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Borassus flabellifer

Borassus flabellifer L.

alt=Description de l'image Borassus flabellifer.jpg.
palmiers en Inde
Ordre Arecales
Famille Arecaceae
Genre Borassus

2n = 36

Origine : Inde

cultivé

Français rônier
Anglais Palmyra palm


Résumé des usages
  • sève bue comme boisson, fermentée en vin de palme et en vinaigre,
    distillée en alcool, ou concentrée en sucre
  • pulpe du fruit consommée en desserts ou en boisson
  • amande gélatineuse consommée (palm seeds)
  • plantule consommée comme légume féculent, ou en farine
  • bourgeon comme cœur de palmier
  • limbe des feuilles (ola) comme support d'écriture pour textes sacrés
  • feuille pour couvrir les toits
  • pétioles : poteaux, vannerie
  • fibre de la base des feuilles
  • bois du stipe
  • médicinale (toutes les parties)


Description

  • palmier solitaire dioïque, de 20-25 m de haut, à écorce noire
  • pétiole de 60-120 cm, épineux
  • feuilles palmées de 60-120 cm
  • inflorescence de 90-150 cm long, ramifiée
  • fruits ovoïdes, de 15-20 cm de diamètre, mésocarpe fibreux et charnu
  • trois gros noyaux noirs

Noms populaires

français rônier, rondier, palmier à sucre
anglais Palmyra palm, brab tree, toddy palm
allemand Palmyra-Palme
néerlandais jagerboom
espagnol palmera de Palmira
portugais palmeira brava, panuguera
italien palma di Palmira
hindi tāṛ, tāḍ; tar-ka-jhar (Wealth of India)
gujerati tad (Wealth of India)
kannada taalimara, taatinungumara (Wealth of India)
malayalam karimpana, nongu (kernel), pana, talam (Wealth of India)
marathi tad, talat-mad, tamar (Wealth of India)
odia talo, tanlo, trinorajo (Wealth of India)
bengali tal, talgachh (Wealth of India)
tamoul paṇai; karumpanei, nonku (kernel), panai-marom (Wealth of India)
telugu taadi-chettu, taati-chettu, tooti (Wealth of India)
Assam tal (Wealth of India)
Lakher thiahra (Wealth of India)
Lushai siallu (Wealth of India)
Santal tale (Wealth of India)
birman tan bin (PROSEA)
khmer ត្នោត - thnaôt (PROSEA)
lao ta:n (PROSEA)
thaï tan (général), tan-yai (central), not (sud) (PROSEA)
vietnamien thốt nốt, thốt lốt (PROSEA)
Indonésie lontar (général), tal (Java), siwalan (Sumatra), tala (Sulawesi) (PROSEA)
Malaysia lontar, tah, tai (PROSEA)

Le hindi tāṛ, tāḍ et l'indonésien lontar, ental viennent du sanskrit tāla. Wealth of India mentionne un autre nom sanskrit, thrinaraja.

Palmyra n'a rien à voir avec le nom de la ville de Palmyre. Il vient simplement du portugais palmeira brava ("palmier sauvage"), qui a donné un autre nom anglo-indien de l'espèce, brab.

Le français rônier désigne au départ Borassus aethiopum, et a été emprunté au wolof (langue du Sénégal).

Classification

Borassus flabellifer L. (1753)

Les formes de l'est de l'Indonésie sont légèrement différentes, et ont parfois été séparées sous le nom Borassus sundaica Becc. (1908).

Cultivars

Histoire

L'espèce est originaire de l'Inde, où elle résulte probablement d'une ancienne introduction de Borassus aethiopum, l'espèce africaine. L'usage de rectangles de limbe foliaire (ola) comme support d'écriture remonte à Pannini, le grammairien réputé avoir créé l'alphabet sanskrit vers 400 BC. Le canon pali bouddhiste datant du Ve century av. J.-C. était également écrit sur des olas. Mais on ignore si le palmier en question était Borassus flabellifer ou un Corypha. En tout état de cause, son usage est très ancien en Inde du Sud et à Ceylan.

La réputation du rônier était arrivée aux anciens Grecs, et Mégasthène (320 av. J.-C., cité par Arrien) cite le tala, en le confondant avec le cocotier.

La diffusion du rônier depuis le sud de l'Inde a suivi celle du bouddhisme en Birmanie, Thaïlande, Cambodge (Angkor) et Vietnam. Ce palmier était planté près des temples, et ses feuilles utilisées pour écrire les textes sacrés. Vers le sud, il a suivi les routes du commerce indien, vers Java et l'est de l'Indonésie. En contraste, il semble absent des régions de culture chinoise.

