Zanthoxylum lemairei (PROTA)

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Ressources végétales de l'Afrique tropicale
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Zanthoxylum lemairei (De Wild.) P.G.Waterman


répartition en Afrique (sauvage)
Protologue: Taxon 24: 364 (1975).
Famille: Rutaceae

Synonymes

  • Fagara lemairei De Wild. (1914).

Origine et répartition géographique

On trouve Zanthoxylum lemairei au Nigeria, au Cameroun, en Centrafrique, au Gabon, en R.D. du Congo et en Ouganda.

Usages

Au Nigeria et au Cameroun, on prend l’extrait alcoolique d’écorce de racine en cas de colique, de diarrhée et de dysenterie. Au Cameroun, la décoction d’écorce de tige est administrée par voie orale contre les rhumatismes et les problèmes thoraciques. En R.D. du Congo, on frictionne des scarifications à la poitrine et au dos d’écorce de tige en poudre pour soigner les déformations de la colonne vertébrale.

Zanthoxylum lemairei fournit du bois d’œuvre pour la construction de bateaux et d’habitations, la confection de lambris et de tambours à membranes. On s’en sert également dans l’industrie du papier et de la pâte à papier. Au Nigeria, les Yorubas utilisent les épines pour sculpter des figurines. En R.D. du Congo, on ajoute les fruits aux aliments en guise de condiment. L’huile des graines est réputée comestible. Des morceaux de la racine, qui est piquante, servent de bâtonnets à mâcher.

Propriétés

Plusieurs composés ont été isolés des racines et de l’écorce de la tige, dont la piperlonguminine, un amide alcaloïde, des alcaloïdes du type benzophénanthridine, la fagaronine, la nitidine, la dihydronitidine, la dihydroavicine et la dihydrochélérythine, un alcaloïde du type furoquinoline, la skimmianine, et un alcaloïde du type carabazole, la glycozoline. A partir des racines et de l’écorce de tige, plusieurs amides aliphatiques ont été isolés, notamment le N-isobutyldéca-2,4-diènamide et le N-isobutyleicosa-déca-2,4-diènamide, qui sont piquants et apparentés à la pellitorine. Les racines et l’écorce de tige contiennent plusieurs amides aromatiques du type cinnamoylamide, y compris le dioxamide, le dihydrofagaramide, la piperlonguminine, le zanthosinamide et la zanthosine. L’écorce de la tige contient également de l’arnottianamide, de l’herclavine et de la lemairamine. Les racines, les fruits et l’écorce de tige contiennent en outre des lignanes (la sésamine, la savinine, l’hinokinine et de l’arctigénine-méthyléther) et à partir des racines et de l’écorce de tige des coumarines (la scoparone, la xanthotoxine, la pimpinelline et la xanthylétine) ont été isolées. Les branches en fruits contiennent du citronellal et un aldéhyde, le citral, qui sont utilisés à la fois comme agent d’aromatisation et dans l’industrie des parfums. Les fruits contiennent 2,3% d’huile essentielle.

Un extrait aqueux de la racine a mis en évidence un retour modéré des hématies falciformes à leur forme normale in vitro.

Plusieurs extraits de l’écorce du tronc ont montré une activité antibactérienne modérée ou importante contre Pseudomonas aeruginosa, Escherichia coli et Staphylococcus aureus in vitro. Des essais préliminaires concernant les effets de l’extrait d’écorce de tige sur l’intestin isolé de lapin et sur l’utérus de cobaye ont fait ressortir soit une augmentation soit une diminution des contractions. Les amides aliphatiques apparentés à la pellitorine se sont avérés avoir de nettes propriétés insecticides.

Description

Arbre atteignant 30 m de haut, et jusqu’à 70 cm de diamètre à la base ; tronc dépourvu de branches sur 25 m, base du tronc légèrement en cloche ; écorce vert grisâtre à la base et grise en haut, fissurée longitudinalement ; protubérances ligneuses pourvues d’aiguillons apparaissant à environ 5 m du niveau du sol ; aiguillons comprimés latéralement, d’environ 5 cm × environ 4 cm, souvent en rangées verticales ; branches pourvues de quelques épines. Feuilles alternes, composées (im)paripennées à (3–)6–8 paires de folioles, de 15–50 cm de long ; stipules absentes ; rachis sillonné ou ailé ; folioles à pétiolule ailé de 1,5–4 mm de long, folioles opposées, oblongues-lancéolées, lancéolées ou étroitement oblongues-elliptiques, de 3–11 cm × 1,5–3,5 cm, acuminées à l’apex avec un acumen étroit de 1–2 cm de long, asymétriques et arrondies à la base, à bord entier ou légèrement denté à proximité de l’apex, ponctuées de glandes ; limbe vert foncé et brillant au-dessus, nervure médiane blanchâtre. Inflorescence : panicule axillaire, portant de nombreuses fleurs, de 5–15 cm de long, aux extrémités des branches ; pédoncule à poils courts. Fleurs unisexuées, 5-mères, régulières ; pédicelle de 1–1,5 mm de long ; sépales à apex arrondi, à bord cilié, à pubescence courte à l’extérieur ; pétales oblongs-elliptiques ; fleur mâle à 5 étamines, disque de 1 mm de long, pistil rudimentaire ; fleur femelle à staminodes de petite taille, ovaire supère, pistil à carpelle presque globuleux de 1 mm de diamètre, rouge brunâtre, à style cintré de 0,5 mm de long ; stigmate capité. Fruit : follicule presque globuleux de 4–5 mm de diamètre, rouge brunâtre, ponctué de glandes, à 1 seule graine. Graines presque globuleuses, de 3–3,5 mm de diamètre, bleu foncé et brillantes.

