Cicer arietinum (PROTA)

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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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répartition en Afrique (cultivé)
1, rameau en fleurs et en fruits ; 2, graines. Source: PROSEA
port de la plante en fruits
détail d’une plante en fleurs
branche en fleurs
fruit immature
graines

Cicer arietinum L.


Protologue: Sp. pl. 2 : 738 (1753).
Famille: Papilionaceae (Leguminosae - Papilionoideae, Fabaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 16

Noms vernaculaires

  • Pois chiche (Fr).
  • Chickpea, Bengal gram, gram, garbanzo (En).
  • Grão de bico, gravanço, ervanço (Po).
  • Mdengu (Sw).

Origine et répartition géographique

Le pois chiche est inconnu à l’état sauvage. On pense que ses origines se trouveraient dans le sud-est de la Turquie et dans les zones voisines de Syrie et d’Iran. Les restes les plus anciens de graines de pois chiche remontent à 7000 avant J.-C. (Syrie et Turquie). Le pois chiche s’est diffusé progressivement vers l’ouest de la Méditerranée, ainsi qu’en Asie orientale et australe et en Afrique de l’Est. Il a atteint le sous-continent Indien avant 2000 avant J.-C. La culture du pois chiche connaît une expansion dans les pays où son introduction est récente, comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis et le Canada. En Afrique tropicale, il est cultivé principalement en Afrique de l’Est (Soudan, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Tanzanie) et au Malawi ; il est surtout cultivé dans les régions où la saison froide est marquée. Le Lesotho et l’Afrique du Sud ont récemment introduit le pois chiche à titre expérimental. Le pois chiche se rencontre semi-naturalisé, comme échappé des cultures, par ex. en Tanzanie.

Usages

Le pois chiche se cultive avant tout pour ses graines mûres qui s’emploient dans l’alimentation humaine. Consommées seules ou avec des céréales, elles constituent un plat d’accompagnement sous forme de sauce ou de soupe. En Ethiopie, des sauces (“wot”) produites à base de graines broyées (“shiro”) ou cassées (“kik”) se consomment généralement avec l’ “injera” (grande crêpe utilisée comme pain). Le pois chiche entre également dans la composition d’aliments de sevrage. Les graines immatures se mangent crues ou grillées et salées en amuse-gueule. En Inde, on mange la graine sèche entière cuite à l’eau ou préparée sous forme de dal, confectionné en cassant les graines et en enlevant l’enveloppe. Dans les pays méditerranéens, le pois chiche est mangé entier en salade, ou dans des ragoûts, et la farine mêlée à la pâte de sésame donne une entrée réputée, le hoummous. Les pois chiches en conserve sont appréciés aux Etats-Unis et en Europe.

En Inde, les jeunes pousses de pois chiche se mangent comme légume. Les graines brisées et les résidus provenant de la production de dal s’emploient en alimentation animale, la paille sert de fourrage et les tiges séchées ainsi que les racines sont utilisées comme combustible pour faire la cuisine. L’amidon de pois chiche convient à l’apprêt du textile ; il donne aux vêtements de soie, de laine ou de coton une légère touche de finition ; il s’emploie également dans la fabrication du contreplaqué. Une teinture analogue à l’indigo s’obtient à partir des feuilles de pois chiche.

Production et commerce international

D’après les statistiques de la FAO, la production mondiale annuelle de pois chiche et la superficie récoltée sont restées relativement stables entre 1961 et 2003, la première avoisinant les 7 millions de t et l’autre les 10 millions d’ha. La production en 1999–2003 s’est élevée à 7,9 millions de t par an, sur 10,3 millions d’ha. Les principaux pays producteurs étaient l’Inde (4,1 millions de t par an sur 6,3 millions d’ha), la Turquie (600 000 t sur 600 000 ha), le Pakistan (500 000 t sur 1,1 million d’ha), le Canada (250 000 t sur 200 000 ha), le Mexique (250 000 t sur 150 000 ha) et l’Australie (200 000 t sur 200 000 ha). La production annuelle en Afrique subsaharienne était d’environ 280 000 t sur 430 000 ha, les principaux producteurs étant l’Ethiopie (168 000 t sur 191 000 ha), le Malawi (35 000 t sur 88 000 ha), le Soudan (25 000 t sur 13 000 ha), la Tanzanie (25 000 t sur 63 000 ha) et le Kenya (20 000 t sur 55 000 ha). En Afrique tropicale, la superficie et la production de pois chiche ont connu récemment une augmentation, alors que dans le nord de l’Afrique elles étaient en baisse. En Ethiopie, le déclin a été stoppé et inversé en raison de la mise sur le marché de cultivars améliorés, ainsi que de l’ouverture des marchés et d’actions intenses de vulgarisation. En Zambie, ce sont des producteurs commerciaux qui cultivent le pois chiche à proximité des zones urbaines.

