Sorghum bicolor (PROTA)

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Colorant / tanin Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Ornemental Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg
Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (cultivé)
panicules et épillets des 5 races de base : 1, bicolor ; 2, caudatum ; 3, durra ; 4, guinea ; 5, kafir. Source: PROSEA
port de la plante
plantes en fleurs
panicules
panicule en fleurs
champ avec plantes en fruits
panicules récoltées
fille portant des panicules récoltées
tiges pour l'extraction du colorant
extraction du colorant en frottant les tiges

Sorghum bicolor (L.) Moench


Protologue: Methodus : 207 (1794).
Famille: Poaceae (Gramineae)
Nombre de chromosomes: 2n = 20

Noms vernaculaires

  • Sorgho, gros mil, sorgho rouge (cultivars tinctoriaux), sorgho des teinturiers (cultivars tinctoriaux) (Fr).
  • Sorghum, sorgo, guinea corn, great millet, durra (En).
  • Sorgo, milho miúdo, massambala (Po).
  • Mtama (Sw).

Origine et répartition géographique

C’est au nord-est de l’Afrique tropicale qu’on trouve la plus grande diversité de Sorghum, aussi bien chez les types cultivés que sauvages. Il se peut que la plante ait été domestiquée dans cette région, peut-être en Ethiopie. Différentes hypothèses ont été avancées quant à l’époque de la domestication, depuis 5000–3000 avant J.-C. jusqu’à 1000 avant J.-C., mais c’est surtout la dernière période qui fait aujourd’hui consensus. A partir du nord-est de l’Afrique, le sorgho s’est diffusé dans toute l’Afrique et le long des voies maritimes et commerciales, du Proche-Orient à l’Inde. On suppose qu’il a été introduit d’Inde en Chine par la route de la soie et en Asie du Sud-Est par les voies maritimes côtières. L’introduction du sorgho dans les Amériques s’est faite depuis l’Afrique de l’Ouest avec le commerce des esclaves. Son introduction aux Etats-Unis pour une exploitation commerciale est partie d’Afrique du Nord, d’Afrique du Sud et d’Inde à la fin du XIXe siècle. Par la suite, il a été introduit en Amérique du Sud et en Australie. Il est désormais cultivé partout dans les zones arides d’Afrique, d’Asie, des Amériques, d’Europe et d’Australie, à des latitudes comprises entre 50°N en Amérique du Nord et en Russie, et 40°S en Argentine. Les types de sorgho exclusivement cultivés pour le colorant contenu dans la gaine foliaire sont présents depuis le Sénégal jusqu’au Soudan.

Usages

Le sorgho est un aliment de base important, surtout dans les régions tropicales semi-arides d’Afrique et d’Asie, et c’est aussi un important aliment du bétail, tant en grain qu’en fourrage, dans les Amériques et en Australie. Dans les préparations culinaires les plus simples, on fait cuire le grain entier à l’eau (pour produire un aliment qui ressemble au riz), on le fait griller (en général au stade pâteux), ou on le fait éclater (comme le maïs). Mais le plus souvent, on moud le grain ou on le pile pour le réduire en farine, souvent après décorticage. La farine de sorgho sert à faire des bouillies épaisses ou liquides, des crêpes, des boulettes ou du couscous, des bières opaques ou troubles et des boissons fermentées sans alcool. En Afrique, on fait germer le grain de sorgho, puis on le met à sécher et on le moud pour faire du malt, que l’on utilise comme substrat de fermentation dans la production de bières locales. En cuisine, on préfère généralement le grain blanc, tandis que le grain rouge et le grain brun servent d’habitude en brasserie. Lorsqu’il existe une forte pression aviaire, comme c’est le cas autour du lac Victoria, ce sont les types rouges et bruns, riches en tanins, qui sont cultivés pour servir à l’alimentation au lieu des types blancs. En Chine, le sorgho se distille partout pour confectionner une eau de vie et un vinaigre prisés. Les grains de sorgho constituent une partie significative de l’alimentation du bétail, des porcs et des poulets aux Etats-Unis, en Amérique du Sud et centrale, en Australie et en Chine, et en Inde il prend de l’importance dans les aliments pour poulets. Pour tirer le meilleur parti de sa valeur nutritionnelle, il a besoin d’être moulu, aplati, floconné ou étuvé.

Plusieurs cultivars non comestibles de sorgho sont cultivés exclusivement pour le colorant rouge présent dans la gaine foliaire et parfois aussi dans les parties adjacentes de la tige. En Afrique, ce colorant s’emploie en particulier sur le cuir de chèvre (par ex. au Nigeria), mais aussi sur les nattes, les tissus, les bandes de feuilles de palmier et les herbes utilisées en vannerie et en tissage, sur les calebasses ornementales, la laine (au Soudan par ex.), comme peinture appliquée sur le corps et pour colorer le fromage et les pierres à lécher du bétail (au Bénin par ex.). Une teinture analogue peut être extraite des déchets des grains (glumes et son) de plusieurs cultivars de sorgho rouge produits pour l’alimentation humaine et pour la brasserie. Au Nigeria, ces colorants rouges de sorgho servaient traditionnellement aux Bunus, aux Aworos, au Igbiras et aux Okpellas pour un tissu nommé “abata”, employé comme catafalque et décoré de motifs constitués de fils épais ajoutés dans la trame. Les étoffes dont les couleurs dominantes dérivaient du sorgho étaient connues sous le nom de “ifala”. Le sorgho sert aussi à fournir les violets qui décorent les masques portés par les Yoroubas au cours de certaines danses dans le sud du Bénin et dans le sud-ouest du Nigeria. En Côte d’Ivoire, les colorants du sorgho ainsi que d’autres sources, riches en tanin, sont associés avec de la boue pour créer les motifs des étoffes peintes produites dans la région de Korhogo. Jadis, le colorant était exporté vers le Maroc où il était employé dans l’industrie du cuir. En Chine, les types de sorgho à panicules et à gaines foliaires rouges servaient aussi à la teinture. Au XIXe siècle, les sorghos rouges furent exportés vers l’Europe, où le colorant était connu sous le nom de “carmin de sorgho”. Son extraction s’effectuait en exprimant le jus, qu’on faisait ensuite fermenter. Sur de la laine ou de la soie mordancées à l’étain ou au chrome, on obtenait un brun-rouge solide, autrefois désigné sous l’appellation “rouge badois”. Le “rouge durra”, un produit similaire, était importé de l’Inde au Royaume-Uni, où la teinture portait le nom de “brun Hansen” ou “brun Meyer”. L’utilisation de la teinture de sorgho en coloration capillaire a récemment fait l’objet d’un brevet.

