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Foeniculum (Rolland, Flore populaire)

Meum
Eugène Rolland, Flore populaire, 1896-1914
Oenanthe


[Tome VI, 151]

Foeniculum officinale

Fœniculum officinale (Allioni). — LE FENOUIL.


  • fœniculum, marathrum, latin.
  • fenuclum, lat. de Dioscoride, Stadler, Nachtr.
  • feniculus, fenuculus, mirsincus, l. du m. â., Goetz.
  • hues maratrum, l. du m. â., Mowat. (Hues est sans doute une faute de copie, peut-être pour mas ?)
  • marathus, maratrum, lat. du m. â., Du Cange.
  • feniculium, finuclum, finiculus, fenicium, panicum, pannichium, sindula, scindula, matathris (lisez marathris), l. du m. â., Dief.
  • penuclu, l. du m. â., Omont, Glossar. andegav., 1898.
  • herba bona, l. du m. â., Germania, 1888, p. 305.
  • anethum, anc. nomencl., Mattirolo.
  • fœniculum germanicum, anc. nomencl., Bauhin, 1671.
  • anethum fœniculum, nomencl. de Linné.
  • fenicle, m., fennicle, m., fr. du XVe s., J. Camus, Un man.


[152]

  • fenoëil, m., franç., Perion, De lingua gallica orig., 1554.
  • fenoueil, m., anc. fr., Bastiment des receptes, 1544.
  • fanueil, m., fr. du XIVe s., Romania, 1889, p. 573 ; Godefr.
  • feneuil, m., fenuel, m., fanuel, m., fanuil, m., fenoyl, m., fenoil, m., fanoil, m., faneul, m., feneul, m., fenoille, f., fenille, f., feneulle, f., feneule, f., anc. fr., Godefroy.
  • fanouil, m., fr. du XIVe s., Dorveaux, Antid.
  • fenouil, m., franç., Fuchsius, 1546 ; etc., etc.
  • fenerelle, f., franç. du nord est du XIVe s., Michelant, 1875.
  • fenolh, fenoilh, fenoill, anc., provenç., Rayn.
  • fénolh, m., Laroque-des-Alb. (Pyr.-Or.), Carrère.
  • fénoulh, m., Chalosse (Landes), c. p. M. J. de Laporterie. — béarn., Lespy. — Lembeye (B.-Pyr.) r. p. — Auvillar (Tarn-et-G.), c. p. G. Lalanne.
  • fanoulh, m., Souvigny (Allier), c. p. M. Ed. Edmont.
  • f’nolh, m., Nantua (Ain), c p. M. Ed. Edmont.
  • hénoulh, m., La Teste (Gironde), Moureau. — Libourne (Gir.), c. p. M. L. Durand-Dégrange.
  • fenol, m., anc. provenç., Levy. — anc. fr., God.
  • fanol, m., anc. fr., God. ; Reinsch, 1880.
  • fenoul, m., anc. fr., Etudes rom. déd. à Paris ; Gachet ; God.
  • faignoul, m., anc. fr., Godefroy.
  • fanoul, m., anc. fr., Arnoul, 1517.
  • fénoul, m., dans presque toute la Provence et tout le Languedoc. — Tulle, Lép. — L'Argentière (Hautes-Alpes), r. p. — Samoreau (S.-et-M.), r. p.
  • fènol, m., fènol, m., Gelles (P.-de-D.), r. p. — Guilly (Indre), r. p. — Villette (Sav.), r. p.
  • f'noul, m., Palaiseau (S.-et-O.), r. p. — Saint-Quentin (Aisne), r. p. — Méharicourt (Somme), r. p. — Saint-Pol (P.-de-C.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • fénoun, m., Apt. (Vaucl.), Col. — Avignon, Pal. — Arles, Laug. — Bas-Dauph., Mout.
  • fénouèy’, m., Puget près Fréjus (Var), r. p.
  • fënuéy’, m., Vinzelles (P.-de-D.), Dauzat.
  • fanëy’, m., Char.-lnf., r. p.
  • f’nëy’, m., âni, m., Beine (Marne), c. p. M. A. Guillaume.
  • fënëy’, m., Trézelle (Allier), c. p. M. Ed. Edmont.
  • fénouy’, m., Nice, Sutt. — Ampus (Var), r. p. — Var, Hanry.
  • fanouy’, m., Arvert (Char.-Inf.), r. p.
  • fanoué, m., Puybarraud (Char.), Rev. d. pat., II, 187. — env. de Saint-Brieuc (C.-du-N.), r. p. — Guernesey, Métiv.


