Zanthoxylum gilletii (PROTA)

De PlantUse Français
Aller à : navigation, rechercher
Prota logo vert.gif
Ressources végétales de l'Afrique tropicale
Introduction
Liste des espèces


Importance générale Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Répartition en Afrique Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svg
Répartition mondiale Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Légume Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Glucides / amidon Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Médicinal Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Bois d'œuvre Fairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgFairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svg
Ornemental Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Fibre Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg
Sécurité alimentaire Fairytale bookmark gold.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svgGood article star.svg


répartition en Afrique (sauvage)
1, base du fût ; 2, feuille ; 3, base de feuille ; 4, infrutescence. Redessiné et adapté par Achmad Satiri Nurhaman
port de l'arbre
base du fût
fût avec aiguillons
écorce
tranche
fût écorcé
inflorescence
récolte de fruits
branche en fruits
pépinière
graines
planches
coupe transversale du bois
coupe tangentielle du bois
coupe radiale du bois

Zanthoxylum gilletii (De Wild.) P.G.Waterman


Protologue: Taxon 24: 363 (1975).
Famille: Rutaceae
Nombre de chromosomes: 2n = 64

Synonymes

  • Fagara macrophylla (Oliv.) Engl. (1896),
  • Fagara tessmannii Engl. (1911),
  • Fagara amaniensis Engl. (1917),
  • Zanthoxylum tessmannii (Engl.) J.F.Ayafor (1984).

Noms vernaculaires

  • Olon dur, citronnier d’Afrique, faux citronnier (Fr).
  • African satinwood, white African mahogany (En).

Origine et répartition géographique

Zanthoxylum gilletii est répandu, se rencontrant depuis la Guinée et la Sierra Leone jusqu’au Kenya et vers le sud jusqu’au nord de l’Angola, au Zimbabwe et au Mozambique. Il est planté assez couramment à l’intérieur de son aire de répartition, souvent isolé, mais quelquefois aussi en peuplements purs.

Usages

Le bois, souvent commercialisé sous le nom d’ “olonvogo” ou “olon”, est employé en construction pour les habitations, la parqueterie, la menuiserie, les boiseries intérieures, les lambris, les portes, la construction navale, la charronnerie, les meubles, l’ébénisterie, les étais de mine, les traverses de chemin de fer, les manches, les échelles, les articles de sport, les instruments agricoles, les tambours, les jouets, les articles de fantaisie, la caisserie, le tournage, les placages et le contreplaqué. Le bois est également utilisé comme bois de feu et pour la production de charbon de bois.

Zanthoxylum gilletii joue un rôle important en médecine traditionnelle. L’écorce de la tige et les racines sont fréquemment employées comme analgésique, en particulier pour traiter les brûlures, les rhumatismes, les maux de tête, les douleurs d’estomac, les maux de dents et les douleurs post-partum. L’écorce soigne également la colique et la fièvre et aurait des propriétés aphrodisiaques. Les décoctions d’écorce sont utilisées pour soulager les troubles génito-urinaires, notamment les douleurs rénales et la gonorrhée, comme vermifuge et en lavement contre les diarrhées aiguës. L’écorce est employée en externe pour soigner la toux, les rhumes, les affections cutanées et la variole. Elle permet aussi de confectionner un poison de pêche et de flèche. Les feuilles permettent de soigner les troubles cardiaques et les morsures de serpent, la décoction de feuilles est administrée contre la toux, la gonorrhée et la schistosomose, et la macération de feuilles contre la diarrhée et la gastrite. Le jus de feuilles est utilisé en application externe en cas de dilatation de la rate.

Les protubérances de la tige servent de bouchons et les racines de bâtons à mâcher pour se nettoyer les dents. Les jeunes pousses sont ajoutées aux sauces pour en relever le goût et au Kenya les feuilles sont versées dans l’eau des infusions à cet effet. Le pollen et le nectar sont récoltés sur les fleurs par les abeilles. Les graines donnent une huile comestible. Zanthoxylum gilletii est planté de temps à autre comme arbre d’ombrage ornemental.

