Impatiens tinctoria (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Impatiens tinctoria A.Rich.


Protologue: Tent. fl. abyss. 1 : 120 (1847).
Famille: Balsaminaceae

Synonymes

  • Impatiens prainiana Gilg (1909).

Noms vernaculaires

  • Balsamine (Fr).
  • Balsamine (En).

Origine et répartition géographique

Impatiens tinctoria est présent dans le sud-est du Soudan, en Erythrée, en Ethiopie, dans l'ouest et le sud du Kenya, en Ouganda, en R.D. du Congo, dans le sud de la Tanzanie et le nord du Malawi. Il est cultivé partout dans le monde en tant qu’espèce ornementale.

Usages

En Ethiopie, les femmes hachent ou écrasent l’intérieur des tubercules d’Impatiens tinctoria (“ensolella”) et la pâte obtenue sert à teinter les paumes et les ongles des mains et des pieds en rouge sombre. Considéré comme un soin de beauté semblable au henné, il aide à lutter contre les mycoses et durcit la peau. Les tubercules sont également utilisés pour la teinture sur étoffe. Le jus de racines pilées entre dans la fabrication d’une encre rouge. En médecine, une décoction de racines est consommée en cas de douleurs abdominales et comme purgatif. Mâchée, la tige permet de soigner les maladies de bouche et de gorge. Chevaux et mulets pâturent la plante. Impatiens tinctoria est cultivé pour ses fleurs spectaculaires comme plante ornementale tant à l’intérieur qu’à l’extérieur dans les régions tropicales et tempérées.

Propriétés

Les fleurs et les feuilles d’une autre espèce, Impatiens balsamina L. (la balsamine, originaire de l’Inde et de certaines parties du sud-est asiatique, mais largement cultivée en tant que plante ornementale, en Afrique aussi) sont utilisées pour préparer une teinture rouge destinée à colorer les ongles et elles remplacent le henné car ils contiennent les mêmes agents colorants, la lawsone et ses dérivés, de même que des anthocyanes et des flavonoïdes tels que le kaempférol, la quercétine et un hétéroside de la rhamnocitrine. Bien que les substances colorantes d’Impatiens tinctoria et de nombreuses autres espèces (par ex. Impatiens rothii Hook.f.), également utilisées pour teindre la peau en rouge, n’aient pas fait l’objet de recherches complètes, elles contiennent toutes des dérivés naphtoquinoniques proches de la lawsone et pourraient remplacer le henné. D’un point de vue médical, la lawsone montre une activité antimycosique et une efficacité contre les champignons dermatophytes (teigne, pied d’athlète ).

Description

  • Plante herbacée érigée, glabre, pérenne atteignant 2 m de haut, avec une tige creuse succulente et un grand rhizome tubérisé atteignant 30 cm × 10 cm.
  • Feuilles disposées en spirale, simples ; stipules absentes ; pétiole atteignant 9 cm de long, présentant parfois des glandes près du sommet ; limbe oblong-lancéolé à largement ovale, de 7–32 cm × 2,5–10 cm, base cunéiforme, apex généralement acuminé, bords crénelés à dentés en scie, nervures latérales en 7–14 paires.
  • Inflorescence : grappe axillaire munie de 3–9 fleurs ; pédoncule atteignant 30 cm de long.
  • Fleurs bisexuées, zygomorphes, 5-mères, odorantes, blanches mais pétales inférieurs souvent tachetés de rose ou de violet près de la base ; pédicelle atteignant 4 cm de long ; sépales latéraux 4, ovales ou oblongs, de 6–10 mm × 4–7 mm, sépale inférieur en forme d’entonnoir, se rétrécissant progressivement en un long éperon filiforme de 3–13 cm ; pétale dorsal cucullé, de 17–22 mm × 10–14 mm, muni d'une crête dorsale, pétales latéraux 4, unis par paires, le pétale supérieur de chaque paire petit, de 6–15 mm × 2–5 mm, le pétale inférieur grand, de 16–50 mm × 16–46 mm ; étamines 5, connées en anneau ; ovaire supère, 5-loculaire, style très court.
  • Fruit : capsule explosivement déhiscente, cylindrique, à 5 valves, charnue, atteignant 4 cm de long, à nombreuses graines.
  • Graines ovoïdes, glabres.