Les échanges mondiaux de pois chiches sont en régulière progression : ils sont passés de 100 000–150 000 t par an dans les années 1970 à près de 700 000 t par an entre 1998–2002. Les principaux exportateurs en 1998–2002 étaient l’Australie (192 000 t par an), le Mexique (155 000 t), la Turquie (114 000 t), le Canada (85 000 t) et l’Iran (75 000 t). L’Ethiopie a exporté près de 50 000 t en 2002, mais en 1998–2001 les quantités étaient insignifiantes. Les exportations depuis la Tanzanie, qui avoisinaient les 20 000 t en 2002, étaient inférieures à 10 000 t par an en 1998–2001. Pendant cette période, les principaux importateurs étaient l’Inde (183 000 t par an), le Pakistan (98 000 t), l’Espagne (57 000 t), l’Algérie (43 000 t) et le Bangladesh (40 000 t). Les importations en Afrique subsaharienne ont été très faibles.

Propriétés

La composition de graines mûres crues de pois chiche, par 100 g de partie comestible, est : eau 11,5 g, énergie 1525 kJ (364 kcal), protéines 19,3 g, lipides 6,0 g, glucides 60,7 g, fibres alimentaires 17,4 g, Ca 105 mg, Mg 115 mg, P 366 mg, Fe 6,2 mg, Zn 3,4 mg, vitamine A 67 UI, thiamine 0,48 mg, riboflavine 0,21 mg, niacine 1,5 mg, vitamine B6 0,54 mg, folates 557 μg et acide ascorbique 4,0 mg. La composition en acides aminés essentiels, par 100 g de partie comestible, est : tryptophane 185 mg, lysine 1291 mg, méthionine 253 mg, phénylalanine 1034 mg, thréonine 716 mg, valine 809 mg, leucine 1374 mg et isoleucine 828 mg. Les principaux acides gras, par 100 g de partie comestible, sont : acide linoléique 2593 mg, acide oléique 1346 mg, acide palmitique 501 mg, acide linolénique 101 mg et acide stéarique 85 mg (USDA, 2004). La teneur en protéines du pois chiche, plus faible que celle de la plupart des autres légumes secs, est compensée par une meilleure digestibilité. Parmi les facteurs antinutritionnels, il faut citer des inhibiteurs de trypsine, les hémagglutinines, les tanins et les oligosaccharides.

Falsifications et succédanés

En Inde, le pois chiche est parfois remplacé frauduleusement par la gesse (Lathyrus sativus L.), qui est moins chère mais potentiellement toxique.