Production et commerce international

Le bois de Zanthoxylum gilletii a une importance négligeable sur le marché international et la plupart du commerce est destiné à l’usage local. On ne dispose pas de statistiques sur la commercialisation, mais les chiffres officiels concernant le volume de bois d’œuvre exploité dans la forêt de Kakamega au Kenya a chuté, passant de 645 m³/an dans les années 1930 à moins de 100 m³ en 2000.

Propriétés

Le bois de cœur est jaune pâle à jaune vif ou brun jaunâtre, fonçant à l’air, et il n’est pas nettement distinct de l’aubier qui est étroit. Il est contrefil, le grain est fin à moyennement grossier. Les surfaces sciées sur quartier ont une figure rayée et celles sciées sur dosse parfois une figure ondée en dos de violon. Fraîchement coupé, le bois dégage une odeur agréable. Il a des reflets soyeux.

C’est un bois moyennement lourd à lourd, avec une densité de (550–) 720–1040 kg/m³ à 12% d’humidité. Il sèche à l’air assez rapidement avec peu d’altération, même si des craquelures peuvent apparaître sur les planches. Des planches de 2,5 cm d’épaisseur peuvent sécher à l’air en 6 semaines, des planches de 5 cm d’épaisseur en 3 mois. Le séchage en séchoir ne pose en général aucun problème. Pourtant, les taux de retrait sont moyens à élevés, de l’état vert à anhydre de 4,3–6,5% dans le sens radial et de 8,7–10,2% dans le sens tangentiel.

Le bois est solide et dur. A 12% d’humidité, le module de rupture est de (86–)114–266 N/mm², le module d’élasticité de 8500–18 400 N/mm², la compression axiale de (48–)58–104 N/mm², la compression transversale de 7 N/mm², le cisaillement de 10 N/mm², le fendage de 16–25 N/mm, la dureté Janka de flanc de 3650–7790 N, la dureté Janka en bout de 5330–9120 N et la dureté de flanc Chalais-Meudon de 5,2–13.

Le bois se scie en général moyennement bien, mais demeure assez difficile à travailler. La réduction des angles de coupe à 15° donne de bons résultats lors du rabotage. Le bois peut se finir en donnant une surface lisse et lustrée, mais des fentes et des rugosités peuvent apparaître après le mortaisage et le perçage mécaniques ; on peut obtenir de bons moulurages si l’on utilise des lames tranchantes. Les caractéristiques de clouage sont bonnes, celles de collage variables. Les caractéristiques de cintrage à la vapeur sont excellentes. Le bois n’est que moyennement durable et souvent sujet aux attaques de termites, de Lyctus et de térébrants marins. Le bois de cœur est moyennement rebelle à l’imprégnation avec des produits de préservation, l’aubier est perméable.

Les principaux composants volatiles isolés de l’écorce sont des sesquiterpènes, le germacrène B, le γ-élémène et le germacrone. L’écorce contient des alcaloïdes isoquinoliniques ; l’écorce de racine en contenant en plus grande quantité que l’écorce de tige. Une benzophénanthridine quaternaire, la nitidine, et une isobutylamide, la fagaramide, sont les principaux composants. Le premier a fait diminuer la pression sanguine lors d’essais sur des lapins et a montré une activité cytotoxique contre des lignées de cellules tumorales, tandis que le second ainsi que quelques autres isobutylamides ont mis en évidence des activités insecticides et molluscicides. Un alcaloïde de type acridone, la xanthoxoline, isolé de l’écorce a montré une puissante activité anti-appétente sur les larves de Spodoptera spp. On a isolé un autre alcaloïde de l’écorce, la chélérythrine ; elle a montré un effet analgésique ainsi que des activités antibactériennes, antifongiques et anthelminthiques. La skimmianine, alcaloïde de type furoquinoline également présent dans l’écorce, a mis en évidence des effets sédatifs, hypothermiques et antidiurétiques chez les rats et les souris. Le bois de cœur contient des dérivés de la coumarine comme la 6,7-diméthoxycoumarine ; ce composé a des propriétés anti-inflammatoires, analgésiques, cholérétiques, hypotensives et tranquillisantes. L’écorce et les feuilles contiennent des saponines. Des extraits d’écorce de racine et d’écorce de tige ont fait ressortir une nette activité antipaludéenne in vitro sur des souches de Plasmodium falciparum résistantes à plusieurs médicaments. Les feuilles ont montré de bons résultats dans le traitement de patients atteints de drépanocytose, probablement grâce à la présence d’acide p-hydroxybenzoïque et de dérivés similaires de l’acide benzoïque.

