Cucurbita maxima (PROTA)

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Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
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Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg
Fruit Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Légume Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (cultivé)
1, fragment de tige avec fleur femelle ; 2, section longitudinale d’une fleur mâle ; 3, fruit ; 4, graines. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
plante en fleurs
fleur femelle
fleur mâle (coupe longitudinale)
plante en fleurs et en fruits
plante en fruits

Cucurbita maxima Duchesne


Protologue: Essai Hist. Nat. Courges : 7, 12 (1786).
Famille: Cucurbitaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 40

Noms vernaculaires

  • Potiron, courge d’hiver, courge turban (Fr).
  • Pumpkin, winter squash (En).
  • Abóbora-menina, abóbora-moranga (Po).
  • Mtango (Sw).

Origine et répartition géographique

Cucurbita maxima est originaire des régions tempérées d’Amérique du Sud. On considère que Cucurbita andreana Naudin est son progéniteur sauvage ; cette espèce est indigène dans les zones tempérées chaudes d’Amérique du Sud ainsi que les basses terres humides de Bolivie. Des graines de Cucurbita maxima provenant de sites archéologiques au Pérou ont été datées de 1800 avant J.-C. Après 1492, lorsque Christophe Colomb est arrivé aux Amériques, l’espèce s’est répandue dans toutes les régions tropicales et subtropicales, ainsi que dans les régions tempérées à étés chauds. Cucurbita maxima a été signalé dans de nombreux pays d’Afrique tropicale et est probablement présent dans tous les pays. Il est très important dans les parties fraîches de l’Afrique australe et dans le Sahel et bien moins dans les régions humides d’Afrique de l’Ouest et de l’Est où Cucurbita moschata Duchesne est plus commun.

Usages

Les fruits mûrs, les feuilles, les fleurs et les graines de Cucurbita maxima sont utilisés comme légumes. On les cultive en général pour leurs fruits, mais les feuilles ont également une importance localement. On considère que les feuilles sont un peu grossières et de moindre qualité que celles de Cucurbita moschata, bien que cela disparaisse lors de la cuisson. Elles sont utilisées à l’état frais et, à certains endroits, elles sont séchées pour une utilisation hors saison. Le fruit mûr est pelé, découpé en morceaux et cuit jusqu’à ce qu’il ait ramolli. Au Zimbabwe, on en confectionne une bouillie appréciée. Au Cameroun, au Nigeria et dans d’autres pays de l’ouest de l’Afrique, les graines sont communément grillées et salées, ou broyées en une pâte épaisse qui est mélangée aux légumes lors de la cuisson. Elles sont exportées vers le Proche-Orient où c’est un amuse-gueule apprécié. Les graines sont riches en huile, et celle-ci est parfois extraite pour la cuisine. Les gros fruits jaune-orange de certains cultivars sont utilisés pour la décoration. Les écorces de fruits séchés peuvent être utilisées pour la fabrication de récipients.

En Amérique du Nord, on attribue à l’huile de potiron d’excellentes propriétés pour soigner les problèmes de peau tels que les plaies et les ulcères. Traditionnellement, les Amérindiens utilisent les graines pour soigner les infections intestinales, les problèmes rénaux et pour expulser le ténia ; les fleurs sont appliquées en topique pour soulager des blessures de faible importance. Dans le sud de l’Europe, les graines sont également utilisées comme vermifuge. En Inde, une pâte à base de pédoncules de fruits est utilisée pour guérir les furoncles et les maux d’oreilles.

Production et commerce international

La production mondiale de courges (toutes espèces de Cucurbita confondues) en 2001 était évaluée à 16,4 millions de t sur 1,2 million d’ha, et la production en Afrique à 1,8 million de t sur 140 000 ha. La Chine et l’Inde sont les plus gros producteurs avec près de 4 millions de t chacun, suivis de l’Ukraine (900 000 t) et de l’Egypte (360 000 t). En Afrique tropicale, une production de 205 000 t a été enregistrée au Rwanda, 120 000 t au Cameroun et 70 000 t au Soudan. La demande internationale en graines de potiron, en particulier celles de Cucurbita maxima, est significative mais aucune statistique officielle n’est disponible. Cette demande provient principalement des pays arabes, où les graines grillées sont un amuse-gueule apprécié, mais récemment aussi des pays occidentaux, où il y a désormais une demande en huile de graines pour l’industrie pharmaceutique et cosmétique. Au niveau national, on trouve les feuilles, les fruits et souvent également les graines sur les marchés locaux.

