Sloanea caribaea (Rollet, Antilles)
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Sloanea caribaea Krug et Urban ex Duss Fl. Phan. Antill. Franç. : 90 (1897).
Noms vernaculaires : Créole : Chatannyé (Ste-Lucie). Fr : Acomat-boucan (Guadeloupe, Martinique) ; Châtaignier ti feuilles (Dominique, Grenade) ; Chataignier (Ste-Lucie) ; Santinay (Ste Vincent). A : Small leaf santinay (St Vincent).
Note : Le mot boucan (en créole, feu) vient du Tupi Moukem : viande fumée (aussi chez les Caraïbes).
Description : Grand arbre, un des géants des Petites Antilles ; le plus gros arbre après Ceiba et quelques autres espèces (Dacryodes, Talauma, Tabebuia) ; peut atteindre 2 m de diamètre au-dessus des contreforts et 40 m de haut : Rivière La Pirogue, Morne Jacob, 300 m, Martinique. La hauteur de 60 m donnée par HOWARD semble exagérée. Pied : contreforts aliformes décurrents jusqu’à 5-6 m de haut, très ramifiés ; racines très traçantes à 2-3 m de l’arbre ; dos étroits concaves, plus ou moins sinueux et très ramifiés ; aussi racines aériennes sur les jeunes sujets. Écorce : épaisseur totale 5-6 mm pour un diamètre de 70 cm. Aspect externe : brun rougeâtre, sublisse, rugueuse par les lenticelles, 1-2 mm de diamètre. Liège 0,1 mm. Rhytidome : soulevé et caduc en grandes plaques sur les gros diamètres, laissant après la chute de larges marques brun clair. Écorce vivante : tranche orange, finement grumeleuse sur toute la section ; rayons de largeur constante orange clair, bien visibles en coupe transversale ; certains plus fins. Aubier : blanchâtre, éclat gras, rayons fins serrés. Feuilles : alternes, la plus petite des 5 espèces de Sloanea, entières lancéolées, 4-13 × 2-6 cm ; pétiole court, 1-2 cm, à 2 coudes ; feuilles souvent très mangées par les insectes ; stipules 10 × 2 mm, en triangle isocèle effilé. Fleurs : parfumées, blanc à crème, en cymes longues de 9 cm. Fruits : env. 15-25 mm de long, déhiscents en 2-4 valves moins épaisses que S. berteriana ; une graine à arille mince, vermillon, la recouvrant complètement ; la graine de taille et forme identiques à S. berteriana, a aussi l’arille lacinié dans sa moitié supérieure, mais moins noirâtre. Phénologie : sempervirent. Fleurit de mars à août (tous les 3 ou 4 ans), quelquefois plus fréquemment ; fruits souvent en février, mars ou avril ; aussi en juin. Habitat : forêt dense et d’altitude entre 100 et 800 m ; grégaire et localisé. Tempérament : plutôt sciaphile. Plantule : Type VI. Les cotylédons nettement succulents ressemblent à ceux de S. berteriana, mais sont moins sculptés à la face abaxiale. Ils sont aussi très fugaces. Les feuilles à marges amplement ondulées, mesurent 10 à 11 cm de long. Les nervures d’ordre II n’atteignent pas les marges. Les feuilles sont sombres, les axes marron, et un duvet léger (moins dense que chez S. berteriana) se manifeste sur les pétioles et le bourgeon apical.
Usages : Intérieur de maison (Imray) ; rouleaux de moulin. Peu employé pour la construction (DUSS). Le bois brûle vert comme Buchenavia capitata. Arbre de chasse (fruit mangé par les oiseaux).
Distribution générale : Petites Antilles et N de l’Amérique du Sud.
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Distribution aux Petites Antilles : Guadeloupe (Basse-Terre), Dominique, Martinique, Ste-Lucie, St Vincent, Grenade.
Matériel examiné : BT : BARRIER 2469, 2474, Forêt de Crème (GUAD) ; DUSS 617, Bains Jaunes (P) ; ROLLET 44, Trace Victor-Hugues, Matouba, 600-700 m (GUAD) ; ROLLET 1172, id., 750-800 m (GUAD) ; ROLLET 1371, montée Soufrière, 650-700 m (GUAD) ; TANDY 68, Forêt de Sarcelle, 200 m (GUAD) ; TANDY 78, Forêt de Bellevue, Pointe Noire, 450 m (GUAD) ; TANDY 95, Beausoleil, Soufrière, 700m (GUAD). D : NICOLSON and al. citent 5 spécimens, récoltés en forêt dense. SL : Ramage s.n., s.loc. (P). SV : HUC 1159, Cumberland Valley, Hermitage (GUAD).
Observations : BT : Nez Cassé, 800 m ; Monts Caraïbes, 500 m ; Trace des Contrebandiers, 300-400 m ; Soufrière, 950 m ; Forêt de Crème, 700 m ; Douville, 100 m ; Maison de la Forêt, 250 m ; Trace des Crêtes, 550-600 m (ROLLET). M : Rivière Absalon, 300-350 m ; Absalon-Duclos, 550-600 m ; entre Grand Rivière et Petit Morne, 380 m (FIARD & ROLLET) ; non grégaire, mais assez commun. SV : Hermitage, 250-300 m ; Vermont Trail, 400-450 m (ROLLET).
Bibliographie : (**Iconographie couleur). BEARD 1944, 1949 ; DUSS 1897 ; FIARD** 1992 ; FOURNET 1978 ; HONYCHURCH 1980 ; HOWARD 1989 ; Imray 1862 ; NICOLSON and al. 1991.
Anatomie du bois
- 1-(3)-(5)-25-(28)-(31)-36-39-50-55-56-(61)-62-68
Sloanea berteroana, Sloanea caribaea, Sloanea dentata, Sloanea dussii, Sloanea massonii :
- Bois parfait beige gris ou beige jaunâtre (S. caribaea), beige rosé (S. dentata , S. dussii, S. massonii) ou brun (S. berteroana), non ou très peu différencié de l’aubier, dur et lourd (0,80 à 1,00 g/cm3), à grain fin, maille fine mais distincte.
- Pores disséminés, isolés ou accolés radialement par 2 ou 3, au nombre de 10 à 20-(25) par mm2, à peine distincts à l’œil nu (diamètre moyen de 120-130 μm chez S. berteroana et S. dussii, plutôt inférieur à 100 μm chez les autres), plus ou moins fréquemment obstrués par des thylles. Perforations des éléments vasculaires uniques, très exceptionnellement en grilles ; ponctuations intervasculaires plus ou moins opposées, de 8 à 12 μm de diamètre.
- Parenchyme rare, limité à quelques cellules juxtavasculaires et, sporadiquement, en lignes terminales. Files de cellules composées de 4 à 6 éléments.
- Rayons de 2 tailles différentes, les uns 1-sériés composés de cellules carrées et dressées, les autres 3- à 5-(7)-sériés avec des cellules couchées au centre, des cellules carrées en bordure et plusieurs rangées de cellules carrées et dressées aux extrémités. En section transversale on compte 10 à 15 rayons par mm, dont 3, 4 ou 5 multisériés. Ponctuations radiovasculaires souvent grosses, rondes, ovales ou allongées. Présence de cristaux, souvent solitaires, rarement par 2 dans certaines cellules non recloisonnées.
- Fibres plus ou moins fréquemment cloisonnées, à ponctuations aréolées.