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Moringa oleifera (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg
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Glucides / amidon Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


Moringa oleifera Lam.


Protologue: Encycl. 1(2) : 398 (1785).
Famille: Moringaceae
Nombre de chromosomes: n = 11, 2n = 28

Synonymes

Moringa pterygosperma Gaertn. (1791).

Noms vernaculaires

  • Mouroungue, ben ailé, moringa ailé, pois quénique, néverdié (Fr).
  • Drumstick tree, ben oil tree, horseradish tree (En).
  • Moringa, moringueiro (Po).
  • Mzunze, mronge, mlonge (Sw).

Origine et répartition géographique

Moringa oleifera est indigène au nord de l’Inde et au Pakistan. Il a été introduit dans toutes les régions tropicales et subtropicales et s’est naturalisé dans de nombreux pays africains.

Usages

Alors qu’en Asie ce sont les fruits qui forment la partie la plus importante de Moringa oleifera, en Afrique on préfère les feuilles. Les feuilles se consomment en salade ou cuites, en soupes et dans des sauces. Aux Mascareignes, on les connaît sous le nom de “brède mouroungue” ou “brède médaille”. On mange parfois les fleurs comme légume, on les ajoute à des sauces, ou bien on en fait une infusion. Au Soudan, les fleurs sont écrasées en une pâte que l’on fait frire. Les jeunes fruits se mangent comme légume (ce sont les “drumsticks” ou “bâtons mouroungue”), et les fruits plus âgés entrent dans des sauces. En Afrique de l’Ouest, des projets d’aide médicale combattent la malnutrition avec un certain succès par la mise en place de mesures comme l’usage de poudre de feuilles de Moringa oleifera dans l’alimentation des enfants et des femmes enceintes et allaitantes. Le cœur des racines tubérisées peut être un substitut du raifort (Armoracia rusticana Gaertn., B.Mey. & Scherb.).

Depuis longtemps, on utilise les graines entières ou pilées pour purifier l’eau au Soudan, et c’est une pratique encouragée dans d’autres régions d’Afrique. Le tourteau de graines, résidu de l’extraction d’huile, peut également être utilisé pour purifiier l’eau.

Les graines frites sont consommées au Nigeria, et auraient le même goût que les cacahuètes. Dans certains endroits, on ajoute les graines aux sauces pour leur saveur amère. L’huile des graines, connue sous le nom d’huile de ben ou huile de behen, peut s’employer en cuisine, en coiffure, comme lubrifiant, et en parfumerie comme base pour les composés volatils des parfums. L’“huile acide de moringa”, constituée d’acides gras provenant de l’huile des graines, s’emploie comme lubrifiant et pour fabriquer du savon.

Presque toutes les parties de la plante ont des applications en médecine traditionnelle. Les usages notamment comme calmant, vermifuge, antispasmodique et désinfectant (bactéricide, fongicide) sont répandus. L’écorce exsude une gomme blanche à rougeâtre (la gomme de ben ou gomme de moringa), qui a les propriétés de l’huile de tragacanthe (Astragalus), employée en tannerie ou en impression de calicots et qu’on ajoute parfois aux sauces pour les épaissir.

Moringa oleifera est utilisé en haies vives, dans les systèmes de culture en allées, et c’est aussi une source de nectar pour les abeilles. Le bétail mange les feuilles, en particulier les chèvres, les chameaux et les ânes. Le tourteau de graines est considéré impropre à l’alimentation animale en raison de sa teneur élevée en alcaloïdes et en saponines ; on l’utilise principalement comme engrais. Le bois, tendre, brûle sans faire de fumée et produit un colorant bleu. En Inde, sa pulpe a été utilisée pour fabriquer du papier.

