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Momordique (Cazin 1868)

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[647]

== Momordique ==

Voir la page ''[[]]''

MOMORDIQUE ou CONCOMBRE SAUVAGE. Momordica elaterium. L.
Cùàmis sylvestris asininus dictus. C. BAUH. — Ecbalium elaterium. Rien.

Momordique élastique, — momordique piquante, — momordique purgative, — élatérion,
concombre d'âne, — gôlante, — pomme de merveille.

CUCURBITACÉES. Fam. nat. — MONOECIE MONADELPHIE. L.

Cette plante vivace croît spontanément aux lieux stériles et pierreux des
contrées méridionales de la France. On la cultive dans les jardins plutôt à
causedela singulière élasticité de ses fruits que pour l'usage médical.
'^«scription.— Racine épaisse, longue d'environ 30 centimètres, fibreuse, char-
h« u - le- "~ Ti§es te»dres, succulentes, hispides, couchées sur terre, sans vrilles,
w« ® f,UDuléeé- — Feuilles cordiformes, anguleuses, crépues, rudes au toucher. —
rieurs mâles et fleurs femelles sur le même pied, jaunâtres, veinées de vert. — Calice à
wq divisions.—Corolle à cinq divisions, monopétaie, campaniforme, très-évasée, adhé-
20 ,?.<»lice. — Fleurs femelles : pistil trifide (juin-juillet). — Fruit : petite pomme
. 7' ae la grosseur d'une noix verte, hispide, se détachant au moindre contact et

58111 avec force ses graines aplaties et luisantes.

Parties usitées. — Le suc des fruits et la racine.
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648 MOMORDIQUE.

Récolte.— Les fruits se cueillent en automne, un peu avant leur maturité et h
racine à la même époque ou au printemps. Cette dernière ressemble un peu à la racine
de bryone, mais elle est moins grosse : on les donne quelquefois l'une pour l'autre dans
le commerce. .

[Culture. — Le concombre d'âne se propage par semis faits au printemps daix
un terrain sec et rocailleux.]

Propriétés physiques et chimiques. — Toutes les parties du con-
combre sauvage ont une saveur amère très-désagréable. Le suc qu'on obtient des fruit*
substance extrêmement amère et acre, connue sous le nom ftélalérium, contient nïi
principe actif que Mornes en a retiré et auquel il a donné le nom tfélaiérine. Outre ce
principe, félalériuin contient, d'après Braconnot et Paris, une matière amylacée dé
î'extractif non purgatif, de l'albumine végétale et quelques sels.— (L'élalérine (Cs°Hu'o!)
est blanche, fixe, formée de cristaux satinés, légèrement striés, prismatiques à liase
rhomboïdale, amère et slyptique, insoluble dans l'eau et les alcalis, soluble dans l'al-
cool, les acides faibles, l'éther et les huiles, fusible un peu au-dessous de 100 degrés,
dégageant à une forte chaleur une odeur ammoniacale.) — Paris paraît avoir obtenu là
, même substance à l'état impur, snus le nom Gélatine. Elle avait la forme d'une matière
résineuse, molle, verte, très-purgative.

PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES ET DOSES.

A L'INTÉRIEUR. — Extrait.

(Fruits mûrs d'élatêiïum, écrasez-les, enle-
vez les semenci's, pilez la chair et exprimez le
suc ; faites-le clarifier à chaud et évaporez en
consistance d'extrait).— De 2 à 15 centigr. en
pilules deux ou trois fois par jour, en obser-
vant ses effets pour en diminuer ou en aug-
menter la quantité suivant les effets obtenus.
Le sédiment qui se fait par le repus dans le
suc d'élaiérium purge à très-peiite dose, et
c'est en effet de ce sédiment que Morries a re-
tiré Télatérine. Sous ce rapport, le procédé
des pharmacopées qui emploient comme ex-
trait d'élatérium ce sédiment évaporé à une
douce chaleur paraît être plusratiunnel: mais
il faut se garder de donner l'un des produits
pour l'autre. Le dépôt du suc de concombre
sauvage était employé autrefois sous le nom
de fécule d'élatérium.