[153]

  • fënoué, m., Saint-Genis-l.-Oll. (Rhône), Phil. — Savoie, Const. — Paulhaguet (H.-Loire), c. p. M. Ed. Edmont. — Châteauneuf-s.-Char. (Char.), r. p.
  • fénoui, m., Vogüé (Ardèche), Conques (Aveyr.), Nyons (Drôme), c. p. M. Ed. Edmont.
  • finoui, m., Menton (Alpes-Maritimes), c. p. M. Ed. Edmont.
  • fénou, m., Var. — B.-du-Rh. — Lot. — Dord. — Corr. — Cant.— Drôme.
  • fenou, m., (fënou, f'nou), anc. fr., Duez. 1664. — Sornac (Corr.), r. p. — Ineuil (Cher), r. p. — Mayenne, Dott. — Vermanton (Yonne), r. p. — Aube, Des Et. — Dainville (P.-de-C.), r. p. — Agon (Manche), r. p. — Bessin, Jor.
  • finou, m., Laveissière (Cant.), r. p.
  • fanou, m., Sermaises (Loiret), r. p. — Replonges (Ain), c. p. M. Ed. Edmont.
  • fëniou, m., env. de Valence (Drôme), r. p. — Chabeuil (Drôme), c. p. M. Ed. Edmont.
  • fénaou, m., Thiers (P.-de-D.), r. p.
  • fanô, m., vaudois, Durheim.
  • fanâ, m., fanâ rossè, m., fribourgeois, Savoy.
  • fnò, m., liég., For. — Spa, Lez. — Verviers, Lej.
  • f’nu, m., Montaigut-le-Bl. (All.), c. p. M. J. Duchon de la Jarousse. — Pithiviers (Loiret), r. p. — Luxemb. wall., Dasn. — Douvaine (H.-Sav.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • ch’nu, m., env. d'Annecy, Const.
  • f'nieu, m., Davayé (S.-et-L.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • inoulh, m., Vallée d'Aspe (Pyrénées), Lespy.
  • houlk, m., Monléon-Magnoac (Hautes-Pyr.), r. p.
  • franouy’, m., env. de Châteauroux (Indre), r. p.
  • fémouy’ , m., Les Andelys (Eure), r. p.
  • f'nèlha, f., Châtillon-de-Michaille (Ain), r. p.
  • fënoulha, f., Mont-sur-Monnet (Jura), r. p.
  • fénoulho, f., Mende (Lozère), r. p. — Laguiole (Aveyr.), r. p. — Monétier-l-B. (H.-Alpes), c. p. M. Ed. Edmont.
  • fënoulhe, f., Echassières (Allier), r. p. — env. d'Annecy, Const.
  • fénoule, f., env. de Béthune (Pas-de-C.), c. p. M. Ed. Edmont.
  • f’nolhe, f., Luçon (Vendée), c. p. M. Ed. Edmont.
  • fanôlhë, f., Hérémence (Valais), Lavallaz.
  • feneule, f., Cambrai, au XIIIe s., Coulon, Hist. des remèdes, 1892, p. 66.
  • f’noul’, f., La Motte-Beuvron (Loir-et-Ch.), r. p.
  • f’nouôl’ , f., Guilberville (Manche), r. p.
  • fin-nouy’ , f., Aubenton (Aisne), r. p.
  • f’nouy’ , f., Naintré (Vienne), r. p. — Avon (S.-et-M.), r. p. — Germigney,


[154]

