Zanthoxylum capense (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fruit Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
branche (Zimbabweflora)
feuille (Zimbabweflora)
feuilles (Zimbabweflora)

Zanthoxylum capense (Thunb.) Harv.


Protologue: Fl. cap. 1: 446 (1860).
Famille: Rutaceae

Synonymes

  • Fagara capensis Thunb. (1807).

Noms vernaculaires

  • Small knobwood (En).
  • Zantoxilo do Cabo (Po).

Origine et répartition géographique

On trouve Zanthoxylum capense au Zimbabwe, au Mozambique ainsi que dans l’est et dans le sud de l’Afrique du Sud.

Usages

Au Zimbabwe et en Afrique du Sud, l’écorce de la tige ou les feuilles broyées servent généralement d’antidote aux morsures de serpent soit par voie orale soit en application locale sur la plaie. On mâche l’écorce de la tige ou des racines en bain de bouche pour soigner les ulcères de la bouche et les maux de dents ; on applique l’écorce broyée de la tige ou des racines sur les dents en cas de douleurs ou comme pansement. L’infusion de racine se prend en cas de stérilité et d’impuissance. L’infusion de feuilles ou de fruits est prescrite pour traiter la syphilis, les affections gastro-intestinales et les parasites internes. L’infusion d’écorce de tige se prend comme tonique et pour soigner l’épilepsie. La décoction ou l’infusion de racine ou de feuilles se boit en général en cas de refroidissement, de fièvre, de grippe, de toux, de pleurésie et de bronchite. On mange la poudre de racine en cas de septicémie et d’impuretés cutanées. Les racines écrasées sont également appliquées en pommade sur la peau en cas de problèmes cutanés. On inhale la fumée de la plante en combustion pour soigner les vertiges. Lorsqu’on les mâche, les fruits âcres laissent en bouche une sensation de brûlure persistante. Ils sont prescrits en cas de coliques, de flatulences et de paralysie (infirmité motrice). On frictionne des scarifications d’écorce broyée de la tige ou des racines pour soigner la paralysie des jambes. On donne au bétail de l’écorce broyée contre l’anaplasmose.

Les jeunes rameaux sont utilisés en guise de brosses à dents. Le bois dur et de couleur jaune sert à fabriquer des ustensiles (manches, jougs et madriers).

Production et commerce international

L’écorce des racines et de la tige se vend couramment sur les marchés locaux.

Propriétés

Un amide aliphatique, la pellitorine, ainsi que le β-sitostérol et le sitostérol-β-D-glucoside ont été isolés des rameaux, des tiges et des feuilles. Un alcaloïde du type furoquinoline, la skimmianine, et des alcaloïdes du type benzophénanthridine, la chélérythrine et la nitidine, ont également été isolés de l’écorce de la tige et des racines. L’écorce de la tige contient en outre un alcaloïde quaternaire du type tétrahydroprotoberbérine, la N-méthyltétrahydropalmatine. L’écorce de la tige et des racines contient un lignane, la sésamine. Plusieurs extraits d’écorce de tige ont montré une activité antifongique modérée contre Cryptococcus neoformans ainsi qu’une activité antibactérienne modérée contre Tannerella forsythensisin, une bactérie associée à la parodontite. Plusieurs extraits de feuilles ont montré une activité antibactérienne modérée contre Bacillus subtilis, Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae et Staphylococcus aureus et une activité antifongique modérée contre Candida albicans.

Si la sésamine a été utilisée comme complément alimentaire destiné à réduire les graisses, en revanche aucune étude contrôlée n’a été réalisée à ce jour sur cette utilisation. La pellitorine s’est avérée avoir une activité ovicide et insecticide notable contre plusieurs ravageurs agricoles importants, contre le moustique commun Culex pipiens et contre le mollusque d’eau douce Biophalaria glabratus. Le sitostérol-β-D-glucoside a mis en évidence de nettes propriétés anti-ulcéreuses lors de plusieurs essais sur le rat.

Description

  • Arbre de petite taille atteignant 4–7(–10) m de haut, fortement ramifié ; écorce grise, tronc à nombreuses protubérances ligneuses pourvues d’aiguillons ; tiges quelquefois armées d’aiguillons atteignant 8 mm de long environ.
  • Feuilles alternes, composées (im)paripennées à (2–)3–8 paires de folioles, de 4–12 cm de long ; stipules absentes ; rachis et pétiole mesurant ensemble 4–8 cm de long, profondément sillonnés au-dessus ; folioles sessiles, opposées ou alternes, s’élargissant progressivement à partir de la paire basale jusqu’à la paire apicale, foliole apicale généralement avortée, folioles elliptiques à largement elliptiques ou obovales, de 1–4 cm × 1,2–3 cm, obtuses ou arrondies à l’apex, asymétriques à la base, cunéiformes, à petites auricules, à bord légèrement denté, ponctuées de glandes au bord.
  • Inflorescence : panicule terminale atteignant 2–6 cm de long.
  • Fleurs unisexuées, 4-mères, régulières ; pédicelle de 0,5–1,5 mm de long ; sépales ovales, d’environ 0,5 mm de long, persistant sur le fruit ; pétales étroitement elliptiques, imbriqués, de 2,7–3,1 mm × 1,1–3 mm ; fleurs mâles à 4 étamines, à ovaire rudimentaire ; fleurs femelles à 4 staminodes insérés à la base d’un gynophore trapu, ovaire glabre, ovoïde, très nettement ponctué de glandes, 1-loculaire, 2-ovulé, style d’environ 0,8 mm de long ; stigmate discoïde, noir.
  • Fruit : follicule globuleux, de 4–5 mm de diamètre, rouge brunâtre à orange-brun, contenant 2 graines.
  • Graines d’un noir brillant.