On trouve dans les auteurs des différences
sur les doses auxquelles l'elaterium doit être

administré. Dioscorides en donne 5 à 10 grains
(25 à 50 centigr.), Fernel va jusqu'à 20 grains
(1 gr.), Boerhaave se contente de ti grains (20
centigr ), et Sydenham de 2 gr. 10 centigp.
Ces différences ne peuvent s'expliquer-que par
la différence des préparations.

(De nos jours, le meilleur elaterium de Lon-
dres contient 26 pour 100 d'élatérine, le moins
bon 15, et le français n'en fournit guère qne
5 ou 6 pour 100.)

Elalérine. — 3 milligr. toutes les deux on
trois heures dans une solution alcoolique.

A L'EXTÉRIEUR. — Pulpe de la racine en cata-
plasme.

Extrait du fruit en lavement, etc., en friction
sur l'abdomen, comme la coloquinte, etc.

Le concombre sauvage entre dans plusieurs
préparations anciennes, telles que l'électuah
panchimagogue, les onguents d'Agrippa et
d'Artlianita, l'emplàtrc diabotanum, etc.

Le concombre sauvage est un purgatif drastique qui, donné à haute dose(S
à 12 gr.), devient un poison dont l'action est analogue à celle de la bryone,
de la coloquinte, etc. Cette action se porte particulièrement sur le rec-
tum, qu'on trouve enflammé, soit que l'élatérium ait été introduit dans
l'estomac, soit qu'il ait été appliqué sur le tissu cellulaire d'un membre.
C'est à son absorption et à la lésion du système nerveux qu'il faut attribuer
la mort (Voyez pour le traitement celui indiqué à l'article BRYONE, p- 21")

A dose thérapeutique cette plante a été vantée dans les hydropisies pas-
sives, les engorgements atoniques des viscères, les affections comateuses.
la leucorrhée, l'aménorrhée, les maladies cutanées chroniques, les altec-
tions vermineusès, etc. ,

Les anciens faisaient un grand usage de l'élatérium comme purgatif éner-
gique et I'einployaient surtout dans les hydropisies. Sydenham le re^rdal
comme le plus puissant des hydragogues. Lister, Bontius, Heurnius, Mercn-
rialis, Schulze, et une foule "d'autres auteurs, ont également préconise
médicament dans les collections séreuses, maladies contre lesquelles on
attribuait une action particulière. Vaidy (1) regrette beaucoup qu'on n
fasse plus usage; il est persuadé qu'on"pourrait l'employer avec avant „

(1) Dictionnaires des sciences médicales, t. H, p. 260.
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MOMORDIQUE. 649

danste hydropisies froides à la dose de 5 à 15 centigr., deux ou trois fois
nariour, en l'associant à une substance aromatique.

Dans l'es hydropisies qui accompagnent les maladies du coeur, et dans la
néphrite albumiheuse, la thérapeutique ne possède aucun médicament aussi
■efficacéque l'élatérium. Bright (1) a guéri au moyen de ce médicament deux
personnes affectées d'albuminurie avec hydropisie; mais toutes deux, il
faut le dire, étaient affectées de néphrite albumineuse à l'état aigu. Told (2)
àrapporté une observation d'anasarque et ascite lymphatiques d'une affec-
tiondu coeur, constatant les bons' effets de ce médicament, administré à la
■dose de 1/4 de grain en pilule toutes les trois heures.
'4'élatérium peut donc être considéré comme un médicament précieux
dans.le traitement des hydropisies. Les dangers de son administration
•n'existent.pas plus dans cette substance que dans la scammonée, la gomme-
Me,l'huile de croton tiglium, etc. Ses effets sont subordonnés aux pré-
cautions ou à l'incurie qui président à son administration. On a tort de
négliger ce médicament. Les Anglais en font un grand usage ; Thomson le
considère comme le meilleur de tous les hydragogues. Je l'ai employé à la
dosededbcenligr., deux fois par jour (extrait par inspissation du suc), môle
à un peu de poudre de semence d'anis et à l'extrait de baies de genévrier,
dans un cas d'anasarque exempt de toute irritation viscérale. Il a produit
d'abondantes évacuations alvines, accompagnées de quelques vomissements
les deux premiers jours, peu de coliques, point de sécheresse à la gorge, et
pour résultat la disparition de l'infiltration séreuse et la guérison en dix
jours; Dans un cas d'anasarque, survenue à la suite d'une fièvre intermit-
tente quotidienne négligée, et dont le sulfate de quinine avait fait justice,
l'élatérium a rappelé la fièvre dès le lendemain de son administration. Je
n'enai pas moins continué l'usage jusqu'à la disparition de l'oedème. La
fièvre a ensuite cédé à l'emploi de l'écorce du saule et du vin d'absinthe.
Tous.les praticiens savent que les purgatifs déterminent le retour des accès
de.fièvres intermittentes, et qu'il est toujours de règle de s'en abstenir
en pareil, cas...-.'''-.