Marnay (Haute-Saône), r. p. — Montcornet (Aisne), r. p. — Ballon (Sarthe) r. p.
  • f'niy’, f., Cangy (Indre-et-L.), r. p.
  • f’nây’, f., Amelécourt (Meurthe), r. p.
  • f’nouyou, m., Sainte-Colombe (Doubs), r. p.
  • fénoulhétt’, f., béarnais, Lespy.
  • fenoulhet, m., Moyen-Dauphiné, Moutier.
  • fènèré, m., jargon de Razey près Xertigny (Vosges), r. p.
  • fonolh dé castanyas, m., Pyrénées-Orient., Companyo.
  • fenouil commun, anis doux, f., franç., L. B***, Traité des jard., 1775.
  • fenouil amer[1], m., franç. du XVIe s., Mém. de l'acad. de Nîmes, 1882, p 338.
  • aniss, m., Cassaigne (Hte-Gar.), r. p.
  • ani, m., Normandie. — Maine. — Beauce. — Champagne. — Franche-Comté. — Poitou, — Vendée.
  • anisse, f., Aisne c. p. M. L.-B. Riomet.
  • anisée, f., Saint-Valérien (Yonne), r. p.
  • aneth doux, franç., Loiseleur.
  • aneth, m., (prononcez anè), franç. des herboristes, Gacon. — Mayenne, c. p. M. Lambert.
  • érbo doou dzuli, f., Naves (Corrèze), c. p. feu A. Rebière. (On s'en sert contre l’enflure.)
  • èm’rèsson, m., Saint-Martin-du-Puits (Nièvre), r. p. (?)
  • tara, f., Larboust (H.-Gar.) Sacaze.
  • partyè, m., Marquion (P.-de-C.), r. p.
  • vigno, f., Moustier-Ventadour (Corr.), r. p.
  • vigne, f., Saint-Georges-des-Groseillers (Orne), r. p. (On cultive le fenouil en l’appuyant contre un mur.)
  • fanoeill, fanoill, breton moyen. [E. E.]
  • canell, breton de Sainte-Tréphine (C.-du-N.), r. p.
  • penic, allemand du nord-ouest au XIIIe s., Gallée.


Un endroit où poussent beaucoup de fenouils est appelé :
  • fénoulhado, f., Lalbenque (Lot), c. p. M. H. Fourès. — Auvillar (T.-et-G.), c. p. M. G. Lalanne.
  • fénouliédo, f., Cévennes, Sauv., 1785.

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  1. « Encores qu’il n’y ait aucun fenoil aigre, si est-ce que des deux principales espèces que nous en avons, l’un est appelé doux, à la différence de l'autre. » Oliv. de Serres, 1600, p. 519.


[155]

  • fénoudéio, f. nom d'un quartier d'Alais qui était autrefois couvert de f., D'Hombres.

« Semen fœniculi pellit spiracula culi. » Carmin. proverb. loci comm., 1670, p. 27. — On sait que l'anisette ordinaire fait péter.

« Fa dé fénoul = il fait du fenouil, il est mort depuis longtemps ; cette herbe pousse volontiers dans les cimetières. » Aude, Laff. ; toulousain, Visner. — « Manjà l'fénoul per la racino = même sens. » Toulouse, Visp. — « Qui sé fa trop sadoul Bol fumà lé fénoul. » Lauraguais (Haute-Gar.), P. Fagot. — « Voou fénà li fénouy = il veut mourir. » Prov., Mistr. — « Bal mày lébà dé pésouls qué dé fenoulhs, = Il vaut mieux nourrir des poux que des fenouils ; il vaut mieux la misère que la mort. » Gascogne, Taupiac.

« On se servait autrefois du feuillage du fenouil pour mettre les cierges. » Montauban, au XIVe s., Forestié, Comptes d. fr. Bonis, 1894., II, 82.

« Trémoulà couma un fénoun = trembler comme un f., comme la feuille. » Prov., Mistr.

« Quand grano de fenoul s'amaduro Pos semenà de bouno houro. » Lauraguais (Hte-G.), P. Fagot.

« Fœniculi radicem viridem nitidam in pila lignea contunde atque ejus succum jejunus cum vino vetere per dies continuos novem in limine stans bibe, validissime adversus tussim quamlibet molestam tibi proderit. » Ve s., Marcellus Burdigalensis.

« Le f. coupé le jour de la Saint-Michel, avant le lever du soleil est souverain contre la colique. » Marseille, Rég. de la Col., Cris, p. 282.

