Solanacées (Bellakhdar)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Simaroubacées
Bellakhdar, Pharmacopée marocaine traditionnelle, 1997
Sterculiacées

481

481. Atropa belladonna L. et Atropa baetica Wilk.

  • zbīb al-laydūr, zbīb lidūr, balaydūr (!) : à ne pas confondre avec balādīr qui désigne l'anacarde (Anacardium occidentale L.).
  • tidilla (poly.) : s'applique aussi au datura stramoine.
  • ādil wuššen (poly.) (berbère ; litt. : raisin de chacal) : s'applique aussi à d'autres baies : bryone, coqueret somnifère, morelle noire, douce-amère, etc.
  • būqninī, būqnina (!) : c'est aussi le nom de la morelle noire.
  • Les herboristes à Salé et à Marrakech donnent aussi à la belladonne le nom de ḥabb el-fahm (litt. : la graine de l'intelligence, de la compréhension) car la belladonne a la réputation d'aiguiser les facultés de l'esprit. Cette appellation est en réalité fausse car ḥabb el-fahm est classiquement le synonyme de balādīr, l'anacarde. La ressemblance de balādīr et balaydūr, ajoutée à une similitude de l'action présumée sur l'activité cérébrale, semble à l'origine de cette confusion.

482

482. Capsicum annuum L.

  • felfel, felfel ḥlū (!) : pour le poivron, le poivron doux.
  • felfel ḥmer, felfla ḥamra (!) : pour le poivron rouge.
  • felfla meṭḥūna (!) : pour le poivron rouge déshydraté et moulu.
  • šawniya (!) : pour le poivron rouge déshydraté et moulu.
  • niōra, nwira (!) (Oriental, Gharb, Loukkos) : poivron rouge à paprika.

483

483. Capsicum frutescens L.

  • sūdāniya (!) (litt. : celui du Soudan ; parce qu'autrefois une variété de petite taille, très piquante, venait de cette région).
  • felfel ḥārr (!) (litt. : piment brûlant).
  • felfel marrākšī (!) (litt. : piment de Marrakech).
  • l-’awjiya (!) (litt. : la tordue ; en raison de sa forme recourbée).
  • fliflā (!) : diminutif.

484

484. Datura divers et Brugmansia divers
Datura stramonium L., Datura innoxia Mill., Datura metel L., Datura ferox L.
Brugmansia arborea (L.) Langerh., Brugmansia suaveolens Humb. & Bonpl. ex Willd) Bercht & Presl., Brugmansia sanguinea (Ruiz & Pav.) D. Don., Brugmansia versicolor Langerh., Brugmansia x candida Pers., Brugmansia x insignis (Barb. Rodr.) Lockw.

  • šdeq ej-jmel (!) (litt. : mâchoire de dromadaire ; image suggérée par le fruit quand il s'ouvre à maturité).
  • taburzigt, taburzigent, taburazit (!) (berbère).
  • tidilla (!) (berbère) (Laoust, 1920) : ce vernaculaire s'applique aussi à la belladonne.
  • ġayta (!) (litt. : trompette, clarinette) : pour les fleurs des Datura et des Brugmansia.
  • al-murqid, jawzat al-murqid al-mušwika (litt. : la noix épineuse du murqid ; al-murqid = celui qui fait dormir) : terme employé surtout pour le fruit du Datura metel, autrefois importé de l'Inde pour son usage en médecine.

485

485. Hyoscyamus divers
Hyoscyamus albus L., Hyoscyamus niger L., Hyoscyamus muticus ssp. falezlez (Coss.) Maire

  • sīkrān (!) (mot dérivant d'un verbe arabe qui veut dire "énivrer") : pour la jusquiame blanche et la jusquiame noire.
  • bū-narjūf, bū-renjūf (!) (Beni Touzine du Rif) : c'est le nom que portent aussi la jusquiame noire et la jusquiame blanche en Kabylie et dans l'Algérois.
  • benj (livresque) : ce terme est aujourd'hui étendu à d'autres plantes soporifiques et a pris le sens "d'anesthésique".
  • lebtina (!) (Sahara occidental et central) : pour Hyoscyamus muticus ssp. falezlez.
  • gengīṭ (!) (berbère) : s'applique à toutes les jusquiames.
  • āfeleḥleḥ (Touareg) : pour Hyoscyamus muticus ssp. falezlez.
  • falezlez (Sahara central) : pour Hyoscyamus muticus ssp. falezlez.
  • bōrbōr : sous ce nom on désignait au Sahara central un poison violent redouté des officiers et des fonctionnaires de la colonisation, poison à base de jusquiame du désert.

486

486. Lycium divers
Lycium intricatum Boiss., Lycium barbarum (Munb.) Batt.

  • l-ġerdeg, l-ġerdeq, l-ġerteg, l-ġerteq (!).
  • ’awsaj (classique) (litt. : buisson).
  • īnezzerkī (Essaouira) (Tekna, Monteil, 1953).
  • mamūza (El Jadida).
  • ’andel (Jorf Al Asfar).
  • azaku (Tekna, Rgibat) : pour les baies de Lycium intricatum.
  • tabenenna, tamenunnayt, timmūma (Maures du Sahara occidental, Monteil, 1953) : pour les baies de Lycium intricatum.
  • A Sidi Bennour nous avons relevé pour les baies de Lycium europaeum le vernaculaire didi. A Fès, comme autrefois en Andalousie, didi est le nom de l'arbre de Judée (Cercis siliquastrum L.) aux belles fleurs pourpres. Par analogie, didi désigne aujourd'hui la couleur pourpre.