; A- cause de son action spéciale sur le rectum et de son amertume, l'élaté-
riunra été donné à petites doses dans l'aménorrhée, contre les ascarides
vermiculaires, et les autres espèces d'enlozoaires. Gilibert a vu chasser le
ver solitaire avec 20 centigr. de cette substance. Hippocrate conseille de
faire manger de l'élatérium à une chèvre pour en faire boire le lait à un
enfantqu'on veut purger, ce qui montre que la méthode de traiter les mala-
dies parle lait rendu médicinal est fort ancienne. Les Arabes, dit-on, se
servent du concombre sauvage contre la jaunisse. Dioscoride le donnait
surtout dans la difficulté de respirer, symptôme dépendant souvent de l'in-
filtration pulmonaire causée par des lésions organiques du coeur.

H résulte des expériences de Loiseleur-Deslongchamps que la racine
deconcombre sauvage desséchée purge doucement et sans coliques. L'ex-
trait de cette racine, en effet, est plus faible, d'après les auteurs qui en ont
Parlé, que celui du fruit.

;Ulatérmm a été employé en lavement dans les affections scrofuleuses, la

paraplégie, les affections vermineuses, etc. On pourrait l'appliquer comme

^coloquinte sur l'abdomen, ou par la méthode endémique pour provoquer

M? évacuations alvines, combattre la constipation, etc. En topique, les an-

. «ens la croyaient propre à résoudre les tumeurs, etc., etc.

ij usage du concombre sauvage à l'extérieur n'exige pas moins de pru-
"eneeque son administration à l'intérieur.

(L'EuTfRiNE est un poison violent. 1 centigr. divisé en deux doses données

W ™!Cfardat' An™ùre de thérapeutique, 1843.

w ineLancet, 1854, et Bulletin de thérapeutique, t. XLVII, p. 'i2ô.
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650 . MONAIIDE.

à un lapin à la distance de vingt-quatre heures, l'a tué dix-sept heures aurè
la deuxième dose (Christison) ; 1/2 centigr. suffit chez l'homme pour IJ
duire l'effet purgatif).

Morries a conseillé de l'employer de préférence à l'élatérium; il en fait
dissoudre 5 centigr. dans 30 gr. d'alcool, avec addition de 4 gouttes d'a-
cide nitrique, et il donne de 30 à 40 gouttes de cette solution dans une po-
tion appropriée. Suivant Bird (1), l'élatérine agit d'une manière bien nias
certaine et plus constante que l'élatérium, et ne détermine ni coliques ni
vomissements. D'après lui, ce médicament peut être employé avec avantage
dans tous les cas où les drastiques sont indiqués, tels que les hydropisies
essentielles, les maladies cutanées chroniques : il l'administre à la dose de
3 milligr., toutes les trois heures, ou au plus toutes les deux heures. C'est
une préparation qui demande, dans son emploi, beaucoup de circonspec-
tion de la part du praticien, car Devergie avance, d'après Duncan, qu'il
suffit d'un seizième de grain de cette substance, pour obtenir chez l'homme
les effets ordinaires de l'élatérium.

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