Production et commerce international

En Afrique, le commerce local se limite surtout aux feuilles. Au Kenya, quelque 2000 exploitations agricoles, essentiellement de petite taille, produisent des fruits verts de Moringa oleifera destinés à la communauté asiatique. En Tanzanie, une entreprise a démarré dans le but de produire de l’huile et un agent floculant. Il existe un commerce international considérable de fruits frais et en conserve, d’huile, de graines et de poudre de feuilles, essentiellement en provenance d’Inde ; mais on ne dispose pas de statistiques sur les quantités et les valeurs des échanges.

Propriétés

Les sommités feuillées de Moringa oleifera contiennent, par 100 g de partie comestible : eau 78,7 g, énergie 268 kJ (64 kcal), protéines 9,4 g, lipides 1,4 g, glucides 8,3 g, fibres alimentaires totales 2,0 g, Ca 185 mg, Mg 147 mg, P 112 mg, Fe 4,0 mg, Zn 0,6 mg, vitamine A 7564 UI, thiamine 0,3 mg, riboflavine 0,7 mg, niacine 2,2 mg, folate 40 μg, acide ascorbique 51,7 mg. Les fruits crus contiennent, par 100 g de partie comestible : eau 88,2 g, énergie 155 kJ (37 kcal), protéines 2,1 g, lipides 0,2 g, glucides 8,5 g, fibres alimentaires totales 3,2 g, Ca 30 mg, Mg 45 mg, P 50 mg, Fe 0,4 mg, Zn 0,4 mg, vitamine A 74 UI, thiamine 0,05 mg, riboflavine 0,07 mg, niacine 0,6 mg, folate 44 μg, acide ascorbique 141,0 mg (USDA, 2003). Les graines sèches contiennent en moyenne : protéines 29%, fibres 7,5% et huile 36–42% ; teneur en acide oléique sur la teneur totale en acide gras 65–75%, acide béhénique 9%, acide palmitique 9%, acide stéarique 7% et de petites quantités d’acide lignocérique et d’acide myristique. Claire et inodore, l’huile met du temps à rancir. Les graines de Moringa oleifera contiennent un glucosinolate qui, après hydrolyse, produit du 4-(α-L-rhamnosyloxy)-benzylisothiocyanate, qui est un bactéricide et fongicide actif. Les graines de Moringa oleifera produisent une quantité inférieure (4–5% du poids sec) de glucosinolate que celles de Moringa stenopetala (8–10% du poids sec) et doivent par conséquent être utilisées à une dose plus élevée. C’est cet isothiocyanate qui donne aux graines broyées leur odeur piquante de raifort. Les glucosinolates ont un intérêt pour la santé humaine parce que les métabolites résultant de leur hydrolyse ont des effets aussi bien positifs (par ex. anticancérigènes) que négatifs (par ex. toxiques). Les graines contiennent une protéine (polyélectrolyte cationique) qui sert de floculant dans l’épuration de l’eau. Elles contiennent également un floculant non protéinique, qui est plus efficace dans l’épuration de l’eau à faible turbidité. Un certain nombre de composés possédant des propriétés médicinales ont été isolés. Les fruits et les feuilles contiennent de l’acide oxalique, l’écorce de la moringinine, la tige de la vanilline, les fleurs du kaempférol et de la quercétine et dans les racines, on trouve de la spirochine et de la ptérygospermine.

Le bois, blanc et tendre, possède une densité de 0,27.

Falsifications et succédanés

Moringa oleifera et Moringa stenopetala (Baker f.) Cufod. partagent de nombreuses caractéristiques. Leurs emplois comme légume et pour purifier l’eau sont les mêmes. Ils partagent plusieurs usages médicinaux et tous deux possèdent des graines à forte teneur en huile. Moringa oleifera se développe plus vite et produit rapidement des fruits et des graines. Quant à Moringa stenopetala, il est mieux adapté aux climats secs, sa production de graines est plus élevée et le rendement en coagulants est plus important. Moringa peregrina (Forssk.) Fiori, source de l’huile de ben de l’Egypte ancienne, donne des graines qui ont la même teneur en huile et a plusieurs usages médicinaux.

