Adansonia digitata (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Fruit Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Légume Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Oléagineux Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Stimulant Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Glucides / amidon Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Colorant / tanin Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois de feu Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fourrage Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Auxiliaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Changement climatique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage et cultivé)
1, pousse en fleurs et en fruits ; 2, fruit ; 3, graine. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
boutons floraux et fleur
fruits récoltés
tronc
arbres exploités pour leurs feuilles
branches en fruits

Adansonia digitata L.


Protologue: Syst. nat. ed. 10, 2 : 1144 (1759).
Famille: Bombacaceae (APG: Malvaceae)
Nombre de chromosomes: 2n = 160

Noms vernaculaires

  • Baobab, calebassier du Sénégal, arbre de mille ans (Fr).
  • Baobab, monkey-bread tree, dead-rat tree, cream-of-tartar tree (En).
  • Baobab, molambeira, imbondeiro, calabaceira, cabacevre (Po).
  • Mbuyu, mkuu hapingwa, mkuu hafungwa, muuyu (Sw).

Origine et répartition géographique

Le baobab est présent à l’état naturel presque partout en Afrique continentale tropicale. A l’origine, il était absent de nombreux pays d’Afrique centrale, mais il a été introduit dans la plupart d’entre eux. Il est encore absent du Rwanda, du Burundi, de Djibouti et de l’Ouganda. Il a été introduit à Madagascar et dans de nombreuses autres îles de l’océan Indien. En Afrique de l’Ouest, on le rencontre souvent dans des vergers de baobab autour des villages. En dehors de l’Afrique, il a été introduit partout dans les régions tropicales et subtropicales. En Inde, son introduction remonte à assez longtemps et elle est très probablement le fait de marchands arabes ; les usages locaux qu’on en fait aujourd’hui sont semblables à ceux de l’Afrique. A la Barbade, deux vieux arbres, issus de graines importées en 1738 d’Afrique de l’Ouest, sont considérés comme l’une des sept merveilles de l’île.

Usages

Les feuilles de baobab sont utilisées soit fraîches en légume cuit, soit séchées et réduites en poudre pour servir d’ingrédient de soupes ou de sauces. Les pousses et les racines des jeunes plantes se consomment également. En temps de famine en Afrique de l’Ouest, on consomme les racines cuites à l’eau. Les fleurs se mangent crues.

Les fruits contiennent une pulpe tendre, blanche, comestible et nourrissante (le “pain de singe”). Elle sert à faire cailler le lait, on la mange en dessert et on l’utilise pour faire de la bouillie, des boissons rafraîchissantes ou des crèmes glacées. Au Soudan, on en fait une boisson laiteuse appelée “gubdi”. On ajoute la pulpe du fruit réduite en poudre à un liquide froid, ce qui en conserve les vitamines. Une émulsion de pulpe de fruit peut falsifier le lait. La pulpe séchée s’emploie en pâtisserie comme substitut de crème de tartre.

Les graines se consomment crues ou grillées et servent à épaissir les soupes et à leur donner du goût. La fermentation des amandes des graines en améliore la valeur nutritionnelle. Sur les côtes du Kenya et de la Tanzanie, on colore les graines encore revêtues de pulpe, on les enrobe de sucre et on les vend comme bonbons. Les graines s’emploient pour falsifier les cacahuètes et on peut s’en servir pour remplacer le café. Une huile peut être extraite de l’amande des graines par ébullition et distillation. Semi-fluide, cette huile d’un jaune d’or est légèrement parfumée, non siccative et possède une longue durée de conservation. On s’en sert pour la cuisine et en cosmétique.

La fibre de l’écorce, qui s’arrache de la partie inférieure du tronc, sert à confectionner des cordes ou des ficelles, des cordes pour instruments de musique, des pièges, des filets de pêche, des pagnes, des sacs, des paniers, des nattes et des chapeaux imperméables. L’écorce des racines produit également de la fibre. Enfin, lorsque le bois se désagrège, il reste des fibres qui peuvent être utilisées comme matériau d’emballage.