Les tiges des types de sorgho doux se mâchent comme la canne à sucre et, principalement aux Etats-Unis, on en extrait un sirop sucré. En Amérique du Nord et en Europe de l’Est, des types spéciaux aux inflorescences très allongées, fibreuses et à graines peu nombreuses, désignés sous le nom de “sorgho à balais”, sont cultivés pour fabriquer des balais. Les déchets végétaux du sorgho sont très couramment employés pour confectionner des toitures, des clôtures, ils se tissent et servent de combustible. La tige peut servir à produire des panneaux de fibres. Des scientifiques danois ont réalisé un placage de bonne qualité à partir de copeaux de la tige de sorgho. Les restes de chaumes qui subsistent après la moisson du grain sont fauchés pour nourrir les bovins, les moutons ou les chèvres, ou bien ils peuvent être broutés. Certains cultivateurs broient les chaumes récoltés et les mélangent à du son de sorgho ou à du sel pour nourrir le bétail. Le sorgho se cultive aussi pour le fourrage, que l’on donne directement aux ruminants ou que l’on conserve sous forme de foin ou d’ensilage. La farine de sorgho s’emploie pour produire un adhésif qui entre dans la fabrication du contreplaqué. Le sorgho doux convient à la production d’alcool, la bagasse quant à elle étant une bonne source de pâte à papier destinée à produire du papier kraft, du papier journal et des planches de fibres. Le sorgho possède différentes applications dans la médecine traditionnelle africaine : des extraits de graines se boivent pour traiter l’hépatite, et des décoctions de brindilles se prennent avec du citron contre la jaunisse ; feuilles et panicules entrent dans la composition de préparations végétales prises en décoctions contre l’anémie. Les Salkas, population du nord du Nigeria, utilisent le sorgho comme poison de flèche. Le pigment rouge, qui aurait des propriétés antimicrobiennes et antifongiques, sert aussi de remède à l’anémie en médecine traditionnelle.

Production et commerce international

Le sorgho-grain occupe le cinquième rang mondial des céréales, après le blé, le riz, le maïs et l’orge. En Afrique, il arrive à la seconde place après le maïs en termes de production. D’après les estimations de la FAO, la production mondiale moyenne de sorgho-grain en 1999–2003 s’est élevée à 57,7 millions de t/an sur 42,6 millions d’ha. La production en Afrique subsaharienne était de 19,0 millions de t/an sur 22,8 millions d’ha. Les principaux pays producteurs sont les Etats-Unis (12,0 millions de t/an en 1999–2003 sur 3,2 millions d’ha), l’Inde (7,6 millions de t/an sur 9,8 millions d’ha), le Nigeria (7,6 millions de t/an sur 6,9 millions d’ha), le Mexique (6,0 millions de t/an sur 1,9 millions d’ha), le Soudan (3,4 millions de t/an sur 5,3 millions d’ha), l’Argentine (3,0 millions de t/an sur 630 000 ha), la Chine (3,0 millions de t/an sur 840 000 ha), l’Australie (1,9 millions de t/an sur 690 000 ha), l’Ethiopie (1,4 millions de t/an sur 1,2 millions d’ha) et le Burkina Faso (1,3 millions de t/an sur 1,4 millions d’ha). En Afrique subsaharienne, la production annuelle est passée de près de 10 millions de t sur 13 millions d’ha au début des années 1960 à environ 20 millions de t sur 25 millions d’ha au début des années 2000.

La quasi totalité du sorgho vendu sur les marchés internationaux est destinée à l’alimentation du bétail. Les exportations mondiales de sorgho en 1998–2002 se sont élevées en moyenne à 6,3 millions de t/an, et provenaient presque toutes des Etats-Unis (5,6 millions de t/an). Les principaux importateurs sont le Mexique et le Japon. En Afrique tropicale, l’essentiel du sorgho est cultivé pour l’autoconsommation (sauf pour la production de bière). En Afrique australe et orientale, le malt de sorgho destiné à la brasserie est devenu une industrie commerciale à grande échelle, qui utilise près de 150 000 t de sorgho par an. En Ouganda, la production commerciale d’une bière de type lager utilisant du sorgho au lieu de l’orge est en passe de devenir une grande réussite (ses besoins annuels en sorgho sont de 3000 t) et elle est très prometteuse pour d’autres pays africains. Au Nigeria, le maltage du sorgho est devenu une industrie de premier plan dans la brasserie de lager et de stout et pour les boissons maltées, et elle utilise près de 15 000 t de sorgho par an. En Afrique du Sud, on trouve des céréales instantanées pour le petit déjeuner à base de sorgho, de qualité similaire aux produits à base de blé ou de maïs, mais bien moins chères. Leur production annuelle, qui est de 12 000 t, ne cesse d’augmenter.

En Afrique de l’Ouest, de petites bottes de 4–6 gaines foliaires de cultivars de sorgho tinctorial sont en vente sur les marchés locaux (dans les années 1990, leur prix était d’environ 150 CFA). En 1993 au Burkina Faso, on a réussi à extraire chimiquement le pigment rouge de la gaine foliaire de sorgho et on l’a mis en vente sur le marché international sous forme d’une poudre sèche.

Propriétés

La composition du grain de sorgho, par 100 g de partie comestible, est : eau 9,2 g, énergie 1418 kJ (339 kcal), protéines 11,3 g, lipides 3,3 g, glucides 74,6 g, Ca 28 mg, P 287 mg, Fe 4,4 mg, vitamine A 0 UI, thiamine 0,24 mg, riboflavine 0,14 mg, niacine 2,9 mg et acide ascorbique 0 mg. La composition en acides aminés essentiels, par 100 g de partie comestible, est : tryptophane 124 mg, lysine 229 mg, méthionine 169 mg, phénylalanine 546 mg, thréonine 346 mg, valine 561 mg, leucine 1491 mg et isoleucine 433 mg. Les principaux acides gras, par 100 g de partie comestible, sont : acide linoléique 1305 mg, acide oléique 964 mg et acide palmitique 407 mg (USDA, 2004). Le grain de sorgho est tout d’abord limitant en lysine, et ensuite en méthionine et en thréonine. Pour l’essentiel, la protéine du sorgho est constituée de prolamine (39–73%), qui est peu digeste. Par conséquent, la protéine disponible dans le grain de sorgho ne dépasse d’ordinaire pas 8–9%. La teneur en tanin du sorgho affecte également sa valeur nutritionnelle. On distingue chez le sorgho des types à teneur en tanin élevée et des types à teneur faible. Les types à teneur élevée en tanin (qu’on appelle parfois les “sorghos bruns”, même si le grain est parfois blanc, jaune ou rouge) offrent une moindre valeur nutritionnelle tout en présentant des avantages sur le plan agronomique, comme la résistance aux oiseaux, aux insectes, aux champignons et une moindre tendance à germer sur la panicule. Les types de sorgho dont le grain est dépourvu de paroi pigmentée (les “sorghos blancs”) ne contiennent pas de tanins concentrés et ont une valeur nutritionnelle équivalente à celle du maïs. Le décorticage, le blanchiment, le maltage ou l’immersion des grains de sorgho dans des solutions alcalines réduisent leur teneur en tanin de manière significative. En général, l’albumen représente 82–84% du poids du grain, le germe 9–10% et la paroi du grain 6–8%. Les granules d’amidon de l’albumen ont un diamètre de (4–)15(–25) μm. L’amidon contient habituellement 70–80% d’amylopectine et 20–30% d’amylose, mais il existe des types qui contiennent 100% d’amylopectine et d’autres près de 62% d’amylose. La température de gélatinisation est de 68–75°C. Le grain de sorgho ne contient pas de gluten et, à moins de le mélanger à du blé, il ne peut servir à produire des aliments levés.