Usages


  • Sève. Elle est extraite des inflorescences. Les arbres et les inflorescences femelles donnent plus de rendement yield, mais on utilise les arbres mâles quand les femelles sont exploités pour leurs fruits. Les inflorescences sont liées et battues, avant d'être incisées. On obtient deux litres par jour, l'incision étant rafraîchie chaque jour. Dans sa vie, un arbre peut donner 120 000 l de sève.
    • La sève fraîche contient 12% de saccharose, et est appreciée localement comme boisson, parfois en mélange du jus de canne à sucre et de l'eau de coco. Le nom de cette boisson est sweet toddy, neera or nīrā (hindi, gujerati, marathi), taler rash (bengali), henda (kannada), panamkallu (malayalam), padaneer (tamoul), teepikallu (telugu).
    • L'usage le plus important en Inde réside dans la production de jaggery, un sucre brun foncé. Ce mot a la même origine que sucre, mais est arrivé en anglo-indien via le malayalam chakkara et le portugais jagara. Le sugar est obtenu par ébullition de la sève. En Indonésie, il est moulé en demi-sphères, empaquetées par deux dans les feuilles sèches du même palmier. Le jaggery est appelé tadgud (hindi), taler gur (bengali), panamchakkara (malayalam) ou taatibellamu (telugu).
    • Par fermentation de la sève, on obtient un vin de palme, appelé tāṛī, "produit du tāṛ" en hindi, ce qui a donné le portugais tari et l'anglo-indien toddy. C'est l'une des boissons alcooliques les plus populaires en Asie du Sud. Le vrai toddy vient de Borassus flabellifer, mais le nom est souvent utilisé comme générique pour tous les vins de palme, qu'ils proviennent de Cocos nucifera, Caryota urens, Nypa fruticans, Phoenix silvestris ou même Phoenix dactylifera.
    • Avec le toddy, on peut fabriquer un vinaigre ou, par distillation, un arrack.
  • Les fruits s'utilisent de plusieurs façons. La pulpe est mangée en desserts. Une fois écrasée, elle donne boisson.
    • L’amande du jeune fruit a une consistence gélatineuse et une couleur d'un blanc opalescent. Elle est commercialisée en boîtes sous le nom de palm seeds (dhavanai en tamoul).
  • Les plantules ont la forme d'un cône allongé de 30 cm de long, et contiennent une chair blanche croquante. Elles sont récoltées quand elles donnent leur première feuille, et consommées localement comme légume (telugu : tīgalu ou panai kizhangu; cinghalais : kelengu).
    • De la plantule bouillie et séchée, on extrait une farine, appelée oṭiyaḷ en tamoul (souvent écrit odial).
  • Le bourgeon apical donne un cœur de palmier.
  • Les feuilles ont longtemps été utilisées comme support d'écriture. La taille des pages (ou ola) est déterminée par la largeur du limbe entre deux nervures, et les pages sont liées par des ficelles, de sorte que le "livre" s'ouvre en accordéon. Les feuilles s'utilisent aussi pour couvrir les toits, ou pour tresser de nombreux types d'objets d'artisanat.
    • Les pétioles s'utilisent entiers comme poteaux, ou fendus comme matériau de vannerie.
    • la base des feuilles donne une fibre appréciée, exportée par l'Inde.
  • Le stipe (tronc) donne un bois.
  • Toutes les parties de l'arbre s'utilisent dans la pharmacopée.

Références

  • Chauvet, Michel, 2018. Encyclopédie des plantes alimentaires. Paris, Belin. 880 p. (p. 526)
  • Davis, T.A. & Johnson, D.V., 1987. Current utilization and further development of the palmyra palm (Borassus flabellifer L., Arecaceae) in Tamil Nadu State, India. Economic Botany, 41: 247-266.
  • Dransfield, J., 1976. Palm sugar in East Madura. Principes, 20: 83-90.
  • Ferguson, William, 1850. The Palmyra Palm. Borassus Flabelliformis: A popular description of the palm and its products, having special reference to Ceylon : with a valuable appendix embracing extracts from nearly every author that has noticed the tree. Colombo, Observer Press. 91 p. en ligne sur GoogleBooks
  • Fox, J.J., 1977. Harvest of the palm. Harvard University Press, Cambridge, Massachusets, United States. 290 pp.
  • Kovoor, A., 1983. The palmyrah palm: potential and perspectives. FAO Plant Production and Protection Paper, 52. Food and Agriculture Organization, Rome, Italy. 77 pp.
  • Lubeigt, G., 1977. Le palmier à sucre, Borassus flabellifer L., ses différents produits et la technologie associée en Birmanie. Journal d'Agriculture Traditionelle et de Botanique Appliquée, 24(4): 311-345.
  • Lubeigt G., 1982. Une civilisation du palmier à sucre en Asie. Le Courrier du CNRS, 44 : 24-35.
  • Morton, J.F., 1988. Notes on distribution, propagation, and products of Borassus palms (Arecaceae). Economic Botany, 42(3): 420-441.
  • PROSEA 9, 1996. Plant resources of South-East Asia. vol. 9. Plants yielding non-seed carbohydrates. ed. by M. Flach & F. Rumawas. Leiden/Wageningen, Backhuys/PROSEA. (Bogor, PROSEA, 1996). pp. 59-63.
  • Purseglove J.W., 1972. Tropical crops: Monocotyledons. Harlow (U.K.), Longman. X-607 p.
  • Romera, J.P., 1968. Le Borassus et le sucre de palme au Cambodge. L'Agronomie Tropicale, 23: 801-843.
  • Wealth of India (The), 1988. A dictionary of Indian raw materials and industrial products. New-Delhi, Council of scientific and industrial research. Vol. 2 : B. XLII-350+90 p. Revised edition. pp. 187-198.

Liens

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