On se sert de toutes les parties de la plante pour traiter la fièvre. La gomme extraite de l’écorce sert au nettoyage des plaies. Au Congo, la décoction d’écorce est utilisée pour baigner les enfants rachitiques et en Tanzanie pour soigner les douleurs dentaires. L’écorce des tiges et les fibres qui tapissent la coque des fruits s’emploient pour traiter l’aménorrhée. L’écorce, la pulpe du fruit et les graines servent d’antidote contre l’empoisonnement au Strophanthus. Au Malawi, le jus du baobab, qu’on appelle “dambedza”, est servi comme remède contre la gueule de bois et contre la constipation. En Zambie, l’infusion de racine sert en bains pour les bébés, pour adoucir la peau. En Sierra Leone, la décoction de racine est ingérée avec des aliments comme fortifiant. Les racines réduites en poudre et séchées entrent dans le traitement du paludisme. Les feuilles sont utilisées comme diaphorétique, expectorant, astringent et prophylactique de la fièvre. Elles figurent sur une longue liste de traitements pour des maux tels que l’asthme, l’asthénie, les maladies du rein et de la vessie, la diarrhée et les inflammations. La pulpe du fruit s’emploie comme antidysentérique ainsi que dans le traitement de la variole et de la rougeole. L’huile des graines s’emploie contre l’inflammation des gencives et sert à soulager les maux de dents.

Le bétail mange les feuilles et les fleurs tombées, et pendant la saison sèche on le nourrit de pulpe de fruit et de graines. On nourrit aussi le bétail avec les résidus provenant de l’extraction d’huile.

Dans certains endroits, le bois sert à confectionner des pirogues, des écuelles et des flotteurs pour les filets de pêche. Mais c’est un piètre bois de feu et son charbon est médiocre. Il est possible d’utiliser le bois et l’écorce dans l’industrie papetière, mais commercialement, ce n’est pas viable. Les coques des fruits servent elles aussi de combustible et on en fait des récipients et des flotteurs de pêche.

Les arbres au tronc creux sont employés depuis longtemps et on s’en sert toujours pour conserver de l’eau, car leur capacité de stockage atteint 7500 l. Les troncs creux servent également de tombes, de lieux de rendez-vous, de prisons, d’étables, d’abribus, d’entrepôts, de postes de surveillance, de salles de bain, de chambres froides et de laiteries. On se sert de la pulpe pour fumer le poisson et la fumée aide à repousser les insectes qui harcèlent le bétail. Mélangé à de l’eau, le pollen donne une colle qui s’emploie en menuiserie. L’écorce s’utilise en tannerie et l’écorce verte produit un colorant. On obtient un colorant rouge à partir des racines. Les pédoncules réduits en poudre et la coque du fruit servent de substitut au tabac. En dehors de son aire d’origine, l’arbre a été introduit principalement comme ornemental ou pour donner de l’ombre. Avec sa forme extraordinaire, le baobab est auréolé dans l’Afrique entière de tout un trésor de légendes, de superstitions, de récits populaires et de références anecdotiques.

Production et commerce international

Dans le passé, l’écorce a été importée en Europe pour les industries de l’emballage et du papier, ainsi que pour ses usages médicinaux. Sous le nom de “cortex cael cedra”, elle était utilisée comme substitut de la quinine pour faire baisser la fièvre. Tout récemment dans le monde occidental, on a vu croître l’intérêt commercial pour ses emplois en diététique et en cosmétique. Au Zimbabwe, l’arbre donne lieu à une production industrielle à petite échelle de pulpe de fruit et d’huile. Au Malawi, le jus de fruits de baobab fait l’objet d’une production commerciale. Les graines sont exportées d’Afrique de l’Est vers le monde arabe et le Proche-Orient, où elles sont consommées comme amuse-gueule. On ne dispose toutefois d’aucune statistique sur la production ou le commerce.

Propriétés

La composition nutritionnelle des feuilles fraîches de baobab par 100 g de partie comestible est : eau 77 g, énergie 289 kJ (69 kcal), protéines 3,8 g, lipides 0,3 g, glucides 16,1 g, fibres 2,8 g, Ca 402 mg, P 65 mg, acide ascorbique 52 mg (Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968).