La composition de la plante verte est variable en fonction de l’âge et du cultivar, mais elle comporte en général 78–86 g d’eau par 100 g de produit frais. Sur la base du poids sec, elle contient, par 100 g : protéines 12 g, glucides 40–50 g et fibres 20–30 g. La dhurrine, un hétéroside, est présente dans les parties aériennes de la plupart des sorghos. La dhurrine est hydrolysée en acide cyanhydrique (HCN), toxique puissant qui peut tuer les bêtes qui le broutent. Il est surtout concentré dans les jeunes feuilles et les talles ainsi que chez les plantes qui souffrent de la sécheresse. La teneur en HCN, qui décroît habituellement avec l’âge, atteint des niveaux non toxiques 45–50 jours après la plantation, et l’acide est détruit lorsque on transforme le fourrage en foin ou en ensilage.

Le pigment rouge des cultivars tinctoriaux est composé de substances anthocyaniques, particulièrement riches (95%) en un chlorure stable, l’apigéninidine (3-désoxyanthocyanidine), et en tanins du groupe condensé des proanthocyanidines (qui produisent des phlobaphènes rouges). Le pigment rouge de la gaine foliaire du sorgho fait plus de 20% du poids sec. Le rôle du champignon non pathogène Bipolaris maydis dans la production d’apigéninidine de ces cultivars mérite un approfondissement des recherches. Utilisé sans mordant, le colorant tiré du sorgho donne un rouge sombre qui est assez solide et qui est encore très utilisé en Afrique de l’Est, en particulier au Soudan et en Ethiopie, pour teindre le cuir, le coton, et les herbes et roseaux qui servent aux nattes tissées. Les noirs sont obtenus avec de la soude carbonatée et des mordants ferriques. Dans les grains de sorgho rouge on a isolé les pigments suivants : apigénine, querciméritrine, glucosides de kaempférol, glucosides d’apigénidine, apigéninidine, lutéolinidine et 7-O- méthyl-lutéoline-glucoside. Les composants du colorant rouge isolé de la tige des cultivars de sorgho rouge sont une anthocyanidine : l’apigéninidine (17%) et des flavonoïdes : la lutéoline (9%) et l’apigénine (4%). La propriété attribuée au pigment rouge de guérir l’anémie a été confirmée dans des essais sur les rats.

Description

  • Graminée annuelle atteignant 5 m de haut, à talle(s) unique ou multiples, partant de la base ou des nœuds de la tige ; racines concentrées dans les 90 premiers cm du sol mais pouvant parfois s’étendre à une profondeur deux fois plus grande, s’étalant latéralement jusqu’à 1,5 m ; tige (chaume) pleine, habituellement érigée.
  • Feuilles alternes, simples ; gaine de 15–35 cm de long, souvent à pruine cireuse, garnie d’une bande de courts poils blancs à la base à proximité de l’attache, rougeâtre chez les cultivars tinctoriaux, auriculée ; ligule courte, d’environ 2 mm de long, ciliée sur le bord supérieur libre ; limbe lancéolé à linéaire-lancéolé, de 30–135 cm × 1,5–13 cm, érigé au départ puis s’incurvant, bords plats ou ondulés.
  • Inflorescence : panicule terminale atteignant 60 cm de long ; rachis court ou allongé, pourvu de rameaux primaires, secondaires et parfois tertiaires, aux épillets par groupes de deux ou trois aux extrémités des rameaux.
  • Epillet sessile et bisexué, ou bien pédicellé et mâle ou stérile, à 2 fleurs ; épillet sessile de 3–10 mm de long, à glumes de longueur à peu près égale, glume inférieure à 6–18 nervures, habituellement munie d’une grosse nervure en forme de carène de chaque côté, glume supérieure habituellement plus étroite et plus pointue, à carène centrale sur une partie de sa longueur, fleur inférieure constituée seulement d’une lemme, fleur supérieure bisexuée, à lemme fendue à l’apex, avec ou sans arête géniculée et torse, paléole (le cas échéant) petite et mince, lodicules 2, étamines 3 ; ovaire supère, 1-loculaire, à 2 styles allongés se terminant en stigmates plumeux ; épillet pédicellé persistant ou caduc, plus petit et plus étroit que l’épillet sessile, souvent constitué de deux glumes seulement, parfois à fleur inférieure constituée seulement d’une lemme et fleur supérieure avec la lemme, 2 lodicules et 3 étamines.
  • Fruit : caryopse (grain), habituellement partiellement couvert par les glumes, de 4–8 mm de diamètre, arrondi et à pointe obtuse.

Autres données botaniques

Le genre Sorghum comprend 20–30 espèces. Sorghum bicolor appartient à la section Sorghum ainsi que les deux espèces pérennes Sorghum halepense (L.) Pers. et Sorghum propinquum (Kunth) Hitchc. Actuellement, Sorghum bicolor est généralement considéré comme un complexe plante cultivée/adventice extrêmement variable, comprenant des types sauvages, adventices et annuels cultivés (classés comme des sous-espèces) qui sont totalement interfertiles. Les types cultivés sont classés dans la subsp. bicolor (synonymes : Sorghum ankolib Stapf, Sorghum caudatum Stapf, Sorghum cernuum Host, Sorghum dochna (Forssk.) Snowden, Sorghum durra (Forssk.) Stapf, Sorghum membranaceum Chiov., Sorghum nigricans (Ruiz & Pav.) Snowden, Sorghum subglabrescens (Steud.) Schweinf. & Asch., Sorghum vulgare Pers.) et on les sépare en races différentes sur la base de la morphologie du grain, de la forme de la glume et du type de panicule. Cinq races de base et 10–15 combinaisons hybrides de 2 ou plus de ces races sont reconnues et groupées dans la subsp. bicolor. Une classification en groupes de cultivars serait toutefois plus appropriée. Les 5 races de base sont les suivantes :