Description

  • Plante herbacée annuelle, étalée à érigée, atteignant 100 cm de haut ; tige simple ou ramifiée dès la base ; racine pivotante atteignant 1–2 m de profondeur, racines secondaires pour la plupart étalées à 15–30 cm de profondeur dans le sol.
  • Feuilles alternes, imparipennées, à (7–)11–15(–17) folioles ; stipules 2–5-fides, ovales à triangulaires, de 3–5 mm × 2–4 mm ; rachis de 2,5–8 cm de long, cannelé sur le dessus ; folioles sessiles, ovales à elliptiques, de 5–20 mm × 2–15 mm, à bords fortement dentés dans les deux tiers supérieurs, pubescentes glandulaires des deux côtés.
  • Inflorescence réduite à une fleur axillaire unique ; pédoncule de 3–20(–37) mm de long ; bractées 1–3, linéaires à triangulaires, atteignant 3 mm de long.
  • Fleurs bisexuées, papilionacées ; pédicelle de 3–12 mm de long, récurvé au moment de la fructification ; calice campanulé, tube de 3–4 mm de long, dents lancéolées, de 4–5 mm de long, à nervures médianes prononcées ; corolle blanche, rose, violacée ou bleue, étendard obovale, de 8–10 mm × 7–10(–17) mm, muni d’un large onglet, ailes obovales de 6–9 mm × environ 4 mm, auriculées, carène de 6–8 mm × environ 3 mm munie d’un onglet long de 2–3 mm ; étamines 10, 9 réunies sur 4–5 mm et 1 libre, anthères basi-dorsifixes ; ovaire supère, sessile, ovale, de 2–3 mm × 1–1,5 mm, 1-loculaire, style incurvé, de 3–4 mm de long, stigmate petit.
  • Fruit : gousse renflée rhomboïde-ellipsoïde de 12–35 mm × 8–20 mm, densément pubescente glanduleuse, à 1–2(–4) graines.
  • Graines globuleuses à anguleuses obovoïdes, de 5–14 mm × 4–10 mm, à rainure médiane et à bec bien distinct surplombant le hile, crème à brunes, vertes ou noires, surface lisse ou ridée.
  • Plantule à germination hypogée ; les deux premières feuilles écailleuses.

Autres données botaniques

Le genre Cicer comprend 43 espèces, 9 annuelles et 34 vivaces. Les espèces sauvages de Cicer les plus étroitement apparentées à Cicer arietinum sont les annuelles Cicer reticulatum Ladiz. et Cicer echinospermum P.H.Davis. Cicer reticulatum, espèce rare originaire de Turquie, est parfois considérée comme une sous-espèce de Cicer arietinum ; sur les plans morphologique, biochimique et caryologique, il est très semblable et s’hybride sans problème avec lui. On a également produit des hybrides fertiles par croisement entre pois chiche et Cicer echinospermum, malgré l’existence de barrières de fertilité. Les autres espèces apparentées sont Cicer bijugum Rech.f., Cicer chorassanicum (Bunge) Popov, Cicer cuneatum Hochst. ex A.Rich., Cicer judaicum Boiss., Cicer pinnatifidum Jaub. & Spach, Cicer yamashitae Kitam. (toutes des annuelles) et Cicer anatolicum Alef. (une vivace), et certaines d’entre elles ont servi en croisement avec le pois chiche cultivé.

Chez le pois chiche cultivé, on distingue couramment 2 groupes principaux : les types Kabuli à grosses graines de couleur crème, et les types Desi à petites graines de couleur sombre, lisses ou ridées. Il existe également des cultivars intermédiaires. Les pois chiches du type Desi, qui sont des plantes buissonnantes à folioles et fleurs relativement petites, à tiges contenant des pigments d’anthocyane violacés et à fleurs d’un bleu violet, sont cultivés surtout en Asie méridionale et en Ethiopie. Les types Kabuli, à croissance érigée et à fleurs blanches, sont cultivés en Méditerranée. Les cultivars du type Kabuli cuisent plus vite et sont plus pauvres en fibres alimentaires que ceux du type Desi. La couleur des graines est une caractéristique importante du pois chiche car elle détermine sa qualité et son acceptation dans de nombreux pays. Ce sont les pois chiches bruns du type Desi qui sont les plus prisés en Afrique de l’Est.

Croissance et développement

Les plantules lèvent généralement entre 7–15 jours après le semis. La floraison débute au bout de 30–60 jours. Le pois chiche est autogame et présente moins de 2% d’allogamie. Le cycle cultural est normalement de 3–6 mois, mais comme le pois chiche est indéterminé par nature, il peut continuer à croître aussi longtemps que l’humidité ne constitue pas un facteur limitant. Sa racine pivotante robuste et profonde sert à la plante d’organe pour emmagasiner de l’eau pendant son développement, ce qui prolonge sa croissance pendant la saison sèche. La nodulation du pois chiche est réalisée efficacement par Mesorhizobium ciceri et par Mesorhizobium mediterraneum.