Les feuilles produisent une huile volatile qui contient un dérivé de l’ocimène comme principal composant (environ 43%) ainsi que de l’α-pinène et de l’α-phellandrène.

Description

  • Arbre caducifolié de petite à assez grande taille, atteignant 35 m de haut ; fût dépourvu de branches jusqu’à 15(–25) m de haut, généralement rectiligne et cylindrique, jusqu’à 90(–150) cm de diamètre, avec de nombreuses protubérances ligneuses atteignant 3 cm de long et pourvues d’aiguillons, les arbres âgés en étant souvent dépourvus, souvent avec des contreforts indistincts à la base ; écorce externe grise à brun grisâtre, lisse à légèrement rugueuse, écorce interne granuleuse, brun jaunâtre, souvent tachetée d’orange ; cime étalée ; branches glabres, armées d’aiguillons coniques jusqu’à 8 mm de long.
  • Feuilles alternes, groupées à l’extrémité des branches, composées imparipennées à 13–27(–51) folioles, jusqu’à 120(–150) cm de long ; stipules absentes ; rachis glabre, parfois avec des aiguillons ; pétiolules atteignant 1 cm de long ; folioles alternes à presque opposées, elliptiques-oblongues, de (8–)14–30 cm × 3,5–10 cm, cunéiformes à arrondies et asymétriques à la base, courtement acuminées à obtuses à l’apex, à bord entier ou parfois légèrement denté, coriaces, glabres, ponctuées de nombreuses glandes minuscules, pennatinervées à 8–18 paires de nervures latérales.
  • Inflorescence : panicule pyramidale terminale ou axillaire de 20–35 cm de long, portant de nombreuses fleurs en grappes.
  • Fleurs unisexuées, régulières, 5-mères, petites, presque sessiles ; sépales soudés sur la moitié de la longueur, ovales à circulaires, de 0,5–1 mm de long ; pétales obovales ou en violon, de 1–2,5 mm de long, blancs, virant au brun ; fleurs mâles à 5 étamines de longueur différente, à disque en dôme et lobé, à ovaire rudimentaire ; fleurs femelles à ovaire supère, ovoïde, de 1–1,5 mm de long, courtement stipité, à étamines rudimentaires.
  • Fruit : follicule globuleux de 3,5–6 mm de diamètre, rougeâtre, ponctué de glandes, déhiscent, à 1(–2) graines.
  • Graines globuleuses, de 2,5–3,5 mm de diamètre, noires et brillantes.
  • Plantule à germination épigée ; hypocotyle de 3–4 cm de long ; cotylédons oblongs, de 1–1,5 cm de long, foliacés ; premières feuilles simples.

Autres données botaniques

Le genre Zanthoxylum est pantropical et comprend quelque 200 espèces, l’Amérique tropicale étant la plus riche dans ce domaine. Le continent africain en abrite près de 35, tandis qu’environ 5 sont endémiques de Madagascar.

Zanthoxylum becquetii

Le bois de Zanthoxylum becquetii (G.C.C.Gilbert) P.G.Waterman (synonyme : Fagara becquetii G.C.C.Gilbert) est utilisé au Rwanda pour la construction ; il serait dur et durable.

Zanthoxylum renieri

Le bois de Zanthoxylum renieri (G.C.C.Gilbert) P.G.Waterman (synonyme : Fagara renieri G.C.C.Gilbert), présent à l’est de la R.D. du Congo et au Rwanda, sert à fabriquer des canoës.