  • Bicolor : c’est le sorgho cultivé le plus primitif, qui se caractérise par des inflorescences lâches et de longues glumes embrassantes qui à maturité renferment le grain, généralement petit. Ses cultivars sont exploités en Afrique et en Asie, certains pour leurs tiges sucrées dont on fait du sirop ou de la mélasse, et d’autres pour leurs grains amers qui servent à aromatiser la bière de sorgho, mais qui sont peu importants. Ils sont fréquents dans les milieux humides.
  • Caudatum : se caractérise par des grains en dos de tortue qui sont aplatis d’un côté et courbes de l’autre ; la morphologie de la panicule est variable et les glumes sont habituellement bien plus courtes que le grain. Ses cultivars sont largement cultivés dans le nord-est du Nigeria, au Tchad, au Soudan et en Ouganda. Les types utilisés pour la teinture en font également partie, et les Haoussas au Nigeria les désignent sous le nom de “karan dafi”.
  • Durra : se caractérise par des inflorescences compactes, des épillets sessiles typiquement aplatis, et des glumes inférieures plissées ; le grain est souvent sphérique. Ses cultivars sont largement cultivés à la lisière sud du Sahara, en Asie occidentale et dans certaines régions de l’Inde. Le type durra est prédominant en Ethiopie et dans la vallée du Nil au Soudan et en Egypte. C’est la plus spécialisée et la plus évoluée de toutes les races et on trouve de nombreux gènes utiles chez ce type. Les cultivars durra ont un cycle de végétation qui va de long à court. La plupart résistent à la sécheresse.
  • Guinea : se caractérise par des inflorescences généralement grandes et lâches aux rameaux souvent retombants à maturité ; le grain est typiquement aplati et tordu en oblique par rapport aux longues glumes béantes à maturité. Le sorgho guinea est présent avant tout en Afrique de l’Ouest, mais on le cultive aussi le long du rift d’Afrique de l’Est, depuis le Malawi jusqu’au Swaziland ; il s’est également propagé en Inde et dans les régions côtières de l’Asie du Sud-Est. De nombreux sous-groupes peuvent être distingués, dont certains ont des cultivars bien adaptés à des régimes de précipitations élevées ou faibles. Autrefois, le grain était souvent embarqué comme provision sur les navires en raison de sa bonne conservation.
  • Kafir : se caractérise par des panicules relativement compactes de forme souvent cylindrique, des épillets sessiles elliptiques et des glumes étroitement embrassantes, généralement bien plus courtes que le grain. Le sorgho kafir est un aliment de base important dans les savanes de l’est et du sud, de la Tanzanie à l’Afrique du Sud. Les variétés locales de kafir tendent à être indifférentes à la photopériode et la plupart des lignées mâle-stérile importantes sur le plan commercial dérivent de ce type.

Les races hybrides présentent des combinaisons variées et des formes intermédiaires entre les caractéristiques des 5 races de base. On trouve les durra-bicolor principalement en Ethiopie, au Yémen et en Inde ; le guinea-caudatum est un sorgho très important cultivé au Nigeria et au Soudan, et le guinea-kafir se cultive en Afrique de l’Est et en Inde. Le kafir-caudatum est largement cultivé aux Etats-Unis, et la quasi totalité des cultivars hybrides modernes de sorgho-grain en Amérique du Nord sont de ce type. Le guinea-caudatum, avec son albumen jaune et ses grains de grande taille, est utilisé aux Etats-Unis dans les programmes d’amélioration génétique.

Les représentants sauvages sont classés dans la subsp. verticilliflorum (Steud.) Piper (synonymes : Sorghum arundinaceum (Desv.) Stapf, Sorghum bicolor (L.) Moench subsp. arundinaceum (Desv.) de Wet & J.R.Harlan) : annuelle en touffes ou vivace à vie courte, à chaumes minces à trapus, atteignant 4 m de haut ; limbe de la feuille linéaire-lancéolé, atteignant 75 cm × 7 cm ; panicules habituellement grandes, quelque peu resserrées à lâches, atteignant 60 cm × 25 cm, rameaux ascendants obliquement, étalés ou retombants. Les types sauvages, qui couvrent toute la savane africaine, ont été introduits en Australie tropicale, dans certaines régions de l’Inde et dans le Nouveau Monde.

Les plantes adventices sont généralement considérées comme des hybrides entre subsp. bicolor et subsp. verticilliflorum, et appelées subsp. drummondii (Steud.) de Wet (synonymes : Sorghum × drummondii (Steud.) Millsp. & Chase, Sorghum aterrimum Stapf, Sorghum sudanense (Piper) Stapf) ; on les trouve en Afrique partout où le sorgho cultivé et ses cousins sauvages sont sympatriques, car ils se croisent librement. Ces plantes adventices viennent dans les champs récemment abandonnés et à la lisière des champs, et elles sont très persistantes ; tige atteignant 4 m de haut ; limbe de la feuille lancéolé, atteignant 50 cm × 6 cm ; panicule habituellement relativement resserrée, atteignant 30 cm × 15 cm, à rameaux souvent retombants. Une graminée fourragère bien connue, le “Sudan-grass” appartient à cet agrégat.

Croissance et développement

La température optimale de germination des graines de sorgho est de 27–35°C. La levée des plantules prend 3–10 jours. L’initiation des panicules a lieu à peu près au tiers du cycle de croissance. A ce stade, le nombre total de feuilles (7–24) a été déterminé et près d’un tiers de la superficie totale des feuilles s’est développé. Le rapide développement des feuilles, l’élongation de la tige et l’expansion des entre-nœuds suivent l’initiation de la panicule. Une croissance rapide de la panicule a également lieu. Lorsque la feuille terminale est visible, toutes les feuilles, à l’exception des 3 ou 4 dernières, sont complètement ouvertes et l’interception de la lumière touche à son maximum ; les feuilles inférieures ont entamé leur sénescence. Au cours de la montaison, la panicule qui se développe a presque atteint sa taille définitive et elle est nettement visible dans la gaine foliaire ; l’ouverture des feuilles est achevée. Le pédoncule pousse rapidement et la panicule sort de la gaine foliaire. La floraison ne tarde pas à suivre l’émergence de la panicule, le délai étant largement influencé par la température. La floraison de chaque panicule, qui se fait du haut vers le bas, peut mettre 4–9 jours. Le sorgho est avant tout autogame ; il peut y avoir un taux de pollinisation croisée de 0–50%, mais la moyenne est d’environ 5–6%. Le remplissage du grain a lieu rapidement entre la floraison et le stade laiteux-pâteux, et c’est au cours de cette période que s’accumule environ la moitié de la matière sèche totale. Les feuilles du bas poursuivent leur sénescence et meurent. Au stade pâteux, le poids sec du grain atteint environ les trois quarts de son niveau ultime. A la maturité physiologique, déterminée par l’apparition d’une couche sombre sur le hile (là où le grain est attaché à la panicule), le poids sec maximal est atteint. A ce stade, la teneur en humidité du grain se situe d’habitude à 25–35%. Le délai entre floraison et maturité dépend des conditions du milieu, mais normalement il représente à peu près un tiers de la durée du cycle cultural. Le grain continue à sécher, depuis sa maturité physiologique jusqu’à la récolte, qui a généralement lieu lorsque la teneur en humidité du grain est tombée en dessous de 20%. Les feuilles peuvent soit dépérir rapidement soit rester vertes et reprendre leur croissance si les conditions s’y prêtent. Les cultivars précoces de sorgho ont un cycle de 100 jours ou moins, tandis que le sorgho à cycle long requiert 5–7 mois. Le sorgho a une photosynthèse en C4.