Ecologie

Le pois chiche est cultivé dans les régions tropicales, subtropicales et tempérées chaudes. Sa production est concentrée dans la saison froide et sèche des zones tropicales semi-arides. Il pousse à partir du niveau de la mer jusqu’au-dessus de 2500 m d’altitude, mais il n’est pas adapté aux régions tropicales chaudes et humides de basse altitude, où souvent il ne fleurit pas. En Afrique de l’Est, il se cultive à 1200–2700 m d’altitude, dans des régions où la pluviométrie annuelle est de 500–1800 mm et la température moyenne de 10–25°C au cours de la période de croissance. Avec ces conditions, il lui faut 120–150 jours pour mûrir. Il réussit bien lorsqu’il est planté pendant la saison des pluies, à condition que le champ soit bien drainé ; l’humidité favorise toutefois le développement de l’ascochytose. Des précipitations en cours de floraison gênent la production de graines. Il tolère moyennement à considérablement la sécheresse. Le pois chiche est généralement une plante de jours longs à réaction quantitative. Les sols ont besoin d’un bon drainage, et d’un pH de 5–7 ou davantage. La salinité n’est pratiquement pas tolérée, voire pas du tout. Les terres vont du sol sablonneux au limon sableux et aux vertisols. En Ethiopie et au Kenya, le pois chiche se cultive essentiellement vers la fin de la saison des pluies sur des vertisols dont l’humidité diminue.

Multiplication et plantation

Le pois chiche se multiplie par graines. Les graines se conservent 4–5 ans à une température de 4°C. Le poids de 1000 graines varie considérablement, depuis 20 g pour certains des types Desi, à plus de 600 g pour les types Kabuli plus gros. Les graines ne présentent pas de dormance. En raison de la grande variabilité de la taille des graines, les densités de semis peuvent aller de 30–40 kg/ha pour les cultivars à petites graines, jusqu’à 90–100 kg/ha pour ceux à grosses graines. En Afrique de l’Est, les graines se sèment à la volée avant d’être enfouies par un labour avec des animaux de trait. En Asie du Sud, il est courant de ménager des espacements de 25–30 cm entre les lignes et de 10–30 cm entre plantes sur la ligne. La culture du pois chiche se pratique seule ou en association avec du lin, du sorgho ou d’autres espèces. Il se sème souvent comme culture dérobée, par ex. dans les rizières.

Gestion

Le pois chiche est très sensible à la concurrence des adventices, particulièrement au cours des 4–6 premières semaines après le semis. La lutte contre les mauvaises herbes s’effectue d’habitude par des moyens mécaniques. Les populations d’adventices peuvent être élevées si la culture ne reçoit des pluies que tard après le semis ; dans ce cas, il est nécessaire de désherber immédiatement. Le recours à des engrais phosphatés à forte teneur en soufre est conseillé, mais normalement on n’emploie pas d’engrais inorganiques. Au Soudan, certains agriculteurs épandent du phosphate diammonique (DAP) à raison de 100 kg à l’ha. Au Soudan et en Inde, la culture du pois chiche se pratique parfois sous irrigation. En Ethiopie, le pois chiche se cultive en rotation avec des céréales, le tef surtout (Eragrostis tef (Zuccagni) Trotter) ; en Inde, il est également cultivé en rotation avec des céréales dont le mil, le sorgho, le blé, l’orge et le riz.

Maladies et ravageurs

Au niveau mondial, la maladie la plus importante pour le pois chiche est l’ascochytose, provoquée par Ascochyta rabiei, transmise par la graine ; toutefois, cette maladie a moins d’importance en Ethiopie, sauf quand les semis s’effectuent au début de la saison des pluies. Les maladies importantes en Ethiopie, au Soudan et en Erythrée sont la fusariose provoquée par Fusarium oxysporum f.sp. ciceris, la pourriture sèche des racines causée par Macrophomina phaseolina (Rhizoctonia bataticola), et la pourriture du collet provoquée par Sclerotium rolfsii. Les mesures de lutte contre la fusariose, qui est transmise par le sol et par la graine, sont le recours à des semences issues de plantes exemptes de maladies, l’enrobage avec des fongicides et l’emploi de cultivars résistants. La rotation des cultures n’est pas efficace, parce que le champignon survit longtemps dans la terre. Contre la pourriture sèche des racines et la pourriture du collet, les mesures de lutte sont le recours aux semences exemptes de maladies, l’enlèvement des résidus de culture et l’élimination des adventices hôtes. La rotation des cultures ne semble pas être un moyen de lutte efficace, car les deux agents pathogènes ont de très nombreux hôtes. Une résistance à Macrophomina phaseolina a été observée, mais la maladie peut toucher même les cultivars résistants si ceux-ci sont cultivés pendant longtemps sur un sol contaminé.