Anatomie

Description anatomique du bois (codes IAWA pour les bois feuillus) :

  • Cernes de croissance : 2 : limites de cernes indistinctes ou absentes.
  • Vaisseaux : 5 : bois à pores disséminés ; 13 : perforations simples ; 22 : ponctuations intervasculaires en quinconce ; (24 : ponctuations intervasculaires minuscules (très fines) ( 4μm)) ; 25 : ponctuations intervasculaires fines (4–7 μm) ; 30 : ponctuations radiovasculaires avec des aréoles distinctes ; semblables aux ponctuations intervasculaires en forme et en taille dans toute la cellule du rayon ; 42 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 100–200 μm ; (43 : diamètre tangentiel moyen du lumen des vaisseaux 200 μm) ; 46 : 5 vaisseaux par millimètre carré ; (47 : 5–20 vaisseaux par millimètre carré) ; 58 : gomme ou autres dépôts dans les vaisseaux du bois de cœur.
  • Trachéides et fibres : 61 : fibres avec des ponctuations simples ou finement (étroitement) aréolées ; 66 : présence de fibres non cloisonnées ; 69 : fibres à parois fines à épaisses.
  • Parenchyme axial : 79 : parenchyme axial circumvasculaire (en manchon) ; 80 : parenchyme axial circumvasculaire étiré ; 81 : parenchyme axial en losange ; (83 : parenchyme axial anastomosé) ; 92 : quatre (3–4) cellules par file verticale ; 93 : huit (5–8) cellules par file verticale.
  • Rayons : 97 : rayons 1–3-sériés (larges de 1–3 cellules) ; 104 : rayons composés uniquement de cellules couchées ; (106 : rayons composés de cellules couchées avec une rangée terminale de cellules dressées et/ou carrées) ; 115 : 4–12 rayons par mm.
  • Eléments sécrétoires et variantes cambiales : 131 : canaux intercellulaires d’origine traumatique.
  • Inclusions minérales : 136 : présence de cristaux prismatiques ; 142 : cristaux prismatiques dans les cellules cloisonnées du parenchyme axial.
(N.P. Mollel, P. Détienne & E.A. Wheeler)

Croissance et développement

Zanthoxylum gilletii pousse assez rapidement. Les semis peuvent atteindre 40–70 cm de haut au bout de la première année, et les taux de croissance annuelle sont de 35–50 cm. En Côte d’Ivoire, on a trouvé des arbres ayant un diamètre de fût de 50 cm en forêt secondaire de 40 ans. Les arbres peuvent commencer à fleurir lorsqu’ils sont âgés de 10 ans. La floraison est irrégulière, en raison probablement des variations climatiques. Les arbres fleurissent pendant environ 2 mois. Les fruits mûrissent près de 3 mois après la floraison. Au Kenya, les graines de la plupart des arbres de Zanthoxylum gilletii mûrissent pendant la saison des pluies, ce qui est utile pour la germination. Les graines sont vraisemblablement surtout dispersées par les oiseaux et les singes. Les arbres peuvent fleurir et donner des fruits tous les ans ou tous les deux ans.

Ecologie

On trouve Zanthoxylum gilletii dans la forêt pluviale sempervirente, en Afrique de l’Est jusqu’à 2400 m d’altitude. La pluviométrie annuelle moyenne dans son aire de répartition est de 1200–2400 mm. Zanthoxylum gilletii est généralement disséminé dans la forêt. En Afrique de l’Ouest et centrale, c’est une espèce pionnière qui est très commune en forêt secondaire. Les semis peuvent être courants en forêt brûlée. Zanthoxylum gilletii préfère les sols bien drainés.