Ecologie

Le sorgho est surtout une plante des milieux tropicaux chauds et semi-arides qui sont trop secs pour le maïs. Il est particulièrement adapté à la sécheresse en raison d’un ensemble de caractéristiques morphologiques et physiologiques, notamment un système racinaire étendu, la pruine de ses feuilles qui limite ses pertes en eau, et une aptitude à interrompre sa croissance pendant les périodes de sécheresse et à la reprendre une fois le stress disparu. Des précipitations de 500–800 mm également réparties pendant la saison de production conviennent généralement aux cultivars qui mûrissent en 3–4 mois. Le sorgho tolère l’asphyxie racinaire et on peut le faire pousser dans des zones à fortes précipitations. Il tolère des températures de tous niveaux et il est largement cultivé dans les régions tempérées et sous les tropiques jusqu’à 2300 m d’altitude. La température optimale est de 25–31ºC, mais des températures aussi faibles que 21°C n’ont pas d’incidence grave sur la croissance et le rendement. Mais si la température nocturne tombe en dessous de 12–15°C au cours de la période de floraison, cela peut entraîner la stérilité. Le sorgho est sensible au gel, mais moins que le maïs, et de légères gelées nocturnes pendant la période de maturation provoquent peu de dégâts. Le sorgho est une plante de jours courts qui réagit de diverses façons à la photopériode. A des latitudes élevées, certains cultivars tropicaux ne fleurissent pas ou ne produisent pas de graines. Aux Etats-Unis, en Australie et en Inde, on a noté l’existence de cultivars moyennement sensibles à quasiment insensibles à la photopériode.

Le sorgho est bien adapté à une culture sur les vertisols lourds que l’on trouve couramment dans les tropiques, où sa tolérance à l’asphyxie racinaire est souvent nécessaire, mais les sols sableux légers lui conviennent tout autant. C’est toutefois sur les limons et les limons sableux que sa culture réussit le mieux. La fourchette de pH du sol supportée par le sorgho est de 5,0–8,5, et il tolère davantage la salinité que le maïs. Il est adapté aux sols pauvres et peut produire du grain sur des sols où beaucoup d’autres cultures échoueraient.

Dans les plaines inondables des fleuves Sénégal et Niger et dans certaines régions du Tchad et du Cameroun, le sorgho se sème au début de la saison sèche, lorsque l’eau se retire, et la culture survit sur l’humidité résiduelle (c’est une “culture de décrue”).

Multiplication et plantation

Le sorgho est habituellement cultivé par semis. Le poids de 1000 graines est de 13–40 g. La dormance des graines n’est pas courante chez le sorgho cultivé. Il est préférable que le lit de germination soit fin, mais c’est rarement le cas. Les graines se sèment généralement directement dans un sillon derrière la charrue ; mais on peut semer à la volée et herser pour enfouir les semences dans la terre. L’espacement idéal des plantes dépend du type de sol et de l’humidité disponible. Dans les régions de faibles précipitations, un peuplement de 20 000 pieds/ha est la norme, et dans les régions de fortes précipitations, 60 000 pieds/ha. Pour des conditions favorables, des espacements de 45–75 cm entre les lignes et de 15–25 cm sur la ligne, soit 80 000–180 000 poquets par ha, sont la norme ; pour des conditions sèches ou de moindre fertilité, il faut des lignes espacées de 1 m, ou un semis à la volée à raison de 6 kg de semences par ha. Une profondeur de plantation de 2,5–5 cm est courante, et on peut semer jusqu’à 25 graines par poquet. Il arrive qu’on sème en pépinière et qu’on repique au champ au début de la saison sèche ; c’est le cas des plaines inondables autour du lac Tchad en Afrique (le “sorgho repiqué”). On repique parfois aussi le sorgho à sucre aux Etats-Unis. La multiplication végétative du sorgho est possible en divisant les talles pris sur des pieds en place et en les replantant, une pratique à laquelle les petits paysans ont recours pour combler les vides. Le sorgho peut se récolter en plus d’une fois en culture de repousse, par ex. dans les régions où le régime de précipitations est bimodal. Il se cultive souvent en association avec du maïs, du mil, du niébé, du haricot, de l’arachide et du voandzou ; en Inde, avec du pois cajan également.

Les cultivars tinctoriaux ne sont jamais cultivés en grandes quantités. D’habitude, les paysans en font quelques pieds dans leur champ habituel de sorgho ou autour, ou bien à proximité de leur maison.

Gestion

Le sorgho souffre de la concurrence des adventices au cours des premiers stades de sa croissance, et il est recommandé de désherber tôt, lorsqu’il en est au stade du semis. En Afrique tropicale, le désherbage se fait souvent à la houe une ou deux fois, mais il arrive qu’on ait recours à des bineuses tirées par des bêtes de somme ou des tracteurs. Dans les endroits où le chiendent (Cynodon dactylon (L.) Pers.) pose problème, il est nécessaire de désherber plus souvent. Le désherbage du sorgho peut se faire en combinant un binage entre les lignes à l’aide d’outils tirés par des bêtes de somme avec un désherbage manuel sur la ligne. La lutte chimique contre les mauvaises herbes est pratiquement inexistante chez les petits paysans. L’éclaircissage peut être effectué en même temps que le désherbage manuel, ou à intervalles réguliers pendant le cycle cultural, surtout là où les plantes issues de l’éclaircissage servent à nourrir le bétail. Il est rare que les paysans en agriculture de subsistance emploient des engrais, mais l’application de fumier de ferme ou encore de cendres est courante. En Afrique du Sud et aux Etats-Unis, des doses élevées d’engrais sont utilisées dans la production du sorgho. En Afrique tropicale, le sorgho est essentiellement une culture pluviale, mais au Soudan elle se pratique sous irrigation. La rotation avec du maïs, du mil, de l’éleusine, du coton et d’autres cultures est pratiquée. En raison de sa tolérance à une faible fertilité du sol, le sorgho est souvent planté tard dans la rotation. Sous certaines conditions, les racines de sorgho en décomposition ont des effets allélopathiques sur les cultures qui le suivent, dont le sorgho lui-même.

