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Morus (Rolland, Flore populaire)


Parietaria
Eugène Rolland, Flore populaire, 1896-1914
Ficus


ARTOCARPÉES

Morus

[Tome X, 58]

Morus (genre) (Linné). — LE MURIER


  • morus, morus major, morus domestica,morus celsa, celsus, morarius, moronus, arbor pyramea, siccomorus, moribaccus, moribacceus, lat. du m. â. [1] — [Sur le latin morus, voir Walde, Lat. etym. Wœrterb..., 495, E. E.]
  • morer, morier, mourier, franc mourier [1], morial, meurier, mûrier, anc. fr.
  • ceuzeu, sicilien, Cupani, 1696.

On appelle pourrèto en Provence et en Languedoc un jeune mûrier, un plant de mûrier.

  • amorèra, f., amouriar, m., meurière, f., mouriè, m., mouréy’, m., morè, m., mourè, m., meûrî, m., murì, m., amoriè, m., amouriè, m., amouriò, m., amouré, m., amouyé, m., en divers patois.
  • mourèrë, f., Collioure (Pyr.-Or.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • maourounèy’, m., fribourgeois, Sav.
  • fra-mouôr, m., fra-mouâ, m., Suisse rom.
  • saouséré~, m., Fontan (Alp.-Mar.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • cessier, m., fr. du XIIIe s., Scheler, Trois tr.
  • chieltsou, chialtsou, m., Corse, c. p. M. Ed. Edmont.
  • sicaminiè, m., fr. d'Orient en 1468. Gaudry, Recherches scientifiques en Orient, 1855, p. 175.
  • aoubré d'or, m., nom métaphorique, Armana prouvenç., 1874, p. 81.
  • mouarprenn (= arbre de mûres), bret. moyen, Catholicon ; gnëzen vouar, guëzenn voüarbrenn, bret. mod., mouyarenn, pl., mouyaregui, vannetais, P. Grégoire, E. E.

Voir d'autres noms gallo-romans du mûrier dans Gilliéron et Edmont, Alt. ling. de la Fr., fasc. 35, carte 1860.

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  1. 1,0 et 1,1 On rappelait ainsi pour le distinguer du rubus fruticosus qui portait aussi le nom de mourier.


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Le fruit est appelé :

  • mora, mora celsi, sicaminum, l. du m. â.
  • more, f., moure, f., meure, f., meure domestique, f., anc. fr.
  • more, mole, mûro, mûre, amoura, amouro, amouara, en divers patois.
  • franke meure, f., fr. du XIVe s., Michelant, 1875.
  • amouro dé damo, f., Gard, Hérault, Aude.
  • amour de Sànta-Anna, m., Nice, Colla.
  • amouro de malaou, f., B.-du-Rh., Vill.
  • amouro dé maraou (= mûre de malade), f., Var, Hanry. — Toulon, Pat. — Cuges (B.-du-Rh.), Honn.
  • amouro dé présén, f., Apt (Vaucl.), Col.
  • amouro d' Espagno, f., Basses-Alpes, r. p.
  • mûre d' Espagne, mûre-madame, Dauphiné, Charrel, Cult. des mûriers, 1840.
  • cesse, f., fr. du XIIIe s., Scheler, Trois tr.
  • chieltsa, chialtsa, f., Corse, c. p. M. Ed. Edmont.
  • mouarenn brenn (= mûre d'arbre), bret., mouiaren bren, vann., voir Ernault, Gloss. moy. bret., 427. [E. E.]
  • moerbesien, moerbey, morbes, muulbere, muylbeer, moyen néerl. (Wdb., Henkels.)

Toponomastique. — La Vaumorière, localité près d'Apt.

  • rue du Mûrier, rue du Franc-Mûrier, Le Morier, endroits où se trouvait à une certaine époque un gros mûrier.

Enseigne : Au Franc-Meurier, ens. parlante de l'imprimeur Frédéric Morel, rue Saint-Jean-de-Beauvais, à Paris, en 1571.

Onomastique : Dumourier, Mourier, Mûrier, Mure, Murey, noms de famille. — E. Edmont. — Dumouriez. — H. G.

Maladie du mûrier. « Maou négré = pourriture partielle ; marana, f., fioc voulagé, m. = dessèchement ; argénvieu = jaunisse des racines. » Basses-Cévennes, Annales de la Soc. séricicole, 1838, p. 95, 96.

« On appelle pouréto un menu plant de mûrier », cévenol, Sauv., 1785. « Pourette = même sens. » français, La Bourdonnais de Blossac, Mém. s. les vers à soie, 1754, p. 7.

« Quand l'amouriar se déshabilla que, l'home s'habilli = quand le


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mûrier perd ses feuilles, le froid est venu; il est temps pour l'homme de bien se couvrir. » Hautes-Alpes, F. Allemand.

« Sé vos troumpà toun vési, Planto l'amourié gros, Lou figuié mani (mince), Et fumo toun prat à San Marti », cévenol, Sauv., 1785.

« Vous faictes comme le renard, ne pouvant monter sur le meurier, accusoit les meures d'estre mauvaises pour son estomac. » Le jeu de l'esbahy, 1620, p. 7.

L'u que segoutech lou plech e l'aute qu'amasse las amoures « L'un secoue la haie et l'autre ramasse les mûres » (Béarn), (= Bertrand et Raton). - L. Batcave.

Quand on saura cette aventure va-t-on en dépenser des paroles et en arracher des mûriers ! » Bouches-du-Rh., Ch. Boy, Idèyo de Banastoun, 1892, p. 105.

« Si un cheval prend un clou de rue, il suffit, pour le guérir et l'empêcher de boîter, d'aller planter un clou dans le tronc d'un mûrier.» Provence, Réguis, Mat. méd., p. 101.

« Ouliviè de toun gran, castagnè de toun père, amouriè tioune = o. planté par ton grand-père, ch. par ton p., mûrier par toi. » Lunel (Hér.), c. p. M. E. Pintard. (Même proverbe en Vaucluse selon Barjavel et dans le Gard selon d'Hombres-Firmas, Rec. de mém., 1838.)

« Aussi dit-on que qui ne cuelt des wertes il ne mangera ja des meures. » Rom. du Jouvencel, fol. 19 r°, XVe siècle. — « Il ne faut pas aller aux meures sans havet. » Gabr. Meurier, Trés. des Sentences, XVIe siècle [Ed. Edm.].

Symbolique des plantes. — « Le mûrier est l'emblème de la sagesse parce qu'il est le dernier à bourgeonner et évite ainsi les gelées. On dit proverbialement : fol amandier, sage mûrier... On unit l'amandier au mûrier pour marquer que la sagesse doit tempérer l'activité. » Lucot. — « Le meurier fait à sçavoir à ses fleurs quand la dernière gelée ou verglas est passée. C'est le symbole de la prudence. » Fusi, Mastigophore, 1609, p. 247. — « Le meurier symbolise la sagesse, la prudence et le profit asseuré, car c'est le dernier arbre qui pousse ses feuilles et le seul qui ne manque jamais de donner du fruit... Le meurier signifie lignée asseurée et amour parfait... La feuille de meurier = trahison couverte. » Traité curieux des couleurs, 1647, p. 76. — « Le mûrier noir signifie : je ne vous survivrai pas. » Leneveux, 1837.


Morus (variété)

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Morus (genre) (Variété).
  • amouriè-amèlo, prov., Mistr. (C'est un mûrier blanc à feuille épaisse.)