Description

  • Arbuste ou petit arbre caduque à semi-sempervirent atteignant 10 m de haut ; tronc atteignant 45 cm de diamètre ; écorce blanchâtre, grise ou chamois pâle, lisse ou rarement rugueuse, liégeuse ; jeunes pousses violacées ou blanc-verdâtre, pubérulentes.
  • Feuilles alternes, de 6,5–60 cm de long, 2–3-pennées, munies de 4–6 paires de pennes ; stipules absentes, mais pétiole à glandes stipitées à la base ; folioles elliptiques à obovales, de 0,5–2(–3) cm × 0,3–1,3(–2) cm, arrondies à cunéiformes à la base, apex arrondi à émarginé.
  • Inflorescence : panicule étalée de 8–30 cm de long, portant un grand nombre de fleurs.
  • Fleurs bisexuées, zygomorphes, 5-mères ; sépales libres, de 7–14 mm de long, souvent inégaux ; pétales libres, oblongs-spatulés, de 1–2 cm de long, inégaux, le plus grand dressé, à pubescence veloutée, blancs ou crème ; étamines 5, filets de 7–8 mm de long, anthères d’un jaune cireux ou orange, alternant avec 3–5 staminodes ; ovaire supère, pédonculé, cylindrique, de 3–5 mm de long, rose à la base, densément poilu, 1-loculaire, style mince, glabre, sans lobes stigmatiques.
  • Fruit : capsule allongée à 3 valves, de 10–50 cm de long, à 9 côtes, brune à maturité, et contenant de nombreuses graines.
  • Graines globuleuses, de 1–1,5 cm de diamètre, pourvues de 3 ailes minces de 0,5–2,5 cm de long.

Autres données botaniques

Moringa est le seul genre des Moringaceae, famille apparentée aux Brassicaceae. Il comprend 13 espèces, dont 8 sont endémiques de la Corne de l’Afrique. Moringa oleifera est très étroitement apparenté à Moringa concanensis Nimmo (également originaire de l’Inde) et à Moringa peregrina (Forssk.) Fiori (des environs de la Mer Rouge, de la Corne de l’Afrique, du Yémen et d’Oman). Ces 3 espèces partagent un port d’arbre élancé et des fleurs zygomorphes.

Croissance et développement

Le taux de germination des graines fraîches avoisine les 80%, mais tombe à environ 50% après 12 mois de stockage, aucune graine ne restant viable après 2 ans de stockage. Au début, l’arbre croît à une allure remarquable ; 3–4 m de croissance par an n’est pas inhabituel. Les jeunes arbres issus de graines commencent à fleurir au bout de 2 ans. Sur les arbres issus de boutures, on peut espérer récolter les premiers fruits 6–12 mois après la plantation. La floraison précède souvent la formation de nouvelles feuilles, ou coïncide avec elle. Au Nigeria, la floraison a lieu toute l’année.

Ecologie

Moringa oleifera croît bien à faibles altitudes. En Afrique de l’Est, on le trouve jusqu’à 1350 m d’altitude, mais au Zimbabwe, un peuplement naturalisé à 2000 m témoigne de son adaptabilité. Tolérant à la sécheresse, on le trouve à des endroits où la pluviométrie annuelle ne dépasse pas 500 mm. On peut le cultiver dans toutes sortes de sols mais ce sont surtout des terrains fertiles et bien drainés qui lui conviennent. De légères gelées sont tolérées.

