Zanthoxylum rubescens (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
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Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
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Fibre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, partie de la feuille ; 2, inflorescence mâle ; 3, fruit. Redessiné et adapté par Iskak Syamsudin
inflorescence

Zanthoxylum rubescens Planch. ex Hook.f.


Protologue: Hook., Niger Fl. : 270 (1849).
Famille: Rutaceae

Synonymes

  • Fagara rubescens (Planch. ex Hook.f.) Engl. (1896).

Origine et répartition géographique

L’aire de répartition de Zanthoxylum rubescens couvre la plupart des pays d’Afrique tropicale de l’Ouest, centrale et de l’Est, du Sénégal jusqu’au Kenya et vers le sud jusqu’en Tanzanie et au nord de l’Angola.

Usages

Au Liberia, on mâche les feuilles aromatiques comme émétique en cas d’empoisonnement alimentaire. En Côte d’Ivoire, la décoction d’écorce de tige se prend pour soigner les fièvres associées au paludisme et l’infection des voies urinaires. L’écorce de tige, réduite en pâte, fait office d’embrocation contre les contusions. La poudre d’écorce est appliquée sur les plaies. Au Nigeria, on mâche l’écorce de tige et les racines légèrement poivrées pour soulager les douleurs dentaires et les infections de la bouche. Au Gabon, les feuilles macérées dans du jus de citron vert soignent la folie ; la macération est également appliquée sur les morsures de serpents. La décoction d’écorce de tige traite la gonorrhée.

En Afrique de l’Ouest, Zanthoxylum rubescens sert couramment à la construction d’habitations en raison de la durabilité de son bois et de sa résistance aux termites. Il est également utilisé pour le mobilier, les menuiseries et la sculpture. Au Kenya, cependant, il passe pour être dur mais périssable. Le bois est brûlé comme bois de feu et charbon de bois. Au Nigeria, les racines et l’écorce de tige sont utilisées en guise de bâtonnets à mâcher pour l’hygiène dentaire.

Propriétés

Un grand nombre d’amides et d’alcaloïdes ont été isolés des diverses parties de la plante. Les racines et l’écorce de tige sont riches en amides aromatiques du type cinnamoylamide, parmi lesquels l’arnottianamide, le cyclopropane-carboxamide, la dioxamine, le dioxamide, l’herclavine, la lemairamine, le lemairamide, la rubescénamine, la zanthomamine, le zanthosinamide et la zanthosine. Par ailleurs, l’écorce de tige contient de la rubémamine, du rubémamide et du zanthomamide.

Du péricarpe des fruits mûrs, on a isolé la dioxamine, le dioxamide, l’herclavine, le zanthomamide et la zanthosine. Un triterpène, le lupéol, a été isolé des racines.

Plusieurs amides aliphatiques ont été isolés des racines et de l’écorce de tige, dont le N-isobutyltétradéca-2,4-diénamide.

Plusieurs alcaloïdes ont été isolés des racines et de l’écorce de la tige, notamment des alcaloïdes du type benzophénanthridine (la dihydroavicine, la chélérythrine et la dihydrochélérythrine). Les racines contiennent en outre des alcaloïdes du type benzophénanthridine (la nitidine, la fagaronine et la méthoxychélérythrine), un alcaloïde du type furoquinoline (la skimmianine), des alcaloïdes du type acridone (l’arborinine et le 1-hydroxy-3-méthoxyacridone) ainsi que des alcaloïdes du type aporphine (la tembétarine, la magnoflorine et la N-méthyl-corydine). D’autre part, l’écorce de tige contient de la nornitidine, un alcaloïde du type benzophénanthridine. Les feuilles contiennent une huile essentielle dans laquelle dominent des composés sesquiterpénoïdes : le (E)-nérolidol (44,4–70,2%) et le β -caryophyllène (22,1%). Le bois contient de l’oxalate de calcium.

La fraction alcaloïde ainsi que le lemairamide et le zanthomamide ont fait ressortir une faible activité antipaludéenne in vitro contre une souche de Plasmodium falciparum sensible à la chloroquine aussi bien que contre une souche résistante à la chloroquine.