« Enfenouillé = embarrassé, qui ne sait quel parti prendre, qui a l'esprit un peu dérangé. » Artois, Rev. d. l. rom., 1879, p. 61 ; Valenciennes, Hécart. — « S'éfenouiller = faire beaucoup d'embarras, parler et s'agiter en tous sens, ne sachant quel parti prendre, quand on est très affairé. » Saint-Pol (Pas-de-Calais), Ed. Edmont, Lexique saint-polois. — « Ce jeune enfenouillé. » XVIIe s., Bér. de Verv., I, p. 64. = « Vendre du fenouil à quelqu'un = le décevoir. » XVIe s , Hist. macar. de Merl. Cocc., éd. Jac., p. 129.

« Avec le fenouil, le jour de la Fête-Dieu, on fait des jonchées dans les rues pour le passage de la procession, puis on le ramasse et on le met sur les toits pour garantir la maison du tonnerre. » Char.-Inf.,


[156]

Vinet. — « Le f. qu'on a passé neuf fois dans le feu de la Saint-Jean protège contre les maléfices. » Landes, Métivier, p. 441. — « La veille de la Saint-Jean, pour empêcher les mauvais esprits d'entrer dans la maison, on met du fenouil dans les trous des serrures, en disant : « Si, passa peu hourat, a noeyt, nat sourciè boou, Hè-t plaa senti, fenoulh, e d'entrà qu'haura poou = Si, passer par le trou, aujourd'hui, quelque sorcier entrer veut, fais-toi bien sentir, fenouil, et d'entrer il aura peur. » Béarn, Barthéty, Pratiques de sorcellerie, 1874, p. 9.

« Dans les Pyrénées on regarde le fenouil comme un préservatif contre l'influence maligne des sorciers. Nos pères étaient convaincus aussi que l'aigle entretenait sa vue perçante par l'emploi de cette plante. » De Chesnel, Dict. des superst. [Ed. Edm.]

« Si vous portez sur vous du fenouil, quand passent les bœufs, cela leur portera malheur. » Naintré (Vienne), r. p.

Symbolisme. — « Quelques mères, pour éclaircir la vue de leurs enfants, mâchent, le matin, à jeun, des graines de cette semence, qu'elles leur respirent dans les yeux. Jusqu'où va la tendresse maternelle ! Aussi de là cette devise : un fenouil et ces mots : tendres mères, je fleuris pour vous seules. » Lucet, Emblèmes de Flore, 1819.

« Le fenouil symbolise la science. » J. Boisse, Descript. d'un médicament, 1619, p. 25.


Foeniculum dulce

Foeniculum dulce (Linné). — LE FENOUIL DOUX.


  • feniculus sanctæ Mariæ, lat. du m. â., Bartholomæus, cité. p. Mowat.
  • fœniculum dulce, fœniculum italicum, anc. nomencl., Bauh., 1671.
  • fenouil doux, m., fr. du XVIe s., Mém. de l'acad. de Nîmes, 1682, p. 338. — franç. mod.
  • fenouil doux de Fleurance, m., Guy de la Brosse, 1628, p. 132.
  • fenouil de Florence, m., fr., Droyn, Royal sirop de pommes, 1615, p. 90 ; De Blégny, 1689 ; etc., etc.
  • fenouil d'Italie, m., fr., Journ. de la soc. d' hortic., 1862 ; Mail.
  • fenouil sucré, m., franç., Oudin, 1681 ; Mail.
  • fènouì sucrà, fenoui mélicaous, Forcalquier, c. p. M. E. Plauchud.
  • fenouil verd, m., franç., Louyse Bourgeois, Rec. de secrets, 1635, p. 54.
  • petit fenouil, franç., L. Dubois, 1825.
  • anis de Paris, m., franç., Bon jardinier pour l'an XIII.


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Avec le fenouil doux on fait la fenouillette, liqueur qui est une variété de l’anisette. On en fait aussi une espèce d'essence. (Voir Nouv. instr. p. les confitures, 1732, et Savary, 1741.) — « La fenouillette de Ré est une liqueur recherchée. » Challes, Journ. d'un voy. aux Indes or., 1721, II, p. 2.