Propriétés

La composition des fruits de potiron par 100 g de partie comestible (67% du produit tel qu’acheté, pulpe seule, graines enlevées, pelure épaisse) est de : eau 95,0 g, énergie 55 kJ (13 kcal), protéines 0,7 g, lipides 0,2 g, glucides 2,2 g, fibres 1,0 g, Ca 29 mg, P 19 mg, Fe 0,4 mg, β-carotène 450 μg, thiamine 0,16 mg, riboflavine : traces, niacine 0,1 mg, folate 10 μg, acide ascorbique 14 mg (Holland, B., Unwin, I.D. & Buss, D.H., 1991).

La composition des feuilles de potiron par 100 g est de : eau 89,2 g, énergie 113 kJ (27 kcal), protéines 4,0 g, lipides 0,2 g, glucides 4,4 g, fibres 2,4 g, Ca 477 mg, P 136 mg, Fe 0,8 mg, β-carotène 3600 μg, thiamine 0,06 mg, riboflavine 0,32 mg, acide ascorbique 80 mg. La composition des graines de potiron (décortiquées) par 100 g est de : eau 5,5 g, énergie 2331 kJ (555 kcal), protéines 23,4 g, lipides 46,2 g, glucides 21,5 g, fibres 2,2 g, Ca 57 mg, P 900 mg, Fe 2,8 mg, thiamine 0,15 mg, niacine 1,4 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968). Les graines de potiron contiennent également des quantités considérables de vitamine E.

Toutes les cucurbitacées contiennent des hétérosides triterpènes, les cucurbitacines. Ces composés sont présents dans toutes les parties de la plante en concentrations différentes. S’ils se concentrent dans les parties comestibles, ils donnent un goût amer. Chez Cucurbita maxima, ils sont présents en petites quantités seulement, contrairement à Cucurbita andreana, qui peut en contenir des quantités considérables. Un composé antigénotoxique, le spinastérol, a été isolé à partir de fleurs de Cucurbita maxima. Lors d’expérimentations in vivo chez des souris, il a réduit la mutagénicité de la tétracycline de 65% à la dose de 100 mg/kg. Des extraits de graines bruts à l’éthanol ont montré une forte action antipaludique, en réduisant de 50% les niveaux de parasitémie de souris infectées au Plasmodium berghei lors d’un dosage par voie orale de 500 mg/kg. Les graines et les exsudats vasculaires de Cucurbita maxima contiennent des inhibiteurs de protéinase qui préviennent l’activité protéolytique de la trypsine ou de la chymotrypsine. Une de ces protéines, l’inhibiteur V de la trypsine de Cucurbita maxima (CMTI-V), est également un inhibiteur spécifique du facteur XIIa de la coagulation du sang humain.

Falsifications et succédanés

Les fruits, les feuilles et les graines de Cucurbita moschata peuvent être utilisés comme substitut de Cucurbita maxima. Les egousis (Citrullus lanatus (Thunb.) Matsum. & Nakai et Cucumeropsis mannii Naudin) sont des substituts aux graines de potiron.

Description

  • Plante herbacée annuelle, grimpant grâce à des vrilles latérales à 2–5 branches, fortement ramifiée ; tiges arrondies, courant longuement, mollement pubescentes, s’enracinant souvent aux nœuds.
  • Feuilles alternes, simples, sans stipules ; pétiole de (5–)10–20 cm de long ; limbe habituellement réniforme, non lobé à légèrement 5–7-lobé, de 7–25(–30) cm de diamètre, profondément cordé à la base, à bords finement dentés, à poils mous, parfois pourvu de taches blanches, à 3 nervures partant de la base.
  • Fleurs solitaires, unisexuées, régulières, 5-mères, grandes, de 10–20 cm de diamètre, jaune citron à orange-jaune ; sépales libres, subulés à linéaires, de 0,5–2 cm de long ; corolle campanulée, à lobes largement étalés ; fleurs mâles longuement pédicellées (jusqu’à 23 cm), avec 3 étamines, filets libres, anthères conniventes et formant un long organe tordu ; fleurs femelles courtement pédicellées (jusqu’à 5,5 cm), à ovaire infère, ellipsoïde, 1-loculaire, style épais, 3–5 stigmates 2-lobés.
  • Fruit : grosse baie globuleuse à ovoïde ou obovoïde, pesant jusqu’à 50 kg, de couleur variée ; pulpe jaune-orange, contenant de nombreuses graines ; pédoncule du fruit cylindrique, non élargi à l’apex.
  • Graines obovoïdes, aplaties, de 1,5–2,5 cm × 1–1,5 cm, blanches à brun pâle, surface lisse à un peu rugueuse, à bord proéminent.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 3–3,5 cm de long ; cotylédons elliptiques, de 2,5–4 cm de long, cunéiformes à la base, obtus à l’apex, entiers.