La pulpe du fruit de baobab contient par 100 g : eau 8,7 g, énergie 1290 kJ (308 kcal), protéines 2,7 g, lipides 0,2 g, glucides 73,7 g, fibres 8,9 g, Ca 335 mg, Mg 167 mg, P 76,2 mg, Fe 2,7 mg, Zn 1,0 mg, thiamine 0,62 mg, riboflavine 0,14 mg, niacine 2,7 mg, acide ascorbique 209 mg. Les graines sont constituées d’environ 55% de tégument et de 45% d’amande. Les amandes contiennent par 100 g : eau 8,1 g, énergie 1805 kJ (431 kcal), protéines 33,7 g, lipides 30,6 g, glucides 4,8 g, fibres 16,9 g, Ca 273 mg, Mg 640 mg, P 5,1 mg, Fe 6,6 mg, Zn 6,7 mg, thiamine 0,25 mg, riboflavine 0,14 mg, niacine 1,0 mg. La composition en acides gras est la suivante : acide linoléique 34,9%, acide oléique 32,3%, acide palmitique 26,5% et acide stéarique 4,4% (Arnold, T.H., Normal, M.J. & Wehmeijer, A.S., 1985). Il est fait état d’une grande variation dans la teneur en huile de l’amande des graines, entre 30–68%.

Dans la littérature, les propriétés nutritionnelles varient considérablement, mais il n’y a pas de relation évidente entre la morphologie ou l’origine et les propriétés. Au Mali, la teneur en acide ascorbique des feuilles varie de 1 à 3 en fonction des arbres ; cette variation est restée la même pendant des années et aucun lien avec la pluviosité ou la morphologie n’a été établi. Cependant, les petites feuilles, caractéristique particulière à certains arbres, présentaient une teneur en vitamine A de 20% supérieure environ, tandis que l’âge de l’arbre n’avait aucune incidence sur la teneur en vitamine A de ces feuilles. La valeur la plus élevée trouvée pour la vitamine A dans la poudre de feuilles séchées au soleil était de 27,2 μg/g.

Le bois séché à l’air est léger et possède une densité d’environ 210 kg/m3. Les fibres de l’écorce interne sont souples, durables, moyennement résistantes et elles font entre 90–120 cm de long.

Toutes les parties de la plante contiennent du mucilage, riche en acide uronique. La gomme de l’écorce, inodore, sans saveur et insoluble, contient de l’acide bétulinique. L’écorce a montré des activités diaphorétique et antipériodique. L’adansonine, isolée à partir de l’écorce, s’avère quant à elle avoir des propriétés fébrifuges. On pense que ce composé est le principe actif qui neutralise la strophantine, mais d’autres études montrent que l’adansonine elle-même provoque un empoisonnement analogue à celui causé par Strophanthus. Les feuilles possèdent une activité hyposensitive et antihistaminique. L’écorce de racine et les extraits de feuilles ont une activité antivirale et antibactérienne. L’amande de la graine contient un inhibiteur de la trypsine, qui peut être réduit de 85% par traitement à l’alcali. Leur teneur en tanin (12% de la matière sèche) a un effet négatif marqué sur la digestibilité des feuilles par le bétail.

Description

  • Enorme arbre caducifolié, atteignant 20(–23) m de haut, tronc souvent à très large circonférence ; écorce lisse, de couleur variable ; branches trapues près du tronc, jeunes branches souvent tomenteuses ; système racinaire pouvant s’enfoncer jusqu’à 2 m dans le sol et s’étalant horizontalement plus largement que la hauteur de l’arbre.
  • Feuilles alternes, simples (chez les arbres jeunes et les premières feuilles de la saison chez les arbres âgés) ou composées digitées, à l’apex des branches ; stipules rapidement caduques ; pétiole atteignant 16 cm de long ; feuilles composées à 5–7(–9) folioles, d’environ 20 cm de diamètre ; folioles sessiles ou à court pétiole, elliptiques, de 5–15 cm × 1,5–7 cm, base cunéiforme, apex acuminé, mucronées, entières.
  • Fleurs solitaires ou par paires, axillaires, pendantes, bisexuées ; pédicelle atteignant 90 cm de long, tomenteux ; bractéoles 2, rapidement caduques ; calice 3–5-lobé, de 5–9 cm × 3–7 cm, courtement tomenteux à l’extérieur, pubescent velouté à l’intérieur ; pétales 5, se chevauchant, très largement obovales à aplatis, de 5–10 cm × 4,5–12 cm, base à court onglet, apex arrondi, blanches ; étamines très nombreuses, réunies à la base en un tube staminal de 1,5–4,5 cm de long, partie libre d’égale longueur, réfléchie ; ovaire supère, 5–10-loculaire, style saillant d’environ 1,5 cm au-dessus des anthères, stigmate 5–10-lobé.
  • Fruit : capsule ligneuse, indéhiscente, globuleuse à ovoïde ou oblongue-cylindrique, atteignant 40(–55) cm de long, couverte d’un tomentum velu, remplie d’une pulpe sèche et farineuse, et contenant de nombreuses graines.
  • Graines réniformes, d’environ 1,5 cm × 1 cm, lisses, brun foncé à noires, à tégument épais.
  • Plantule à germination hypogée ; cotylédons se détachant du tégument ; premières feuilles simples, étroitement linéaires ; racine pivotante renflée.

