Basella alba (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fourrage Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (cultivé et naturalisé)
pousse en fleurs et en fruits. Source : PROSEA
plante à rameaux rouges, grimpant sur un bananier; culture pour les graines
détail de pousses
infrutescence, fruits couverts du périanthe charnu
feuilles

Basella alba L.


Protologue: Sp. pl. 1 : 272 (1753).
Famille: Basellaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 44, 48

Synonymes

  • Basella rubra L. (1753),
  • Basella lucida L. (1759),
  • Basella cordifolia Lam. (1783).

Noms vernaculaires

  • Baselle, brède de Malabar, épinard indien, brède d’Angola (Fr).
  • Ceylon spinach, vine spinach, Gambian spinach, Malabar nightshade, Indian spinach (En).
  • Bacela, bertalha (Po).
  • Mboga buterezi (Sw).

Origine et répartition géographique

On considère habituellement la baselle comme étant originaire du sud de l’Asie, mais son origine exacte n’est pas connue. Elle est à présent largement cultivée et naturalisée dans les régions tropicales, et est même cultivée dans les zones tempérées comme plante annuelle. En Afrique tropicale, elle est très commune dans les zones chaudes et humides, alors qu’elle se raréfie lorsqu’on approche des parties arides ou fraîches du continent. Elle a été répertoriée dans de nombreux pays, mais existe probablement dans toute Afrique tropicale.

Usages

La baselle est couramment cultivée pour ses jeunes pousses, qui donnent un légume succulent légèrement mucilagineux. Elle est cuite à l’eau, utilisée comme herbe potagère dans des ragoûts ou des soupes, frite dans l’huile, ou parfois consommée comme salade verte. La baselle est appréciée par les Européens en Afrique comme substitut de l’épinard et les jeunes pousses et les plantules sont utilisées comme substitut de la mâche (Valerianella locusta (L.) Laterr.). Ses fruits ont été utilisés pour la teinture ; le jus rouge des fruits peut être utilisé comme encre, comme produit cosmétique et comme colorant alimentaire. Un grand nombre d’applications médicinales a été rapporté : les jeunes feuilles sont utilisées comme laxatif et le jus rouge des fruits est utilisé comme collyre pour soigner la conjonctivite. Au Kenya, les feuilles sont utilisées pour soigner les maux d’estomac et la constipation après l’accouchement, les feuilles réduites en purée sont appliquées comme cataplasme sur les plaies. En Afrique de l’Est, on donne la plante à manger au bétail pour augmenter la production de lait. Les formes rouges de Basella alba sont couramment cultivées comme plantes ornementales et sont même appréciées en Europe et en Amérique du Nord comme plantes en pot.

Production et commerce international

La baselle est vendue sur de nombreux marchés locaux. C’est un légume secondaire et comme il est généralement regroupé avec d’autres légumes verts, aucune donnée sur sa production ou son commerce ne sont disponibles.

Propriétés

La composition des pousses fraîches de baselle par 100 g de partie comestible est la suivante : eau 93 g, énergie 79 kJ (19 kcal), protéines 1,8 g, lipides 0,3 g, glucides 3,4 g, Ca 109 mg, P 52 mg, Fe 1,2 mg, vitamine A 8000 UI, thiamine 0,05 mg, riboflavine 16,0 mg, niacine 0,50 mg, folate 140 μg, acide ascorbique 102 mg (USDA, 2002). La composition est comparable à celle d’autres légumes-feuilles vert foncé à forte teneur en eau.

Les feuilles contiennent plusieurs oligoglycosides triterpènes de type oléanane, dont les basellasaponines, le bétavulgaroside I, le spinacoside C et des momordines. Deux peptides antifongiques et deux protéines à activité antivirale désactivant les ribosomes ont été isolés des graines.