Autres données botaniques

Le genre Zanthoxylum est pantropical et comprend quelque 200 espèces, l’Amérique tropicale étant la plus riche dans ce domaine. Le continent africain en abrite à peu près 35, alors qu’environ 5 sont endémiques de Madagascar.

Zanthoxylum ovatifoliolatum

Une autre espèce de Zanthoxylum en Afrique australe, originaire d’Angola et de Namibie, est utilisée en médecine. En Namibie, les Himbas boivent une décoction de fruit ou de graine de Zanthoxylum ovatifoliolatum (Engl.) Finkelstein en cas de maux d’estomac. Ils la donnent aussi à leurs animaux domestiques. Les Topnaars consomment la décoction de fruit pour soigner les maux de gorge ou mâchent des graines contre ce même problème. Les graines et les fruits secs et réduits en poudre sont parfumés et sont utilisés en guise de parfum pour le corps.

Ecologie

Zanthoxylum capense est commun en savane boisée sèche ou dans le bush sur des sols sablonneux et dans des endroits rocailleux, du niveau de la mer jusqu’à 2000 m d’altitude. Il fleurit en janvier et donne des fruits entre février et mai. Il est très variable, allant de formes à petites et à grandes feuilles, notamment sur les pousses juvéniles, les drageons et les taillis. On le confond souvent avec Clausena anisata (Willd.) Hook.f. ex Benth.

Multiplication et plantation

Les graines de Zanthoxylum capense sont essentiellement disséminées par les singes. Comme elles ne germent pas facilement, le mieux est de planter des semis prélevés sous l’arbre.

Maladies et ravageurs

Zanthoxylum capense est l’hôte du psylle des agrumes Trioza erytreae (Homoptera).

Ressources génétiques

Etant commun dans son aire de répartition, Zanthoxylum capense ne risque pas d’être menacé d’érosion génétique.

Perspectives

Les feuilles comme l’écorce de la tige et des racines de Zanthoxylum capense contiennent plusieurs composés biologiques intéressants, dont le sitostérol-β -D-glucoside et un alcaloïde, la pellitorine. Sa pharmacologie mérite par conséquent que l’on s’y attarde et son profil d’innocuité doit également être élaboré.

Références principales

  • Buwa, L.V. & Van Staden, J., 2006. Antibacterial and antifungal activity of traditional medicinal plants used against venereal diseases in South Africa. Journal of Ethnopharmacology 103(1): 139–142.
  • Mendonça, F.A., 1963. Rutaceae. In: Exell, A.W., Fernandes, A. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 2, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 180–210.
  • Mokoka, T.A., McGaw, L.J. & Eloff, J.N., 2010. Antifungal efficacy of ten selected South African plant species against Cryptococcus neoformans. Pharmaceutical Biology 48(4): 397–404.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • van Wyk, B.E., van Oudtshoorn, B. & Gericke, N., 1997. Medicinal plants of South Africa. Briza Publications, Pretoria, South Africa. 304 pp.

Autres références

  • Amusan, O.O.G., Dlamini, P.S., Msonthi, J.D. & Makhubu, L.P., 2002. Some herbal remedies from Manzini region of Swaziland. Journal of Ethnopharmacology 79: 109–112.
  • Calderwood, J.M., Finkelstein, N. & Fish, F., 1970. Constituents of the stem and root barks of Fagara capensis (Thunb.). Phytochemistry 9(3): 675.
  • Coates Palgrave, K., 2002. Trees of southern Africa. 3rd Edition. Struik Publishers, Cape Town, South Africa. 1212 pp.
  • Fish, F., Waterman, P.G. & Finkelstein, N., 1973. Sesamin from the bark of two African Zanthoxylum species. Phytochemistry 12(10): 2553–2554.
  • Grace, O.M., Prendergast, H.D.V., Jäger, A.K. & van Staden, J., 2002. Bark medicines in traditional healthcare in KwaZulu-Natal, South Africa: an inventory. South African Journal of Botany 69(3): 301–363.
  • SEPASAL, 2010. Zanthoxylum ovatifoliolatum. [Internet] Survey of Economic Plants for Arid and Semi-Arid Lands (SEPASAL) database. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. http://www.kew.org/ ceb/sepasal/. October 2010.
  • Steenkamp, V., 2003. Traditional herbal remedies used by South African women for gynaecological complaints. Journal of Ethnopharmacology 86: 97–108.
  • Steyn, P.S., van den Heever, J.P., Vosloo, H.C.M. & Ackerman, L.G.J., 1998. Biologically active substances from Zanthoxylum capense (Thunb.) Harv. South African Journal of Science 94(8): 391–393
  • Tyiso, S. & Bhat, R.B., 1998. Medicinal plants used for child welfare in the Transkei region of the Eastern Cape (South Africa). Journal of Applied Botany 72(3–4): 92–98.
  • Van den Eynden, V., Vernemmen, P. & Van Damme, P., 1992. The ethnobotany of the Topnaar. University of Gent, Belgium. 145 pp.

Auteur(s)

  • E.N. Matu, CTMDR/KEMRI, P.O. Box 54840–00200, Nairobi, Kenya

Citation correcte de cet article

Matu, E.N., 2011. Zanthoxylum capense (Thunb.) Harv. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 16 juin 2019.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.