Autres données botaniques

Le genre Adansonia comprend 8 espèces, dont une est originaire du continent africain, une est endémique d’Australie et 6 de Madagascar.

Au Sahel, on distingue 4 types de baobab : “écorce noire”, “écorce rouge”, “écorce grise” et “feuille foncée”. On préfère le type “feuille foncée” comme légume-feuilles, le type “écorce grise” est utilisé pour sa fibre, et les autres types sont préférés pour leurs fruits. Au Soudan, la taille, la forme et le goût des fruits diffèrent d’une région à l’autre. Au Kenya, on distingue 3 types en fonction de la douceur du fruit, de la forme de l’arbre, de la taille et de la forme du fruit ainsi que de la saison de floraison. Il est tentant de distinguer des variétés botaniques, mais étant donné que la diversité est encore loin d’être bien comprise, une telle classification formelle serait prématurée.

Les nombres de chromosomes signalés pour Adansonia digitata sont de 96, 128, 144 et 160. Les comptages inexacts dans la famille des Bombacaceae sont communs car les chromosomes sont petits et nombreux. Le baobab est aujourd’hui considéré comme un autotétraploïde ayant subi une réduction aneuploïde, passant de 4x = 176 à 2n = 160. Les autres espèces d’Adansonia possèdent toutes 2n = 88.

Croissance et développement

Un modèle de croissance distinguant 4 phases a été mis au point sur la base de données recueillies sur les arbres sud-africains. La première, nommée phase “gaulis”, dure 10–15 ans et à la fin de cette période, le diamètre du tronc à hauteur d’homme est de 7–25 cm, sa hauteur de 3–6 m et la largeur de la cime de 2–4 m. La seconde, dite phase “conique”, dure jusqu’à ce que l’arbre atteigne l’âge de 60–70 ans. Au cours de cette phase, la croissance est rapide et le tronc atteint sa hauteur maximale. A la fin de la phase conique, le diamètre du tronc est de 0,8–2,2 m, la hauteur est de 5–15 m et la largueur de la cime de 8–20 m. Au cours de la troisième phase, qualifiée de “bouteille”, le tronc s’épaissit et la cime s’élargit avec de longues branches ascendantes. Cette phase prend fin lorsque l’arbre est parvenu à l’âge de 200–300 ans ; son tronc fait alors 2,8–5,5 m de diamètre, la hauteur est de 10–20 m et la largeur de sa cime atteint 15–35 m. Dans la dernière phase de “vieillesse”, le tronc prend davantage de volume, les branches lourdes pendent et il arrive que les plus basses cassent de temps à autre. La cime s’élargit et s’aplatit, le tronc se creuse et l’arbre finit par mourir à l’âge de 500–800(–1000) ans. Sous des conditions de croissance exceptionnelles et grâce à une croissance secondaire, certains arbres peuvent atteindre un âge encore plus respectable. Dans les régions chaudes, les phases tendent à se raccourcir. En Afrique de l’Ouest, des arbres issus de graines ont atteint une hauteur de 2 m en 2 ans et de 12 m en 15 ans.

