Lebel, Paul, 1942. Les noms enfantins du coquelicot. ''Français moderne'', '''10''' : 40-45.
* ''[[Papaver rhoeas]]''
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langage des tout-petits, comme celui de l'œuf est coco. L'onomatopée française se termine souvent par le nom local du coq : ''cocorico, coricoco, cocico'' dans les patois où ''coq'' (on prononçait anciennement ''ko'') désigne l'oiseau, ''catcalijau'', ''caclinjau'' où ''jau'' continue le latin ''gallu''.
On n'est pas sûr que le nom gaulois du « coquelicot », ''calocatanos'' cité seulement chez Marcellus Empiricus, ait été formé sur le nom gaulois du coq. En celtique insulaire, l'oiseau s'est appelé *''caliacos'' : littéralement « appeleur » (ogam. Caliaci (au génitif), irl. ''cailech'', gall. ''ceiliog'', anc' . corn. ''chelioc''). Cf. skr. ''uṣa-kalaḥ'' « coq » (: « qui appelle l'aurore »).
II. Un autre jeu enfantin consiste à faire une petite poupée, avec un coquelicot bien épanoui. « Les pétales, écrivait Mme de Genlis, font l'habillement et les bras, au moyen des fils qui les rattachent. La petite tête fait le visage ; le haut de cette tête forme une calotte ; les étamines font une jolie fraise ou collerette autour du visage. » Rolland, qui cite ce passage, ajoute qu'on complétait quelquefois la ressemblance par deux brins de graminée figurant grossièrement les jambes. Cette amusette est connue presque partout.