Autres données botaniques

Il n’est souvent pas facile de distinguer les plantes et les fruits de Cucurbita maxima des espèces voisines Cucurbita moschata et Cucurbita pepo L. Le port de la plante est similaire et la forme et la taille des fruits sont variables. On peut les distinguer plus facilement en observant les différences au niveau du pédoncule du fruit, des tiges et des feuilles. Cucurbita maxima a un pédoncule arrondi, mou, non élargi à l’apex, des tiges molles et arrondies et des feuilles molles habituellement non lobées. Cucurbita moschata a un pédoncule dur, légèrement anguleux et nettement élargi à l’apex, des tiges dures légèrement cannelées et des feuilles molles moyennement lobées. Cucurbita pepo a un pédoncule anguleux parfois légèrement élargi à l’apex, des tiges dures, anguleuses, cannelées et épineuses et des feuilles épineuses et palmatilobées, souvent profondément découpées.

Cucurbita andreana, espèce proche de Cucurbita maxima et parfois considérée comme une de ses sous-espèces, existe à l’état sauvage en Argentine et en Bolivie ; elle s’hybride facilement avec Cucurbita maxima. Il se peut qu’elle soit l’ancêtre de Cucurbita maxima.

Il existe de nombreux cultivars de Cucurbita maxima dans les pays occidentaux. Une classification en groupes de cultivars a été proposée, mais elle concerne peu l’Afrique tropicale. Quelques cultivars bien connus importés en Afrique de l’Est et australe sont ‘Turban’, ‘Mammoth’ et ‘Flat Boer’.

Croissance et développement

La graine germe 5–7 jours après le semis. La plante développe un système de racines fibreuses très étendu. Le type de croissance est indéterminé ; en conditions favorables, les tiges coureuses continuent de pousser indéfiniment lorsqu’on les laisse s’enraciner aux nœuds. Les tiges peuvent atteindre une longueur de plus de 20 m, mais elles dépassent rarement 5 m. Il existe aussi des cultivars non coureurs à entre-nœuds courts et tiges semi-érigées. La floraison débute 35–60 jours après la germination et est plus ou moins continue. Le ratio des fleurs mâles aux fleurs femelles est d’environ 20:1. Ce ratio est influencé par les conditions culturales, les jours longs et les fortes températures favorisant l’expression sexuelle mâle. La production de pollen collant est abondante. L’anthèse et la pollinisation ont lieu en début de matinée. Les insectes, principalement les abeilles, effectuent la pollinisation, ce qui fait que la pollinisation croisée prédomine. Les fruits mûrissent 30–40 jours après la pollinisation. Un ou deux fruits se développent par tige. La période de récolte des fruits s’étend entre 2–6 mois après le semis.

Ecologie

Les potirons de l’espèce Cucurbita maxima sont cultivés sous les tropiques depuis les basses terres jusqu’à 2000 m d’altitude. Les températures moyennes journalières optimales pour une bonne croissance sont de 18–27°C. Cucurbita maxima tolère mieux les faibles températures que Cucurbita moschata, mais moins les températures élevées. Il est presque insensible à la photopériode et tolère un peu d’ombrage. Cucurbita maxima est plutôt tolérant à la sécheresse, nécessitant relativement peu d’eau, et il est sensible au gel et à l’asphyxie. Les potirons peuvent être produits toute l’année dans les régions où il ne gèle pas, mais une humidité excessive pendant la saison des pluies favorise le développement de maladies fongiques et bactériennes qui provoquent la pourriture des feuilles, le flétrissement et la pourriture des fruits. Les potirons ne sont pas très exigeants en matière de sol. On peut les cultiver sur presque tous les sols bien drainés qui ont une réaction neutre ou légèrement acide (pH 5,5–6,8). Ils poussent sur des sols relativement fertiles, mais ils préfèrent des sols riches en matière organique.