Maladies et ravageurs

Les pourritures courantes des semences et des semis du sorgho sont provoquées par des champignons transmis par les semences et le sol : Aspergillus, Fusarium, Pythium, Rhizoctonia et Rhizopus spp. La lutte se fait au moyen de traitements fongicides des semences. L’anthracnose (Colletotrichum graminicola) est courante dans les régions chaudes et humides d’Afrique. Le recours à des cultivars résistants et la rotation des cultures font partie des mesures de lutte. Le mildiou (Peronosclerospora sorghi) peut provoquer de lourdes pertes de rendement ; le recours à des cultivars résistants et le traitement des semences sont recommandés. Les charbons (Sporisorium spp.) sont d’importantes maladies de la panicule. La lutte contre le charbon couvert et le charbon nu se fait à l’aide d’un traitement fongicide des semences ; contre le charbon de la panicule et le charbon allongé, on a recours à des cultivars résistants et à des pratiques culturales comme la rotation des cultures et l’élimination des panicules infectées. La pourriture du grain est provoquée par un complexe d’agents pathogènes fongiques (surtout Cochliobolus lunatus (synonyme : Curvularia lunata), Fusarium spp. et Phoma sorghina) qui infecte le grain au cours de son développement et qui peut entraîner une décoloration et une perte de qualité importantes. Elle est particulièrement grave lors des saisons où les pluies se prolongent pendant toute la maturation du grain et retardent la récolte. Parmi les mesures de lutte, on peut citer l’ajustement de la date de semis pour éviter une maturation par temps humide, et le recours à des cultivars résistants.

Les ravageurs importants du sorgho en Afrique tropicale sont la mouche du sorgho (Atherigona soccata) et des foreurs de tiges (en particulier Busseola fusca, Chilo partellus et Sesamia calamistis). Les larves de la mouche du sorgho s’attaquent aux pousses des semis et aux talles, et provoquent les “cœurs morts”. Les foreurs de tiges quant à eux font des dégâts à tous les stades de la culture. Les dégâts causés par les mouches du sorgho et les foreurs de tiges peuvent être réduits en procédant à un semis précoce et non échelonné, et un traitement des semences ou du sol aux insecticides. La résistance à la mouche du sorgho est associée avec un rendement faible. Les légionnaires (Spodoptera et Mythimna spp.) comptent parmi les ravageurs du feuillage ; on les élimine avec des insecticides de contact. Les larves de la cécidomyie du sorgho (Stenodiplosis sorghicola, synonyme : Contarinia sorghicola) se nourrissent des jeunes grains de la panicule. On peut limiter les dégâts en semant des cultivars précoces et en évitant d’échelonner le semis. Des punaises des panicules (Eurystylus et Calocoris spp.) piquent les grains en cours de développement, ce qui aboutit à une perte de rendement, une déformation et une décoloration du grain, ainsi qu’une contamination par moisissures. Le sorgho du type guinea est généralement moins touché.

En pratique, les méthodes de lutte contre les maladies et ravageurs, essentiellement préventives ou culturales, font appel entre autres au choix de dates optimales de semis, au traitement des semences et à la rotation des cultures. La précocité du semis revêt une importance toute particulière comme mécanisme permettant d’éviter le pullulement des insectes à des époques où les plantes sont le plus sensibles aux dégâts. On dispose chez les plantes hôtes de niveaux de résistance élevés à la cécidomyie du sorgho, mais seulement de faibles niveaux pour les autres ravageurs. La lutte chimique contre les maladies et les insectes ravageurs est rarement mise en œuvre en Afrique tropicale.

Les oiseaux, en particulier Quelea quelea, provoquent d’importantes pertes de rendement. Les mesures de lutte font appel entre autres au choix de dates de semis adaptées, à une récolte au bon moment, aux épouvantails et à la destruction des dortoirs et des sites de nidification des oiseaux. Le sorgho brun n’a pas autant la préférence des oiseaux que le sorgho blanc, exempt de tanin.

Le sorgho est très sensible aux dégâts provoqués par les ravageurs des greniers, les principaux étant le charançon du riz (Sitophilus oryzae), le ver de la farine (Tribolium castaneum) et l’alucite des céréales (Sitotroga cerealella). On peut limiter les dégâts en faisant correctement sécher le grain avant son stockage. Par ailleurs, les cultivars à grains durs sont moins touchés.

Les Striga adventices parasites (en particulier Striga hermonthica (Del.) Benth., mais aussi Striga asiatica (L.) Kuntze, Striga densiflora Benth. et Striga forbesii Benth.) sont devenues une contrainte de poids dans la culture du sorgho, surtout en Afrique où les infestations graves peuvent entraîner des pertes de grains de 100% et l’abandon des terres. On peut lutter contre les Striga au moyen de méthodes culturales comme la rotation avec des cultures pièges ou avec des plantes non sensibles (par ex. l’arachide, le coton ou le tournesol), une élimination rigoureuse des mauvaises herbes avant la floraison et l’emploi d’engrais azotés et d’herbicides. Un petit nombre de cultivars résistants ou tolérants à Striga ont été identifiés.

Récolte

Le sorgho se récolte d’habitude lorsque la teneur en humidité du grain tombe en dessous de 20% et que le grain a durci. La récolte se fait à la main à l’aide d’un couteau afin de couper les panicules, que l’on stocke temporairement dans des sacs avant de les emporter à l’aire de battage pour les laisser encore sécher jusqu’à ce que le taux d’humidité atteigne 12–13%. Une autre méthode consiste à couper la plante entière ou à l’arracher et à en retirer la panicule plus tard. Une moisson mécanisée est possible, mais nombreux sont les petits paysans qui ne peuvent pas s’offrir les équipements nécessaires. En Afrique du Sud, la récolte à la moissonneuse-batteuse est plus courante.

Pour la production de colorant, on récolte les gaines foliaires lorsque la plante arrive à maturité, environ 4–6 mois après le semis. Elles peuvent être utilisées immédiatement ou séchées et conservées.

Le sorgho fourrager pluvial ne se coupe généralement qu’une seule fois, peu de temps après sa floraison. Pour les sorghos fourragers cultivés dans des conditions plus favorables, généralement sous irrigation et avec des taux élevés d’engrais, on peut les récolter puis les laisser repousser.