487

487. Lycopersicum esculentum Mill.

  • maṭīša (!) (dérive du français ou de l'espagnol).
  • timiṭaš (Souss, Laoust, 1936).
  • ṭamāṭim (Casablanca).

488

488. Mandragora autumnalis Bertol

  • bīḍ al-ġūl (!) (litt. : œuf d'ogre).
  • taryāla (!) (berbère) (litt. : ogresse).
  • luffāḥ (livresque) : pour le fruit.
  • yabrūḥ (livresque) : pour la plante et la racine.
  • tuffāḥ al-jenn (livresque) (litt. : pomme de génie).

489

489. Nicotiana glauca Graham

  • zefzūf (Jorf Al-Asfar) : ce vernaculaire s'applique normalement au jujubier.

490

490. Nicotiana tabacum L. et Nicotiana rustica L.

  • doẖān (!) (litt. : fumée).
  • tabbā (!) (du français "tabac").
  • tenfiḥa, neffā, šemmā (!) : pour le tabac à priser.
  • maklā (Oriental, Algérie) (litt. : qui se mange) : pour le tabac à chiquer.

491

491. Physalis alkekengi L.

  • kakenj (!) : c'est sous ce nom que le Physalis alkekengi, naturalisé en Afrique du Nord, est partout connu au Maroc.
  • ḥabb el-lahw, ḥabb el-lhū : le Physalis alkekengi reçoit aussi, par dévolution, ces vernaculaires qui sont ceux de Withania somnifera, considéré par les populations comme l'espèce sauvage (voir n° 498).
  • mmū l-qlāleš (Bertrand, 1991) : pour Physalis pubescens L.

492

492. Solanum dulcamara L.

  • ’ineb eẓ-ẓīb (!) (poly.) (litt. : raisin de chacal) : même vernaculaire que pour la morelle noire, la bryone, le coqueret somnifère.

493

493. Solanum melongena L.

  • buẓenjāl, bāẓenjāl, bẓenjāl (!) : c'est le classique bāẓinjān.
  • brāniya (!) (Oujda, Tétouan, Tlemcen).

494

494. Solanum nigrum L.

  • ’ineb eẓ-ẓīb (!) (poly.) (litt. : raisin de chacal).
  • ’ineb eṯ-ṯa’leb (!) (poly.) (litt. : raisin de renard) : ce vernaculaire, et le précédent, sont portés aussi par d'autrees plantes à baies similaires : douce-amère, bryone, coqueret somnifère, etc.
  • buqnīna, mūqnīna (!) (Gharb, région de Rabat) : ce mot serait dérivé du mot latin uva canina (Renaud & Colin, 1934, n° 219).
  • ādil wuššen (berbère, litt. : raisin de chacal).
  • Les deux derniers vernaculaires s'appliquent aussi improprement à la belladonne.

495

495. Solanum sodomeum L. ( = Solanum linnaeanum Hepper & Jaeger)

  • līm nṣāra (!) (litt. : citron des chrétiens).
  • ḥedja, ḥdej, ḥdija (!) (poly.) (rabat, Zaërs) : c'est en réalité le nom de la coloquinte ; ce vernaculaire est suggéré par la forme du fruit.
  • maṯīšat leḥmīr (litt. : tomate d'âne) (Bertrand, 1991) : le fruit de saveur douceâtre au début puis acide et âcre, ressemble en effet à une petite tomate mais de couleur jaune comme un citron ou une coloquinte.

496

496. Solanum tuberosum L.

  • baṭāṭa, bṭāṭa (!) (du français "patate").

497

497. Withania frutescens (L.) Pauquy et Withania adpressa Coss.

  • tiremt, īrremt (Haouz) : ce vernaculaire s'emploie pour Withania frutescens et Withania adpressa.
  • āglim (Tissint) : pour Withania adpressa.
  • ḥjujū chez les Aït Wawzgit (Bertrand, 1991) pour Withania adpressa.
  • tirnet (Delon & Pujos, 1969 ; Emberger, 1938) : pour Withania frutescens.
  • bayyaḍ, bayyāḍa (Oued Cherrat, Oued Mallah) : pour Withania frutescens. A Oued Cherrat, ce terme désigne aussi Teucrium fruticans L. à feuillage blanchâtre.
  • bahlūl šajjar (Settat) (litt. : l'arbre fou) : pour Withania frutescens.
  • šajra lehbīla (Emberger, 1938) (litt. : l'arbre fou) : pour Withania frutescens.
  • ṭerṭa (Abda) : pour Withania frutescens.

498

498. Withania somnifera (L.) Dunal

  • ḥabb el-lhū, lahū, bellehū (!) : il s'agit de corruptions du mot ḥabb el-lahw (litt. : graines de la gaité) qu'on attribue aux fruits de cette plante en raison de leurs propriétés hilarantes au début de leur action.
  • sīkrān (poly.) (litt. : celle qui énivre) : ce vernaculaire est à corréler avec les propriétés hypnotiques de la plante ; il s'emploie aussi pour la jusquiame, l'ivraie et la ciguë, pour les mêmes raisons.
  • ’ineb eẓ-ẓīb (poly.) (litt. : raisin de chacal) : le fruit est une petite baie rouge, entourée du calice accrescent et formant une ucréole ; les mêmes vernaculaires sont employés pour la bryone, la morelle noire, la douce-amère, l'alkékenge.
  • semm el-fār (Charnot, 1945) (litt. : poison pour rat).
  • ’ubāb (Yémen, Fleurentin, 1983) : ce vernaculaire se retrouve dans les traités arabes de matière médicale.