Diospyros loureiriana (PROTA)
Introduction |
Importance générale | |
Répartition en Afrique | |
Répartition mondiale | |
Colorant / tanin | |
Médicinal | |
Bois d'œuvre | |
Bois de feu | |
Diospyros loureiriana G.Don
- Protologue: Gen. hist. 4 : 39 (1837).
- Famille: Ebenaceae
Synonymes
- Diospyros macrocalyx Klotzsch (1861),
- Royena macrocalyx (Klotzsch) Gürke (1895),
- Diospyros usambarensis F.White (1963).
Noms vernaculaires
- Dye diospyros (En).
- Nhamodema (Po).
- Mdaa, mdala mweupe (Sw).
Origine et répartition géographique
Diospyros loureiriana est une espèce commune et répandue au Kenya, en Tanzanie, au Malawi, au Zimbabwe et au Mozambique.
Usages
Au Kenya, on extrait des racines de Diospyros loureiriana une teinture noire pour les nattes et la vannerie, en les pilant et les faisant bouillir. Les fibres à teindre sont trempées dans la solution et ensuite mordancées dans une boue ferrugineuse noire, du sulfate de fer ou de la rouille dissoute dans un acide organique. On peut aussi extraire de l’écorce pilée une teinture noire pour les tissus de raphia et de coton, que l’on applique de la même manière. Au Mozambique, une teinture rouge foncé qui sert à rougir les lèvres et les dents est fournie par les racines que l’on écrase pour les réduire en pulpe. Les fruits sont comestibles. Le bois est blanc et dur, et on peut l’utiliser pour confectionner de petits ustensiles, et comme bois de feu. On emploie des racines fraîches mâchées ou un extrait de racines en application externe sur les morsures de serpents, ou on boit l’extrait.
Propriétés
Les propriétés tinctoriales de l’écorce et des racines sont dues à une combinaison de naphtoquinones et de dimères et trimères de naphtoquinones, parmi lesquels la 7-méthyljuglone, dérivé de la juglone, qui est la teinture présente dans les noyers (Juglans spp.). On a constaté que les proportions de ces colorants variaient selon les saisons. Les principaux composants isolés de l’écorce des racines de Diospyros loureiriana récoltée à la saison des pluies en Tanzanie (janvier) sont les naphthoquinones diosindigo A, 7-méthyljuglone, mamégakinone, diosindigo B et bis-isodiospyrine. Le principal composant de l’écorce de racine séchée et réduite en poudre durant la saison sèche (septembre) est la 7-méthyljuglone. L’écorce du tronc contient du diosindigo A et de la 7-méthyljuglone. L’écorce de racine séchée et réduite en poudre a des propriétés fongicides et molluscicides. Dans des essais biologiques, on a constaté que la 7-méthyljuglone à 5 ppm était létale en 24 heures pour l’escargot d’eau douce Biomphalaria glabrata, et 0,025 μg était suffisant pour prévenir le développement du champignon Cladosporium cucumerinum. On a isolé des feuilles des triterpénoïdes (dont l’α-amyrine, l’acide bétulinique et divers mélanges).
Description
- Arbuste ou petit arbre dioïque, semi-caducifolié, pouvant atteindre 6(–10) m de hauteur ; écorce liégeuse, rugueuse, profondément fissurée, grise ou noire ; rameaux à poils rougeâtres.
- Feuilles alternes, simples et entières ; stipules absentes ; pétiole jusqu’à 1,5 cm de long ; limbe oblong à obovale-oblong, de 1–12 cm × 1–7 cm, base arrondie à légèrement cordée, apex arrondi à aigu, presque glabre à densément pubescent en dessous, nervures latérales en 5–6 paires.
- Inflorescence : cyme axillaire pauciflore.
- Fleurs unisexuées, régulières, 4-mères ; pédicelle jusqu’à 1,5 cm de long ; calice de 3–4 mm de long, profondément lobé, lobes triangulaires, réfléchis, accrescents chez le fruit ; corolle 4-lobée presque jusqu’à la base, de 4–6 mm de long, blanche, blanc-jaune ou blanc-vert ; disque ondulé ; fleurs mâles à 8 étamines et à ovaire rudimentaire ; fleurs femelles à ovaire supère, 8-loculaire, couronné par 4 styles unis à la base, et à 8 staminodes.