Autres données botaniques

Le genre Zanthoxylum est pantropical et comprend quelque 200 espèces, l’Amérique tropicale étant la plus riche dans ce domaine. Le continent africain en abrite près de 35, tandis qu’environ 5 sont endémiques de Madagascar. Plusieurs autres espèces de Zanthoxylum sont employées en médecine dans la région.

Zanthoxylum parvifoliolum

Zanthoxylum lemairei a souvent été confondu avec Zanthoxylum parvifoliolum A.Chev. ex Keay qui est semblable et pousse en Afrique de l’Ouest. Zanthoxylum parvifoliolum est présent en Côte d’Ivoire et au Ghana, et diffère surtout de Zanthoxylum lemairei par l’absence d’acumen effilé en gouttière et par la présence d’un petit sac à la base des folioles. En Côte d’Ivoire, la décoction d’écorce de tige se prend contre le saignement des plaies, et les feuilles ou l’écorce de tige broyée, additionnées de vin de palme, servent d’aphrodisiaque. Au Ghana, la décoction d’écorce de tige se prend contre les affections thoraciques. L’écorce de tige contient des alcaloïdes du type benzophénanthridine (la chélérythrine et la nitidine), ainsi qu’un triterpène, le lupéol.

Zanthoxylum dinklagei

L’aire de répartition de Zanthoxylum dinklagei (Engl.) P.G.Waterman s’étend depuis le sud-est du Nigeria jusqu’au Cameroun, à la Guinée équatoriale et au Gabon. Au Nigeria, les femmes absorbent un mélange d’écorce de tige, de graines de Piper guineense Schumach. & Thonn. et de fruits mûrs d’Aframomum melegueta K.Schum., pour traiter la stérilité. Ajoutée aux aliments, la poudre d’écorce de tige soigne l’impuissance. A partir de l’écorce de racine et de tige, on a isolé des alcaloïdes du type benzophénanthridine (la nitidine et la chélérythrine), un alcaloïde du type furoquinoline (la skimmianine) et des alcaloïdes du type aporphine (la berbérine et la magnoflorine).

Zanthoxylum pilosiusculum

L’aire de répartition de Zanthoxylum pilosiusculum (Engl.) P.G.Waterman s’étend au Congo, en R.D. du Congo et dans le nord de l’Angola. En R.D. du Congo, l’infusion de feuilles est prescrite en lavement, sans raison particulière. On mâche les racines en guise d’aphrodisiaque.

Ecologie

Zanthoxylum lemairei se rencontre dans la forêt pluviale semi-décidue avec des Celtis et des Sterculiaceae, à 100–1150 m d’altitude.

Ressources génétiques

Le milieu de Zanthoxylum lemairei subissant une forte pression, il risque de devenir moins commun dans son aire de répartition. Son état de conservation exact est inconnu malgré tout.

Perspectives

Zanthoxylum lemairei contient des composés biochimiques intéressants, et une analyse pharmacologique préliminaire confirme certains de ses usages traditionnels. Toutefois, il faut poursuivre les recherches chimiques et pharmacologiques afin d’évaluer les possibilités qu’il offre. Il convient également d’établir un profil d’innocuité étant donné que de nombreux composés actifs sont des alcaloïdes.

Références principales

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Autres références

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Auteur(s)

  • E.N. Matu, CTMDR/KEMRI, P.O. Box 54840–00200, Nairobi, Kenya

Citation correcte de cet article

Matu, E.N., 2011. Zanthoxylum lemairei (De Wild.) P.G.Waterman. In: Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A. (Editeurs). PROTA (Plant Resources of Tropical Africa / Ressources végétales de l’Afrique tropicale), Wageningen, Pays Bas. Consulté le 27 juin 2019.


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