Le sorgho à balais se récolte à la main car on ne dispose pas de moissonneuses mécaniques. Le sorgho à sucre se récolte lorsque le grain est au stade laiteux-pâteux, quand la teneur en sucre de la tige est au plus haut.

Rendement

Les rendements moyens en sorgho-grain obtenus sur les champs des paysans d’Afrique ne dépassent pas 0,5–0,9 t/ha, parce que le sorgho est souvent cultivé dans des zones marginales avec des pratiques agricoles traditionnelles (peu d’intrants, variétés locales traditionnelles). Mais dans des conditions favorables, le sorgho peut produire jusqu’à 13 t/ha de grain. En Afrique du Sud, avec des pratiques d’agriculture intensive et des cultivars améliorés, le rendement commercial moyen était de 2,3 t/ha en 2001. En Chine, où le sorgho se cultive avec des niveaux d’intrants élevés, le rendement moyen est de 3,6 t/ha et aux Etats-Unis de 3,8 t/ha.

Pour le fourrage, les rendements produits par des cultivars et des hybrides récoltés en une seule fois peuvent atteindre 20 t/ha de matière sèche. Les cultivars et les hybrides à coupes multiples ne donnent généralement des rendements totaux à peine supérieurs mais produisent un fourrage de meilleure qualité. Le sorgho à sucre produit environ 1000 l de sirop par ha aux Etats-Unis. Les rendements moyens du sorgho à balais sont de 300–600 kg/ha, assez pour faire 350–800 balais.

Traitement après récolte

Une fois récolté, le grain de sorgho est d’habitude mis à sécher au soleil, souvent sur la panicule. Les panicules, surtout celles que l’on garde pour les semences, peuvent être conservées accrochées au plafond des cuisines au-dessus des feux de cuisson, dont la fumée aide à décourager les attaques d’insectes. Une autre possibilité consiste à battre les panicules une fois séchées et à stocker le grain dans des greniers bâtis au-dessus ou en dessous du sol, de manière à empêcher les attaques d’insectes.

Les préparations culinaires traditionnelles de sorgho sont assez variées. On peut moudre le grain entier pour en faire de la farine ou le décortiquer avant la mouture pour donner un produit à fine granulométrie ou une farine qu’on utilise ensuite dans différents produits alimentaires. Pour préparer la bouillie, on fait bouillir de l’eau et on y ajoute de la farine de sorgho petit à petit jusqu’à obtenir la consistance souhaitée. Il faut remuer régulièrement pour bien mélanger les ingrédients. Une autre forme simple de préparation alimentaire est de faire cuire le grain à l’eau avant ou après décorticage. Pour fabriquer de la bière, on fait germer les grains, on les met à sécher, on les réduit en farine et on les mélange à de l’eau, puis on laisse fermenter dans un endroit chaud pendant quelques jours. Pour confectionner la boisson non fermentée nommée “mageu” au Botswana et en Afrique du Sud, on mélange du malt de sorgho moulu à de l’eau et on le laisse à température ambiante pendant 2–3 jours. Il peut être nécessaire de remuer de temps en temps.

Pour teindre les peaux avec de la teinture de sorgho, la méthode traditionnelle en Afrique de l’Ouest consiste à préparer un extrait aqueux de cendres de bois, de préférence de bois d’Anogeissus leiocarpa (DC.) Guill. & Perr., que l’on laisse reposer 3–4 heures. Le principe actif principal de cette lessive est le carbonate de potassium ou de sodium. Les gaines foliaires rouges sont réduites en poudre et placées dans un grand récipient dans lequel on procède à la teinture. De temps en temps, on y ajoute un peu de lessive que l’on dissout à l’eau claire selon les besoins, ce qui donne un liquide rouge cramoisi. La peau tannée, que l’on a au préalable enduite d’huile, est roulée côté tanné vers l’extérieur, puis plongée pendant environ deux minutes dans le bain de teinture, et ensuite essorée et secouée. Un autre procédé consiste à peindre sur la surface tannée avec les doigts ou au pinceau. Puis la peau est rincée dans de l’eau froide acidifiée avec du jus de lime ou de la pâte de tamarin. Une fois la peau séchée, on achève le processus en la frottant avec une pierre lisse sur un bloc de bois. On estime que 1,25 l de bain de teinture suffit pour environ 6 peaux de taille moyenne. Dans une autre recette, on utilise une trentaine de gaines foliaires de sorgho, environ une demi-cuillerée de soude, une poignée de gousses de “sant” (Acacia nilotica (L.) Willd. ex Delile) ou 2 poignées de copeaux d’écorce de palétuviers, 2 cuillerées d’huile de palme et 1,5 l d’eau. On mélange tous ces ingrédients, on les fait bouillir, on y ajoute le jus de 5 ou 6 limes, puis on laisse mijoter le liquide pendant 2 heures. Il est ensuite prêt à être appliqué sur la peau, à la brosse ou en frottant.

Afin d’obtenir une teinture de qualité élevée et constante, une technique d’extraction en laboratoire a été conçue au Burkina Faso. Les gaines foliaires de sorgho sont broyées en fines particules auxquelles on ajoute un solvant dans un support acide ou alcalin (les deux donnent des résultats similaires) et cela produit un liquide rouge. Par addition d’acide, le colorant est précipité puis centrifugé. Le produit final est une fine poudre rouge bordeaux dont la concentration en apigéninidine est de 50–60%, prête à l’emploi. De l’apigéninidine pure peut être obtenue en faisant subir à cette poudre une transformation supplémentaire.

Le sorgho fourrager peut être donné à manger vert au bétail, ou bien on peut le stocker de multiples manières pour l’utiliser plus tard. Le fourrage est souvent séché et mis en meules, ou il peut être ensilé. Les chaumes qui subsistent après la récolte du grain sont souvent pâturés par les animaux.

Ressources génétiques

Une collection très importante de ressources génétiques de sorgho est entretenue et distribuée aux chercheurs qui s’y intéressent par l’Institut international de recherche sur les plantes cultivées des zones tropicales semi-arides (ICRISAT) de Patancheru (Inde). C’est une collection qui compte plus de 36 000 entrées de toutes les principales régions de culture de sorgho du monde (90 pays). De vastes collections de ressources génétiques de sorgho sont également détenues aux Etats-Unis (Southern Regional Plant Introduction Station de Griffin, en Géorgie, 30 100 entrées ; National Seed Storage Laboratory de Fort Collins, dans le Colorado, 10 500 entrées) ainsi qu’en Chine (Institute of Crop Germplasm Resources (CAAS), à Pékin, 15 300 entrées). En Afrique tropicale, de grandes collections de ressources génétiques sont détenues au Zimbabwe (SADC/ICRISAT Sorghum and Millet Improvement Program, Matopos, 12 340 entrées), en Ethiopie (Institute of Biodiversity Conservation (IBC), à Addis Abeba, 7260 entrées), au Kenya (National Genebank of Kenya, Crop Plant Genetic Resources Centre, KARI, de Kikuyu, 3410 entrées) et en Ouganda (Serere Agricultural and Animal Production Research Institute, à Serere, 2635 entrées).