Des nématodes à galles (Meloidogyne javanica) constituent un parasite important du pois chiche. Un foreur des gousses (Helicoverpa armigera) et un ver gris (Agrotis ipsilon) sont des insectes ravageurs courants du pois chiche en Afrique de l’Est et en Inde. Des insecticides tels que l’endosulfan sont recommandés pour lutter contre ces insectes. Des pratiques de lutte intégrée des ravageurs (IPM), qui comprennent le recours aux cultivars tolérants, la surveillance des populations de ravageurs, les biopesticides et les prédateurs naturels, ont été mises au point pour diminuer la dépendance aux insecticides. Les bruches Callosobruchus spp. constituent des ravageurs importants du pois chiche stocké.

Récolte

Les graines mûres sont récoltées lorsque l’extrémité des gousses situées sur le rameau le plus élevé de la plante se met à jaunir. La récolte s’effectue à la main en arrachant les plantes, après quoi on les fait sécher au soleil en plein champ. Dans les endroits où la récolte se fait de façon mécanisée, on préfère un port de plante haut et érigé.

Rendement

En Afrique subsaharienne, le rendement moyen en pois chiche est inférieur à 1 t/ha, excepté sous irrigation au Soudan, où l’on obtient des moyennes allant jusqu’à 1,9 t/ha. Dans les hauts plateaux du centre de l’Ethiopie, les paysans récoltent plus de 2 t/ha, grâce à un milieu favorable à la croissance de la plante, mais la recherche indique que dans cette région, le rendement potentiel est de 5,5 t/ha. En Inde, le rendement moyen est également inférieur à 1 t/ha.

Traitement après récolte

Une fois que les gousses récoltées ont été séchées au soleil pour ne contenir que 12–13% d’humidité, on les emporte à l’aire de battage. En Ethiopie, en Erythrée et au Soudan, le battage se fait par dépiquage à l’aide d’animaux de trait. Le battage des petites récoltes se fait au bâton. Les graines sont séparées des cosses par vannage. Les graines nettoyées sont conservées dans des greniers ou emportées au marché. Les attaques de bruches rendent le stockage difficile au-delà de 6 mois. Les cultivateurs éthiopiens mélangent leurs pois chiches à du tef pour conserver les graines plus longtemps. Les graines destinées au semis peuvent être protégées avec des insecticides à base de pyrèthre.

Ressources génétiques

L’ICRISAT (de Patancheru, en Inde) possède une collection d’environ 17 000 entrées de pois chiche, dont un échantillon représentatif (“core collection”) de 1956 entrées a été formé. D’autres grandes collections sont conservées par l’ICARDA (à Alep, en Syrie, environ 10 000 entrées), en Australie (Australian Temperate Field Crops Collection de Horsham, 7700 entrées) et aux Etats-Unis (USDA-ARS Western Regional Plant Introduction Station de Pullman, Washington, 4400 entrées). L’ICRISAT possède 58 entrées d’espèces sauvages de Cicer et l’ICARDA 268. Mais de nombreuses espèces originaires d’Asie centrale ne sont pas encore représentées dans ces collections. En Ethiopie, pays considéré comme un centre secondaire de diversité du pois chiche, l’Institute of Biodiversity Conservation possède la plus vaste collection d’Afrique (près de 1000 entrées). Le pois chiche se comporte de façon orthodoxe au stockage et peut se conserver sur de longues périodes sans perte de viabilité. Pour le stockage à long terme, on a recours à une température de –20°C.