Multiplication et plantation

En Afrique, Moringa oleifera est surtout multiplié par graines ; par contre en Inde, on pratique davantage le bouturage car les arbres issus de graines produisent de moins bons fruits. Les graines sont soit semées directement au champ au début de la saison des pluies soit en pépinière arrosée pendant la saison sèche. On les sème à une profondeur de 2 cm. La germination prend (3–)7–14 jours et les semis gagnent à être ombragés (environ 50% d’ombre). Au départ, on les arrose deux fois par jour, mais lorsque les semis font 10–15 cm de haut, on réduit l’arrosage à une fois par jour. Les plants atteignent la taille de 15–25 cm en 2 mois ; après 3 mois ils font 40 cm de haut et ils sont prêts à être replantés. La plantation doit coïncider avec le début des pluies. On met du fumier dans chaque trou.

Ce sont avant tout des boutures que l’on utilise pour mettre en place les haies vives. Les branches de 1–1,5 m de long et de 4 cm de diamètre au plus prendront racine facilement en seulement quelques mois. Pour une monoculture à cycle court, on espace les plants de Moringa oleifera de 0,7–1 m ; s’il s’agit d’une production à cycle long, on pratique couramment un espacement de 3–5 m dans les deux directions. En Tanzanie, où Moringa oleifera est cultivé pour la production de graines destinées à l’huile et aux floculants, la densité recommandée est de 800 arbres par ha. Pour une culture en allées, on pratique un espacement de 2 m sur la rangée. Pendant la saison humide, on fait pousser des céréales entre les rangées, et pendant la saison sèche des légumes.

Gestion

Moringa oleifera fait généralement l’objet de peu de soins, hormis l’arrosage. Si on le plante pendant la saison sèche, il faut lui donner un semi-ombrage et l’arroser régulièrement jusqu’à ce que l’arbre soit bien établi. Il est essentiel d’épandre du fumier pour obtenir de bons rendements. On l’épand sur la totalité du champ afin que les cultures associées en bénéficient aussi. Certains cultivateurs épandent des engrais chimiques, principalement du NPK (par ex. 15–15–15) et de l’urée, mais seulement à la base du tronc. L’étêtage, le recépage et l’ébranchage ou la taille sont recommandés pour favoriser la ramification, augmenter la production et faciliter la récolte. Son ombrage étant facile à maîtriser, Moringa oleifera convient parfaitement aux plantations en allées et aux jardins potagers. Lorsque l’arbre atteint 1,5 m, les cultivateurs le rabattent (à 50 cm du niveau du sol ou même au ras de terre pour les sujets plus âgés) une ou deux fois par an. Une seconde taille intervient habituellement avant le ramadan car la demande est forte et les prix sont élevés pendant cette période. Après la taille, il faut environ 3 semaines avant que les feuilles puissent être récoltées. Les perches élaguées sont utilisées pour dresser des clôtures autour des champs ou des maisons, ou pour construire des enclos à bétail. On désherbe à la houe. Au Niger, Moringa oleifera a pris tant d’importance qu’on le cultive en plein champ.

Maladies et ravageurs

Au Niger, les chenilles sont les principaux ravageurs de Moringa et une taille au moment adéquat permet d’en venir à bout. Dans certains endroits, les termites peuvent représenter un problème. En Inde, aucune maladie grave n’affecte l’arbre. On a observé une pourriture des racines liée à un drainage insuffisant et provoquée par Diplodia sp. La chenille velue Eupterote molifera peut entraîner la défoliation de l’arbre et il faut des pulvérisations pour en venir à bout. Parmi les autres ravageurs, on trouve des pucerons, d’autres chenilles (par ex. Heliothis armigera), une cochenille, un foreur et une mouche des fruits.

Récolte

Au Niger, la récolte des feuilles débute deux mois et demi après le semis. On retire les feuilles des branches, on les met dans des sacs et on les apporte au marché. On récolte deux fois par mois. La récolte de fruits verts peut démarrer 7 mois après la plantation ; et celle de fruits secs pour les graines environ 6 semaines plus tard.