Multiplication et plantation

Les semis sont exigeants en lumière et la régénération naturelle peut être abondante dans les trouées importantes de la forêt et dans le recrû d’anciennes terres agricoles. Au Liberia, les semis sont fréquemment présents à ces endroits-là, mais ne seraient jamais grégaires. Les fruits doivent être récoltés sur l’arbre avant qu’ils ne s’ouvrent mais lorsqu’ils sont déjà brun rougeâtre. Ils doivent être séchés au soleil pendant 1–2 jours, après quoi les graines peuvent en être retirées. Le poids de 1000 graines est de 15–35 g. La germination débute 3 semaines après le semis. Les graines sont récalcitrantes et le taux de germination est souvent faible. Des taux de germination de 20–50% ont été signalés, alors que dans l’ouest du Kenya on a enregistré des taux atteignant 80% en l’espace de 75–120 jours. Le tégument huileux et dur ralentit souvent la germination. Si on lave les graines soigneusement avec une solution savonneuse, cela a pour effet d’améliorer le taux de germination et de réduire considérablement la période de germination. On a signalé qu’en Afrique de l’Ouest la germination était rapide et que la viabilité de la graine était courte. Les graines doivent être conservées à l’ombre, et peuvent être stockées jusqu’à 2 mois. Pour prévenir les attaques d’insectes, il faut y ajouter de la cendre. Les sauvageons sont couramment employés en plantation à cause de l’irrégularité de la germination. Les semis sont repiqués dans des tubes 5–12 jours après la germination, ou bien 3–4 graines sont semées directement dans les tubes. Les plants doivent être cultivés à l’ombre et s’endurcir lentement. Ils sont bons à repiquer au bout de 5–7 mois. L’espacement habituel est de 3,5–5 m × 3,5–5 m, ce qui donne 400–800 tiges/ha.

Gestion

Les arbres de Zanthoxylum gilletii sont souvent disséminés dans la forêt en faibles densités ; dans le sud-ouest du Cameroun, on a enregistré un volume moyen exploitable de bois inférieur à 0,1 m³/ha. La plantation doit avoir lieu au début de la saison des pluies dans les endroits où l’irrigation est impossible. Les trous de plantation atteignent 30–45 cm de diamètre et 45–60 cm de profondeur. Au Kenya, on effectue un épandage d’engrais phosphaté, parfois également de fumier. Lorsque l’espacement est habituel, une éclaircie n’est pas nécessaire, mais pour des espacements inférieurs à 3,5 m × 3,5 m, les premières et secondes éclaircies doivent intervenir à 8 ans et 14 ans, respectivement. L’arbre peut se conduire en taillis.

Maladies et ravageurs

La fonte des semis peut devenir préoccupante en pépinière, en particulier lorsque le sol n’est pas bien drainé. Si les défoliateurs sont courants, ils ne posent pas de problèmes insurmontables. Des insectes foreurs qui se nourrissent du bourgeon terminal, ce qui a pour effet de donner des tiges fourchues, ont été signalés en Guinée. Les graines peuvent être fréquemment infestées par les larves d’insectes.

Récolte

L’exploitation du bois d’œuvre se fait généralement durant la saison sèche lorsque l’on peut pénétrer plus facilement dans les forêts de Zanthoxylum gilletii. Lorsqu’il existe une demande d’écorce, les grumes sont écorcées après la récolte.

Traitement après récolte

Le bois est sujet au bleuissement et les grumes doivent être débardées immédiatement après la coupe ou bien traitées avec une solution anti-bleuissement.

Ressources génétiques

Bien que Zanthoxylum gilletii soit répandu, il y a un risque d’érosion génétique. Les bûcherons recherchent les arbres de grande taille, rectilignes, à tel point qu’ils sont devenus rares dans de nombreuses régions. Dans les forêts du Kenya, la régénération est souvent faible à cause du pâturage et de la forte pression exercée par les populations voisines.

Perspectives

Les perspectives de Zanthoxylum gilletii en tant que bois d’œuvre en plantation sont peut-être bonnes. Néanmoins, il faut approfondir la recherche sur sa multiplication pour avoir raison de la germination souvent médiocre et mettre au point des techniques adaptées à la multiplication végétative, notamment la multiplication in vitro. Il faudrait aussi examiner des méthodes de gestion appropriées de la forêt naturelle dont Zanthoxylum gilletii est un des éléments importants. Une abondante régénération naturelle a été enregistrée dans les forêts exploitées, ce qui en fait un candidat tout indiqué pour une exploitation durable.