Multiplication et plantation

Cucurbita maxima est multiplié par graines. Comme il s’enracine aux nœuds, il peut être cultivé à partir de boutures, mais cela ne se pratique que dans des buts de recherche. Les graines de cultivars améliorés, importés pour la plupart, sont rarement utilisées en Afrique tropicale, où la plupart des paysans produisent leurs propres semences. Il est important de prélever seulement des fruits de grande qualité sur des plantes saines pour cette opération. Pour l’extraction des graines, les fruits mûrs sont fendus et fermentés, puis on recueille les graines, on les lave, on les nettoie et on les sèche. Les paysans sèment sur de petites buttes sur terrain plat, ou sur des planches surélevées, à raison de 2–4 graines par butte. On peut semer les graines en pots et transplanter les plants au champ lorsqu’ils font environ 10 cm de haut, mais on pratique généralement le semis direct dans la plupart des pays africains.

On cultive souvent le potiron dans les jardins familiaux. Il pousse bien sur la matière organique et on le rencontre souvent sur des tas d’ordures, sur des termitières et sur des endroits fertiles dans un champ ou près des habitations. Dans les zones urbaines, on le plante dans les jardins en association avec le maïs ; au champ, il est habituellement cultivé en association avec des céréales telles que le maïs et le sorgho, ou encore avec l’arachide. On pratique couramment la culture pure pour une production commerciale, par ex. lorsqu’on le cultive pour les graines. Une distance de plantation courante est de 2 m × 2 m, donnant une population de 2500 plantes/ha. Le poids de 1000 graines est d’environ 200 g ; le besoin en graines est de 2–3 kg/ha. De nombreux paysans utilisent bien plus de graines, jusqu’à 7 kg/ha. A cause du port ramifié et rampant de la plante, la densité de plantation optimale est souple et varie de 600–4000 plantes/ha ; le nombre de plantes par butte est de 1–4. Lorsque la plantation est dense, le sol est recouvert et les adventices sont supprimées plus rapidement.

Gestion

La plante réagit bien au fumier de ferme et à des épandages de lisier entre les rangs. Selon la fertilité du sol, on recommande les apports suivants : 50–100 kg/ha N, 20–40 kg/ha P et 40–80 kg/ha K pendant la phase végétative. Une partie des minéraux peut être appliquée en surface, sous forme de NPK 10–10–10, par ex. 50 kg/ha ou 20 g par plante lors de la première fructification. Lorsqu’il fait sec, on doit irriguer, avec par ex. 50 mm d’eau/semaine.