Description

  • Plante herbacée pérenne à vie courte, jusqu’à 4(–8) m de haut, succulente ; tige volubile, fine, lisse, verte ou violacée.
  • Feuilles alternes, simples, charnues ; stipules absentes ; pétiole jusqu’à 9 cm de long ; limbe ovale ou en cœur, de 2,5–15 cm × 2–12,5 cm, habituellement cordé à la base, aigu ou acuminé à l’apex, vert foncé ou violacé.
  • Inflorescence : épi axillaire jusqu’à 22(–30) cm de long, pendant, à long pédoncule.
  • Fleurs bisexuées, régulières, 5-mères, sessiles, de 2,5–6 mm de long, blanches, roses ou violettes ; périanthe charnu, urcéolé, restant fermé ; étamines insérées près de l’apex du tube du périanthe ; ovaire supère, 1-loculaire, ovoïde, style avec 3 stigmates linéaires.
  • Fruit : pseudo-baie subglobuleuse de 4–7(–10) mm de diamètre, enveloppée dans le périanthe charnu, noir violacé, contenant un liquide violet et 1 graine.
  • Graine globuleuse d’environ 3 mm de diamètre, brun foncé à noire.
  • Plantule à germination épigée ; grands cotylédons ; premières feuilles opposées, les suivantes alternes.

Autres données botaniques

Le genre Basella comprend 5 espèces, dont 3 sont originaires de Madagascar et une d’Afrique de l’Est. Basella alba peut être confondue avec Anredera cordifolia (Ten.) Steenis, qui est parfois cultivé comme ornementale en Afrique tropicale. On peut distinguer ce dernier par ses fines grappes de fleurs pédicellées non charnues.

Croissance et développement

Dès que les graines ont germé, la croissance de la tige rampante ou grimpante est rapide et des rameaux latéraux se forment rapidement. La baselle fait courir des stolons sur le sol qui développent de nouvelles racines aux noeuds, permettant une croissance indéfinie. La récolte des jeunes pointes stimule la ramification. Les feuilles des rameaux latéraux sont plus petites que celles des stolons et la taille des feuilles diminue au fur et à mesure de la sénescence de la plante. La floraison débute environ 6 semaines après le semis. Les fleurs s’autofécondent. Les fruits mûrissent au bout d’environ 1 mois. On cultive souvent Basella alba comme plante annuelle, mais si on s’en occupe bien, elle peut persister plus d’un an en culture.

Ecologie

La baselle vient bien dans les basses terres tropicales jusqu’à 500 m d’altitude, mais elle survit même à 2600 m d’altitude ainsi que dans les régions tempérées. Dans la nature, on peut la trouver en bordure de forêt et dans les clairières ou encore dans des fourrés, souvent dans des endroits un peu humides. La baselle ne tolère pas le gel. Les températures optimales sont de 20–35°C. C’est une plante de jours courts ; la floraison est inhibée lorsque la longueur du jour dépasse 13 heures. Elle répond à un ombrage léger en produisant des feuilles plus grandes et plus charnues que lorsqu’elle est directement exposée. C’est une des espèces tropicales à photosynthèse en C4, ce qui entraîne une photosynthèse rapide et une forte production de matière sèche lorsque la lumière est intense, la température élevée et que l’humidité et la fertilité du sol sont satisfaisantes. La baselle tolère de fortes précipitations et survit à de courtes périodes de sécheresse. Le stress hydrique favorise une floraison précoce. Elle pousse bien dans divers types de sols, mais préfère les sols riches en humus bien drainés avec un pH de 5,5–7,0. Elle n’aime pas l’eau stagnante. Elle produit quelques feuilles même sur des sols médiocres et peu profonds, mais elle ne tolère pas la salinité.