Ses propriétés médicinales méritent que l’on s’y attarde. Plusieurs activités que lui attribue la médecine traditionnelle ont été confirmées par la recherche pharmacologique, et la prochaine étape pourrait être la mise au point de médicaments sûrs et normalisés à base de plantes.

Références principales

  • Bolza, E. & Keating, W.G., 1972. African timbers: the properties, uses and characteristics of 700 species. Division of Building Research, CSIRO, Melbourne, Australia. 710 pp.
  • Burkill, H.M., 1997. The useful plants of West Tropical Africa. 2nd Edition. Volume 4, Families M–R. Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, United Kingdom. 969 pp.
  • Katende, A.B., Birnie, A. & Tengnäs, B., 1995. Useful trees and shrubs for Uganda: identification, propagation and management for agricultural and pastoral communities. Technical Handbook 10. Regional Soil Conservation Unit, Nairobi, Kenya. 710 pp.
  • Kokwaro, J.O., 1982. Rutaceae. In: Polhill, R.M. (Editor). Flora of Tropical East Africa. A.A. Balkema, Rotterdam, Netherlands. 52 pp.
  • Latham, P., 2004. Useful plants of Bas-Congo province, Democratic Republic of the Congo. DFID, London, United Kingdom. 320 pp.
  • Maundu, P. & Tengnäs, B. (Editors), 2005. Useful trees and shrubs for Kenya. World Agroforestry Centre - East and Central Africa Regional Programme (ICRAF-ECA), Technical Handbook 35, Nairobi, Kenya. 484 pp.
  • Neuwinger, H.D., 1996. African ethnobotany: poisons and drugs. Chapman & Hall, London, United Kingdom. 941 pp.
  • Phongphaew, P., 2003. The commercial woods of Africa. Linden Publishing, Fresno, California, United States. 206 pp.
  • Takahashi, A., 1978. Compilation of data on the mechanical properties of foreign woods (part 3) Africa. Shimane University, Matsue, Japan, 248 pp.
  • World Agroforestry Centre, undated. Agroforestree Database. [Internet] World Agroforestry Centre (ICRAF), Nairobi, Kenya. http://www.worldagroforestry.org/ Sites/TreeDBS/ aft.asp. September 2007.