Maladies et ravageurs

De nombreux ravageurs et maladies attaquent Cucurbita maxima ; ce sont les mêmes que chez Cucurbita moschata, mais les dégâts sont probablement plus graves en conditions humides. On ne mentionnera ici que les plus importants. Le mildiou (Pseudoperonospora cubensis) devient souvent une maladie dévastatrice lorsque l’air est très humide. Il débute sur les vieilles feuilles en provoquant des taches anguleuses vert pâle, limitées par les nervures des feuilles. La surface inférieure se couvre d’une légère couche violacée et la feuille meurt entièrement. La lutte consiste en un fort espacement, un bon drainage, une bonne circulation d’air et une rotation des cultures. L’oïdium (Erysiphe cichoracearum) peut être grave quand l’humidité est faible. La face supérieure des feuilles affectées est couverte d’un mycélium poudreux et blanc ; les feuilles deviennent jaunâtres et se dessèchent. L’alternariose (Alternaria cucumerina) est une maladie fongique qui défolie et tue la plante en quelques semaines. Ce champignon provoque également la pourriture du fruit. Les symptômes, de petites taches nécrotiques rondes et blanchâtres, présentant ensuite des anneaux concentriques, apparaissent sur les vieilles feuilles ; les feuilles deviennent grises ou jaunes et se dessèchent. On peut limiter les attaques de cette maladie en utilisant des semences saines, en enlevant les résidus de culture et en effectuant une rotation des cultures. La pourriture noire ou gommose (Didymella bryoniae, anamorphe : Phoma cucurbitarum) provoque des pertes de rendement importantes un peu partout. Les nœuds avec des fruits presque mûrs sont attaqués en premier ; ils deviennent vert-huileux et du jus exsude de la plante, formant des gouttes de gomme, alors que les tiges situées derrière la zone infectée se flétrissent. Ce champignon provoque également la fonte des semis, le chancre du pédoncule et la pourriture du fruit. Pour le combattre, on utilise des semences saines et un fongicide préventif, par ex. du mancozèbe, et on pratique la rotation des cultures. Aucune résistance n’a été signalée chez les cultivars. La fusariose (Fusarium oxysporum) provoque un jaunissement des feuilles suivi du flétrissement des tiges ou de la plante entière. On peut la combattre en utilisant des semences saines, en enlevant les résidus de culture, en effectuant une rotation des cultures et en évitant les excès de fumure azotée. L’anthracnose (Colletotrichum lagenarium) est une maladie destructrice dans le monde entier. Elle provoque une défoliation et des lésions sur les fruits. Toutes les maladies mentionnées sont transmissibles par les graines ; il est de ce fait important de n’utiliser que des graines provenant de plantes saines. D’autres maladies sont la nuile grise (Cladosporium cucumerinum), provoquant de petites taches sur toutes les parties de la plante, et la pourriture humide (Choanephora cucurbitarum), provoquant la pourriture du fruit. Parmi les nombreux virus signalés sur Cucurbita maxima, les plus importants sont le virus de la mosaïque du concombre (CMV), le virus des taches en anneau de la papaye (PRSV-W), le virus de l’enroulement de la feuille de courge (SLCV), le virus de la mosaïque de la pastèque (WMV-2) et le virus de la mosaïque jaune de la courgette (ZYMV). Ces virus existent souvent en association. Ils sont transmis par infection mécanique et par des insectes (principalement des pucerons, des aleurodes et des thrips) et probablement par la semence pour certains.

Il y a peu d’insectes ravageurs importants. Il est cependant important de lutter contre les pucerons, les aleurodes et les thrips pour éviter la dissémination de maladies virales. L’aleurode (par ex. Bemisia spp.) peut provoquer des dégâts. Les coccinelles Epilachna mangent les feuilles et peuvent endommager les jeunes plantes. On signale qu’une coccinelle (Henosepilachna elaterii) est un des principaux ravageurs des potirons au Soudan. Des acariens (Tetranychus spp.) peuvent également provoquer des dégâts.

Récolte

On récolte les fruits de potiron lorsqu’ils sont presque ou entièrement mûrs, 4–6 semaines après la floraison, puis ils sont récoltés en plusieurs passages jusqu’à ce que la plante arrête de produire, 90–120 jours après plantation. Certains paysans africains laissent les fruits au champ jusqu’à la fin de la culture. Lorsqu’on consomme les feuilles, on cueille habituellement les troisième et quatrième feuilles à partir de l’extrémité ; on laisse la première et la seconde feuilles poursuivre leur croissance. Parfois les extrémités sont enlevées pour favoriser la ramification. Parfois on récolte les fleurs et les jeunes fruits immatures en vue de leur consommation.

Rendement

Le rendement dépend fortement du cultivar et des conditions culturales. Le nombre de fruits mûrs récoltés par plante est faible et le calibre des fruits individuels, qui dépend principalement du cultivar, varie énormément, de 1–50 kg. En conduite extensive à faibles intrants, le rendement est faible, autour de 5 t/ha. Avec davantage de soins, un rendement de 15 t/ha est raisonnable et lorsqu’on utilise des cultivars améliorés, il est possible d’obtenir un rendement de 30 t/ha. Une cueillette excessive des jeunes feuilles et pousses réduit le rendement en fruits. Le rendement en graines est variable, probablement de 300–500 kg/ha. Lorsqu’on les cultive pour la semence, on recommande un isolement entre les champs de différentes espèces de Cucurbita, non seulement pour des raisons de pureté des semences, mais aussi afin d’obtenir un rendement maximal, car le pollen d’autres espèces peut réduire la nouaison et engendrer des fruits parthénocarpiques.