Autres données botaniques

Impatiens est un grand genre, englobant plus de 1000 espèces, et présent dans les régions tropicales et subtropicales d’Afrique, d’Asie et d’Amérique centrale, de même que dans les régions tempérées de l’hémisphère nord, mais absent en Amérique du Sud et en Australie. L’Afrique en compte plus de 100 espèces. Impatiens tinctoria est variable ; il a été subdivisé en 5 sous-espèces, en fonction essentiellement de différences de taille de feuille, de fleur et d’éperon.

Impatiens rothii

En Ethiopie, les tubercules d’Impatiens rothii Hook.f. (“girshirit”) sont utilisés également pour obtenir un colorant rouge sombre.

Ecologie

Impatiens tinctoria est présent d’habitude dans les endroits humides, ombragés, dans les forêts pluviales d’altitude, à la lisière des forêts et dans les ravines, le long des cours d’eau et sur les rivages ombragés, généralement entre 700–3600 m d’altitude.

Gestion

Bien que Impatiens tinctoria soit cultivé pour ses tubercules en Ethiopie (Tigré du sud), il n’existe aucun détail concernant sa culture. En tant qu’espèce ornementale, il est facilement multiplié par bouturage, et peut être cultivé à la fois à l’intérieur dans des pots et à l’extérieur, à condition d’être protégé du gel. L’araignée rouge et les pucerons peuvent être de redoutables ravageurs.

Pour colorer la peau, les tubercules sont lavés et parfois pelés, hachés menu et mis à macérer pendant au moins 12 heures. Ensuite, ils sont chauffés, réduits en une pâte qui est ensuite appliquée sur les paumes et les ongles des mains uniquement (pour les jeunes filles) ou sur les mains et les pieds (pour les femmes adultes). On peut aussi placer cette pâte dans des feuilles que l'on enveloppe et que l'on attache autour des mains et des pieds pendant 6–8 heures pour obtenir une couleur plus tenace. Pour la teinture sur étoffe, on ajoute du sel et de l’huile au bain de teinture où les tubercules hachés sont mis à bouillir, avant d’y plonger le tissu. On obtient une encre rouge en mélangeant le jus des tubercules d’Impatiens tinctoria (“ensolella”), d’Impatiens rothii (“girshirit”) et de Rubia cordifolia L. (“minchier”), avec de l’écorce d’Osyris quadripartita Salzm. ex Decne. (“keret”), puis en laissant le liquide épaissir au soleil.

Ressources génétiques

Impatiens tinctoria est répandu en Afrique et ne semble pas menacé d’érosion génétique. Toutefois, en raison de sa grande diversité, la collecte de ressources génétiques est fortement recommandée.

Perspectives

En tant que colorant, il y a de fortes chances pour que Impatiens tinctoria ne conserve qu’un rôle local en Ethiopie. En revanche, son importance restera grande en tant que plante ornementale peu exigeante, parfumée et de grande taille.

Références principales

  • Grey-Wilson, C., 1980. Impatiens in Africa. Morphology, pollination and pollinators, ecology, phytogeography, hybridisation, keys and a systematic treatment of all african species. With a note on collecting and cultivation. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 235 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
  • Lemordant, D., 1971. Contribution à l’ethnobotanique éthiopienne 2. Journal d'Agriculture Tropicale et de Botanique Appliquée 18(4–6): 142–179.
  • Mesfin Tadesse, 2000. Balsaminaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse, Demissew Sebsebe & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 1. Magnoliaceae to Flacourtiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 388–393.
  • Tournerie, P.J.M., 1986. Colour and dye recipes of Ethiopia. Published by the author, Exeter, United Kingdom. 152 pp.

Autres références

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  • Grey-Wilson, C., 1982. Balsaminaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 76 pp.
  • Launert, E., 1963. Balsaminaceae. In: Exell, A.W., Fernandes, A. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 2, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 162–180.
  • Phuphathanaphong, L., 1991. Impatiens balsamina L. In: Lemmens, R.H.M.J. & Wulijarni-Soetjipto, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 3. Dye and tannin producing plants. Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 80–81.
  • Rosna Mat Taha, 2001. Impatiens L. In: van Valkenburg, J.L.C.H. & Bunyapraphatsara, N. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 12(2). Medicinal and poisonous plants 2. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 306–310.
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  • Wilczek, R. & Schulze, G.M., 1960. Balsaminaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 9. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 396–428.

Auteur(s)

  • P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Jansen, P.C.M., 2005. Impatiens tinctoria A.Rich. In: Jansen, P.C.M. & Cardon, D. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 31 mars 2025.


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