Rendement

Au Niger, la production de feuilles est surtout élevée pendant la saison des pluies : pour une parcelle de 1000 m2, les rendements sont de 13–14 sacs par récolte, ce qui équivaut à environ 27 sacs ou 600 kg par mois. Pendant la saison sèche, les rendements mensuels tombent à 2–4 sacs au cours des mois frais, et à 10–15 sacs pendant les mois chauds si l’on arrose. Cela équivaut à une production annuelle de 27 t/ha de feuilles fraîches. En Tanzanie, le rendement en graines d’un arbre de 4 ans est d’environ 3,3 kg. En Inde, un bon arbre produit 1000 fruits.

Traitement après récolte

On peut sécher les feuilles et les conserver. Il est courant dans certaines régions de réduire les feuilles en poudre avant de les stocker. Les graines stockées sont la proie des insectes et nécessitent des mesures de protection.

Ressources génétiques

La plus grande variabilité génétique chez Moringa oleifera se trouve au nord-ouest de l’Inde, mais l’espèce est probablement éteinte à l’état naturel. Comme il s’agit d’un arbre allogame, il présente généralement une forte hétérogénéité de forme et de rendement. Les recherches sur la variabilité génétique des peuplements du Kenya, du Malawi et de l’Inde ont mené à la conclusion que du matériel génétique d’au moins deux sources avait été introduit au Kenya. Les niveaux importants de différenciation entre les peuplements semblent indiquer que la source des provencances a une importance pour la conservation et l’exploitation des ressources génétiques. L’espèce est répandue dans les régions tropicales et subtropicales et il en existe de nombreuses entrées en banques de gènes, par ex. au Centre national de semences forestières (CNSF) de Ouagadougou (Burkina Faso). Aux Philippines, où les feuilles sont appréciées, une collection importante est entretenue au National Plant Genetic Resources Laboratory de l’IPB/UPLB à College, Los Baños.

Sélection

Aucun travail d’amélioration génétique n’a été entrepris en Afrique. En Inde, les types “Jaffna” sont prisés pour leurs fruits allongés (de 60 cm à plus de 1 m de long). En Inde, un type de Moringa oleifera à tronc court, mis sur le marché sous le nom de PKM1, a également été créé pour la production de fruits verts. De nombreux agriculteurs cultivent ce type comme plante annuelle (deux récoltes par an). Pour l’Afrique, le critère de sélection le plus important serait un fort rendement en feuilles ; or jusqu’à aujourd’hui, la sélection et l’amélioration ont porté surtout sur l’optimisation de la production de fruits. Il existe des perspectives d’hybridation avec d’autres espèces de Moringa. Moringa stenopetala contient des agents de floculation identiques à ceux de Moringa oleifera et produit des graines plus grosses ; par conséquent, on doit pouvoir augmenter les rendements par hybridation avec cette espèce. Il doit également être possible d’augmenter le rendement en huile de Moringa oleifera en créant des hybrides avec Moringa peregrina (Forssk.) Fiori, qui possède une plus forte teneur en huile (environ 50%). A ce jour, on n’a publié aucun résultat sur des essais d’hybridation.

Perspectives

Moringa oleifera est une plante à usages multiples qui prendra probablement en Afrique plus d’importance qu’il n’en a actuellement. L’intérêt de la recherche sur plusieurs espèces de Moringa est énorme. Son utilisation comme purifiant d’eau à bas prix est d’un grand intérêt pour l’amélioration sanitaire des villages reculés. La sélection de cultivars et la création d’hybrides offrent de grandes perspectives. Nombreuses sont ses applications médicinales locales qui ne sont pas étayées par des recherches pharmacologiques et qui justifient davantage de recherches. La demande en huile de Moringa au niveau industriel est susceptible d’augmenter quand des applications innovantes seront mises au point.

Références principales

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Autres références

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  • Verdcourt, B., 1985. A synopsis of the Moringaceae. Kew Bulletin 40(1): 1–23.

Sources de l'illustration

  • Polprasid, P., 1993. Moringa oleifera Lamk. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 213–215.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands

Consulté le 3 avril 2025.


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