Les feuilles apparaissent peu après les premières pluies, et les premières feuilles, souvent simples, tombent précocement. La floraison a lieu à n’importe quel moment de l’année, sauf au plus fort de la saison sèche ; elle précède souvent l’apparition des feuilles. Les fleurs s’ouvrent tard dans l’après-midi et restent ouvertes toute la nuit, au nombre de 1–50 fleurs par arbre. La floraison d’un arbre peut durer 6 semaines. La première floraison a été observée sur un arbre de 8 ans. Les arbres greffés commencent à fleurir au bout de 3 années seulement, et ils n’atteignent pas la taille des individus francs de pied. La pollinisation se fait principalement par les chauves-souris frugivores, dans une moindre mesure par des galagos (lémuriens) et peut-être par le vent, les mouches et les papillons de nuit. Les pollinisateurs sont attirés par la forte odeur de charogne des fleurs. Les animaux, en particulier les babouins et les éléphants, jouent un rôle dans la dispersion des graines et dans la levée de leur dormance. Le baobab reconstitue une nouvelle écorce après arrachage de la première. Le tronc dénudé d’arbres abattus peut se recouvrir d’écorce et produire une nouvelle pousse à partir du centre de la souche, et d’autres à sa périphérie.

Ecologie

Le baobab préfère un sol superficiel sablonneuse sur un sous-sol limoneux ; il tolère les sols mal drainés à texture lourde, mais il est absent sur sable profond. Il préfère les altitudes de 450–600 m, où la pluviométrie annuelle atteint 300–500 mm ; il est commun dans les régions où la pluviométrie annuelle est de 200–800 mm, mais des extrêmes de pluviosité annuelle de 90 et 1500 mm ont été enregistrés. On le trouve depuis le niveau de la mer jusqu’à 1000(–1500) m d’altitude. Un gel sévère est capable de faire mourir même les arbres adultes, et au sud de son aire de répartition, on le trouve surtout sur les pentes orientées au nord, à l’abri des vents froids du sud. Si les semis et les jeunes arbres sont vulnérables au feu, les arbres adultes résistent aux incendies.

Multiplication et plantation

La régénération naturelle du baobab est difficile, principalement en raison du broutage par les animaux et des incendies de brousse non contrôlés. La germination spontanée des graines de baobab est généralement faible. Il faut d’abord écarter les graines légères, qui flottent sur l’eau. Puis on procède au prétraitement des graines en fendant le tégument, puis en les plongeant dans l’eau bouillante pendant 5–7 minutes ou dans l’acide sulfurique pendant 6–12 heures, ce qui aboutit normalement à un taux de germination de 80–95%. 4–6 mois avant le début présumé de la saison des pluies, on procède au semis en sacs. Parfois, les paysans s’occupent des semis de baobab dans leur jardin jusqu’à ce qu’ils atteignent 2–3 m de haut. Ils sont alors transplantés au bord de leurs champs. La multiplication végétative offre l’avantage de garantir les caractéristiques souhaitées, telles que de grandes feuilles et une bonne qualité. Les boutures de tiges prennent facilement racine en pépinière. Pour la greffe, on peut utiliser comme porte-greffe des plants de semis de 3 mois avec des greffons juste prélevés.

Les plants sont transplantés au début de la saison des pluies. Après la transplantation au champ, il est essentiel d’assurer la protection des arbres contre le gibier, le bétail et les incendies, jusqu’à ce qu’ils soient bien établis. On plante à un espacement de 10 m × 10 m.

Gestion

L’étêtage des arbres favorise la production de feuilles et aide à prévenir la chute des arbres creux, mais cette pratique réduit drastiquement la production de fruits pendant plusieurs années.

Maladies et ravageurs

L’association de certains insectes avec le baobab a fait l’objet de recherches poussées, car cet arbre est susceptible d’être l’hôte facultatif de ravageurs et de maladies du cotonnier et du cacaoyer. Tout un ensemble de noctuelles, de punaises rouges du cotonnier, d’altises et de cochenilles ont été répertoriés. La mesure de protection des plantes consistant à éradiquer le baobab s’est révélée inefficace, parce que ces parasites ont de nombreux autres hôtes. L’annélation des troncs par des coléoptères peut faire mourir les jeunes arbres. Une fumagine décolore l’écorce, en particulier pendant les périodes sèches ; il s’agit d’une infection fongique secondaire survenant suite à un stress. En Afrique australe, la chenille du mopane (Gonimbrasia belina), considérée comme un mets de choix, se nourrit des feuilles. Les éléphants mangeurs d’écorce constituent la menace la plus importante pour les baobabs adultes.