Multiplication et plantation

La baselle est cultivée en culture courte de 2–4 mois sans tuteurage ou en culture longue sur des treillages. La multiplication se fait par graines ou parfois par des boutures d’environ 20 cm de long. Pour la culture courte, on pratique un semis direct ou bien la transplantation de plants de semis ou de boutures. Les plants de 10–15 cm de haut ou les boutures enracinées sont transplantés sur les planches avec un écartement carré de 40–50 cm × 40–50 cm ou en lignes écartées de 60–70 cm, avec 25–30 cm sur la ligne. Les plantes issues de graines sont plus productives que celles qui proviennent de boutures. Le poids de 1000 graines est d’environ 30–40 g. Pour une culture courte, la baselle peut être semée directement à la dose de 300 graines par m2 (10 g/m2) en lignes écartées de 10 cm. On effectue un éclaircissage à 100 plantes par m2 après 15 jours, au stade cotylédon. Pour une culture longue, on sème 3–4 graines par trou directement sur des planches en doubles lignes de chaque côté des tuteurs de 1,2–1,5 m de haut, avec un écartement de 60 cm entre les lignes et de 30 cm sur la ligne. En culture commerciale, on pratique souvent une densité de plantation de 5 plantes par m2.

Gestion

L’arrosage doit être copieux jusqu’à ce que les plantes soient bien établies ; il faut ensuite arroser environ 8 mm par jour pendant les périodes sèches. On recommande un ombrage partiel car cela donne des feuilles plus grandes et plus charnues. La culture sur treillage a l’avantage de maintenir le feuillage loin du sol. Ceci rend la récolte plus aisée et maintient les feuilles propres. La baselle peut bien venir dans des conditions de fertilité modérée, mais elle répond à des compléments de NPK et de fumure organique. La dose d’engrais appropriée va jusqu’à 100 t/ha de fumure organique à laquelle on ajoute 250 kg/ha de NPK 10–10–20 avant la plantation, suivis de 250 kg/ha de NPK après 1 mois. Le paillage avec de la paille est bénéfique, en particulier lors des premiers stades de développement et pendant les périodes sèches pour préserver l’eau.

Pour la production de semences, on cultive les plantes sur des treillages pendant la saison sèche avec irrigation. On récolte les fruits lorsqu’ils sont secs ; on peut obtenir un rendement en graines de 1000–2000 kg/ha.

Maladies et ravageurs

La baselle est très sensible aux nématodes à galles (Meloidogyne spp.). On réduit les dégâts en apportant une forte dose de fumure organique. On recommande une rotation avec des plantes non sensibles telles que le maïs ou l’amarante. La baselle est remarquablement exempte de maladies foliaires et de ravageurs à cause de son épaisse cuticule foliaire. Des taches nécrotiques des feuilles provoquées par Cercospora basellae et Acrothecium basellae apparaissent parfois. Les jeunes plantes sont sensibles à la pourriture due à Rhizoctonia. Une rouille (peut-être un Puccinia) provoquant des taches jaune-orange sur les feuilles est signalée comme causant des problèmes au Congo. Il est recommandé de retirer toutes les feuilles infectées afin de réduire la quantité d’inoculum.

Récolte

La récolte d’une culture courte débute environ 3 semaines après le semis. On cueille les extrémités des tiges de 15–25 cm de long en les pinçant toutes les semaines pendant une période d’environ 2 mois. En culture longue, la récolte débute 5–6 semaines après le semis, ou un peu plus tôt si on a utilisé des boutures. Pour les plants de semis, la récolte débute 50–70 jours après le repiquage. La récolte continue à intervalles réguliers jusqu’à 6 mois, lorsque les feuilles deviennent trop petites.

Rendement

Une culture courte donne des rendements allant jusqu’à 40 t/ha en 75 jours ; pour des cultures longues, les rendements sont très variables, jusqu’à 1,5 kg de pousses ou de feuilles par plante, c’est-à-dire 80 t/ha en 180 jours. On a observé des rendements de 20–50 t/ha par mois de culture.

Traitement après récolte

Afin d’éviter qu’elles ne se détériorent, les pousses sont liées en bottes. La baselle ne résiste qu’une journée à des températures de 20–30°C. Pour un entreposage plus long, il faut garder le produit dans un local frais. Les feuilles ne sont pas habituellement séchées.

Ressources génétiques

Basella alba n’est pas menacée car on cultive couramment des variétés locales dans les jardins familiaux et pour le marché. Elle a été ajoutée à la liste des légumes traditionnels africains pour lesquels la région SADCC a une mission de conservation. Aucune collecte de ressources génétiques n’a été signalée par les banques de gènes nationales. Les ressources génétiques sont conservées in situ sous la garde des paysans. Il est conseillé de collecter et d’évaluer le matériel local.

