Cameroun, le sud-est du Nigeria et le centre du Gabon. Des collections de ressources génétiques recueillies sur l’aire de répartition d’Irvingia gabonensis ont débouché sur la création de banques de gènes au Cameroun et au Nigeria, par l’ICRAF et ses partenaires dans la région.
Irvingia gabonensis est relativement répandu. Il ne semble pas être menacé d’érosion génétique. Il est classé sur la liste rouge de l’UICN dans la catégorie des espèces faiblement menacées, mais il est proche de la qualification “vulnérable”.
Sélection
Une évaluation de la variabilité des caractéristiques des arbres plantés au sud-ouest du Cameroun indique que les paysans sélectionnent traditionnellement les gros fruits et les grosses amandes qui sont faciles à extraire. L’ICRAF a démarré un programme de domestication systématique d’Irvingia gabonensis qui utilise la variabilité en sélectionnant les arbres qui possèdent les caractères souhaités et en les multipliant, tout en conservant une base génétique large. Une approche visant à créer des cultivars par clonage a été adoptée. On a procédé à une évaluation de la variabilité des caractères des fruits et des amandes puis des arbres ont été sélectionnés sur la base des caractéristiques de fruit désirées. Des travaux sont en cours pour mettre au point des méthodes de marcottage et de greffage d’Irvingia gabonensis afin de fixer les caractères désirés en domestiquant l’espèce.
Perspectives
Les amandes d’Irvingia gabonensis font l’objet d’un vaste commerce tant au niveau national qu’entre les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, ce qui indique que la demande est susceptible d’augmenter. La domestication de cette espèce offre une chance importante de voir s’installer une production durable. La mise au point de méthodes de transformation et de conservation du produit contribuera encore davantage à le valoriser et à élargir ce marché.
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Autres références
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Sources de l'illustration
- Harris, D.J., 1996. A revision of the Irvingiaceae in Africa. Bulletin du Jardin Botanique National de Belgique 65: 143–196.
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Auteur(s)
- Z. Tchoundjeu, World Agroforestry Centre (ICRAF), African Humid Tropics Region, P.O. Box 2067 or 16317, Yaoundé, Cameroon
- A.R. Atangana, Forest Biology Research Centre, Pavillon Marchand, Université Laval, Sainte-Foy, Québec G1K 7P4, Canada
Consulté le 18 décembre 2024.
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