Récolte

La récolte des feuilles et des fruits se fait en grimpant à l’arbre. On peut aussi secouer les branches pour faire tomber les fruits. On ôte l’écorce par arrachage après avoir pratiqué des incisions verticales et horizontales. Les repousses d’écorce peuvent être à nouveau récoltées au bout de quelques années.

Rendement

Aucune donnée n’est disponible sur les rendements en feuilles ou en fibres. Un arbre adulte moyen produit environ 200 kg de fruits par an.

Traitement après récolte

Le séchage des feuilles de baobab à l’ombre entraîne une moindre déperdition de vitamine A que le séchage au soleil. La pulpe du fruit est séchée au soleil, ou mise à fermenter. Une machine a été mise au point pour séparer mécaniquement la pulpe du reste du fruit. Traditionnellement, graines et pulpe sont séchées au soleil, grillées ou mises à fermenter. La pulpe se conserve pendant longtemps dans des récipients hermétiques. On peut séparer les téguments des graines et les amandes à la main après les avoir fait bouillir (1 heure) et laissés tremper (12 heures).

Ressources génétiques

La variation de taille entre arbres de même âge est généralement attribuée à des différences liées à leur emplacement. Cependant, les différences considérables de taille entre des baobabs du même âge et au même lieu semblent indiquer que la variation est surtout d’origine génétique. Etant donné la variabilité au sein de l’espèce, il est nécessaire de procéder à un échantillonnage sur toute son aire de répartition pour établir une collection de ressources génétiques qui soit représentative. Pour l’espèce dans son ensemble, il ne semble pas y avoir de menace d’extinction ou d’érosion génétique ; toutefois, par endroits (par ex. dans l’est du Zimbabwe), les peuplements sont menacés en raison de changements d’ordre hydrologique ou de surexploitation.

Sélection

Compte tenu de la grande variabilité du baobab, l’amélioration génétique et la sélection offrent des perspectives considérables.

Perspectives

Comme source locale de légume-feuilles, de fruits, de fibre et d’autres produits, le baobab ne cessera de jouer un rôle important. La vulgarisation agricole, en particulier sur sa transformation, pourrait favoriser une production et un usage plus intensifs. Il est possible que les marchés, tant locaux qu’internationaux, aient la capacité d’absorber des quantités considérables de produit. Etant donné le long cycle de production du baobab, il est utile de ne retenir que les meilleurs plants. La sélection des plants de semis en fonction de leur vitesse de croissance peut être un bon moyen pour accroître la production. Les recherches destinées à mieux comprendre la grande variabilité du baobab devraient jeter les bases de futurs programmes de sélection. De larges essais de provenance sont nécessaires. Comme pour les autres arbres cultivés, l’amélioration génétique est une entreprise à long terme. Mais à court terme, la meilleure stratégie sera de procéder à la multiplication végétative des arbres de qualité supérieure.

Références principales

  • Baum, D.A., 1995. A systematic revision of Adansonia, Bombacaceae. Annals of the Missouri Botanical Gardens 82(3): 440–470.
  • Baum, D.A. & Ogunima, K., 1994. A review of chromosome numbers in Bombacaceae with new counts for Adansonia. Taxon 43(1): 11–20.
  • Gebauer, J., El-Siddig, K. & Ebert, G., 2002. Baobab (Adansonia digitata L.): a review on a multipurpose tree with promising future in the Sudan. Gartenbauwissenschaft 67(4): 155–160.
  • Sidibé, M. & Williams, J.T., 2002. Baobab: Adansonia digitata. [Internet] International Centre for Underutilised Crops, Southampton, United Kingdom. http://www.icuc-iwmi.org/ resources.htm. January 2004.
  • Wickens, G.E., 1982. The baobab: Africa’s upside-down tree. Kew Bulletin 37(2): 173–209.