Sélection

Il n’existe probablement aucun programme de sélection, bien que plusieurs sociétés semencières en Inde et aux Etats-Unis proposent leurs propres cultivars.

Perspectives

Il existe de bonnes perspectives pour la baselle, car c’est un légume-feuilles productif, aux excellentes propriétés nutritionnelles, avec une résistance remarquable aux maladies et aux ravageurs, et qui convient aussi bien à la culture en jardins familiaux qu’à la culture commerciale dans les basses terres tropicales.

Références principales

  • FAO, 1988. Traditional food plants: a resource book for promoting the exploitation and consumption of food plants in arid, semi-arid and sub-humid lands of Eastern Africa. FAO food and nutrition paper 42. FAO, Rome, Italy. 593 pp.
  • Grubben, G.J.H., 1977. Tropical vegetables and their genetic resources. IBPGR, Rome, Italy. 197 pp.
  • Guarino, L. (Editor), 1997. Traditional African vegetables. Proceedings of the IPGRI international workshop on genetic resources of traditional vegetables in Africa: conservation and use, 29–31 August 1995, ICRAF, Nairobi, Kenya. Promoting the conservation and use of underutilized and neglected crops 16. IPGRI, Rome, Italy. 171 pp.
  • Messiaen, C.-M., 1989. Le potager tropical. 2nd Edition. Presses Universitaires de France, Paris, France. 580 pp.
  • Rahmansyah, M., 1993. Basella alba L. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 93–95.
  • Sidwell, K., 1999. Typification of two Linnaean names in the Basellaceae. Novon 9(4): 562–563.
  • Tindall, H.D., 1983. Vegetables in the tropics. Macmillan Press, London, United Kingdom. 533 pp.
  • USDA, 2002. USDA nutrient database for standard reference, release 15. [Internet] U.S. Department of Agriculture, Beltsville Human Nutrition Research Center, Beltsville Md, United States. http://www.nal.usda.gov/fnic/foodcomp. June 2003.

Autres références

  • Makambila, C., 1986. Une nouvelle maladie de la baselle (Basella sp.) au Congo. L’Agronomie Tropicale 41(1): 69–73.
  • Maundu, P.M., Ngugi, G.W. & Kabuye, C.H.S., 1999. Traditional food plants of Kenya. Kenya Resource Centre for Indigenous Knowledge (KENRIK), Nairobi, Kenya. 270 pp.
  • Murakami, T., Hirano, K. & Yoshikawa, M., 2001. Medicinal foodstuffs. 23. Structures of new oleanane-type triterpene oligoglycosides, basellasaponins A, B, C, and D, from the fresh aerial parts of Basella rubra. Chemical and Pharmaceutical Bulletin 49(6): 776–770.
  • Olembo, N.K., Fedha, S.S. & Ngaira, E.S., 1995. Medicinal and agricultural plants of Ikolomani Division, Kakamega district, Kenya. Development Partners, Kakamega, Kenya. 107 pp.
  • van der Zon, A.P.M. & Grubben, G.J.H., 1976. Les légumes-feuilles spontanés et cultivés du Sud-Dahomey. Communication 65. Département des Recherches Agronomiques, Koninklijk Instituut voor de Tropen, Amsterdam, Netherlands. 111 pp.
  • Wang, H. & Ng, T.B., 2001. Novel antifungal peptides from Ceylon spinach seeds. Biochemical and Biophysical Research Communications 288(4): 765–770.

Sources de l'illustration

  • Rahmansyah, M., 1993. Basella alba L. In: Siemonsma, J.S. & Kasem Piluek (Editors). Plant Resources of South-East Asia No 8. Vegetables. Pudoc Scientific Publishers, Wageningen, Netherlands. pp. 93–95.

Auteur(s)

  • M.O. Abukutsa-Onyango, Department of Horticulture, Maseno University, P.O. Private Bag, Maseno, Kenya

Consulté le 10 avril 2019.