L’aubier est jaune-blanc, le bois de cœur est jaune pâle, plutôt léger, mais résistant.

Description

  • Arbuste ou arbre de petite taille atteignant 8 m de haut ; branches et rameaux pourvus d’épines droites ou recourbées de couleur noirâtre et de 5–10 mm de long ; rameaux rougeâtres.
  • Feuilles alternes, composées imparipennées à (3–)4–7 paires de folioles, de 30–70 cm de long, très aromatiques ; stipules absentes ; rachis glabre ou recouvert de minuscules poils courts, aplati au-dessus ou ailé ; folioles à pétiolule de 2–5 mm de long, jusqu’à 4 cm de long sur la foliole terminale ; folioles (presque) opposées, largement elliptiques à oblongues-elliptiques, de (5–)10–20(–30) cm × (2,5–)8–15 cm, abruptement acuminées à l’apex, cunéiformes et légèrement inégales à la base, à bord denté à proximité de l’apex, épaisses et papyracées, glabres ou parfois recouvertes de poils courts le long de la nervure médiane, à nombreux points glandulaires, plus visibles sur le bord, pennatinervées à 8–12 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule terminale de forme pyramidale, de 20–40 cm de long, recouverte d’une pubescence courte à laineuse.
  • Fleurs unisexuées, 4(–5)-mères, régulières ; pédicelle de 0,5–2,5 mm de long ; sépales 4, d’environ 0,5 mm de long, à poils courts ; pétales oblongs à elliptiques-oblongs, de 1,2–2 mm de long, obtus à l’apex, glabres, blanc crème ; fleurs mâles à 5 pétales et 5 étamines, ovaire rudimentaire ; fleurs femelles à 4 staminodes minuscules, ovaire supère, carpelle 1.
  • Fruit : follicule largement ellipsoïde ou globuleux de 5–8 mm de diamètre, orange-rouge, ponctué de glandes rouge pâle, sépales et pétales persistants, contenant 1 seule graine.
  • Graines globuleuses, de 5–5,5 mm de diamètre, noires et brillantes.

Autres données botaniques

Le genre Zanthoxylum est pantropical et comprend quelque 200 espèces, l’Amérique tropicale étant la plus riche dans ce domaine. Le continent africain en abrite à peu près 35, alors qu’environ 5 sont endémiques de Madagascar.

Ecologie

Zanthoxylum rubescens se rencontre dans la forêt sèche et dans les fourrés, dans la forêt semi-décidue ou sempervirente, ainsi que dans la ripisylve, à 600–1800 m d’altitude. En Côte d’Ivoire, il fleurit en mars et en juin et donne des fruits de février à mars.

Multiplication et plantation

Zanthoxylum rubescens se multiplie par semis et sauvageons.

Ressources génétiques

Zanthoxylum rubescens est largement réparti en Afrique et relativement commun. Il n’est par conséquent pas menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Zanthoxylum rubescens contient de nombreux composés biochimiques intéressants, parmi lesquels des amides et des alcaloïdes, mais les essais pharmacologiques sont limités. Plusieurs des composés isolés ayant montré des activités biologiques intéressantes chez d’autres espèces, il n’est pas du tout inutile de poursuivre les recherches pharmacologiques relatives aux amides et aux alcaloïdes afin d’évaluer les possibilités qu’ils offrent. Il conviendrait également d’établir les profils d’innocuité, puisque plusieurs espèces de Zanthoxylum sont réputées toxiques.

Références principales

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Autres références

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Sources de l'illustration

  • Aubréville, A., 1959. La flore forestière de la Côte d’Ivoire. Deuxième édition révisée. Tome deuxième. Publication No 15. Centre Technique Forestier Tropical, Nogent-sur-Marne, France. 341 pp.

Auteur(s)

  • J.R.S. Tabuti, Institute of Environment and Natural Resources (MUIENR), Makerere University, P.O. Box 7062, Kampala, Uganda

Citation correcte de cet article

Tabuti, J.R.S., 2011. Zanthoxylum rubescensPlanch. ex Hook.f. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 25 avril 2019.


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