Traitement après récolte

Les feuilles sont consommées fraîches ou séchées. Avant la cuisson, les nervures principales des feuilles sont enlevées. Pour le séchage, les feuilles sont découpées en petits morceaux et étalées à l’air libre pour sécher pendant 1–2 jours selon les conditions climatiques. Les feuilles sont conservées dans des récipients. Les fruits sains peuvent être entreposés plusieurs mois sur des étagères lattées avec une bonne ventilation. La pulpe peut être séchée en lanières pour une utilisation ultérieure dans des soupes et des ragoûts. Les graines sont souvent extraites lorsque les fruits sont consommés ; on en garde certaines pour une plantation ultérieure, d’autres sont utilisées pour l’alimentation. En culture de graines, le fruit est un sous-produit. Les graines sont mises en vente dans leur enveloppe ou décortiquées, les graines décortiquées obtenant des prix bien plus élevés. Le décorticage manuel est fastidieux ; le décorticage mécanisé est désormais pratiqué dans plusieurs pays, comme au Nigeria et au Soudan. Il faut faire attention de ne pas casser les graines et de ne pas enlever l’enveloppe trop longtemps avant la vente au marché. Les graines décortiquées sont plus sensibles aux agents pathogènes d’entreposage, en particulier les Aspergillus, qui libèrent des aflatoxines toxiques en conditions chaudes et humides.

Ressources génétiques

Les espèces de Cucurbita sont bien représentées au sein des collections de ressources génétiques de cucurbitacées de nombreuses institutions dans le monde entier. On a cependant porté peu d’attention aux ressources génétiques des types africains. Le National Seed Storage Laboratory (NSSL), à Fort Collins, Colorado (Etats-Unis) et l’Institut Vavilov (VIR) à Saint-Pétersbourg (Russie) possèdent d’importantes collections de base. L’introduction de cultivars améliorés menace de disparition les anciennes variétés locales et la collecte des ressources génétiques de variétés locales africaines constitue une priorité.

Sélection

Cucurbita maxima est allogame mais auto-compatible, l’autofécondation provoquant peu de perte de vigueur. Un degré considérable d’hétérosis a été observé chez les lignées autofécondées. La pollinisation manuelle des grandes fleurs est aisée. Les sociétés semencières sont moins intéressées par les cultivars à pollinisation libre, car les paysans peuvent facilement reproduire leurs propres semences. Les sociétés semencières occidentales commercialisent de nombreux hybrides F1. Une société semencière japonaise a développé un hybride interspécifique de Cucurbita maxima et Cucurbita moschata nommé ‘Shintoza’, qui combine une grande vigueur et des résistances aux maladies du sol et aux nématodes. On l’utilise comme porte-greffe du concombre au lieu d’une désinfection chimique du sol. Rares sont les programmes de sélection sous les tropiques, et peu de travaux ont été signalés en Afrique tropicale.

Perspectives

Cucurbita maxima est un légume polyvalent qui contribue bien aux ressources alimentaires de l’Afrique. Les niveaux de rendement peuvent être considérablement augmentés, car les pratiques culturales sont encore extensives et il n’y a presque pas de sélection pour le rendement, la résistance aux maladies ou aux ravageurs ainsi que pour la qualité. En dehors de la création de cultivars améliorés pour leurs fruits, il faut être attentif au potentiel des feuilles et des graines. Les cultivars hybrides comportant des gènes de résistance aux virus ont un potentiel considérable.

Références principales

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Sources de l'illustration

  • Stevels, J.M.C., 1990. Légumes traditionnels du Cameroun: une étude agrobotanique. Wageningen Agricultural University Papers 90–1. Wageningen Agricultural University, Wageningen, Netherlands. 262 pp.

Auteur(s)

  • F. Chigumira Ngwerume, Horticultural Research Centre, P.O. Box 810, Marondera, Zimbabwe
  • G.J.H. Grubben, Boeckweijdt Consult, Prins Hendriklaan 24, 1401 AT Bussum, Netherlands

Consulté le 3 mars 2020.