Autres références

  • Addy, E.O.H, Salami, L.I., Igboeli, L.C. & Remawa, H.S., 1995. Effect of processing on nutrient composition and anti-nutritive substances of African locust bean (Parkia filicoidea) and baobab seed (Adansonia digitata). Plant Foods for Human Nutrition 48(2): 113–117.
  • Anani, K., Hudson, J.B., De Souza, C., Akpagana, K., Tower, G.H.N., Amason, J.T. & Gbeassor, M., 2000. Investigation of medicinal plants of Togo for antiviral and antimicrobial activities. Pharmaceutical Biology 38(1): 40–45.
  • Beentje, H.J., 1989. Bombacaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 9 pp.
  • Booth, F.E.M. & Wickens, G.E., 1988. Non-timber uses of selected arid zone trees and shrubs in Africa. FAO Conservation Guide No 19. FAO, Rome, Italy. 176 pp.
  • Hudson, J.B., Anani, K., Lee, M.X., De Souza, C., Arnason, J.T. & Gbeassor, M., 2000. Further investigations on the antiviral activities of medicinal plants of Togo. Pharmaceutical Biology 38(1): 46–50.
  • Leakey, R.R.B., 1999. Potential for novel food products from agroforestry trees: a review. Food Chemistry 66: 1–14.
  • Leung, W.-T.W., Busson, F. & Jardin, C., 1968. Food composition table for use in Africa. FAO, Rome, Italy. 306 pp.
  • Maundu, P.M., Ngugi, G.W. & Kabuye, C.H.S., 1999. Traditional food plants of Kenya. Kenya Resource Centre for Indigenous Knowledge (KENRIK), Nairobi, Kenya. 270 pp.
  • Mukamuri, B. & Kozanayi, W., 1999. Institutions surrounding the use of marketed bark products: the case of Berchemia discolor, Warburgia salutaris and Adansonia digitata. [Internet] Institute of Environmental Studies Workingpaper 17. http://www.ies.ac.zw/publications/working/wp17.htm. January 2004.
  • Murray, S.S., Schoeninger, M.J., Bunn, H.T., Pickering, T.R. & Marlett, J.A., 2001. Nutritional composition of some wild plant foods and honey used by Hadza foragers of Tanzania. Journal of Food Composition and Analysis 14: 3–13.
  • Scheuring, J.F., Sidibé, M. & Frigg, M., 1999. Malian agronomic research identifies local baobab tree as source of vitamin A and vitamin C. Sight and Life Newsletter 1: 21–24.
  • Sidibé, M., Scheuring, J.F., Tembely, D., Sidibé, M.M., Hofman, P. & Frigg, M., 1996. Baobab: homegrown vitamin C for Africa. Agroforestry Today 8(2): 13–15.
  • Touré, S.F., Michalet-Doreau, B., Traoré, E., Friot D. & Richard, D., 1998. Occurrence of digestive interactions in tree forage-based diets for sheep. Animal Feed Science and Technology 74(1): 63–78.
  • Vollesen, K., 1995. Bombacaceae. In: Edwards, S., Mesfin Tadesse & Hedberg, I. (Editors). Flora of Ethiopia and Eritrea. Volume 2, part 2. Canellaceae to Euphorbiaceae. The National Herbarium, Addis Ababa University, Addis Ababa, Ethiopia and Department of Systematic Botany, Uppsala University, Uppsala, Sweden. pp. 186–189.
  • von Breitenbach, F., 1985. Aantekeninge oor die groeitempo van aangeplante kremetartbome (Adansonia digitata) en opmerkinge ten opsigte van lewenstyd, groeifases en genetiese variasie van die spesie. (Notes on the growth rate of planted baobab trees (Adansonia digitata) and observations in respect of lifespan, growth phases and genetic variation of the species). Journal of Dendrology 5(1–2): 1–21.

Sources de l'illustration

  • Beentje, H.J., 1989. Bombacaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 9 pp.

Auteur(s)

  • C.H. Bosch, PROTA Network Office Europe, Wageningen University, P.O. Box 341, 6700 AH Wageningen, Netherlands
  • K. Sié, c/o Adama Traoré, CNSF/PROTA, 01 B.P. 2682, Ouagadougou 01, Burkina Faso
  • B.A. Asafa, National Horticultural Research Institute (NIHORT), P.M.B. 5432, Idi-Ishin, Jericho, Ibadan, Nigeria

Consulté le 11 avril 2019.