- Fruit : baie globuleuse jusqu’à 3 cm de diamètre, jaune, courtement poilue, contenant jusqu’à 8 graines, enfermée dans les lobes du calice.
- Graines jusqu’à 14 mm × 7 mm, brun terne, lisses.
Autres données botaniques
Le genre Diospyros est un genre pantropical important, comptant quelque 500 espèces ; en Afrique tropicale, on en trouve quelque 90 espèces, dont plusieurs produisent un bois de valeur ou des fruits comestibles. De nombreuses espèces sont utilisées en Afrique comme source de teinture, par ex. les racines de Diospyros lycioides Desf. fournissent en Afrique australe une teinture populaire brun-jaune, mais l’espèce est surtout importante par ses racines et ses rameaux fibreux employés comme brosses à dents. Une décoction de feuilles de Diospyros soubreana F.White fournit une encre noire qui est employée en Côte d’Ivoire, mais l’espèce est surtout importante comme plante médicinale. On distingue dans Diospyros loureiriana deux sous-espèces, en fonction principalement de différences dans la pilosité, mais il existe des intermédiaires.
Ecologie
Diospyros loureiriana est une espèce très commune sur les sols pauvres dans des stations ensoleillées en savane boisée ou herbeuse, souvent dans les formations à Brachystegia-Julbernardia, du niveau de la mer jusqu’à 750 m d’altitude.
Ressources génétiques
Diospyros loureiriana est répandu et n’est pas menacé d’érosion génétique.
Perspectives
Diospyros loureiriana est une bonne source de teintures solides brun-rouge à noires qui restent localement utiles pour la vannerie. Ses propriétés médicinales nécessitent davantage d’étude.
Références principales
- Burtt, B.L., 1935. Notes on the genus Royena Linn. Kew Bulletin 1935: 286–292.
- Greenway, P.J., 1941. Dyeing and tanning plants in East Africa. Bulletin of the Imperial Institute 39: 222–245.
- van Wyk, B.E. & Gericke, N., 2000. People’s plants: a guide to useful plants of southern Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 351 pp.
- White, F. & Verdcourt, B., 1996. Ebenaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 51 pp.
Autres références
- Coates Palgrave, K., 1983. Trees of southern Africa. 2nd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 959 pp.
- Khan, M.R., Kishimba, M.A. & Locksley, H., 1989. Naphthoquinones from the root and stem barks of Diospyros usambarensis. Planta Medica 55(6): 581.
- Khan, M.R., Nkunya, M.H.H. & Wevers, H., 1980. Triterpenoids from leaves of Diospyros species. Planta Medica 38(4): 380–381.
- Kokwaro, J.O., 1993. Medicinal plants of East Africa. 2nd Edition. Kenya Literature Bureau, Nairobi, Kenya. 401 pp.
- Marston, A., Msonthi, J.D. & Hostettmann, K., 1984. Naphthaquinones of Diospyros usambarensis; their molluscicidal and fungicidal activities. Planta Medica 50(3): 279–280.
- Miège, J., 1992. Couleurs, teintures et plantes tinctoriales en Afrique occidentale. Bulletin du Centre Genevois d’Anthropologie 3: 115–131.
- van der Vijver, L.M. & Gerritsma, K.W., 1973. Napthoquinones of Euclea and Diospyros species. Phytochemistry 12: 230–231.
- van der Vijver, L.M. & Gerritsma, K.W., 1974. Napthoquinones of Euclea and Diospyros species. Phytochemistry 13: 2322–2323.
- Watt, J.M. & Breyer-Brandwijk, M.G., 1962. The medicinal and poisonous plants of southern and eastern Africa. 2nd Edition. E. and S. Livingstone, London, United Kingdom. 1457 pp.
- White, F., 1983. Ebenaceae. In: Launert, E. (Editor). Flora Zambesiaca. Volume 7, part 1. Flora Zambesiaca Managing Committee, London, United Kingdom. pp. 248–300.
Auteur(s)
- P.C.M. Jansen, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
Citation correcte de cet article
Jansen, P.C.M., 2005. Diospyros loureiriana G.Don. In: Jansen, P.C.M. & Cardon, D. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 6 mars 2025.
- Voir cette page sur la base de données Prota4U.