Sélection

L’amélioration génétique du pois chiche vise à obtenir des rendements plus élevés et une meilleure résistance aux maladies, aux insectes et aux autres stress tels que la sécheresse, l’asphyxie racinaire et le froid. Des sources de résistance ou de tolérance ont été identifiées pour les maladies (dont l’ascochytose, la fusariose et la pourriture sèche des racines), les insectes ravageurs (dont le foreur des gousses) et les facteurs de stress abiotiques (tels que le froid et la sécheresse). Des cultivars offrant une résistance à l’ascochytose, à la fusariose et au froid ont été mis sur le marché, mais le succès est plus restreint pour la création de cultivars tolérants aux insectes ravageurs. Dans la sélection du pois chiche, on a recours aux techniques conventionnelles pour les plantes autogames. La mutagenèse a été mise en œuvre pour créer une nouvelle variabilité, par ex. pour la résistance à l’ascochytose. Des espèces sauvages de Cicer ont été employées dans des programmes d’hybridation interspécifique, mais les espèces vivaces n’ont guère été utilisées dans l’amélioration du pois chiche. Les techniques de croisement du pois chiche sont fastidieuses. Dans le système GCRAI, ce sont l’ICARDA et l’ICRISAT qui contribuent à l’amélioration du pois chiche. Les seuls programmes nationaux importants concernant le pois chiche dans la région subsaharienne sont ceux menés par l’Ethiopie et le Soudan, qui ont fait beaucoup de progrès dans la mise au point de cultivars à haut rendement et résistants aux maladies, destinés à une production commerciale. En Ethiopie, 10 cultivars (5 du type Kabuli et 5 du type Desi) ont été mis sur le marché, et plus de 7 cultivars ont été promus par la vulgarisation pour leur multiplication. A ce jour, le Kenya a mis sur le marché un seul cultivar, issu de ressources génétiques venant de l’ICRISAT.

Des cartes de liaison chez le pois chiche ont été dressées, et les marqueurs moléculaires associés aux locus de caractères quantitatifs pour la résistance à l’ascochytose, la fusariose et d’autres caractères morphologiques ont été situés sur ces cartes. Des plantes transgéniques, qui présentent par ex. des effets inhibiteurs sur le développement de Callosobruchus spp. grâce à un gène inhibiteur d’α-amylase issu du haricot commun, ou des effets inhibiteurs sur la croissance des larves de Helicoverpa armigera suite à un transfert de gènes de Bacillus thuringiensis, ont été obtenues à l’aide d’un transfert de gènes par Agrobacterium, ou d’une transformation biolistique.

Perspectives

Le pois chiche est une plante bien adaptée aux régions semi-arides d’Afrique, en raison de sa tolérance modérée à élevée à la sécheresse. Dans les pays d’Afrique du Nord, la production est en déclin à cause de la faiblesse de son rendement, comparé aux céréales. En conséquence, d’autres pays d’Afrique, tels que l’Ethiopie, le Soudan et la Tanzanie, ont la possibilité d’augmenter leur production afin de tirer profit des marchés d’Afrique du Nord et du sous-continent Indien. Le pois chiche fait partie des principaux légumes secs qui fournissent des protéines abordables aux populations d’Ethiopie, d’Erythrée et du Soudan ; il faudrait toutefois le promouvoir davantage au Kenya, en Tanzanie et au Malawi. Au Zimbabwe, en Ouganda, en Afrique du Sud et au Lesotho, des essais de pois chiches envoyés par l’ICARDA et l’ICRISAT ont récemment démarré. La création de nouveaux produits alimentaires et de nouvelles recettes va aider à l’accroissement de la consommation du pois chiche en Afrique subsaharienne.

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

  • van der Maesen, L.J.G., 1989. Cicer arietinum L. In: van der Maesen, L.J.G. & Somaatmadja, S. (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 1. Pulses. Pudoc, Wageningen, Netherlands. pp. 42–43.

Auteur(s)

  • G. Bejiga, Green Focus Ethiopia, P.O. Box 802, Addis Ababa, Ethiopia
  • L.J.G. van der Maesen, Biosystematics Group, Wageningen University, Gen. Foulkesweg 37, 6703 BL Wageningen, Netherlands

Citation correcte de cet article

Bejiga, G. & van der Maesen, L.J.G., 2006. Cicer arietinum L. In: Brink, M. & Belay, G. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 16 avril 2019.


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