Sélection

Les principaux objectifs de sélection du sorgho portent sur des rendements élevés en grain, sur le grain blanc destiné à la consommation humaine et l’amélioration de sa valeur nutritionnelle et de sa qualité de transformation, et sur le grain rouge ou brun destiné à l’alimentation animale et à la brasserie. Dans de nombreux pays, on met l’accent sur la production de cultivars qui associent de gros rendements aussi bien en grain qu’en chaumes, étant donné l’importance des déchets pour l’alimentation animale. L’incorporation d’une résistance aux maladies et aux ravageurs les plus importants qui limitent les rendements et la tolérance aux stress abiotiques sont également de première importance. Des résistances aux pourritures du grain et à d’autres maladies ainsi qu’aux insectes ravageurs comme les punaises des panicules et la cécidomyie du sorgho ont été identifiées. Des cultivars de sorgho améliorés à rendement élevé sont disponibles dans la plupart des principaux pays producteurs. En font partie des cultivars et des hybrides produits à l’aide de la stérilité mâle cytoplasmique. Comparés aux variétés locales traditionnelles, ils sont assez indifférents à la photopériode et ils sont moins robustes, moins grands, et la qualité de leur grain est moins bonne ; en revanche leur potentiel de rendement est plus élevé. Des cultivars résistants à Striga ont été mis sur le marché en Afrique et en Inde, comme ‘Framida’ au Ghana et au Burkina Faso. Des cultivars résistants à la pourriture du grain sont également commercialisés. Des cultivars spéciaux offrant une production élevée de biomasse et une bonne qualité fourragère font l’objet de sélection pour l’alimentation animale. Les cultivars modernes de sorgho prédominent dans les Amériques, en Chine et en Australie, mais en Afrique ils occupent probablement moins de 10% des superficies cultivées en sorgho. En Inde, près de 50% de la superficie cultivée en sorgho est occupée par des cultivars modernes et 50% par des variétés locales traditionnelles.

Le génome du sorgho est relativement petit (environ 760 Mpb) comparé à celui du maïs (environ 2500 Mpb), et l’établissement de la carte physique de ce génome est en cours. Plusieurs cartes de liaisons génétiques ont été mises au point, principalement sur la base de marqueurs RFLP. Différents gènes ont été identifiés, comme par ex. les gènes associés à la résistance au charbon des panicules, aux taches foliaires et à l’égrenage. De nombreux QTL ont été cartographiés, ceux associés avec la hauteur de la plante, son tallage, la taille des grains, ainsi que la résistance à la sécheresse et la résistance à la rouille. La régénération in vitro de la plante a été réalisée à partir de cals dérivés de la base de jeunes feuilles, d’apex de pousses, d’inflorescences immatures et d’embryons immatures. On a mis au point des protocoles destinés à produire des plantes transformées de sorgho de façon stable à l’aide du bombardement de microprojectiles ou d’une transformation par Agrobacterium, mais ce sont des techniques peu efficaces, en particulier la première citée.

Perspectives

Le sorgho est une plante cultivée robuste, tolérante à la sécheresse, dotée d’un fort potentiel de rendement, qui joue un rôle important en Afrique tropicale et dans d’autres parties du monde, surtout comme ressource alimentaire pour les hommes et le bétail, mais aussi pour toutes autres sortes d’usages, y compris comme source de colorant. Le sorgho a perdu une partie des superficies sur lesquelles il était traditionnellement cultivé au profit du maïs, dont les rendements sont meilleurs dans des environnements plus favorables, qui est moins susceptible d’être attaqué par les oiseaux et dont la transformation est plus facile. Il faut toutefois s’attendre à ce que le sorgho reste une culture vivrière importante pour la sécurité alimentaire dans les environnements moins favorables de l’Afrique tropicale. Les gros problèmes de la culture du sorgho que la recherche et les sélectionneurs doivent résoudre sont les importantes pertes de rendement provoquées par les adventices parasites (en particulier Striga hermonthica), l’anthracnose, le mildiou, la pourriture du grain, la cécidomyie du sorgho et les foreurs de tiges. Les cultivars améliorés de sorgho ne sont pas largement cultivés en Afrique tropicale et l’amélioration des systèmes d’approvisionnement en semences doit aller de pair avec les programmes d’amélioration du sorgho dans cette région. Il est probable que la demande en sorgho pour des usages non traditionnels augmente. En particulier, l’utilisation du sorgho-grain dans l’alimentation animale, déjà bien établie dans de nombreux pays industrialisés, est susceptible de se banaliser dans les pays en développement. Cependant, le sorgho fait face à une forte concurrence de la part du maïs sur le marché international des céréales pour l’alimentation animale. De même, comme l’augmentation de la prospérité débouche sur une augmentation de la demande en viande et en produits laitiers, l’utilisation du sorgho comme plante fourragère dans les systèmes d’agriculture intensive de nombreuses régions tropicales est susceptible de s’étendre. L’utilisation du sorgho comme matière première destinée à des transformations industrielles va aussi augmenter. La recherche doit porter ses efforts sur des innovations susceptibles de réduire les coûts de production du sorgho. Elle doit notamment étudier comment accroître les niveaux de rendement des cultivars disponibles, et améliorer les pratiques agronomiques. Elle doit aussi mettre l’accent sur le renforcement de la résistance aux principaux stress biotiques et abiotiques et sur la production de cultivars plus riches en protéines de grande qualité.

Le colorant de sorgho pourrait bénéficier de la tendance à recourir aux colorants naturels dans l’alimentation et les produits cosmétiques. L’accroissement des coûts de récolte du sorgho à balais en Amérique du Nord et en Europe peut offrir des perspectives pour développer cette culture en Afrique.

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Sources de l'illustration

  • Stenhouse, J.W. & Tippayaruk, J.L., 1996. Sorghum bicolor (L.) Moench. In: Grubben, G.J.H. & Partohardjono, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 10. Cereals. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. pp. 130–136.

Auteur(s)

  • T.V. Balole, Botswana College of Agriculture, Private Bag 0027, Gaborone, Botswana
  • G.M. Legwaila, Botswana College of Agriculture, Private Bag 0027, Gaborone, Botswana

Citation correcte de cet article

Balole, T.V. & Legwaila, G.M., 2006. Sorghum bicolor (L.) Moench. In: Brink, M. & Belay, G. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 15 avril 2019.


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