Autres références

  • Akoègninou, A., van der Burg, W.J. & van der Maesen, L.J.G. (Editors), 2006. Flore analytique du Bénin. Backhuys Publishers, Leiden, Netherlands. 1034 pp.
  • Beentje, H.J., 1994. Kenya trees, shrubs and lianas. National Museums of Kenya, Nairobi, Kenya. 722 pp.
  • Fouarge, J. & Gérard, G., 1964. Bois du Mayumbe. Institut National pour l’Etude Agronomique du Congo (INEAC), Brussels, Belgium. 579 pp.
  • Gilbert, G., 1958. Rutaceae. In: Robyns, W., Staner, P., Demaret, F., Germain, R., Gilbert, G., Hauman, L., Homès, M., Jurion, F., Lebrun, J., Vanden Abeele, M. & Boutique, R. (Editors). Flore du Congo belge et du Ruanda-Urundi. Spermatophytes. Volume 7. Institut National pour l’Étude Agronomique du Congo belge, Brussels, Belgium. pp. 69–108.
  • Hawthorne, W.D., 1995. Ecological profiles of Ghanaian forest trees. Tropical Forestry Papers 29. Oxford Forestry Institute, Department of Plant Sciences, University of Oxford, United Kingdom. 345 pp.
  • Hawthorne, W. & Jongkind, C., 2006. Woody plants of western African forests: a guide to the forest trees, shrubs and lianes from Senegal to Ghana. Kew Publishing, Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 1023 pp.
  • Kubo, I., Matsumoto, T., Klocke, J.A. & Kamikawa, T., 1984. Molluscicidal and insecticidal activities of isobutylamides isolated from Fagara macrophylla. Experientia 40(4): 340–341.
  • Letouzey, R., 1963. Rutacées. Flore du Gabon. Volume 6. Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, France. pp. 3–109.
  • Mendonça, F.A., 1963. Rutaceae. In: Exell, A.W., Fernandes, A. & Wild, H. (Editors). Flora Zambesiaca. Volume 2, part 1. Crown Agents for Oversea Governments and Administrations, London, United Kingdom. pp. 180–210.
  • Neuwinger, H.D., 2000. African traditional medicine: a dictionary of plant use and applications. Medpharm Scientific, Stuttgart, Germany. 589 pp.
  • Oguntimein, B., El Alfy, T.S. & Elsohly, M.A., 1985. Volatile oils of Zanthoxylum rigidifolium and Zanthoxylum gilletii. Fitoterapia 56(4): 240–242.
  • Pauwels, L., 1993. Nzayilu N’ti: guide des arbres et arbustes de la région de Kinshasa Brazzaville. Scripta Botanica Belgica. Volume 4. Jardin botanique national de Belgique, Meise, Belgium. 495 pp.
  • Raponda-Walker, A. & Sillans, R., 1961. Les plantes utiles du Gabon. Paul Lechevalier, Paris, France. 614 pp.
  • Ruberto, G. & Tringali, C., 1998. Composition of the essential oil from the bark of Fagara macrophylla. Journal of Essential Oil Research 10(4): 443–445.
  • Siepel, A., Poorter, L. & Hawthorne, W.D., 2004. Ecological profiles of large timber species. In: Poorter, L., Bongers, F., Kouamé, F.N. & Hawthorne, W.D. (Editors). Biodiversity of West African forests. An ecological atlas of woody plant species. CABI Publishing, CAB International, Wallingford, United Kingdom. pp. 391–445.
  • Tringali, C., Spatafora, C., Cali, V. & Simmonds, M.S.J., 2001. Antifeedant constituents from Fagara macrophylla. Fitoterapia 72(5): 538–543.
  • Vivien, J. & Faure, J.J., 1985. Arbres des forêts denses d’Afrique Centrale. Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris, France. 565 pp.
  • Voorhoeve, A.G., 1979. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Agricultural Research Reports 652, 2nd Impression. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 416 pp.
  • Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.
  • Zirihi, G.N., Mambu, L., Guédé-Guina, F., Bodo, B. & Grellier, P., 2005. In vitro antiplasmodial activity and cytotoxicity of 33 West African plants used for the treatment of malaria. Journal of Ethnopharmacology 98: 281–285.

Sources de l'illustration

  • Hawthorne, W. & Jongkind, C., 2006. Woody plants of western African forests: a guide to the forest trees, shrubs and lianes from Senegal to Ghana. Kew Publishing, Royal Botanic Gardens, Kew, United Kingdom. 1023 pp.
  • Voorhoeve, A.G., 1979. Liberian high forest trees. A systematic botanical study of the 75 most important or frequent high forest trees, with reference to numerous related species. Agricultural Research Reports 652, 2nd Impression. Centre for Agricultural Publishing and Documentation, Wageningen, Netherlands. 416 pp.
  • Wilks, C. & Issembé, Y., 2000. Les arbres de la Guinée Equatoriale: Guide pratique d’identification: région continentale. Projet CUREF, Bata, Guinée Equatoriale. 546 pp.

Auteur(s)

  • M.M. Okeyo, Londiani Regional Research Centre, P.O. Box 382 – 20203, Londiani, Kenya

Citation correcte de cet article

Okeyo, M.M., 2008. Zanthoxylum gilletii (De Wild.) P.G.Waterman. In: Louppe, D., Oteng-Amoako, A.A. & Brink, M. (Editors). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Netherlands. Consulté le 17 avril 2019.


  • Voir cette page sur la base de données Prota4U.